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Kenya : les transferts d’argent atteignent des sommets

samedi 5 août 2017

Fintech

C’est simple, le paiement mobile représente aujourd’hui la moitié du PIB du pays. C’est la Banque centrale du Kenya qui l’annonce.

La banque mobile, qui permet de réaliser certaines opérations bancaires avec un téléphone sans avoir de compte, n’en finit plus de faire le succès du Kenya. Aujourd’hui, le montant de ces transferts atteint près de la moitié du produit intérieur brut, sur une année (de juin 2016 au 30 juin 2017, NDLR). Ils représentent près de 3 570 milliards de shillings kényans (KES) soit l’équivalent de 34,33 milliards de dollars, pour environ 1,7 milliard de transactions, indiquent les derniers chiffres de la Banque centrale du Kenya. C’est 15,8 % de plus que l’an dernier.

La mobile money, véritable instrument d’intermédiation financière
Des transactions mensuelles record ont été enregistrées en mars 2017, soit environ 320,80 milliards de shillings kényans, en augmentation de 17,3 % par rapport au mois précédent. Cependant, des statistiques font état de ce que le nombre de comptes d’utilisateurs de mobile money a chuté pendant deux mois consécutifs atteignant le nombre de 34,2 millions au terme du mois de mai 2017. Au total, les six principales plateformes de paiement électronique du Kenya ont exploité 34,178 millions de comptes en juin. Ces plateformes sont M-Pesa de Safaricom, Airtel Money, Telkom Money, Equitel du groupe Equity, Tangaza et MobiKash.

M-Pesa renforce ses positions

Avec 38,9 millions d’abonnés mobiles actifs, l’argent mobile est devenu une partie intégrante de la vie des Kényans depuis le lancement de M-Pesa. M-Pesa – M pour mobile et Pesa qui signifie argent en swahili – est le premier service de transfert d’argent par téléphone mobile dans le monde et le plus répandu. Il a été lancé comme projet pilote en 2007 au Kenya par Safaricom, premier opérateur kényan de téléphonie mobile. À l’origine, il était surtout destiné aux gens qui ne possédaient pas de compte bancaire, vivant loin de leurs village et famille dans une grande métropole. M-Pesa, est devenu une plateforme de paiement majeure, actuellement utilisée par plus de 10 000 entreprises pour collecter leurs montants facturés. Au moins 57 000 commerçants utilisent le service M-Pesa, qui permet à leur entreprise de recevoir l’argent de leurs transactions commerciales. Au moins 95 % de toutes les transactions de e-commerce au Kenya sont actuellement effectuées sur la plateforme M-Pesa.

Mais ces expériences kenyanes ne sont pas forcément transposables partout, en raison notamment de la difficulté persistante à convaincre des usagers habitués à l’argent liquide de la valeur de la monnaie numérique, soulignent les experts, mettant également en garde contre les vulnérabilités propres à ces systèmes immatériels. L’Intelligence Unit du magazine spécialisé The Economist (EIU) souligne, dans un rapport publié en mai 2016, « le problème énorme de la fraude sur l’argent mobile. Une préoccupation de taille sur un continent où les escrocs rivalisent souvent d’ingéniosité. Le rapport cite une étude de la Banque centrale du Kenya selon laquelle 37 % des transactions de ce type sont frauduleuses, contre 10 % lorsqu’elles sont réalisées par des agents de banque classiques.

Mais, quels que soient les obstacles, ce marché est appelé à grandir mécaniquement : selon un rapport du Boston Consulting Group (BCG) publié en juin, “d’ici 2019, 250 millions d’Africains qui ne sont pas intégrés au système bancaire posséderont un téléphone portable et un revenu d’au moins 500 dollars par mois”.

Joyce Edimo

(Source : Le Point Afrique, 5 août 2017)

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