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L’Afrique reste optimiste grâce au dynamisme de son écosystème numérique

lundi 3 juillet 2017

Economie numérique

L’Idate vient de publier la troisième édition du DigiWorld Yearbook Afrique & Moyen-Orient. Malgré un net coup de frein de la croissance économique, notamment dans sa région subsaharienne, le Continent africain ne cède pas au scepticisme. Avec un parc de plus de 1 milliard de cartes SIM et une économie numérique prometteuse, le potentiel est énorme.

« Le retard très net de l’Afrique dans l’accès à Internet – quelque 20 % de la population avec d’énormes disparité selon le pays versus plus de 80 % dans les économies occidentales – représente un potentiel de croissance qui devrait s’amplifier. L’essor du trafic de données le souligne (près de 100 % de croissance entre 2015 et 2016 selon Cisco). Les investissements dans les réseaux et, avec eux, la couverture 3G/4G progressent. La part des usagers équipés de smartphone augmente [actuellement 19 % de taux de pénétration en Afrique, contre 83 % au Moyen-Orient, ndlr] en relation avec la baisse des prix des appareils », constate François Barrault, président de l’Idate, dans l’avant-propos qu’il a consacré à la troisième édition du DigiWorld Yearbook Afrique & Moyen-Orient, publiée en juin par l’Idate. Malgré une année 2016 difficile pour la région (surtout en Afrique subsaharienne), en raison de la chute du prix des matières premières, de la sécheresse et de l’augmentation des conflits, l’optimisme fait de la résistance pour ne pas « que le scepticisme succède aujourd’hui à l’euphorie des années passées ». Pour cette année, 2017, le Continent table néanmoins sur un rebond de l’économie, la remontée des prix du pétrole et des métaux, ainsi que sur le retour à la croissance de grands pays africains tels que le Nigeria, l’Afrique du Sud ou encore l’Angola. Sans attendre que la conjoncture économique globale reprenne le dessus, l’écosystème numérique, lui, reste dynamique. A tel point que « le marché des services télécoms garde en Afrique (…) une croissance supérieure à la croissance mondiale, de l’ordre de (4,2 % en Afrique subsaharienne ».

Cependant, des défis restent à relever. Aujourd’hui, seul un Africain sur quatre accède à Internet (contre un habitant sur deux au Moyen-Orient). Plus de la moitié de la population (60 %) habite des zones rurales où la couverture des réseaux « reste insuffisante, avec des problèmes de retour sur investissement pour les opérateurs cellulaires ». A cette fracture numérique africaine s’ajoute le fait que les contenus locaux font cruellement défaut, ce qui constitue un frein au développement de l’Internet sur le Continent déjà confronté à l’analphabétisation et à l’illettrisme vis-à-vis de l’anglais ou du français. Pourtant les opérateurs télécoms sont présents : MTN, Vodafone, Orange, Millicom ou encore Bharti Airtel, pour ne citer qu’eux. De même que les géants du Net investissent la région : Google et Facebook en tête. Mais cela ne suffit pas à équiper et à connecter les laisser pour compte du numérique. Certes, cela traduit un potentiel fort pour l’Afrique. Mais cela peut aussi paraître inquiétant lorsque l’on sait que l’Afrique pourrait devenir le moteur de la croissance démographique mondiale. « Aux alentours de 2030, l’Afrique subsaharienne fournira à elle seule autant de population nouvelle en âge de travailler (accroissement de la population de 15 à 64 ans) que le reste du monde », souligne l’Idate. Or, toujours en Afrique subsaharienne, près de 60 % de la population se serait desservie par un réseau haut débit.

Un parc de plus de 1 milliard de cartes SIM

Dès lors, comment faire en sorte que l’accès au monde numérique ne reste pas un luxe pour une grande partie des Africains ? L’émergence d’une classe moyenne africaine – gagnant entre 2 et 20 dollars par jour, selon la Banque africaine de développement (BAD) – pourrait favoriser le développement du marché des services en ligne à valeur ajoutée. Après le repli économique dans la région, en particulier en Afrique subsaharienne où la croissance de 1,2 % a été historiquement basse en 2016, la Banque Mondiale (BM) prévoit une reprise en 2017, dont 2,6 % en Afrique subsaharienne. « De plus, relève l’Idate, d’autres pays tels que la Côte d’Ivoire, l’Ethiopie, le Kenya, le Mali, le Rwanda, le Sénégal et la Tanzanie font désormais office de locomotives et conservent un rythme de croissance de l’ordre de 7 % par an ». Le mobile est plus que jamais en Afrique « l’accès de masse à l’Internet » : le parc de cartes SIM – plus de 1 milliard – continue de progresser, avec un taux de croissance d’environ 7 % par an sur les cinq dernières année grâce notamment au multi-équipement et/ou au multi-SIM qui permettent de profiter de tarifs on-net (sur le réseau de l’opérateur télécoms local). Dans ce domaine, les plus grands marchés sont le Nigeria (154 millions de cartes SIM) et l’Afrique du Sud (92 millions). « En 2016, de nombreux opérateurs (mobile) ont révisé leur base d’abonnés, ce qui a amené à une diminution du parc dans certains pays. Et selon nos estimations, la croissance du parc mobile va se tasser, aux alentours de 3 % par an (…). Les deux-tiers de cette croissance se feront en Afrique subsaharienne, avec de grands pays comme le Nigeria, la RDC, l’Ethiopie, gagnant plusieurs dizaines de millions d’abonnés d’ici à 2021 », avance l’Idate.

Alors que la GSMA, l’association mondiale des opérateurs mobile forte de ses 1.100 membres dont 800 opérateurs, vient de franchir mi-juin 2017 son 5 milliardième abonné mobile chez les particuliers, l’Afrique subsaharienne, elle, est la région la moins mature avec un taux de pénétration de 44 % (contre 86 % pour l’Europe). Mais les réseaux mobile 3G/4G (LTE) se multiplient et devraient accroître ce taux, par exemple en Tunisie, au Nigeria, en Tanzanie ou encore en Ouganda.

Backbone, satellite, câble sous-marin et IoT

Rien que pour les smartphones, la GSMA estime à 470 millions leur nombre en Afrique, parc qui devrait « fortement » progresser pour atteindre 1 milliard en 2020 (pendant que les marchés les plus avancés dans le monde arrivent à saturation). Et ce, notamment grâce à la baisse des prix de ces téléphones mobile multimédias qui peuvent être maintenant proposés à moins de 50 euros comme le Smart2 de MTN (35 euros) ou le Rise31 d’Orange en partenariat avec Google (inférieur à 50 euros). Pour soutenir la croissance du trafic mobile et de la 4G, les déploiements de backbones terrestres en fibre optique – afin de compléter les câble-sous-marins déjà déployés à sa périphérie – constituent un atout maître pour le Continent. Par exemple, indique l’Idate, Liquid Telecom dessert avec son réseau – bien présent à l’Est – le Kenya, le Zimbabwe, le Mozambique et le Rwanda. Il y a aussi les opérateurs de satellites tels que SES, Eutelsat, Inmarsat, Intelsat/OneWeb ou encore ABS, dont les prix baissent, sans parler des ballons et des drones de Google et Facebook. Par exemple, le français Eutelsat mise sur son programme « Konnect Africa » et prévoit d’ici 2019 de lancer son propre satellite dédié baptisé « Africa BBande Satellite » et doté d’une capacité de 75 Gbits/s couvrant une vingtaine de pays africains. Si les satellites promettent l’accès à Internet au plus grand nombre, ils sont déjà très utilisés pour la réception de la télévision – notamment en Afrique subsaharienne où le marché de l’abonnement TV par satellite progresse de 5,1 % en moyenne par an et devrait atteindre, selon l’Idate, 9 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2021.

Concernant l’Internet des objets, l’Afrique n’est pas en reste puisque l’Idate mentionne une étude de Cisco qui prévoir 500 milliards de dollars de chiffre d’affaires pour ce marché d’ici à 2025. Le Kenya, l’Afrique du Sud et le Nigeria sont moteurs dans l’IoT (Internet of Things), dont les applications concrètes pour les Africains peuvent être la gestion de flotte de véhicules, le suivi des marchandises, les terminaux de paiement, ou bien encore la facturation au kilomètre d’assurances automobile. Par exemple, le français Sigfox vient de se lancer en Afrique du Sud en partenariat avec la société Dark Fibre Africa (DFA) qui déploie son réseau optique depuis dix ans maintenant. Le marché sud-africain de l’IoT est estimé à plus de 2 milliards de dollars d’ici 2020. Tandis que l’équipementier télécoms chinois ZTE s’est associé avec le groupe sud-africain MTN pour déployer en Afrique une offre M2M (Machine-to-Machine) pour les entreprises. L’IoT utilise les réseaux mobiles mais aussi des réseaux faible consommation de type LPWA (Low Power Wide Area).

Régulation, hub high-tech, PPP et licorne

Mais cela suppose de libéraliser des bandes de fréquences, le plus souvent non régulées. « Mais les gouvernements peuvent prendre des actions favorables ; ainsi, début 2017, la Tunisie a décidé d’accorder des licences pour l’IoT dans la bande 863-870 Mhz à un prix symbolique afin de dynamiser le secteur », indique l’Idate. Plus largement, les politiques publiques et de financement des infrastructures restent encore très contrastées malgré les bonnes intentions exprimées il y a dix ans lors du sommet « Connecter l’Afrique » qui s’est tenu au Rwanda en octobre 2007. Les partenariats public-privé (PPP), c’est-à-dire des contrats de long terme (10 à 35 ans), sont considérés comme « l’un des meilleurs moyens de favoriser le développement, du fait de l’insuffisance des investissements et de la pression croissante qui s’exerce sur le budget de l’Etat ». Quant aux hubs technologiques africains, dont le premier a vu le jour au Kenya (baptisé iHub) dans la foulée du succès du désormais célèbre système de paiement mobile M-Pesa, ils se développent (CCHub au Nigeria, Diamniadio Valley au Sénégal, …). L’essor de la « Silicon Savannah » pourrait surprendre. Filiale du groupe Africa Internet, la société nigériane de e-commerce Jumia apparaît déjà comme la première « licorne » africaine – « licorne » étant le surnom de ces start-up non cotées valorisées plus de 1 milliard de dollars, ce que Jumia a atteint en 2016. C’est ce vent d’optimisme que le livre DigiWorld Yearbook Afrique & Moyen-Orient 2017, édité sous la responsabilité de Sophie Lubrano, en collaboration avec Jacques Bajon, Philippe Baudouin, Basile Carle et Didier Pouillot.

Charles de Laubier

(Source : CIO Mag, 3 juillet 2017)

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