OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2014 > Février 2014 > Cybercriminalité : le phénomène des arnaqueurs « brouteurs » en expansion

Cybercriminalité : le phénomène des arnaqueurs « brouteurs » en expansion

dimanche 2 février 2014

Cybersécurité/Cybercriminalité

De nombreux Français se sont déjà fait escroquer sur Internet par de jeunes internautes, qui leur écrivent depuis des cybercafés africains et mentent sur leur âge, leur sexe, leur lieu de résidence. Pour alpaguer leurs victimes, ils inventent toutes sortes d’histoires plus abracadabrantes les unes que les autres. Ces arnaques dites « à la nigériane » ont essaimé en Afrique de l’Ouest et font aujourd’hui des ravages. Les victimes sont surnommées des « mugu » en argot ivoirien ; les auteurs de ces infractions des « brouteurs ». Les explication de Valérie Maldonado, commissaire divisionnaire, chef de l’office cybercriminalité à la Direction centrale de la police judiciaire de Paris.

RFI : On parle beaucoup en France du phénomène des « brouteurs », un drôle de nom pour des escroqueries en expansion. De quoi s’agit-il exactement ?

Valérie Maldonado : En fait, c’est un phénomène qui consiste à rentrer en contact avec une victime au moyen de courriels qui lui sont envoyés, de manière à créer des liens et des conversations avec la victime, qui sont souvent relatifs à ce que l’on appelle des « escroqueries à la romance » en quelque sorte.

Donc, il y a vraiment des étapes, dans un scénario qui est bien préparé à l’avance et qui va permettre de mettre en confiance la victime, persuadée d’avoir finalement un échange, une correspondance parfaitement privée.

Dans le scénario qui est prévu, la plupart du temps des fonds sont demandés, qui sont liés à des situations qui sont inventées de pure pièce, en fonction des circonstances. Et puis des liens, finalement affectifs, sont créés avec la victime, qui sont de plus en plus forts. Et il est très difficile du coup pour elle de faire marche arrière dans un processus dans lequel elle considère, évidemment, que celui qu’elle a en face est parfaitement sincère.

Alors ça peut être de l’amour, ça peut être aussi du chantage à la maladie ; « Aidez-moi, je ne me sens pas bien » ?

Tous les prétextes sont utilisés. La seule limite, la seule condition : c’est que ça marche. En fait, ils vont être trouvés en fonction des circonstances, en fonction des dialogues qui sont entamés et des sujets qui ont été traités et qui vont faire croire à la vraisemblance de toutes ces situations.

La personne qui est en communication derrière va réfléchir à la façon de faire du chantage, de maintenir une pression sur sa victime. Et la finalité, elle est très précise, c’est d’obtenir un maximum de remise d’argent. Tant que ça marche et tant qu’on peut remettre en quelque sorte une pièce dans la machine en quelque sorte, on continue ces conversations-là.

Le phénomène « des brouteurs » consiste « à rentrer en contact avec une victime au moyen de mails qui lui sont envoyés, de manière à créer des liens et des conversations avec la victime. »

Mais, il faut être quand même assez naïf pour tomber dans ce genre de piège !

Souvent effectivement, la réflexion qui nous est faite est de dire : mais comment on peut arriver à croire à des montages pareils ? Tout simplement parce qu’en fait les conversations et les contacts qui se font sur Internet ou sur les réseaux sociaux, au travers des échanges mails, sont le reflet de notre société.

Vous avez des gens qui sont plus vulnérables, des gens qui sont en attente de quelque chose et qui pensent avoir trouvé un moyen de communication tout à fait opportun.

Il y a aussi des gens qui sont en détresse, qui se sentent seuls, qui ont besoin de converser, de briser un petit peu la sphère dans laquelle ils se retrouvent. Le dialogue et le montage est suffisamment bien fait, suffisamment personnalisé, pour que la victime soit complètement sous la dépendance des messages ou des conversations qui lui sont renvoyées.

Ça peut aller jusqu’au drame ?

Les préjudices moraux, indépendamment du préjudice financier qui existe, sont extrêmement importants ! La personne est brisée, détruite. Oui, ce sont des processus qui sont complètement dévastateurs pour la victime. Ça peut aller jusqu’à des solutions, on va dire irrémédiables pour certaines d’entre elles.

Le suicide ?

Oui. Ça peut arriver, bien sûr, sur des personnes qui sont complètement désespérées.

Alors pour vos enquêteurs qui remontent le fil justement à l’inverse, et qui essaient de retrouver les auteurs, est-ce que c’est facile ? Est-ce qu’on les retrouve ? Est-ce que par exemple, ils viennent d’un pays ou de plusieurs pays particuliers. Il y a une zone géographique qui s’est spécialisée dans ce genre d’arnaque ?

On va souvent arriver effectivement à des auteurs qui sont hébergés ou qui sont en fait dans les pays d’Afrique de l’Ouest, donc francophones puisque le lien se fait au travers de la langue française. Et pour le coup, la problématique est, une fois identifiée, d’actionner la coopération internationale avec les pays comme le Bénin, comme le Sénégal, tous ces pays comme la Côte d’Ivoire par exemple.

Vous arrivez vraiment à démanteler ces réseaux ?

On a plutôt une démultiplication de ces usages et des scénarios qui sont mis en place. Mais l’efficacité de l’action est liée, justement, à notre capacité à pouvoir développer des relations bilatérales avec ces Etats-là, et des actions de coopération.

Beaucoup des pays cités sont très sensibilisés à la problématique de la cybercriminalité qui devient endémique, trop importante. Certains ont décidé de mettre des actions en place.

Ils veulent agir maintenant ?

Oui, ils veulent agir maintenant parce que les escroqueries, prises dans leur ensemble, vont arriver à discréditer en fait quasiment tout un système économique ou un système de confiance, par rapport à l’utilisation des nouvelles technologies.

Et eux-mêmes sont victimes, en plus, de certaines escroqueries. Donc, il y a une volonté politique évidente, de mettre en place des outils qui vont s’inspirer un petit peu de ce qu’on peut faire aussi en France et qu’ils adaptent aussi à leurs besoins spécifiques. Oui, il y a une volonté politique.

(Source : RFI, 2 février 2014)

Fil d'actu

  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)
  • Quelles différences entre un don et un cadeau ? Burkina NTIC (22 avril 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4565/5109 Régulation des télécoms
  • 361/5109 Télécentres/Cybercentres
  • 3549/5109 Economie numérique
  • 1877/5109 Politique nationale
  • 5034/5109 Fintech
  • 532/5109 Noms de domaine
  • 1938/5109 Produits et services
  • 1505/5109 Faits divers/Contentieux
  • 836/5109 Nouveau site web
  • 5109/5109 Infrastructures
  • 1863/5109 TIC pour l’éducation
  • 193/5109 Recherche
  • 250/5109 Projet
  • 3650/5109 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1860/5109 Sonatel/Orange
  • 1634/5109 Licences de télécommunications
  • 283/5109 Sudatel/Expresso
  • 1023/5109 Régulation des médias
  • 1346/5109 Applications
  • 1289/5109 Mouvements sociaux
  • 1818/5109 Données personnelles
  • 130/5109 Big Data/Données ouvertes
  • 610/5109 Mouvement consumériste
  • 372/5109 Médias
  • 659/5109 Appels internationaux entrants
  • 1729/5109 Formation
  • 109/5109 Logiciel libre
  • 2039/5109 Politiques africaines
  • 1004/5109 Fiscalité
  • 172/5109 Art et culture
  • 603/5109 Genre
  • 1828/5109 Point de vue
  • 1055/5109 Commerce électronique
  • 1504/5109 Manifestation
  • 334/5109 Presse en ligne
  • 139/5109 Piratage
  • 207/5109 Téléservices
  • 1044/5109 Biométrie/Identité numérique
  • 316/5109 Environnement/Santé
  • 350/5109 Législation/Réglementation
  • 416/5109 Gouvernance
  • 1915/5109 Portrait/Entretien
  • 146/5109 Radio
  • 812/5109 TIC pour la santé
  • 288/5109 Propriété intellectuelle
  • 58/5109 Langues/Localisation
  • 1087/5109 Médias/Réseaux sociaux
  • 2063/5109 Téléphonie
  • 205/5109 Désengagement de l’Etat
  • 1056/5109 Internet
  • 121/5109 Collectivités locales
  • 428/5109 Dédouanement électronique
  • 1202/5109 Usages et comportements
  • 1057/5109 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 567/5109 Audiovisuel
  • 3200/5109 Transformation digitale
  • 395/5109 Affaire Global Voice
  • 161/5109 Géomatique/Géolocalisation
  • 329/5109 Service universel
  • 688/5109 Sentel/Tigo
  • 177/5109 Vie politique
  • 1566/5109 Distinction/Nomination
  • 35/5109 Handicapés
  • 734/5109 Enseignement à distance
  • 722/5109 Contenus numériques
  • 598/5109 Gestion de l’ARTP
  • 185/5109 Radios communautaires
  • 1807/5109 Qualité de service
  • 450/5109 Privatisation/Libéralisation
  • 135/5109 SMSI
  • 477/5109 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2770/5109 Innovation/Entreprenariat
  • 1396/5109 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 46/5109 Internet des objets
  • 178/5109 Free Sénégal
  • 685/5109 Intelligence artificielle
  • 205/5109 Editorial
  • 3/5109 Gaming/Jeux vidéos
  • 28/5109 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous