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Gestions des déchets électroniques : L’Ong Enda Ecopole affiche son inquiétude

mercredi 24 août 2011

Environnement/Santé

Le rush des ordinateurs, téléphones portables et téléviseurs, communément appelés venant d’Europe, inquiète l’Ong Enda Ecopole.Le coordinateur de ladite structure, Amadou Diallo, ne cautionne pas que ces ‘déchets électroniques’ soient présentés comme une forme d’aide au développement.

Informer la population sur les méfaits des déchets électroniques des pays riches qui envahissent le territoire sénégalais, c’est le but de l’atelier qui a été organisé, avant-hier, par l’Ong Enda Ecopole. Avec pour thème : ‘Comment faire face aux déchets électroniques’. Cette rencontre visait à sensibiliser les usagers sur les risques que peuvent causer l’utilisation abusive de ces matériels. En effet, selon le coordinateur de l’Ong Enda Ecopole, Amadou Diallo, les équipements électroniques usagés, offerts souvent au titre de l’aide au développement, peuvent poser des risques sérieux à l’environnement et à la santé humaine. ‘Les déchets électroniques posent un problème énorme. Cela va probablement être le problème le plus grave que le monde va devoir affronter au cours de ce siècle, surtout dans les pays en développement’, soutient-il.
A l’en croire, jusqu’à présent, il arrivait que quelques compagnies occidentales isolées déversent quelques tonnes de déchets toxiques dans des régions isolées des pays en développement. Mais ce commerce est devenu maintenant plus systématique et il est en train de prendre de l’ampleur. Ordinateurs, frigos, téléphones portables, téléviseurs et autres produits de consommation, qui ont été utilisés dans les pays riches, finissent comme ‘déchets électroniques’ dans les pays en développement. Aussi, dans le souci de réduire les conséquences engendrées par ces multiples appareils électroniques au plan environnemental, Enda Ecopole vient de mettre en place un centre de formation pour permettre aux jeunes réparateurs de rue de mieux maîtriser le recyclage. ‘Beaucoup de pays en développement font du commerce des déchets électroniques à cause de la pauvreté. Mais les bénéfices monétaires à court terme sont de loin contrebalancés par les impacts à long terme sur l’environnement, les risques pour la vie, la santé et l’habitat des populations affectées. Les pays, qui n’ont pas la technologie ou le savoir-faire technique pour manipuler ces déchets en sécurité et les entreposer, devraient se concentrer sur d’autres activités génératrices de revenus’, recommande le coordinateur d’Enda Ecopole.

Aussi, Amadou Diallo invite le gouvernement à informer la population, surtout celle du monde rural, sur les conséquences de ces déchets sur la santé. Car, le coordinateur de l’Ong d’Enda Ecopole estime que ‘les produits chimiques toxiques devraient être indiqués dans la langue locale’. ’On doit faire plus pour expliquer aux femmes et aux enfants les risques sanitaires qu’implique le fait de travailler dans des industries polluantes ou de fouiller les décharges pour récupérer des matériaux à recycler et à vendre’, soutient-il.

Abondant dans le même sens, le représentant de la cellule Seneclic sur les déchets électroniques (e-dechets), Ibrahima Diaby Gassama, indique que leur structure compte mettre en œuvre des stratégies de communication pour mieux sensibiliser la population sur des dégâts que peut causer la manipulation continuelle sans prévention de ces objets électroniques. ’Un ordinateur, qui arrive en fin de vie, une fois ouvert, contient au moins 21 produits chimiques toxiques différents’, fait-il savoir.

Pour lui, le problème est que beaucoup de pays pauvres ne disposent pas de la technologie et de l’expertise technique pour détruire ou entreposer ces déchets en toute sécurité. ‘Il existe des règles internationales qui interdisent la décharge ou le mouvement illicite de déchets dangereux et toxiques ; pourtant leur commerce explose’, se désole Gassama.

Paule Kadja Traoré

(Source : Wal Fadjri, 24 août 2011)

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