Accès au numérique : la Côte d’Ivoire scelle un partenariat avec l’UAT
vendredi 29 août 2025
La demande en connectivité à haut débit ne cesse de croître en Afrique, portée par l’essor des usages numériques. Les initiatives pour réduire la fracture numérique visent à renforcer la connectivité et à élargir l’accès aux services en ligne pour tous.
L’Agence nationale du service universel des télécommunications-TIC (ANSUT) de la Côte d’Ivoire a signé, le jeudi 28 août à Abidjan, un protocole d’accord avec l’Union africaine des télécommunications (UAT), en marge du forum SUTEL 2025. L’initiative vise à renforcer la coopération entre fonds nationaux chargés du service universel, à favoriser l’échange de bonnes pratiques et à promouvoir l’accès aux télécoms dans les zones rurales et isolées.
S’exprimant sur le bien-fondé de ce partenariat, Gilles Thierry Beugré (photo, à droite), directeur général de l’ANSUT, a déclaré : « cet accord marque le début d’une Afrique connectée où nous pourrons évaluer l’impact concret sur chaque village et chaque communauté ». Du côté de l’UAT, son secrétaire général John Omo (photo, à gauche) s’est montré enthousiaste, affirmant que ce partenariat devrait permettre d’accélérer la mise en œuvre de solutions tangibles pour améliorer la connectivité des populations isolées.
Ce rapprochement intervient dans un contexte ivoirien déjà marqué par des initiatives ambitieuses. Le programme présidentiel « Nos villages connectés », en cours, vise à raccorder plus de 500 localités rurales aux services numériques tels que l’éducation à distance, la télémédecine ou le e-commerce. En parallèle, le pays investit massivement dans ses infrastructures. L’ANSUT a déjà déployé plus de 5207 km de fibre optique dans le cadre du réseau national. Ces investissements ont permis à la Côte d’Ivoire de se hisser parmi les trois pays africains les mieux dotés en fibre, selon le « Fiber Development Index analysis 2024 » publié par la World Broadband Association (WBBA) et Omdia, une société de recherche basée au Royaume-Uni.
Par ailleurs, selon des données récentes, le continent compte près de 500 millions d’Africains utilisateurs d’Internet mobile, soit environ 40 % de la population totale. Cela signifie qu’environ 800 millions de personnes restent exclues de cette révolution numérique, soulignant davantage l’urgence d’universaliser la connectivité.
En s’alliant à l’UAT, la Côte d’Ivoire espère non seulement accélérer son propre agenda de réduction de la fracture numérique, mais aussi devenir un modèle continental en matière de service universel. Ce partenariat pourrait ainsi faciliter l’accès de millions d’Africains aux services numériques essentiels, renforcer l’inclusion socio-économique et poser les bases d’une Afrique mieux connectée et plus compétitive sur la scène mondiale.
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 29 août 2025)