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Cybersécurité : le français Atos veut racheter Gemalto pour 4,3 milliards d’euros

mardi 12 décembre 2017

Economie numérique

Le groupe informatique français a déposé une offre auprès du conseil d’administration de l’entreprise spécialiste de la sécurité, en difficulté depuis plusieurs mois. Le cours de Gemalto a bondi de plus de 32%, ce mardi, à l’ouverture de la Bourse de Paris.

Après plusieurs mois de rumeurs, l’offre a finalement été confirmée et sera étudiée d’ici la fin de la semaine. Le spécialiste français des cartes à puces Gemalto est l’objet depuis hier soir d’une offre de rachat formulée par le groupe français Atos. « Le conseil d’administration de Gemalto a pris acte de l’annonce faite hier soir par Atos de l’offre non sollicitée et conditionnelle », indique ce mardi Gemalto dans son communiqué. La direction du groupe affirme avoir « informé Atos qu’elle étudiait son offre avec attention et lui adresserait une réponse » avant le 15 décembre, date de fin de validité de l’offre, mais qu’il n’y avait aucune certitude que l’offre débouche sur une offre ferme et recommandée ».

La banquie publique d’investissements, Bpifrance, a d’ores et déjà fait savoir qu’elle voyait d’un œil très favorable une consolidation entre deux acteurs de la technologie. La Bourse s’est elle aussi montrée enthousiaste, le cours de Gemalto s’est envolé de plus de 32% peu après l’ouverture à Paris.

Le projet d’acquisition a été présenté au conseil d’administration de l’entreprise le 28 novembre par Atos. Il a été décidé de le rendre public lundi soir, « compte tenu des risques accrus pouvant désormais affecter le titre Gemalto » en Bourse. L’entreprise, spécialiste de la sécurité et de l’identité numérique, traverse en effet une période de crise depuis plusieurs mois. Atos propose de racheter Gemalto en numéraire pour un total de 4,3 milliards d’euros. Cette offre amicale serait financée par sa trésorerie, ainsi que par un emprunt « déjà sécurisé », a précisé Atos.

« Atos et Gemalto ont le même ADN, nous sommes deux entreprises d’ingénieurs », a expliqué Thierry Breton, PDG d’Atos, dans une conférence donnée lundi soir. « Cette offre permettrait de créer un leader mondial en technologie et en cybersécurité ». L’offre aurait déjà reçu un « accueil très favorable » du principal actionnaire de Gemalto, la BPI. « Le conseil d’administration de Gemalto a pris acte de l’annonce faite hier soir par Atos de l’offre non sollicitée et conditionnelle », indique ce mardi Gemalto dans son communiqué.

L’opportunité pour Atos de se renforcer dans l’internet des objets

Cette proposition d’acquisition intervient à un moment difficile de l’histoire de Gemalto. L’entreprise de droit néerlandais, mais dirigée depuis la France, est confrontée à une baisse de revenus sur ses deux marchés historiques : la carte SIM et la carte bancaire. Ses autres marchés en croissance - notamment l’internet des objets et la cybersécurité - ne parviennent pas encore à compenser cette baisse. Gemalto a prononcé quatre avertissements sur ses résultats financiers en moins d’un an. L’entreprise avait annoncé au début du mois la suppression de 288 emplois en France. Ce plan devait justement être discuté entre la direction de Gemalto et les représentants du personnel mardi 12 décembre.

Le but de la publication de cette offre, « plus tôt que prévu », d’après Thierry Breton, est de rassurer les investisseurs de Gemalto. Le prix de rachat proposé consiste en effet en une prime de 42% par action, selon la moyenne des cours de Bourse de l’entreprise depuis ces derniers mois. Atos insiste sur les synergies rendues possibles par une telle acquisition, notamment dans la cybersécurité et les technologies autour du paiement, des secteurs sur lesquels les deux entreprises s’illustrent déjà. Elle permettrait aussi au groupe informatique de se renforcer dans l’internet des objets, en lien avec ses activités dans l’intelligence artificielle.

Lucie Ronfaut

(Source : Le Figaro, 12 décembre 2017)

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