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“En cette période de crise Covid-19, l’Etat doit rendre internet gratuit…” selon l’expert Aboubacar Sadikh Ndiaye

mardi 7 avril 2020

Portrait/Entretien

C’est durant des moments difficiles comme la pandémie #Covid-19, que beaucoup de citoyens , voire même des Etats, ont enfin compris l’apport du numérique dans le travail quotidien.

Ce virus aura appris à tous les secteurs d’activités que le monde du web n’est pas uniquement de la théorie mais de la pratique. Depuis lors, les termes télétravail, visioconférence… n’étaient que des mots qui résonnaient dans la tête de plusieurs internautes.

Mais aujourd’hui, c’est devenu une obligation à cause du Coronavirus. Cependant, avec le confinement oblige, rester à la maison avec son téléphone ou sa machine demande une grosse consommation de données ( internet). Comment l’Etat peut-il soutenir tout ce beau monde ? Aboubacar Sadikh Ndiaye semble avoir trouvé la solution. L’expert, consultant en transformation digitale, donne des solutions dans cet entretien avec Socialnetlink. Il propose au gouvernement de rendre internet gratuit.

Le digital est- il une solution face au confinement et la progression du Covid 19 ?

Oui en effet le digital est une solution intéressante, nécessaire mais pas suffisante. La transformation digitale des entreprises s’accélère à cause du bouleversement des modèles de production et de « business model ». Donc, le digital est une solution intéressante car, grâce à Internet on peut connecter des sites/ personnes distants et ainsi permettre une communication, une continuité du travail pour les entreprises, un fonctionnement de l’école avec le e-learning ou une interaction entre l’administration et un usager du service public en ligne.

Le recours au digital est nécessaire surtout dans les situations de confinement partiel ou total car certaines activités professionnelles, administratives et de la vie plus globalement ne peuvent pas s’arrêter sinon ce serait le KO total.

Par ailleurs, elle n’est pas suffisante surtout dans nos pays ou tout le monde n’est pas connecté. Certains sont connectés et d’autres n’ont pas d’accès à internet ou ne savent pas l’utiliser. Pour cette niche (de la population) très importante et déconnectée pour des raisons géographiques ou liées au pouvoir d’achat, il faut utiliser les canaux de communication, de sensibilisation classique pour empêcher la propagation du virus.

Qu’entendez-vous par canaux classiques, vous parlez de la radio et la TV ?

Oui la radio et la TV mais surtout les systèmes de communication communautaires qui sont dans nos quartiers et qui servent de canaux de proximité. Face au confinement qui empêche toute campagne de sensibilisation de type marketing social direct, les autorités gouvernementales et locales doivent harmoniser leurs stratégies pour utiliser les radios des lieux de culte.

Il y a une radio dans presque chaque quartier de Dakar et du Sénégal et parfois plusieurs mosquées dans un seul quartier. Et ce canal est utilisé 5 fois par jour pour faire l’appel à la prière et donc cinq occasions pour rappeler et passer un message de sensibilisation et de prudence. C’est également le cas de l’église et des lieux de culte catholique qui peuvent servir de relais pour alerter et toucher les communautés sans les regrouper.

Faisons passer les messages de sensibilisation et d’alerte après chaque appel à la prière et dans au moins deux langues afin de mieux toucher les populations.

Dieu (sli) est lui-même communication, LUI qui nous a envoyé des messagers et des livres, des siècles et des siècles.

Et pour Internet, quelle est la meilleure utilisation en cette crise pour freiner la propagation ?

Tout d’abord l’Etat doit mettre en place une stratégie digitale globale en impliquant les divers acteurs comme le corps sanitaire, les forces de l’ordre et les populations. Lutter contre la prolifération de fausses infos et surtout les fake-news.

En collaboration avec les opérateurs, l’ADIE doit faciliter l’accès à l’information sur Internet avec la possibilité de se connecter aux différents sites de démarches administratives gratuitement et cela sans disposer de pass, de forfait ou de ligne internet. Cela permettra de motiver les usagers du service public en ligne à aller vers l’e-administration et ainsi éviter d’encombrer les services ou de créer des regroupements de personnes.

En cette période de crise, l’Etat doit rendre internet gratuit pour permettre aux citoyens de s’informer à temps réel. Cela, en mettant en place un portail d’informations avec une App dédiée à la lutte contre le Coronavirus, accessible sans frais de connexion internet et disponible en plusieurs langues avec du contenu vérifié et adéquat. Grâce à l’inbound marketing (social), les services en charge de l’information peut s’adresser aux cibles en leur offrant une meilleure expérience usager du service public en ligne à côté de WhatsApp, Facebook et Youtube qui sont des plateformes utiles certes mais très généralistes.

(Source : Social Net Link, 7 avril 2020)

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