Afreximbank mise sur le numérique pour développer le commerce des entreprises est-africaines
mardi 6 octobre 2026
Avec 12,5 % des échanges de la Communauté d’Afrique de l’Est réalisés entre ses membres en 2025, le commerce intrarégional reste limité malgré sa progression. Afreximbank veut s’appuyer sur sa plateforme « Africa Trade Gateway » pour aider les entreprises à trouver de nouveaux partenaires et à accéder aux services nécessaires à leurs échanges.
La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) a annoncé, le lundi 5 octobre, la signature d’un accord d’agence avec l’East African Business Council (EABC) visant à connecter davantage les entreprises membres du conseil à l’Africa Trade Gateway (ATG), la plateforme numérique de commerce développée par la banque panafricaine.
L’accord concerne notamment les PME et les grands exportateurs. Il doit faciliter leur accès au marché commun de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), qui compte plus de 300 millions de consommateurs, ainsi qu’aux débouchés offerts par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui regroupe plus de 1,3 milliard de consommateurs.
L’ATG permet aux entreprises de trouver des acheteurs et des fournisseurs vérifiés et d’accéder à des services de financement, de paiement, de conformité et de logistique. L’EABC facilitera leur accès à la plateforme et les accompagnera notamment sur les règles d’origine, les procédures douanières et les exigences d’exportation liées à la ZLECAf.
Une plateforme qui change d’échelle
Lancée en 2023, l’Africa Trade Gateway constitue l’un des outils développés par Afreximbank pour soutenir le commerce intra-africain. Il regroupe notamment des services liés aux paiements, au financement du commerce, à la conformité, à la logistique et à l’intelligence de marché.
Afreximbank indique que l’écosystème est désormais présent dans plus de 45 pays africains, avec 45 institutions d’appui au commerce, 110 banques commerciales et 25 000 entreprises vérifiées. Le portefeuille d’opportunités commerciales disponible sur la plateforme atteint par ailleurs 4,5 milliards $, selon les données communiquées par la banque.
L’ATG est également complétée par d’autres infrastructures et services développés pour faciliter les échanges africains, notamment le Pan-African Payment and Settlement System (PAPSS) et la plateforme de commerce Africa Trade Exchange (ATEX).
Transformer l’ouverture des marchés en transactions
Cette extension de l’ATG intervient alors que les entreprises est-africaines cherchent encore à tirer pleinement parti de l’intégration commerciale régionale et continentale. Dans son East Africa Trade and Investment Climate Report 2026, publié le 5 octobre, l’EABC indique que le commerce total de l’EAC a atteint 156,6 milliards $ en 2025, tandis que les échanges intrarégionaux se sont élevés à 19,54 milliards $, soit environ 12,5 % du commerce total de la communauté.
Les échanges entre les pays de l’EAC ont certes progressé de 28,2 %, mais plusieurs obstacles continuent de peser sur le commerce transfrontalier, notamment les barrières non tarifaires, la complexité des procédures douanières et les difficultés de coordination, selon l’EABC.
Carelle Yourann
(Source : Agence Ecofin, 6 octobre 2026)
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