Administration publique : le Gabon amorce sa transition vers la gestion zéro papier
jeudi 17 septembre 2026
Après avoir posé en février un cadre juridique pour l’archivage électronique, le Gabon passe à l’expérimentation. Le projet combine désormais outils numériques, nouvelles règles de conservation des documents et évolution des procédures administratives.
Le Gabon veut réduire la place du papier dans le fonctionnement de son administration. Le pays a lancé, le mercredi 16 septembre à Libreville, la phase pilote de la Gestion électronique des documents (GED), avec une première expérimentation au Secrétariat général du gouvernement (SGG) et à la Direction générale des examens et concours (DGEC).
Les deux administrations ont été retenues pour tester le dispositif sur des usages différents. À la DGEC, il concerne notamment les dossiers d’examens et de concours collectés dans les neuf provinces puis centralisés à Libreville. Au SGG, il porte sur les courriers et les actes administratifs. L’objectif est de faciliter la recherche des documents, d’en suivre le parcours et de réduire les risques liés à leur conservation physique.
Réduire la dépendance au papier
Pour le ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark‑Alexandre Doumba, la GED devrait permettre de « faciliter la dématérialisation progressive des flux documentaires, de sécuriser les archives administratives et de réduire la dépendance aux supports papier ».
Le chantier repose également sur un cadre juridique adopté quelques mois plus tôt. L’ordonnance n°0003/PR/2026, adoptée en février, encadre l’archivage électronique, notamment la constitution, la conservation, la gestion et la valorisation des documents électroniques et numériques. Elle fixe aussi les règles applicables aux opérations de dématérialisation et à la conservation des archives.
Vers un socle numérique partagé
La GED ne se limite pas à la conversion des archives physiques en fichiers. L’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF), qui accompagne le projet, travaille sur un environnement comprenant la gestion électronique des courriers, l’archivage, la signature électronique et l’interopérabilité. Le projet vise ainsi à éviter que chaque administration développe ses propres outils sans possibilité d’échanger des données avec les autres.
Le cadre technique devrait être complété par de nouvelles dispositions. Mark‑Alexandre Doumba a annoncé qu’un projet de décret portant notamment sur la signature électronique, les codes QR et les codes‑barres sera soumis au prochain Conseil des ministres.
La phase pilote servira enfin à mesurer l’utilisation réelle du dispositif, à relever les difficultés rencontrées par les agents et à ajuster les procédures avant une extension à d’autres administrations. La généralisation de la GED figure dans la feuille de route 2026 du ministère.
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 17 septembre 2026)
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