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A Cotonou, la BM et les États africains lancent l’offensive contre l’exclusion numérique

mardi 18 novembre 2025

Transformation digitale

Réunis à Cotonou, la Banque mondiale et plusieurs gouvernements africains ont annoncé une nouvelle stratégie visant à transformer la connectivité existante en usage réel, en s’attaquant aux coûts, aux compétences et aux services numériques essentiels, ainsi que la mutualisation des infrastructures.

À Cotonou, le diagnostic n’a laissé place à aucune ambiguïté : l’Afrique ne souffre pas tant d’un déficit d’infrastructures que d’un manque d’appropriation, devenu le nouveau front de la bataille numérique. Réunis pour le « Sommet régional sur la Transformation numérique en Afrique de l’Ouest et du Centre » qui se tient du 17 au 18 novembre, les gouvernements, la Banque mondiale et plusieurs institutions régionales ont longuement insisté sur un paradoxe devenu central : malgré une couverture mobile en nette progression, près de deux Africains sur trois restent hors ligne. Et selon les données présentées par la Banque mondiale, environ 70 % des personnes non connectées vivent pourtant déjà dans des zones couvertes.

Des barrières économiques et sociales persistantes

Dans une région où l’on a longtemps accusé le manque de pylônes, de fibre ou de backbone, ce basculement d’analyse marque une rupture. « L’enjeu n’est plus de couvrir, mais d’inclure », a résumé Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, lors de la séance d’ouverture. Et derrière cette phrase, une certitude nouvelle : la bataille de la connectivité se joue désormais sur le terrain de l’accessibilité économique, des compétences numériques et de la pertinence des usages. « Le premier défi, c’est de réduire la fracture numérique pour connecter davantage d’Africaines et d’Africains », a insisté le vice-président.

À Cotonou, tout au long de la journée inaugurale, les interventions ont convergé. Les réseaux existent. Le numérique progresse. Mais la demande n’a pas suivi. La 4G couvre aujourd’hui plus de 76 % de la population ouest-africaine. Dans les grandes villes du golfe de Guinée, la couverture atteint même 90 %. Pourtant, seulement 38 à 40 % de la population utilisent effectivement Internet. Cette différence abyssale, que la Banque mondiale appelle désormais le « user gap », est devenue l’un des principaux défis de la décennie numérique africaine. « Ces populations vulnérables ont encore de difficiles arbitrages entre les besoins du quotidien et la connectivité », a rappelé Diagana.

Les raisons sont d’abord économiques. L’Internet mobile coûte encore en moyenne 4,6 % du revenu mensuel, soit plus du double du seuil recommandé internationalement. L’accès à un forfait fixe haut débit atteint, lui, 21,5 % du revenu mensuel, un niveau sans équivalent dans le monde. Le Liberia, cas extrême, affiche des tarifs représentant jusqu’à 153 % du revenu mensuel moyen pour un accès fixe, ce qui rend l’abonnement hors de portée pour la grande majorité des ménages. Dans la plupart des pays de la région, le prix d’un smartphone d’entrée de gamme demeure équivalent à une ou deux semaines de revenus pour un ménage urbain, beaucoup plus encore en zone rurale. « Le numérique ne peut être un levier de prospérité que s’il est accessible économiquement », a souligné Sangbu Kim, vice-président pour le numérique et l’IA à la Banque mondiale.

Mais l’obstacle est également social. Dans de nombreux pays, le niveau d’alphabétisation numérique reste insuffisant pour tirer pleinement parti des services en ligne. Les femmes, en particulier, sont très en retrait : elles sont 35 % moins connectées que les hommes, selon la Banque mondiale, et moins susceptibles de posséder un smartphone. Dans certaines zones rurales du Sahel, moins d’un adulte sur cinq sait utiliser un navigateur ou remplir un formulaire en ligne. Ce déficit de compétences, qui se répercute sur la demande, pénalise aussi les entreprises. Peu d’entre elles disposent du personnel formé pour gérer des outils digitaux, encore moins pour exploiter des solutions avancées comme l’intelligence artificielle. « Le déficit de compétences numériques est un frein réel, notamment pour les jeunes et les femmes », a rappelé Sangbu Kim.

Changer de paradigme

C’est dans ce contexte que le sommet de Cotonou a pris une dimension stratégique. Pour la Banque mondiale, le changement d’approche est assumé. Pendant vingt ans, l’institution a surtout financé des infrastructures : fibres optiques nationales, interconnexions régionales, réseaux de transport, projets 3G ou 4G. Désormais, elle veut s’attaquer frontalement à la question de l’usage. Cela signifie financer des biens publics numériques – identités numériques, systèmes de paiement, registres unifiés, plateformes interopérables – qui rendent les services plus accessibles et stimulent la demande. « L’identité numérique, les systèmes de paiement et l’interopérabilité sont des biens publics : lorsqu’ils fonctionnent, les marchés s’y connectent », a résumé Diagana.

Ousmane Diagana l’a expliqué devant une salle comble : sans systèmes d’identification fiables, sans services publics digitalisés, sans paiements électroniques fluides et peu coûteux, les populations trouvent peu d’intérêt à se connecter. En élargissant l’offre de services – santé en ligne, agriculture connectée, fiscalité numérique, e-éducation – les usages devraient naturellement augmenter, créant un cercle vertueux bénéfique aux opérateurs télécoms et aux États. « Le numérique peut devenir un outil de transformation économique si les services deviennent utiles au quotidien », a martelé Abdoulaye Bio Tchané.

Développer les compétences numériques

L’autre axe prioritaire, largement évoqué, concerne les compétences numériques. Les estimations de la Banque mondiale ne laissent aucun doute : d’ici 2030, 230 millions d’emplois en Afrique nécessiteront des compétences numériques ou liées à l’IA. Or la majorité des systèmes éducatifs ne sont pas encore alignés avec ces besoins. Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre béninoise de l’Économie numérique, a insisté sur l’urgence de la formation. Elle a raconté l’histoire de Merveille, jeune béninoise récompensée aux Olympiades internationales d’intelligence artificielle. « C’est pour Merveille et pour tous les jeunes de nos pays que nos collaborations doivent se renforcer », a-t-elle plaidé, rappelant que les talents existent, mais qu’ils doivent être multipliés pour peser dans la compétition mondiale. « Le numérique n’est plus un choix : c’est une obligation économique, sociale et stratégique », a souligné la ministre.

Le Bénin, hôte de la rencontre, a profité de l’événement pour mettre en avant ses propres avancées. Le ministre d’État Abdoulaye Bio Tchané a détaillé les réformes menées depuis 2016, notamment la digitalisation de plus de 800 démarches administratives, la mise en place de centres de formation aux métiers du numérique et l’adoption de plusieurs réformes réglementaires visant à soutenir l’écosystème des start-up. « Le numérique peut devenir l’un des piliers les plus solides de la croissance durable et de l’intégration régionale », a-t-il affirmé, estimant que le moment était venu d’harmoniser les politiques numériques pour créer un véritable marché régional. « Nous avons une opportunité unique devant nous si nous mobilisons nos compétences et nos partenariats », a-t-il ajouté.

Marché Unique du Numérique africain

La perspective d’un Marché Unique du Numérique africain, soutenu par l’Union africaine, a occupé une part importante des discussions. Le sommet doit aboutir à une Déclaration commune, devant engager les pays à réduire les coûts d’accès, mutualiser les infrastructures transfrontalières, renforcer l’interopérabilité et développer des services partagés. Plusieurs intervenants ont rappelé que les investissements privés dans les data centers, le cloud ou les fibres terrestres ne pourront s’accélérer que si la région offre un cadre harmonisé, plus lisible pour les opérateurs. « Le temps des projets isolés est passé : nos pays doivent créer des synergies régionales », a insisté Aurélie Adam Soulé Zoumarou.

Fiacre E. Kakpo

(Source : Agence Ecofin, 18 novembre 2025)

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