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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2022 > Juin 2022 > Crypto-monnaie : « Les appels publics de fonds sont à dénoncer »

Crypto-monnaie : « Les appels publics de fonds sont à dénoncer »

vendredi 3 juin 2022

Fintech

Noel Kouassy, CEO de NK Group Technology, dénonce les offres d’investissements et de placements spéculatifs qui prennent de l’ampleur en Côte d’Ivoire utilisant le spectre des crypto-monnaies. Ce, d’autant plus que l’exercice de cette activité est soumis à une autorisation de l’UEMOA.

Pour le CEO de NK Group Technology, les appels publics de fonds sous forme d’investissements et de placements spéculatifs, faits au public en contrepartie de rendements élevés qui sont investis et rémunérés en crypto-monnaies sont à dénoncer vu le nombre de pertes qu’occasionnent ces placements, d’autant plus que les crypto-monnaies en elles-mêmes sont très volatiles et qu’elles peuvent causer d’énormes pertes. De plus, les prestataires qui proposent lesdits placements au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ne détiennent pas d’agréments à cet effet.

« Les appels de fonds pour un quelconque investissement sur les crypto-monnaies ou sur des sites d’investissement à très haut taux de rentabilité communément appelé HYIP sont vraiment à dénoncer parce que ceux qui le font ne disposent pas d’agrément qui les autorisent à le faire et présentent un gros risque sur l’investissement des personnes qui y adhèrent. Si je fais ce genre d’activité, je deviens un faussaire », martèle Noel Kouassy.

Il faut dire que dans l’espace UEMOA, les offres d’investissements et de placements spéculatifs sont assimilées par le Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers (CREPMF) à des appels publics à l’épargne, en raison notamment du démarchage du public et de la collecte de fonds auprès de celui-ci. A ce titre, les promoteurs desdites offres sont invités à se soumettre à l’article 1er de l’instruction n°36/2009 révisé du CREPMF qui définit les conditions d’un appel public à l’épargne. Quant au public, il est invité à s’assurer de la détention par lesdits promoteurs d’une autorisation ou d’un agrément et à prendre du recul par rapport aux promesses de rendements élevés.

« Dans la crypto-monnaie, on ne remet pas son argent à qui que ce soit pour soi-disant faire du placement. Parce que la crypto n’est pas du placement, prévient le directeur. Notre objectif, c’est donc de faire comprendre l’univers de la crypto-monnaie et des projets informatiques et technologiques qui se développent à travers la blockchain, et promouvoir également cette technologie. »

Confiance

Puis Noel Kouassy de préciser que la blockchain vient pour résoudre le problème de confiance. « Nous sommes dans une société ou nous ne pouvons plus faire confiance à n’importe qui ; les gens peuvent être corrompus ou de mauvaise foi. Alors pour garantir la confiance, des programmes informatiques sont donc conçus avec l’accord de plusieurs parties, et impossible de les supprimer ni les modifier », ajoute-t-il, avant d’expliquer le bien-fondé de la technologie blockchain pour la Côte d’Ivoire.

« On peut créer une blockchain publique pour résoudre le problème du foncier en Côte d’Ivoire. Il ne sera plus possible de vendre un terrain à dix personnes. On peut créer une blockchain privée pour des hôpitaux. Un patient pourra se rendre dans un autre hôpital pour son suivi médical, ses analyses antérieures seront disponibles sur la blockchain pour son nouveau médecin traitant, permettant ainsi une prise en charge rapide de ce patient. Une blockchain privée peut être conçue pour les écoles afin de certifier et sécuriser les diplômes grâce à une identité numérique (NFT). Les artistes aussi peuvent vendre leurs œuvres et gagner de l’argent sans tracasseries. Tout ceci reste à explorer pour des solutions encore plus durables. »

Convertir crypto-monnaie

Entrepreneur dans le secteur de la finance numérique, notamment les crypto-actifs et les solutions numériques qui les accompagnent, le patron de la société NK Group Technology sensibilise le public en marge du lancement de la plateforme Nkab-Exchange ayant pour objectif la convertibilité des crypto-monnaies en monnaies fiduciaires.

« Cette plateforme permet d’échanger une crypto-monnaie en franc CFA et vice-versa. Nous travaillons également à inclure dans cette solution le transfert d’argent pour permettre aux utilisateurs de faire des transferts internationaux, simplement à partir d’un compte mobile money », explique le directeur.

Spécialisée dans le développement de solutions informatiques, les services automobiles, les transports et le négoce, NK Group Technology a mis un an à développer cette plateforme afin de répondre au besoin des personnes qui détiennent des crypto-monnaies mais ne savent pas où les échanger en francs CFA, et inversement.

Volatilité des cours

Mais le “cryptopreneur” n’est pas sans ignorer le fait que les prestataires de services sur crypto-actifs sont accusés à tort ou à raison de fraudes. C’est pourquoi il tient à préciser que les crypto-monnaies disponibles sur la plateforme https://nkab-exchange.net ne sont pas toutes stables. Contrairement aux stablecoins (ou crypto-monnaies anti-volatilité), celles-ci peuvent prendre de la valeur ou se déprécier avec le temps. Aussi invite-t-il les personnes intéressées par la crypto-monnaie à se former et à chercher à comprendre son fonctionnement. C’est aussi la raison pour laquelle Nkab-Exchange met en place une plateforme de formation en présentiel sur les crypto-monnaies.

Anselme Akéko

(Source : CIO Mag, 3 juin 2022)

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