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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2014 > Avril 2014 > Cybercriminalité au Sénégal : Le banditisme de dernière génération fait fureur

Cybercriminalité au Sénégal : Le banditisme de dernière génération fait fureur

mercredi 2 avril 2014

Cybersécurité/Cybercriminalité

Par les temps qui courent, il ne se passe pas une seule semaine sans que la presse ne fasse état de cas d’arnaques sur la toile ou par le mobile, mettant sur la sellette, de jeunes doués en techniques informatiques et qui en usent pour gruger des sommes colossales à d’honnêtes gens novices dans les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC). Si ce n’est pas un compte e-mail ou Facebook d’une célébrité qui est piraté ou son identité usurpée, c’est des personnes quelconques qui tombent dans les filets des cybercriminels. Qui sont ces arnaqueurs ? Par quels moyens arrivent-ils à plumer leur victime ? Quelle conduite adopter pour utiliser les TIC et contourner leurs assauts ? Quelles mesures législatives l’État sénégalais a-t-il mis en place pour la répression de la cybercriminalité ? Les réponses dans cette enquête sur le banditisme des temps modernes.

Halte ! La cybercriminalité gagne du terrain sous nos cieux. Et ce ne seront pas nos compatriotes qui en sont déjà victimes qui démentiront une telle réalité qui ne cesse de faire les choux gras de la presse. Se définissant comme étant l’ensemble des infractions pouvant se commettre sur ou au moyen des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), elle est considérée par Interpol comme « l’une des formes de criminalité qui connaît actuellement la croissance la plus forte ». Ce niveau d’accroissement, elle l’a eu par l’effet de l’Internet qui offre aux malfaiteurs l’occasion d’exploiter avec rapidité la fonctionnalité des technologies modernes, ainsi que l’anonymat qu’elles permettent, pour commettre diverses infractions sur les données des systèmes informatiques, allant du piratage au vol d’identité, en passant par la diffusion sans autorisation d’images compromettantes et l’escroquerie, sans oublier le harcèlement. Il s’agit donc, selon Interpol, d’une nouvelle forme de criminalité et de délinquance qui se distingue des formes traditionnelles en ce qu’elle se situe dans un espace virtuel, le « cyberespace ».

Connecté officiellement au réseau mondial en 1996, le Sénégal va connaitre ce fléau à l’aube de l’année 2000. « C’est exactement en 1996 que le premier cybercriminel sénégalais sera arrêté dans son cybercafé installé dans un quartier de Dakar », rappelle Lamine Bâ, ancien chef de la Brigade sénégalaise de lutte contre la criminalité (BLC). Entre cette date et aujourd’hui, la technologie s’est beaucoup développée. La cybercriminalité aussi. Cette délinquance virtuelle a pris des proportions inquiétantes au point que d’honnêtes gens, perdus par une naïveté et une inexpérience dans les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), se font toujours avoir par les cybercriminels. Les arnaques les plus fréquentes se passent sur le web. « Internet et plus précisément les réseaux sociaux, sont le cœur des criminels sur la toile », confirme Basile Niane, journaliste spécialiste des TIC. Pour lui, c’est parce que les proies faciles fréquentent les réseaux sociaux, que les brouteurs en profitent pour les arnaquer ou pour pirater leur compte. Une réalité bien confirmée par Coumba Ndao. Agent commercial dans une entreprise de services de la place, la jeune dame s’est fait voler son compte « Facebook » qu’elle utilisait depuis quatre ans. « Il y a juste un mois, je voulais me connecter sur Facebook, mais le site rejetait les données que j’inscrivais alors qu’elle me servait toujours de références d’accès », nous confie, au bout du fil, la demoiselle qui a décidé de saisir la Commission de protection des données personnelles dont elle ignorait l’existence. « C’est un ami qui m’a conseillée de me rapprocher de cette structure puisque le pirate de mon compte ne cesse d’envoyer des messages d’insultes à mon ancienne liste d’amis », fait-elle savoir. Ces usurpations, à en croire Basile Niane, sont facilitées par l’effet de l’anonymat et du caractère virtuel de l’Internet. « Commettre des infractions sur le web est plus avantageux que de s’attaquer à une structure car le criminel ne va pas risquer son intégrité physique », note-t-il.

Les bons réflexes

Pour éviter des mésaventures aux férus de l’Internet, Basile pense qu’il faut une conscientisation personnelle de tout un chacun. « A ce titre, avoue-t-il, les blogueurs sont prêts à collaborer pour dénoncer tout tentative d’arnaques ». Dans cette même logique, le professeur Aboubacry Sadikh Ndiaye, formateur en ingénierie d’affaires, Marketing 2.0 et medias sociaux à l’Institut Africain de Management conseille aux internautes d’être attentifs avant de cliquer sur un lien ou d’accepter toutes propositions. Aussi, il suggère que chacun soit jaloux de ses informations personnelles. « Il ne faut jamais communiquer son mot se passe à quelqu’un sur Internet et ne jamais communiquer ses codes bancaires et autres. En gros, il faut la même attention et les même mesures de prudence que dans la vraie vie », avise-t-il.

Une loi pour réprimander les cyber-délinquants

Prévoyant l’avancée d’un tel phénomène, l’État du Sénégal a adopté, la loi n° 2008-12 du 25 janvier 2008, portant sur la protection des données personnelles. De ce fait, « quiconque se sera maintenu ou aura tenté de se maintenir frauduleusement dans tout ou partie d’un système informatique, sera puni d’un emprisonnement de six (6) mois à trois (3) ans et d’une amende de 100.000 à 20.000.000 de nos francs. Les cybercriminels sont avertis.

Sora Serigne Gaye

(Source : Social Net Link, 1er avril 2014)

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