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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2018 > Juin 2018 > Ile Maurice : Appels frauduleux - Les pirates à l’assaut des portables

Ile Maurice : Appels frauduleux - Les pirates à l’assaut des portables

jeudi 14 juin 2018

Cybersécurité/Cybercriminalité

Vous avez déjà reçu des appels inexpliqués de pays africains ou d’autres contrées ? Et vu votre crédit subtilisé lors de ces appels ? Il s’agit des scam calls, des appels venant d’escrocs. Ils proviennent principalement de Nigérians et d’Ivoiriens, qui travaillent dans des centres d’appels frauduleux.

Cette vaste opération d’escroquerie vise à subtiliser de l’argent à travers des appels internationaux. Plusieurs opérateurs font face à ces attaques et doivent régler des factures salées. C’était le cas d’Emtel Ltd, l’an dernier, qui s’était retrouvé avec une facture d’environ un million de roupies, soit 30 000 euros, à payer aux fournisseurs internationaux de téléphonie. L’opérateur a subi des attaques, lors desquelles des fraudeurs appelaient les clients de manière aléatoire ; 4 000 appels ont été passés sur le réseau mobile.

Les pirates utilisent un ordinateur, qui passe par un serveur international, et simule des appels sur une carte SIM. L’ordinateur cible différents pays, dans ce cas, Maurice. Les numéros sont choisis de manière aléatoire, afin de multiplier le nombre de personnes qui verront un appel manqué.

CERT-MU a plusieurs fois signalé ces appels frauduleux à Maurice. Les opérateurs ne savent pas quand l’attaque va arriver. Certains appels sont bloqués et d’autres non. Ils peuvent être émis par des robots, qui subtilisent le crédit ainsi que des informations du mobile. Dans certains cas, des informations peuvent être effacées du téléphone portable.

Les abonnés ne doivent répondre en aucun cas. Il faut bien s’assurer que ce soit un contact avant de rappeler. Il faut aussi vérifier le code pays de l’appel, cela peut être une indication. Et soyez le plus bref possible si vous rappelez.

Les utilisateurs doivent bloquer les numéros venant de ces pays. Les opérateurs ne peuvent pas grand-chose lorsque l’opération est en cours. Ils conseillent également de ne répondre à aucun appel suspect.

Les appels sont incessants afin que l’abonné décide de rappeler. Le but est de surfacturer la personne jusqu’à ce que le crédit soit fini. Le premier scénario, c’est que des ordinateurs enregistrent des messages audio pour faire croire qu’une agence veut récupérer de l’argent. Il y a aussi des opératrices ou opérateurs qui font semblant de ne pas entendre ou un appel sans interlocuteur au bout du fil. Son objectif : vous faire rester le plus longtemps en ligne.

Conséquences

La surfacturation d’un appel a des conséquences auprès de l’opérateur mobile. Si c’est un numéro prépayé, l’appel sera coupé quand le crédit sera épuisé. Si c’est un appel sur un numéro post-payé, la note sera très salée. Les taux pratiqués pour ces appels sont très élevés. Cela cause préjudice à l’opérateur. C’est également une escroquerie. On ne sait pas où va l’argent subtilisé ni si c’est pour causer du tort.

Les pirates utilisent des numéros de différents pays, comme le Cameroun, la Guinée Bissau. Les Mauriciens voient des numéros de l’étranger et ne se doutent pas que c’est un appel frauduleux. Parfois, les pirates vont jusqu’à utiliser le code pays de Maurice : +230 pour essayer de piéger les clients. Ces pirates envoient également des textos pour demander de rappeler en urgence.

(Source : L’Express, 14 juin 2018)

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