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Fermeture des cyber de Saint-Louis : Les internautes dans la tourmente, les plus nantis disposent de branchements internes

jeudi 30 juin 2011

Télécentres/Cybercentres

Après la fermeture massive des télécentres dans la ville, c’est au tour des cybercafés de baisser leurs rideaux, au grand dam des surfeurs et adeptes des Tic. Pourtant, dans un passé très récent, il était rare de parcourir une courte distance sans voir une salle aménagée avec quelques ordinateurs. Seuls les plus nantis disposent de branchements à domicile pour poursuivre leurs activités et gagner plus de temps.

Les cybercafés qui foisonnaient dans la capitale du nord se font maintenant désirer dans certains endroits. C’est le cas dans beaucoup de quartiers de la ville. C’est une situation inquiétante, prise au sérieux par les populations qui ne disposent malheureusement pas d’Adsl à la maison, faute de moyens.

Les gérants indexent les lourdes charges

Mais pour les étudiants, élèves, travailleurs et autres, l’internet est fondamental pour mener des recherches ou répondre au message électronique d’un ami. Il est devenu un véritable casse-tête pour eux, du fait que beaucoup de cybers ont baissé rideaux. Certains internautes interpellés soutiennent que les gérants de cyber utilisent des machines de seconde main. « Il est très difficile de travailler avec ces machines qui datent de mathusalem. Elles ont une connexion très lente, ce qui fait que nous perdons beaucoup de temps avant de démarrer notre travail », a déploré Lamine Ndiaye pour qui c’est la raison pour laquelle les pannes sont fréquentes.

D’autres pensent que c’est le manque d’entretien des ordinateurs par les gérants. « Il y a surtout la manipulation abusive des jeunes qui n’ont aucune connaissance de base de l’outil informatique. Ils sont d’ailleurs à l’origine de ces désagréments. Il nous arrive de voir nos clés contaminées. Nous faisons parfois le tour de la ville pour disposer de connexion », a dénoncé Babacar Niang. Quoi qu’il en soit, ces versions ont été balayées d’un revers de main par les gérants et autres propriétaires de cyber qui indexent les lourdes charges endossées. « Les factures d’électricité et celles de la Sonatel sont salées et souvent les échéances sont trop rapprochées ; la location de la salle, la maintenance, le personnel sont autant de charges qu’il faut prendre en compte à chaque fin de mois. Et malheureusement, on ne peut vendre l’heure à plus de 150 F ou 250 F dans certaines zones de la ville », a fait savoir Massow Kâ.

La connexion interne prend forme

Actuellement, beaucoup de cybers ont certes fermés, ce qui cause des désagréments aux usagers qui sont obligés de faire une longue distance pour se connecter, mais d’autres alternatives sont trouvées. En effet, vu la fermeture des cybers et la nécessité de disposer d’une connexion, les organismes téléphoniques facilitent facilite l’accès aux populations. La concurrence est passée par là. Certains disposent de clé, de connexion wifi ou d’Adsl. « Cette connexion me permet de passer plus de temps avec ma famille. J’avoue qu’il m’arrivait de rester dans un cyber jusqu’à 23 heures. Mais aujourd’hui c’est terminé car ma famille me voit toujours », a soutenu Vieux Sèye. Ce dernier dénonce les délestages qui, selon lui, perturbent parfois son travail. Par contre, ceux qui disposent de connexion wifi la sécurisent. « Je ne veux pas que les internautes aient accès à mes données », dira Amadou Fall contrairement à Pape Tapha Touré pour qui le partage est important. « Il faut toujours partager ce qu’on a avec les autres », a-t-il expliqué.

Il faut signaler que l’heure varie entre 200 et 300 fcfa. Certains internautes n’hésitent pas à utiliser à plusieurs reprises le ticket, une attitude qui est loin d’arranger les gérants.

Gallaye Sène

(Source : L’As, 30 juin 2011)

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