À Genève, Djibouti renforce ses alliances pour développer les télécommunications et l’IA
lundi 13 juillet 2026
Après avoir consolidé ses infrastructures de connectivité, Djibouti veut franchir une nouvelle étape de sa transformation numérique. Les partenariats engagés à Genève visent à soutenir le développement des services numériques et la mise en œuvre de sa future stratégie nationale en matière d’IA.
Djibouti poursuit sa stratégie de développement de son économie numérique. En marge du Forum mondial sur la société de l’information (SMSI-2026) organisé du lundi 6 au vendredi 10 juillet à Genève, le ministre de la Communication, chargé des Postes et des Télécommunications, Mohamed Abdoulkader Moussa Helem, a multiplié les rencontres avec des partenaires internationaux pour accélérer les projets du pays dans les télécommunications, la transformation numérique et l’intelligence artificielle.
Le ministre s’est notamment entretenu avec la secrétaire générale de l’Union internationale des télécommunications (UIT), Doreen Bogdan-Martin, ainsi qu’avec Cosmas Zavazava, directeur du Bureau de développement des télécommunications (BDT). Les discussions ont porté sur l’accompagnement de Djibouti dans plusieurs chantiers prioritaires, parmi lesquels la numérisation des services publics, le renforcement des compétences dans les métiers du numérique et de l’intelligence artificielle, ainsi que la réduction des disparités d’accès aux services numériques entre les zones urbaines et rurales.
En parallèle, Mohamed Abdoulkader Moussa Helem a également échangé avec Lacina Koné, directeur général de Smart Africa, sur l’articulation des projets nationaux, notamment Djibouti Fondement Numérique (DFN) et le Projet régional d’intégration numérique en Afrique de l’Est (EARDIP), avec les initiatives continentales relatives à la souveraineté des données et au développement de l’IA.
Ces partenariats doivent renforcer la stratégie numérique d’un pays déjà positionné comme hub régional dans les infrastructures de connectivité. Grâce à son emplacement sur la mer Rouge, Djibouti constitue un point d’atterrissement de plusieurs câbles sous-marins internationaux reliant l’Afrique, le Moyen-Orient, l’Europe et l’Asie, ce qui en fait l’un des principaux hubs de transit internet de la Corne de l’Afrique. Le pays dispose également de trois centres de données en activité et d’un point d’échange Internet (IXP), des infrastructures appelées à jouer un rôle croissant dans l’hébergement local des services numériques.
Cette infrastructure soutient une progression régulière des usages numériques. Selon les dernières données de DataReportal, Djibouti comptait environ 772 000 internautes à la fin de 2025, soit un taux de pénétration d’Internet de 65 %, tandis que les connexions mobiles actives atteignent 616 000, dont plus de 92 % reposent sur les réseaux haut débit mobiles.
Cette dynamique s’accompagne d’une volonté de structurer une filière nationale d’intelligence artificielle. En janvier 2026, le ministère délégué chargé de l’Économie numérique et de l’Innovation a lancé, avec l’appui de la Commission économique et sociale des Nations unies pour l’Asie occidentale (CESAO/ESCWA) et de l’UNESCO, les travaux d’élaboration de la première stratégie nationale en matière d’IA. Cette feuille de route s’inscrit dans la Vision Djibouti 2035, qui ambitionne de faire du pays une « Smart Nation ».
Au-delà des infrastructures, les autorités souhaitent désormais développer les compétences et les usages liés à l’intelligence artificielle. La participation de Djibouti au sommet AI for Good, organisé parallèlement au SMSI, s’inscrit dans cette ambition. Les échanges engagés avec l’UIT, Smart Africa et les autorités chinoises devraient permettre au pays de bénéficier d’un appui technique pour développer des applications d’IA dans les services publics, renforcer les capacités locales et intégrer davantage les initiatives régionales de gouvernance numérique.
Samira Njoya
(Source : WeAreTechAfrica, 13 juillet 2026)
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