OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2012 > Janvier > Diagnostic indépendant et sans complaisance d’un observateur de la stratégie (…)

Diagnostic indépendant et sans complaisance d’un observateur de la stratégie du groupe Wal Fadjri

lundi 9 janvier 2012

Point de vue

Le paysage audiovisuel sénégalais est marqué, ces derniers temps, par une concurrence accrue du fait de la guerre sans merci - des duels devrait-on dire - que se livrent les quatre chaînes de télévision les plus en vue (Rts - 2sTv et Walf-Tfm (débauchage tout azimut sans aucun formalisme, course à l’exclusivité, combats de lutte, dénigrement de la concurrence ...).

Le groupe Wal Fadjri fait aujourd’hui partie d’un des plus grands groupes de presse du pays pour avoir été le premier groupe à posséder les trois média que sont la presse écrite avec trois journaux, trois fréquences de radio et une télévision. J’ai eu l’honneur d’avoir eu déjà une discussion intéressante à ce propos avec son Pdg lors d’un voyage où je lui disais qu’il n’ait point besoin d’un sondage pour savoir que le groupe possède encore la plus forte notoriété spontanée parmi tous ses concurrents.

Toutefois, l’émergence, ces dernières années, d’autres groupes de presse privée a eu comme conséquence immédiate une érosion de cette notoriété et a entraîné des départs massifs dont le point culminant a été atteint au cours de l’année qui vient de s’écouler avec pas moins de sept agents qui sont allés vers d’autres prairies (en fait vers la concurrence). Le dernier en date, celui du présentateur de l’émission hebdomadaire de lutte a frappé tous les esprits de par son incongruité (préavis de 48 h) et par la façon pernicieuse dont il s’est déroulé. Quel téléspectateur n’a, en effet, pas été choqué de voir le même présentateur en l’espace de moins d’une semaine (Dimanche à Samedi) ressasser son expression favorite ’FI LA MBOUROU BI TANGUE’ dans chacun des deux média. Que dire du patron du groupe Futurs Média qui se signale, depuis l’obtention de sa fréquence télé, par des pratiques qui frisent vraiment le ridicule et l’absence totale d’éthique (mais devrait-on s’en étonner venant d’hommes d’affaires qui n’entrent dans ce milieu que pour se faire du pognon comme on dit).

Comment, en effet, concevoir que l’on puisse demander à quelqu’un de quitter une chaîne de télévision avec l’émission précédemment animée en conservant de surcroît le même titre. Les derniers exemples en date (Njeguemar et Lamb ji) ont dû émouvoir tous les téléspectateurs sénégalais avertis. L’on pourrait se poser la question de l’urgence à réguler ce secteur (par, par exemple, la conclusion d’un code déontologique entre les différents patrons de presse), sous la supervision du Cnra, sinon, le secteur continuera d’être une vraie jungle où les plus forts (ce que semble en tout cas démontrer aujourd’hui le groupe Futurs média) continueront de dicter leurs lois de déstabilisation sans savoir que l’on ne construit pas un groupe en détruisant ce que les autres ont construit en plus d’une décennie ou essayé tant bien que mal de construire (exemple du contentieux avec Zik Fm). Si le débauchage ne peut être interdit en soi, des règles élémentaires d’éthique devraient être respectées (respect d’un délai minimal de préavis, l’interdiction absolue d’utiliser les mêmes thèmes d’émission même si ces derniers ne sont pas, à tort, protégés au niveau du Bsda, le respect du secret professionnel ...).

Le positionnement stratégique adopté par le groupe Walf Fadjri souffre, à notre avis, de plusieurs maux que l’on pourrait résumer en huit points principaux :

1. Absence d’un dispositif de défense des intérêts du groupe (à l’image d’une amicale du personnel ou d’un syndicat comme celui de la Rts) et d’un Directeur délégué qui servirait d’interlocuteur direct et au-delà de paravent (au Pdg) vis-à-vis aussi bien du personnel que des personnes externes qui veulent nuire au groupe (selon les termes même de son Pdg), 2. Plages très prépondérantes occupées par la musique à la télévision (il arrive même que des émissions très intéressantes comme ‘Fatwa’ soient écourtées de 10 à 15 mn avant le temps normalement imparti pour faire place à la musique en attendant l’heure du point d’information),

3. Trop grande liberté d’expression et de ton donnée aux présentateurs (Yékini disait, à juste titre, du présentateur de l’émission Lamb ji qu’il avait tendance à oublier que des téléspectateurs le regardaient quand il faisait ses envolées lyriques dont il pensait certainement que c’était apprécié des téléspectateurs),

4. Trop fréquents changements d’horaires des émissions, en particulier celles qui constituent les références phares de la chaîne (‘Ataya’ et ‘Sortie’) qui finissent par désabuser le téléspectateur,

5. Quasi absence de productions internes. Ce point est, il est vrai, commun à toutes les chaînes de télévision y compris à la Rts (qui dispose pourtant de moyens considérables). Sur toute la semaine et à l’heure considérée comme de grande écoute (après le journal télévisé), aucune des chaînes de télévision n’a jusqu’ici réussi à établir un programme intéressant, précis et standard (retenu par les téléspectateurs) couvrant toute la semaine (Walf n’en a que deux : ‘Diine ak jamono’ et ‘Ataya’ ; l’émission ‘Noko Dunde’ ayant été supprimé sans préavis et sans justification), Tfm ne faisant quasiment le soir que des rediffusions d’émissions (‘Wareef’, ‘Faram facce’...). Or, des idées d’émission ne manquent pas :

–  des films qui ne heurtent pas les sensibilités des plus jeunes (films classiques de cinéma mais aussi films religieux sur la vie des prophètes par exemple...),

–  des productions spécifiques portant sur des débats entre islamologues (sur des sujets précis qui suscitent aujourd’hui des contradictions entre les quatre Majahib (imam malick, imam shafii et autres) ou sur l’itinéraire de nos grandes figures religieuses pour les servir d’exemple à la population (Cheikhoul Khadim, El Hadj Malick Sy, Baye Niass, Cheikh al Khalifa Niasse, Mame Limamoulaye, El hadj Omar Tall...) auraient pu être imaginées en une séance hebdomadaire (mercredi ou vendredi soir par exemple avant ‘Ataya’). A ce sujet, il est important de souligner la tendance des patrons de chaîne à penser que seules les séries télévisuelles étrangères peuvent intéresser les sponsors. Or, une émission même religieuse bien imaginée et mise en scène peut intéresser ces sponsors en particulier si l’on met à profit le présentateur vedette dans le démarchage de la clientèle,

–  une émission hebdomadaire sur des sujets de société avec des micro-trottoirs et l’intervention d’experts (sociologues, juristes, experts métiers ...) ou sur l’actualité de la semaine diagnostiquée par des experts de chaque domaine concerné,

6) La ligne éditoriale du groupe (avec le choix d’être, semble-t-il, la télévision du peuple) en dénonçant les maux de la société peut engendrer quelque part une désaffection de la clientèle entreprise (celle-là qui donne la publicité). Les reportages sur des manifestations (brassards rouges) où certaines entreprises privées ou des entités de l’Etat sont brocardées, s’ils peuvent être salués, ont ceci de pernicieux qu’ils peuvent braquer les entreprises objet de ces quolibets (en particulier si le débat n’est pas contradictoire (avec le recueil de l’avis des responsables de l’entreprise concernée)). A ce propos, le fait de faire suivre au journal en français, le journal en wolof ne me paraît pas en soi une bonne idée en particulier, si les mêmes thèmes sont développés dans les deux versions. L’on pourrait comprendre cela, si le journal en wolof se concentrait sur ce qui se passe dans les régions et les villages du Sénégal (généralement des revendications sur le manque d’infrastructures, d’eau, de postes de santé ...) tandis que le journal en français serait articulé autour de l’actualité officielle (politique, économique ...),

7) L’absence de ressources financières suffisantes, conséquence du volume réduit des recettes publicitaires affectées au secteur audiovisuel qui, de surcroît, sont mal réparties (les plus agressifs en terme commercial accaparant l’essentiel). A ce niveau, le groupe Wal Fadjri a encore beaucoup d’efforts à faire :

–  d’une part, il devrait se doter d’un vrai service commercial et marketing ou au besoin s’attacher les services de professionnels du secteur sous forme de contrat de prestations avec des commissions sur tout marché de publicité apporté,

–  d’autre part, faire de ses agents (du moins les plus en vue comme Sa Ndiougou) de vrais Vrp (comme le fait du reste Boub’s au groupe Futurs média) pour les émissions qu’ils animent,

–  Enfin, les tarifs publicitaires sembleraient, de l’avis de témoignages recueillis, assez élevés et mériteraient le cas échéant une modulation par rapport à ce que fait la concurrence,

8) Enfin, le sentiment d’appartenance (culture d’entreprise) qui a pendant longtemps fait le secret de la réussite du groupe (‘radio de la jeunesse’) doit être promu de nouveau avec beaucoup plus d’acuité. Il est vrai que les derniers contentieux dans lesquels le groupe s’est emmêlé (Bsda, Artp, Cnra...) ne constituent pas toujours une meilleure façon de développer ce sentiment face à la perception d’un ‘groupe de presse à problèmes’ que cela peut développer dans l’esprit du public. Concluons en disant qu’à propos d’un agent impliqué, Maurice Tévenet disait que, ‘on est impliqué dans la mesure où l’image que l’on se fait de son succès personnel passe par le succès de l’institution dans laquelle on est’.

Cheikh Mamadou Lo, Expert financier
Chmam07@yahoo.fr

(Source : Wal Fadjrdi, 9 janvier 2012)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 6548/7727 Régulation des télécoms
  • 533/7727 Télécentres/Cybercentres
  • 5304/7727 Economie numérique
  • 2623/7727 Politique nationale
  • 7727/7727 Fintech
  • 777/7727 Noms de domaine
  • 3519/7727 Produits et services
  • 2281/7727 Faits divers/Contentieux
  • 1138/7727 Nouveau site web
  • 7539/7727 Infrastructures
  • 2607/7727 TIC pour l’éducation
  • 297/7727 Recherche
  • 380/7727 Projet
  • 5145/7727 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 2844/7727 Sonatel/Orange
  • 2420/7727 Licences de télécommunications
  • 417/7727 Sudatel/Expresso
  • 2089/7727 Régulation des médias
  • 1927/7727 Applications
  • 1740/7727 Mouvements sociaux
  • 2647/7727 Données personnelles
  • 197/7727 Big Data/Données ouvertes
  • 895/7727 Mouvement consumériste
  • 545/7727 Médias
  • 983/7727 Appels internationaux entrants
  • 2535/7727 Formation
  • 138/7727 Logiciel libre
  • 3093/7727 Politiques africaines
  • 1573/7727 Fiscalité
  • 252/7727 Art et culture
  • 875/7727 Genre
  • 2545/7727 Point de vue
  • 1502/7727 Commerce électronique
  • 2218/7727 Manifestation
  • 481/7727 Presse en ligne
  • 198/7727 Piratage
  • 314/7727 Téléservices
  • 1387/7727 Biométrie/Identité numérique
  • 455/7727 Environnement/Santé
  • 579/7727 Législation/Réglementation
  • 553/7727 Gouvernance
  • 2712/7727 Portrait/Entretien
  • 221/7727 Radio
  • 1222/7727 TIC pour la santé
  • 438/7727 Propriété intellectuelle
  • 112/7727 Langues/Localisation
  • 2019/7727 Médias/Réseaux sociaux
  • 3190/7727 Téléphonie
  • 313/7727 Désengagement de l’Etat
  • 1592/7727 Internet
  • 190/7727 Collectivités locales
  • 682/7727 Dédouanement électronique
  • 1672/7727 Usages et comportements
  • 1568/7727 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 845/7727 Audiovisuel
  • 5063/7727 Transformation digitale
  • 594/7727 Affaire Global Voice
  • 290/7727 Géomatique/Géolocalisation
  • 468/7727 Service universel
  • 1050/7727 Sentel/Tigo
  • 267/7727 Vie politique
  • 2329/7727 Distinction/Nomination
  • 53/7727 Handicapés
  • 1055/7727 Enseignement à distance
  • 1157/7727 Contenus numériques
  • 896/7727 Gestion de l’ARTP
  • 310/7727 Radios communautaires
  • 2594/7727 Qualité de service
  • 672/7727 Privatisation/Libéralisation
  • 223/7727 SMSI
  • 792/7727 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 4127/7727 Innovation/Entreprenariat
  • 2056/7727 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 70/7727 Internet des objets
  • 250/7727 Free Sénégal
  • 1140/7727 Intelligence artificielle
  • 298/7727 Editorial
  • 3/7727 Gaming/Jeux vidéos
  • 33/7727 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous