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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2000 > Août > Sud NTIC n° 2 du lundi 21 août 2000 > La bande passante divise les utilisateurs du NeT : Les fournisseurs d’accès (…)

La bande passante divise les utilisateurs du NeT : Les fournisseurs d’accès déconnectés de la Sonatel

lundi 21 août 2000

Commerce électronique

Entre la Sonatel et les fournisseurs d’accès à Internet, c’est la brouille. Le développement d’Internet au Sénégal contribue à diviser davantage les
utilisateurs du web. Les divergences portent principalement sur la largeur de la bande passante de la société de télécommunication. Elle est jugée en deçà des besoins du Sénégal. Pour sa part, la Sonatel affirme qu’elle va bientôt mettre en oeuvre une politique destinée à augmenter à nouveau la capacité de son réseau.

Face à cette situation, l’Autorité de régulation des télécommunications (Art) dont la mise en place est prévue en octobre va t-elle départager les acteurs
en conflit autour des enjeux du Net ? Depuis deux mois, la Société nationale de télécommunications (Sonatel) a accru la capacité de son réseau pour permettre l’utilisation d’Internet par un plus grand nombre de personnes au Sénégal. Le passage de la bande passante de 2 à 4 mégabits n’a pas mis fin aux plaintes des fournisseurs d’accès. Ces derniers font toujours des critiques relatives à « l’étroitesse » du réseau mis en place au Sénégal pour accéder au réseau mondial.

Résumant les relations entre la Sonatel (une filiale à 100% de France Télécomplus) et les fournisseurs d’accès à Internet, un directeur d’une société informatique sénégalaise affirme : « Il n’y a rien à cacher. Elles sont mauvaises ». Les spécialistes désignent sous le nom de fournisseur d’accès une
structure qui vend à un client l’accès à Internet. Ce client peut être une entreprise publique ou privée. Il existe actuellement une vingtaine de fournisseurs d’accès au Sénégal parmi lesquels on compte Télécomplus ( une filiale de la Sonatel à 100%), Metissacana, Aupelf-Uref, la Primature, Sillicon Valley, Arc Informatique etc. Ces fournisseurs d’accès dont certains sont également des cyber café louent des lignes à la Sonatel dont les équipements ouvrent la voie sur le réseau des réseaux. Pour cela, chaque fournisseur d’accès dispose d’installations dont le débit varie de 128 à 256 kilo bits par seconde, selon les informations fournies par les techniciens.

En comparaison avec la situation qui est de mise au Sénégal, le directeur d’une société informatique a présenté la République de Guinée comme un pays qui sait anticiper. Selon notre source, la République de Guinée a commandé des équipements qui vont la doter prochainement d’une bande passante de 8 mégabits par seconde. Le Mali en a 8. Ces deux derniers pays ont un nombre d’internautes jugé inférieur à celui du Sénégal crédité de 15.000 internautes, selon les chiffres du Conseil supérieur de l’Industrie du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Artisanat.

Pourtant, le Mali et la Guinée disposent chacun d’une bande passante dont la capacité fait deux fois celle du Sénégal. « C’est une question de vision parce que ça explose très vite », fait remarquer notre source.« Nous pouvons utiliser 2 mégabits et même plus . Mais jusqu’à présent, nous fonctionnons avec 256 kilo bits », a affirmé le Directeur de Sillicon Valley, Souleymane Sall. Sillicon Valley est un cyber groupe implanté dans le domaine industriel de Dakar. Elle dispose d’une dizaine de cyber cafés dont deux sont actuellement en construction, selon des indications. Pour Souleymane Sall, avec une bande passante de 4 mégabits, la qualité d’Internet au Sénégal est toujours mauvaise. « C’est moins rapide, moins confortable, et il y a beaucoup d’engorgement », poursuit-il. Pour augmenter ses capacités, il estime avoir introduit une demande pour disposer de 2 mégabits. Cette demande a été acceptée mais l’offre de la Sonatel n’a pas pour autant changé, selon la direction de la société.

Ainsi, certains spécialistes n’hésitent pas à dire que la filiale de France Telecom freine le développement d’Internet au Sénégal. Par exemple, Sillicon Valley déclare disposer de 64 kilo bits qu’elle veut donner gratuitement à deux écoles dakaroises dont celle du quartier Point E. « C’est impossible de le faire aujourd’hui à cause de l’étroitesse de la bande et du coût du téléphone », indique t-il avant d’ajouter : « La Sonatel doit subventionner le coût du téléphone au niveau des établissements scolaires comme cela se fait ailleurs ». Le responsable de Metissacana, Michel Mavros, est sur la même ligne que son collègue du domaine industriel de Dakar. Pour M. Mavros dont la société est installée au cœur du Plateau dakarois, « la bande passante est passée à 4 mégabits. Mais c’est une solution provisoire parce qu’un véritable développement doit permettre aux opérateurs de faire des business plan ». Pour le directeur du Metissacana, « les rapports avec la Sonatel sont difficiles parce que la Société n’envisage pas le développement de l’Internet populaire ». En fait, nombre de critiques de la Sonatel estiment que cette dernière société néglige Internet au profit de la téléphonie fixe pour laquelle elle exerce un monopole qui court jusqu’en 2004. Une argumentation contraire à l’avis de la Sonatel.

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