OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2021 > Janvier 2021 > Groupes WhatsApp : Un trait d’union et de dérives

Groupes WhatsApp : Un trait d’union et de dérives

jeudi 14 janvier 2021

Usages et comportements

La technologie reconfigure notre quotidien. Et rien de notre vie ne semble y échapper ; nos relations familiales, amicales voire professionnelles. Les échanges virtuels, comme ceux qu’offre WhatsApp, semblent nous rapprocher davantage à tel point que le contact physique se trouve presque relégué au second plan.

Nantis ou indigents, instruits ou analphabètes, jeunes ou vieux, la technologie ne laisse presque personne indifférent. Parmi ses nombreuses avancées, l’application WhatsApp est sans doute l’une des plus usitées. En plus de faciliter la communication, elle est devenue un outil de raffermissement des liens. Des personnes ayant partagé des moments forts et qui n’espéraient plus se rencontrer ont renoué le contact grâce à la magie des groupes WhatsApp.

Fille unique de sa mère, Aïssata Fall a plusieurs demi-frères et sœurs qu’elle n’a que très peu connus. Selon elle, il a fallu qu’une d’elles créent un groupe WhatsApp pour que le contact soit renoué. « Je savais que mon père avait d’autres enfants. Mais ça s’arrêtait là. C’est grâce à ce groupe que j’ai fait la connaissance de plusieurs membres de ma famille. Au début, c’était un peu froid, mais à force de présentation, de publications de photos, les gens se sont permis des familiarités. Ceux qui ne se connaissaient pas avaient envie de se voir en réel. C’est ainsi qu’on a organisé une rencontre et depuis, c’est comme si nous avions grandi ensemble », se réjouit-elle.

Militaire à la retraite, Seydou ne quitte plus son téléphone que pour suivre les informations ou la prière. Le plus gros de son temps, il a l’esprit rivé sur un groupe WhatsApp. Il n’en revient toujours pas. Il a retrouvé ses frères d’armes. Depuis, que d’anecdotes à raconter, que de souvenirs à ressasser à longueur de journée. « Il y a énormément d’émotions au début. Cela fait plus de 30 ans. Souvent, le nom d’un ancien membre nous vient à l’esprit. On l’annonce dans le groupe, il arrive qu’on nous dise qu’il est décédé ou qu’il est gravement malade. Maintenant, on s’organise pour apporter un petit soutien », dit-il, le visage empli d’émotion.

Vaincre l’ennui de l’inactivité

Si aujourd’hui le vieux Seydou ne s’ennuie presque plus, c’est parce qu’il est membre d’une vingtaine de groupes WhatsApp dont il est l’animateur attitré, le « journaliste ». En effet, chaque samedi, un membre du groupe est invité à répondre aux questions sur sa vie et son activité. « C’est moi qui pose d’abord les questions pendant une heure, ensuite les autres membres peuvent participer », assure-t-il, heureux de son rôle.

Sané Ndiaye, elle, anime le groupe WhatsApp des anciens de l’École 20, située dans la banlieue dakaroise. Elle a réussi la prouesse de regrouper des gens qui ont fréquenté l’école primaire dans les années 1990. À force de discussions, les anciens de l’École 20 ont fini par mettre en place une cagnotte assez consistante destinée à financer beaucoup d’initiatives sociales. « C’est quand j’ai partagé dans le groupe les images de notre chère école envahie par les eaux que les gens ont décidé d’agir », explique-t-elle. C’est ainsi, dit-elle, qu’une délégation s’est rendue à l’école pour rencontrer la direction. Aujourd’hui, les anciens envisagent de réfectionner les salles, repeindre les murs.

L’illusion de la proximité

S’il est vrai que partager un groupe WhatsApp peut donner l’impression aux uns et aux autres d’être très proches, il n’en demeure pas moins qu’il reste un outil virtuel qui ne saurait remplacer le contact physique. C’est la conviction de Massamba Guèye, conteur et enseignant de Lettres modernes. À ses yeux, cette application reste un outil et il appartient aux personnes d’en faire bon usage. Aujourd’hui, dit-il, grâce aux groupes WhatsApp, des gens d’une même famille se sont retrouvés et communiquent en permanence. Cependant, il estime que cette communication ne devrait pas se faire au détriment de la cohésion sociale. « C’est vraiment un outil très utile dans le rapprochement. Mais si, en parlant aux autres, on s’éloigne presque de ceux avec qui on partage la même maison, cela devient problématique. Aujourd’hui, les gens peuvent être ensemble, mais chacun a les yeux rivés sur son téléphone, donc la cohésion sociale peut même en pâtir. Or, le cercle familial a toujours été caractérisé par le dialogue, les échanges…que rien ne peut remplacer », analyse-t-il. C’est pourquoi le militaire à la retraite, Seydou, a institué un règlement dans sa famille : « L’usage du téléphone est interdit à l’heure du thé. Sauf en cas d’appel ». Hélas, il a été le premier à enfreindre son propre règlement. « C’est devenu une drogue », dit-il, résigné.

Passe-temps des employées de maison

N’ayant aucun centre d’intérêt avec leurs employeurs, certaines femmes de ménage s’ennuient aux heures de pause. Mais WhatsApp est venu régler le problème pour la plupart d’entre elles. Téléphone presque collé à la bouche, Bintou Fall marche doucement. Quelle que soit la dureté du labeur, son téléphone ne la quitte jamais. Elle est femme de ménage dans une famille de cinq personnes à Hann Mariste. Le matin, confie-t-elle, la maison est presque vide. Les enfants sont à l’école, les parents au boulot. « Je reste seule à la maison, mais j’avoue, dit-elle, ne pas m’ennuyer. Je suis membre de beaucoup de groupes WhatsApp. Ce sont des discussions interminables ».

Maty Sarr, elle, estime que WhatsApp a changé sa façon de vivre. Mieux, pour éviter d’être à court de connexion, certaines y consacrent un budget : « Je dépensais, chaque mois, 2000 FCfa, quelquefois le double avant que mon patron n’installe le wifi. C’est devenu une drogue pour moi ».

Quitter le groupe, presque un tabou

À la base, créé pour rapprocher des gens, le groupe devient presque une prison pour certains. « Il m’arrivait de trouver une centaine de messages audio. Je ne pouvais pas les lire. Un des aînés a envoyé un message menaçant. C’est à la limite s’il ne traitait pas les membres inactifs de personnes asociales », regrette Djibril Diallo, enseignant à Louga. Las des remontrances, il décide de quitter le groupe. « C’est un cousin qui m’a appelé tard dans la soirée pour me dire que les gens m’attaquaient sévèrement dans le groupe. Il m’a convaincu de le réintégrer avec un message d’excuses. C’est comme une prison », s’offusque celui qui y est surnommé le fantôme. Antonio Iannaccone, lui, estime que le problème n’est pas tant WhatsApp que ce qu’on en fait. Lucas renchérit : « Moi, j’adore communiquer avec ma grand-mère octogénaire sur WhatsApp. Mais en privé, pas en groupe. Le problème, c’est qu’on ne peut pas refuser d’y être, ni quitter le groupe : c’est presque tabou ».

Des divulgations aux relations brisées

Si tout le monde semble profiter des nombreux avantages qu’offre ce réseau social, il existe encore des personnes qui préfèrent s’en priver, même si elles en reconnaissent les nombreux avantages. « C’est plutôt par prudence. J’ai été témoin de messages qui ont été extirpés d’un groupe, sortis de leur contexte et envoyés à d’autres personnes qui ont fini par se quereller. Les messages restent, on ne peut pas imaginer ce que peuvent en faire tous les destinataires. Soit on participe avec des réserves, soit on décide de ne pas le faire. J’ai choisi cette dernière option », explique Samba Dia, un chauffeur dans une grande entreprise. Les échos qui lui sont parvenus sur les nombreux cas de relations brisées à cause des groupes WhatsApp semblent le tourmenter.

Oumar Fédior

(Source : Le Soleil, 14 janvier 2021)

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4502/5497 Régulation des télécoms
  • 357/5497 Télécentres/Cybercentres
  • 3613/5497 Economie numérique
  • 1852/5497 Politique nationale
  • 5084/5497 Fintech
  • 555/5497 Noms de domaine
  • 2026/5497 Produits et services
  • 1500/5497 Faits divers/Contentieux
  • 758/5497 Nouveau site web
  • 5497/5497 Infrastructures
  • 1948/5497 TIC pour l’éducation
  • 194/5497 Recherche
  • 247/5497 Projet
  • 4168/5497 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1992/5497 Sonatel/Orange
  • 1630/5497 Licences de télécommunications
  • 292/5497 Sudatel/Expresso
  • 1021/5497 Régulation des médias
  • 1351/5497 Applications
  • 1472/5497 Mouvements sociaux
  • 1737/5497 Données personnelles
  • 142/5497 Big Data/Données ouvertes
  • 607/5497 Mouvement consumériste
  • 363/5497 Médias
  • 651/5497 Appels internationaux entrants
  • 1701/5497 Formation
  • 104/5497 Logiciel libre
  • 2479/5497 Politiques africaines
  • 1079/5497 Fiscalité
  • 172/5497 Art et culture
  • 588/5497 Genre
  • 1858/5497 Point de vue
  • 1092/5497 Commerce électronique
  • 1496/5497 Manifestation
  • 323/5497 Presse en ligne
  • 125/5497 Piratage
  • 215/5497 Téléservices
  • 1016/5497 Biométrie/Identité numérique
  • 344/5497 Environnement/Santé
  • 567/5497 Législation/Réglementation
  • 365/5497 Gouvernance
  • 1834/5497 Portrait/Entretien
  • 147/5497 Radio
  • 762/5497 TIC pour la santé
  • 288/5497 Propriété intellectuelle
  • 60/5497 Langues/Localisation
  • 1123/5497 Médias/Réseaux sociaux
  • 2096/5497 Téléphonie
  • 193/5497 Désengagement de l’Etat
  • 1033/5497 Internet
  • 122/5497 Collectivités locales
  • 417/5497 Dédouanement électronique
  • 1370/5497 Usages et comportements
  • 1044/5497 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 564/5497 Audiovisuel
  • 3530/5497 Transformation digitale
  • 407/5497 Affaire Global Voice
  • 353/5497 Géomatique/Géolocalisation
  • 411/5497 Service universel
  • 710/5497 Sentel/Tigo
  • 181/5497 Vie politique
  • 1798/5497 Distinction/Nomination
  • 38/5497 Handicapés
  • 701/5497 Enseignement à distance
  • 869/5497 Contenus numériques
  • 590/5497 Gestion de l’ARTP
  • 182/5497 Radios communautaires
  • 2002/5497 Qualité de service
  • 606/5497 Privatisation/Libéralisation
  • 133/5497 SMSI
  • 557/5497 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2812/5497 Innovation/Entreprenariat
  • 1548/5497 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 46/5497 Internet des objets
  • 188/5497 Free Sénégal
  • 919/5497 Intelligence artificielle
  • 200/5497 Editorial
  • 10/5497 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/5497 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous