À l’image de M Pesa, MTN veut transformer MoMo en super application
jeudi 11 juin 2026
Avec l’accélération de la transformation numérique, la demande pour les services financiers digitaux augmente fortement. Les opérateurs télécoms cherchent ainsi à se positionner sur ce marché en pleine croissance.
MTN Group a annoncé lundi 8 juin un partenariat avec le fournisseur de solutions de paiement numérique Ant International pour accélérer la transformation de son activité de mobile money. La collaboration vise à faire évoluer la plateforme vers une super‑application, à l’instar de M‑Pesa de Safaricom.
Dans un premier temps, le projet sera déployé au Nigeria dès le troisième trimestre. La nouvelle plateforme sera plus large, capable d’accueillir différents services liés à la finance numérique, au commerce et aux usages du quotidien. Cette évolution permettra également d’introduire des mini‑applications, de renforcer les dispositifs de lutte contre la fraude et d’offrir une expérience plus fluide entre utilisateurs et commerçants.
Selon Ralph Mupita, président‑directeur général de MTN Group, ce partenariat reflète la volonté du groupe de « transformer l’expérience client à grande échelle en proposant une plateforme MoMo plus fluide, plus sécurisée et plus intuitive, favorisant l’inclusion numérique et une participation économique élargie ».
Ambition 2030 : cap sur l’extension de l’écosystème fintech
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie « Ambition 2030 » de MTN Group. Dans son volet fintech, le groupe met en avant les perspectives de croissance à moyen et long terme offertes par la montée en puissance des services financiers numériques.
Deux priorités structurent cette ambition : le développement de l’écosystème et l’accélération des services avancés. L’objectif est de renforcer la profondeur de la plateforme en élargissant l’accès à des services tels que le crédit, l’assurance, les paiements et les transferts d’argent, afin de consolider l’inclusion financière tout en soutenant une croissance durable.
Dans cette perspective, l’entreprise avait par exemple cédé en 2024 une participation minoritaire dans sa branche fintech à MasterCard dans une volonté d’accélérer le développement de son écosystème fintech. Les deux parties ont ensuite collaboré pour lancer des cartes de paiement virtuelles.
Une dynamique émergente autour des super‑apps
Cette initiative intervient dans un contexte où les opérateurs télécoms africains cherchent à élargir leur offre de services financiers au‑delà des transactions de base. Mais l’approche « super‑app » n’en est pas à ses débuts sur le continent. Safaricom et Vodacom Group ont déjà avancé sur ce terrain via M‑Pesa, considéré comme l’un des pionniers du mobile money en Afrique.
Dès juin 2021, Safaricom a lancé la M‑Pesa Super App ainsi qu’une version dédiée aux entreprises. La plateforme a introduit deux fonctionnalités majeures : un mode hors ligne, permettant d’effectuer certaines transactions sans connexion internet, et des mini‑applications intégrées.
Ces mini‑apps donnent accès, depuis l’écosystème M‑Pesa, à une large gamme de services du quotidien : livraison, réservation de billets, commerce, démarches administratives, assurances, ainsi que des services proposés par des entreprises privées, des administrations publiques et des opérateurs de services essentiels.
D’autres acteurs du secteur ont également lancé des super‑apps, mais avec une approche plus généraliste, à l’image de Max It d’Orange. L’application combine des services télécoms pour la gestion des lignes mobiles et fixes, ainsi qu’Orange Money, qui couvre les transferts d’argent, les paiements marchands et facturiers, les virements bancaires, le crédit et l’épargne. Elle intègre aussi un volet e‑commerce et contenus digitaux (jeux, musique, TV, vidéos, actualités), complété par une billetterie digitale permettant l’achat de tickets pour des concerts, événements ou transports.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 11 juin 2026)
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