Accès aux Smartphones : l’Ouganda repense son inclusion numérique
jeudi 3 septembre 2026
Les autorités ougandaises veulent généraliser l’accès aux TIC dans le cadre des ambitions de transformation numérique. Pourtant, plus de 90 % de la population n’était pas connectée à Internet en 2024, selon l’UIT.
En Ouganda, le régulateur des télécommunications a lancé une évaluation du taux de pénétration et des prix des smartphones. L’initiative s’inscrit dans les efforts des autorités et des opérateurs pour élargir l’accès à ces appareils, qui constituent pour une grande partie de la population la principale porte d’entrée vers le monde numérique.
L’Uganda Communications Commission (UCC) a organisé à cet effet, la semaine passée, une rencontre avec les parties prenantes. Selon le média local The Independent, l’évaluation portera sur le taux de pénétration des smartphones, le coût des appareils et les difficultés qui limitent l’accès aux services accessibles depuis ces terminaux. Les résultats doivent permettre d’établir une base de référence pour orienter les futures interventions et mesurer les progrès réalisés en matière d’inclusion numérique.
Coût, fiscalité, production locale : l’Ouganda multiplie les efforts
La réduction du coût des appareils constitue l’un des principaux axes de la stratégie ougandaise. Dès janvier 2025, les autorités avaient annoncé leur volonté de faire baisser les prix des équipements numériques, dont les smartphones, afin de faciliter l’accès de la population aux services en ligne. Le gouvernement estime que des appareils moins chers permettraient à davantage d’Ougandais d’effectuer des transactions, d’étudier en ligne et d’accéder aux différents services numériques.
La production locale apparaît comme une autre piste pour agir sur les prix. En février 2026, le ministre des TIC et de l’Orientation nationale, Chris Baryomunsi, a appelé à la fabrication locale de smartphones et d’ordinateurs. L’objectif est de réduire les coûts pour les consommateurs tout en développant une capacité industrielle nationale.
La fiscalité est également pointée du doigt. En avril 2026, les opérateurs télécoms ont demandé au Parlement de supprimer les droits d’importation sur les smartphones d’entrée de gamme. La fiscalité est jugée responsable de la hausse des prix et de la limitation de l’accessibilité, tout en favorisant la contrebande. Le taux d’imposition combiné sur les téléphones mobiles atteint environ 30 % en Ouganda, selon la GSMA, dont près de 10 % au titre des droits de douane et 18 % de TVA.
Les opérateurs sont par ailleurs appelés à jouer un rôle plus important dans l’élargissement de l’accès aux smartphones. En juillet 2026, la ministre des TIC et de l’Orientation nationale, Justine Kasule Lumumba, a ainsi invité Airtel Uganda à renforcer ses efforts dans ce domaine. La GSMA recommande aux opérateurs de proposer des mécanismes de financement, des offres adaptées aux capacités financières des utilisateurs ou encore des partenariats avec les fabricants afin de réduire les barrières à l’adoption.
Le smartphone au cœur de la transformation numérique
Les efforts en faveur de l’adoption des smartphones s’inscrivent dans une stratégie plus large de transformation numérique, considérée par les autorités ougandaises comme un levier du développement socio‑économique. L’élargissement de l’accès aux appareils doit permettre à davantage de citoyens de profiter des services numériques, mais aussi de renforcer leur participation à l’économie numérique.
Par exemple, une étude de la GSMA publiée en novembre 2025 estime que le développement de l’économie numérique pourrait générer une valeur ajoutée supplémentaire de 14 600 milliards de shillings ougandais (≈ 3,86 milliards USD) pour l’économie nationale d’ici 2030.
La faiblesse du taux d’équipement constitue toutefois un frein à cette ambition. Selon les données de la Banque mondiale, 27 % de la population ougandaise âgée de plus de 15 ans possédait un smartphone en 2024. L’Union internationale des télécommunications (UIT) estime pour sa part le taux de pénétration d’Internet dans le pays à environ 9 % la même année, tandis que la GSMA indiquait que 30 millions de personnes n’utilisaient pas Internet en 2023.
Isaac K. Kassouwi
(Source : WeAreTechAfrica, 3 septembre 2026)
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