À Madagascar, la baisse du prix de l’Internet met les réseaux sous pression
mardi 29 septembre 2026
La demande en connectivité à haut débit continue de progresser en Afrique, au rythme de l’adoption des services numériques. Gouvernements et opérateurs privés multiplient les efforts pour y répondre.
Les autorités malgaches cherchent à renforcer les infrastructures télécoms pour accompagner l’augmentation de la demande et des usages d’Internet, stimulée par la baisse des tarifs. Mahefa Andriamampiadana, ministre en charge des Télécommunications, a abordé cette question lundi 28 septembre lors d’une rencontre avec les dirigeants de Starlink aux États-Unis.
La rencontre, organisée à Los Angeles à l’invitation de SpaceX, a permis au ministre malgache d’échanger avec les responsables de l’entreprise sur les prochaines évolutions de Starlink et les projets envisagés pour Madagascar.
Des tarifs plus accessibles pour stimuler les usages
Les autorités malgaches considèrent la baisse des tarifs comme un moyen de favoriser l’accès à Internet et d’accroître les usages. En décembre 2025, des négociations avec les opérateurs locaux avaient permis d’améliorer les volumes de données proposés pour certains tarifs. Pour 1 000 ariarys, une offre qui donnait auparavant accès à 200 Mo permet désormais d’obtenir 1 Go, réparti entre 500 Mo utilisables durant la journée et 500 Mo durant la nuit.
Cette stratégie s’appuie sur un constat plus large : le prix constitue un facteur important dans la décision d’adopter ou d’utiliser davantage l’Internet mobile. Une étude publiée en 2021 par la Banque mondiale et portant sur sept pays d’Afrique de l’Ouest montre qu’une baisse du prix des services mobiles d’environ 3,60 dollars par mois est associée à une hausse de 2,4 points de pourcentage de la probabilité d’adoption.
« La vision va au-delà d’une simple baisse immédiate du prix de l’Internet. Il s’agit de faire en sorte que l’argent dépensé par les Malgaches pour acheter de l’Internet ait un véritable impact sur leur vie : leur permettre de communiquer davantage, d’accéder à la connaissance et d’ouvrir de nouvelles opportunités économiques », a indiqué le ministère du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications dans une publication sur les réseaux sociaux.
La hausse des usages appelle davantage de capacités
En rendant les données plus abordables, la baisse des tarifs peut aussi inciter les utilisateurs à consommer davantage de services en ligne, à regarder plus de contenus vidéo ou à multiplier les usages nécessitant une connexion. Pour les opérateurs, cette progression se traduit par une hausse du trafic à acheminer sur les réseaux, avec un risque de congestion si les capacités disponibles ne suivent pas.
Sur ce plan, la hausse des usages pousse les acteurs du secteur à renforcer les infrastructures existantes et à développer de nouvelles capacités. Avec les opérateurs, les autorités examinent également la mise en place d’infrastructures pouvant être partagées entre plusieurs acteurs, tout en se disant ouvertes à de nouveaux partenariats.
Ces efforts sont déjà visibles sur le terrain. Le projet public MRTAM II prévoit notamment de déployer de nouvelles liaisons en fibre optique entre Mahajanga, Antananarivo, Antsirabe, Fianarantsoa, Manakara et Taolagnaro. Dans le secteur privé, Orange Madagascar a mis en service en décembre 2025 une liaison de 558 km entre Antananarivo et Mahajanga et poursuit l’extension de son réseau. Airtel, de son côté, a obtenu des autorisations pour plusieurs projets de fibre, dont une liaison entre Antananarivo et Toamasina et un autre axe entre Bongatsara et Antsirabe.
C’est dans ce contexte que les autorités malgaches s’intéressent aux évolutions de Starlink. Lors de sa rencontre avec les responsables de SpaceX, le ministre a notamment échangé sur les capacités annoncées de la nouvelle génération V3. Selon le ministère, chaque satellite doit par exemple disposer d’une capacité de réception de 1 Tb/s et d’une capacité de transmission de 160 Gb/s, soit respectivement 10 et 22 fois plus que la génération V2.
Pour le ministère du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications, « ces chiffres ne sont pas qu’une simple donnée technique. [...] Ces avancées doivent répondre à la croissance des besoins en Internet et améliorer la qualité des connexions, notamment dans les zones à forte demande comme Antananarivo et les autres grandes villes ».
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 29 septembre 2026)
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