OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2020 > Juin 2020 > État d’urgence au Sénégal : nécessaire transparence gouvernementale

État d’urgence au Sénégal : nécessaire transparence gouvernementale

dimanche 14 juin 2020

Gouvernance

Depuis le vote de la loi n°08/2020 habilitant le président de la république dans un délai de trois mois à proroger l’état d’urgence, le Sénégal s’est installé pour une longue période dans un régime dérogatoire aux libertés publiques.

L’état d’urgence créé sur la base de la loi n° 69-29 du 29 avril 1969, vieille de 51 ans, à une époque où l’internet n’existait pas, pourrait faire croire qu’elle ne contiendrait pas de dispositions susceptibles de remettre en cause les droits humains en ligne.

Cependant, la rédaction de certains articles de cette loi étant suffisamment large et les définitions vagues de certains termes font que la mise en œuvre des articles 6, 10 et 12 présente le risque sérieux de conséquences invasives néfastes sur les droits numériques au Sénégal, en sus des lois votées depuis 2016.

Pire encore, le contrôle juridictionnel est limité car il n’intervient qu’à posteriori. Même le référé d’urgence est d’une efficacité limitée en raison de la rapidité des procédures administratives en cause car les décisions du juge interviennent bien après les violations des droits et libertés.

Ainsi donc, l’état d’urgence est une période propice aux atteintes aux droits humains en ligne et hors ligne. Pour preuve, dès le lendemain de l’instauration de l’état d’urgence, des témoignages vidéo des abus et des dérives policières étaient publiés sur les réseaux sociaux par des citoyens.

Cependant, il est à noter qu’une totale opacité est entretenue par le gouvernement sur l’impact de l’état d’urgence sur la société sénégalaise. En effet, aucun bilan chiffré de l’état d’urgence n’est publiée ni par la police ni par la gendarmerie.

A ce jour, il n’existe pas au Sénégal un canal officiel de diffusion régulière d’indicateurs actualisés sur les effets de l’état d’urgence, accessible au public.

Enfin, le contrôle parlementaire, un élément de la légitimité de cette période d’exception n’a jamais été évoqué par les députés encore moins la mise en place par l’assemblée nationale du Sénégal d’une commission de contrôle et d’évaluation des mesures relevant de l’état d’urgence.

Au vu de tous ces éléments, ce régime d’exception suscite légitimement des inquiétudes et des préoccupations sur les droits humains en ligne et hors ligne au Sénégal.

Aussi, la société civile ne doit pas par son silence, encourager l’État dans sa logique de mise en œuvre de l’état d’urgence dans une opacité totale sur ses effets sur la vie des sénégalais et lui laisser la latitude d’utiliser la période actuelle comme laboratoire d’expérimentation en vue d’une généralisation de mesures largement attentatoires aux droits et libertés, voire permettre la pérennisation subreptice de l’état d’urgence.

La vigilance doit donc être de mise car dans un Etat de droit la mise en œuvre d’un régime d’exception attentatoire aux libertés, nécessite un contrôle démocratique.

Ainsi, pour combler les failles du contrôle politique et démocratique de l’assemblée nationale du Sénégal, les limites du contrôle juridictionnel, ASUTIC met en place un observatoire citoyen de l’état d’urgence.

L’objectif est, d’abord, de faire l’inventaire des dérives, des dérapages et erreurs de ce dispositif qui place le Sénégal hors du droit commun, ensuite, procéder à l’analyse des données afin d’en avoir une vue globale qui puisse permettre d’informer le public sur la réalité de l’état d’urgence, tirer des enseignements et enfin faire des recommandations ayant vocation de garantir le respect des libertés et­ droits fondamentaux en ligne et hors ligne. ­
En outre, l’Observatoire citoyen permettra de s’assurer du respect par le Gouvernement du Sénégal de ses engagements internationaux en matière de droits humains en ligne.

L’observatoire n’a pas pour vocation de s’interroger sur l’opportunité de ces mesures, mais, de déterminer l’impact de l’application de l’état d’urgence sur les droits numériques.

En l’absence d’informations officielles publiées par les autorités, ASUTIC entend recenser les éventuelles violations des droits humains en ligne publiées par la presse mais surtout en faisant appel aux citoyens.

Nous aurons une responsabilité collective si nous, les citoyens, ne contrôlons pas la mise en œuvre des mesures de l’état d’urgence et d’évaluer les éventuelles violations des droits et libertés qui pourraient en résulter.

Avec ce régime d’exception en cours actuellement au Sénégal, l’Etat de droit est plus que jamais une impérieuse obligation démocratique contre l’autoritarisme.

Aussi, nous appelons au contrôle et à la vigilance citoyenne, partagez avec nous vos témoignages sur les abus et dérapages à l’adresse : infos@asutic.org.

L’Association des Utilisateurs des TIC rappelle au gouvernement du Sénégal­ :

  • Le caractère nécessairement provisoire de ce régime d’exception attentatoire aux droits et libertés fondamentaux, Il importe donc d’en sortir le plus rapidement possible­ ;
  • Son obligation de rendre compte voudrait qu’il soit transparent et clarifie sa communication sur les effets des mesures en les rendant accessible à tous­ ;
  • L’urgence d’une loi sur le droit d’accès à l’information au Sénégal malgré la consécration du droit à l’information plurielle par la Constitution.

Fait à Dakar, le 14/ 06 / 2020
Le Président Ndiaga Guèye

(Source : ASUTIC, 14 juin 2020)

Fil d'actu

  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)
  • Quelles différences entre un don et un cadeau ? Burkina NTIC (22 avril 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4452/5092 Régulation des télécoms
  • 356/5092 Télécentres/Cybercentres
  • 3455/5092 Economie numérique
  • 1846/5092 Politique nationale
  • 5092/5092 Fintech
  • 527/5092 Noms de domaine
  • 1899/5092 Produits et services
  • 1484/5092 Faits divers/Contentieux
  • 807/5092 Nouveau site web
  • 5070/5092 Infrastructures
  • 1830/5092 TIC pour l’éducation
  • 195/5092 Recherche
  • 254/5092 Projet
  • 3517/5092 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1812/5092 Sonatel/Orange
  • 1623/5092 Licences de télécommunications
  • 284/5092 Sudatel/Expresso
  • 997/5092 Régulation des médias
  • 1312/5092 Applications
  • 1255/5092 Mouvements sociaux
  • 1763/5092 Données personnelles
  • 127/5092 Big Data/Données ouvertes
  • 604/5092 Mouvement consumériste
  • 368/5092 Médias
  • 651/5092 Appels internationaux entrants
  • 1695/5092 Formation
  • 99/5092 Logiciel libre
  • 2005/5092 Politiques africaines
  • 986/5092 Fiscalité
  • 170/5092 Art et culture
  • 583/5092 Genre
  • 1848/5092 Point de vue
  • 1014/5092 Commerce électronique
  • 1485/5092 Manifestation
  • 327/5092 Presse en ligne
  • 134/5092 Piratage
  • 206/5092 Téléservices
  • 1013/5092 Biométrie/Identité numérique
  • 311/5092 Environnement/Santé
  • 350/5092 Législation/Réglementation
  • 387/5092 Gouvernance
  • 1858/5092 Portrait/Entretien
  • 148/5092 Radio
  • 800/5092 TIC pour la santé
  • 283/5092 Propriété intellectuelle
  • 64/5092 Langues/Localisation
  • 1071/5092 Médias/Réseaux sociaux
  • 2070/5092 Téléphonie
  • 196/5092 Désengagement de l’Etat
  • 1044/5092 Internet
  • 115/5092 Collectivités locales
  • 419/5092 Dédouanement électronique
  • 1176/5092 Usages et comportements
  • 1042/5092 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 557/5092 Audiovisuel
  • 3157/5092 Transformation digitale
  • 388/5092 Affaire Global Voice
  • 160/5092 Géomatique/Géolocalisation
  • 321/5092 Service universel
  • 682/5092 Sentel/Tigo
  • 177/5092 Vie politique
  • 1539/5092 Distinction/Nomination
  • 36/5092 Handicapés
  • 705/5092 Enseignement à distance
  • 777/5092 Contenus numériques
  • 596/5092 Gestion de l’ARTP
  • 186/5092 Radios communautaires
  • 1776/5092 Qualité de service
  • 439/5092 Privatisation/Libéralisation
  • 134/5092 SMSI
  • 463/5092 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2710/5092 Innovation/Entreprenariat
  • 1366/5092 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 48/5092 Internet des objets
  • 177/5092 Free Sénégal
  • 637/5092 Intelligence artificielle
  • 206/5092 Editorial
  • 2/5092 Gaming/Jeux vidéos
  • 26/5092 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous