OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2020 > Mai 2020 > Côte d’Ivoire : Que risquent les entreprises en cas de non conformité à la (…)

Côte d’Ivoire : Que risquent les entreprises en cas de non conformité à la loi relative aux données personnelles ?

vendredi 8 mai 2020

Données personnelles

Le développement de la société de l’information a contribué à l’utilisation accélérée des données à caractère personnel qui se trouvent inéluctablement menacées. Cette menace s’explique par le fait que les Technologies de l’Information et de la Communication aujourd’hui constituent un vrai danger aujourd’hui pour les données personnelles des individus.

Face à une telle menace, la Côte d’Ivoire à l’instar de certains Etats soucieux de la protection des individus, a décidé de prendre des mesures législatives afin de protéger les données personnelles de ces citoyens. La Côte d’Ivoire a adopté la loi N°2013-450 du 19 Juin 2013 relative à la protection des données à caractère personnel. Cette loi s’inscrit dans le cadre des standards internationaux en matière de protection des données personnelles.

Elle établit les régimes juridiques du traitement et de circulation des données à caractère personnel, que ces traitements soient mis en œuvre par des personnes privées, les collectivités locales ou par l’Etat et détermine les responsabilités des personnes responsables du traitement. Elle pose ainsi un principe d’interdiction de transfert des données à caractère personnel vers des pays tiers qui n’offrent pas une protection adéquate. Cette loi apporte des avancées substantielles, telles que l’institution d’une Autorité de Protection des données à caractère personnel confiée à l’ARTCI (Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC de Côte d’Ivoire). Enfin la reconnaissance d’un droit à l’oubli numérique, le droit à l’opposition et au refus du profilage, le droit à la portabilité des données personnelles aux personnes concernées et la création d’un acteur important de mise en conformité le Correspondant à la protection des données à caractère personnel.

Les entreprises, responsables de traitement des données personnelles exerçant en Côte d’Ivoire, disposaient d’un délai de six (6) mois à compter de la date de l’entrée en vigueur de la loi ci-dessus indiquée pour se mettre conformité. C’est une obligation (Article 53, loi N°2013-450). La décision N°2017-0354 du 26 octobre 2017 portant procédure de mise en conformité des responsables du traitement a été prise par la suite. Cette décision définit la procédure de mise en conformité des responsables de traitements avec les dispositions de la loi N°2013-450 du 19 juin 2013 relative à la protection des données personnelles. Le mois dernier la société HUAWEI exerçant ses activités en Côte d’Ivoire a démarré son processus de mise en conformité avec la loi relative à la protection des données personnelles. Pour dire que cela devient un souci majeur pour les entreprises.

Qu’entend-on pas par mise en conformité avec la loi N°2013-450 relative à la protection des données personnelles ?

Selon l’article 2 de la décision N°2017-0354 du 26 octobre 2017 portant procédure de mise en conformité des responsables du traitement, « la mise en conformité implique que les mesures techniques, organisationnelles et juridiques, nécessaires pour la protection des données à caractère personnel aient été prises par les responsables du traitement ».

Ce sont donc des mesures de nature juridique, technique et organisationnelle qu’une entreprise (responsable de traitement) va mettre en place en son sein afin que les traitements envisagés respectent les dispositions de la loi en la matière. Nous remarquons de ce fait que la mise en conformité n’a pas seulement un aspect juridique mais également technique et organisationnel.

Ce qui implique que les juristes qualifiés en la matière agiront avec les spécialistes des systèmes d’information dans l’entreprise pour l’accompagner dans cette procédure.

Quelles sont les entreprises concernées par la mise conformité en Côte d’Ivoire ?

Selon l’article premier de la loi N°2013-450 relative à la protection des données à caractère personnel, le responsable du traitement « est la personne physique ou morale, privée ou publique, tout autre organisme ou association qui, seul ou conjointement avec d’autres, prend la décision de collecter et de traiter des données à caractère personnel et en détermine les finalités ».

Les responsables du traitement en Côte d’Ivoire sont ces entreprises qui procèdent au traitement des données personnelles et en déterminent les finalités dans leurs activités. Toutes les entreprises effectuent ces opérations sur les données personnelles soit des usagers ou de leurs clients. Nous pouvons citer notamment les opérateurs de téléphonie mobile, les microfinances, les structures bancaires, les compagnies d’assurances, les agences de voyages, les collectivités territoriales, les administrations publiques, les centres hospitaliers, les cliniques.

Il faut souligner que la mise en conformité en Côte d’Ivoire concerne non seulement les entités privées mais également les entités publiques.

Quels sont les risques encourus en cas de non-conformité avec la loi N°2013-450 ?

La mise en conformité est une obligation qui pèse sur les entreprises, responsables du traitement en Côte d’Ivoire. Le défaut de mise en conformité rencontré au sein d’une entreprise après une mise en demeure infructueuse de l’Autorité de Protection (L’ARTCI), entrainerait des sanctions sévères.

Il ressort de l’article 51 de la loi de N°2013-450 relative à la protection des données, qu’un responsable du traitement (ou son sous-traitant) qui ne se conformerait pas aux dispositions de la loi relative à la protection des données personnelles après une mise en demeure adressée, risque des sanctions. Cette entreprise supportera non seulement des sanctions administratives mais également des sanctions pécuniaires.

Au titre des sanctions administratives, cela va du retrait provisoire de l’autorisation du traitement des données personnelles au retrait définitif de ladite autorisation. Les activités d’une entreprise pourraient être paralysées soit en partiellement soit totalement en raison d’un traitement de données personnelles non conforme à la loi en vigueur. Cela pourrait avoir des répercussions économiques négatives. Les décisions prises par l’ARTCI faisant l’objet de publicité, aucun client d’un établissement bancaire par exemple n’accepterait de continuer avec une structure qui ne serait pas capable d’assurer la protection de ses données personnelles. Cela pourrait engendrer également une baisse de notoriété qui serait défavorable à une structure au niveau concurrentiel.

La sanction pécuniaire quant à elle consiste au paiement d’un montant qui est fonction de la gravité des manquements commis et aux avantages tirés de ces manquements. En cas de manquement réitéré par une entreprise, la somme ne peut excéder 5% de son chiffre d’Affaires hors taxes du dernier exercice clos dans la limite de 500 000 000 FCFA (article 51 al 4 de la loi N°2013-450). Soulignons que ces sanctions administratives et pécuniaires sont appliquées sans préjudice de sanctions pénales.

Le Correspondant à la protection des données à caractère personnel, acteur important dans la procédure de mise en conformité en Côte d’Ivoire
Nous ne pouvons pas parler de mise en conformité sans évoquer la fonction du correspondant à la protection des données à caractère personnel qui est l’équivalent du Délégué à la protection des données personnelles ou DPO (en Anglais, Data Protection Officer) prévu dans le RGPD en Europe. Le Correspondant à la protection des données personnelles en Côte d’Ivoire, véritable clé de voûte du système de protection des données à caractère personnel est un acteur important dans le processus de mise en conformité des entreprises.

Son profil et son statut sont prévus dans l’arrêté N°2014 du 11 Novembre 2014 portant définition du profil et fixant les conditions d’emploi du correspondant à la protection des données à caractère personnel.

Au sens dudit arrêté « le correspondant à la protection est la personne physique ou morale désignée par le responsable du traitement pour assurer d’une manière indépendante, le respect des obligations prévues pour la protection des données à caractère personnel, conformément à la législation en vigueur. »

Il faudrait alors que les entreprises, responsables du traitement pensent à désigner un correspondant à la protection des données personnelles afin de les accompagner dans le processus de mise en conformité. Car celui-ci serait bénéfique aux entreprises pour leur faire éviter les sanctions prévues en cas de non-conformité.

Boris P. Houphouët,
Juriste,
Expert en protection des données personnelles

(Source : ICT4Africa, 8 mai 2020)

Fil d'actu

  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)
  • Quelles différences entre un don et un cadeau ? Burkina NTIC (22 avril 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 6623/7730 Régulation des télécoms
  • 533/7730 Télécentres/Cybercentres
  • 5059/7730 Economie numérique
  • 2601/7730 Politique nationale
  • 7370/7730 Fintech
  • 802/7730 Noms de domaine
  • 2918/7730 Produits et services
  • 2263/7730 Faits divers/Contentieux
  • 1193/7730 Nouveau site web
  • 7730/7730 Infrastructures
  • 2531/7730 TIC pour l’éducation
  • 285/7730 Recherche
  • 371/7730 Projet
  • 5210/7730 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 2713/7730 Sonatel/Orange
  • 2570/7730 Licences de télécommunications
  • 471/7730 Sudatel/Expresso
  • 1513/7730 Régulation des médias
  • 2183/7730 Applications
  • 1638/7730 Mouvements sociaux
  • 2539/7730 Données personnelles
  • 197/7730 Big Data/Données ouvertes
  • 921/7730 Mouvement consumériste
  • 551/7730 Médias
  • 996/7730 Appels internationaux entrants
  • 2540/7730 Formation
  • 143/7730 Logiciel libre
  • 3202/7730 Politiques africaines
  • 1700/7730 Fiscalité
  • 255/7730 Art et culture
  • 889/7730 Genre
  • 2559/7730 Point de vue
  • 1525/7730 Commerce électronique
  • 2294/7730 Manifestation
  • 548/7730 Presse en ligne
  • 191/7730 Piratage
  • 317/7730 Téléservices
  • 1452/7730 Biométrie/Identité numérique
  • 462/7730 Environnement/Santé
  • 502/7730 Législation/Réglementation
  • 590/7730 Gouvernance
  • 2676/7730 Portrait/Entretien
  • 228/7730 Radio
  • 1159/7730 TIC pour la santé
  • 480/7730 Propriété intellectuelle
  • 89/7730 Langues/Localisation
  • 1588/7730 Médias/Réseaux sociaux
  • 2925/7730 Téléphonie
  • 292/7730 Désengagement de l’Etat
  • 1615/7730 Internet
  • 182/7730 Collectivités locales
  • 611/7730 Dédouanement électronique
  • 2014/7730 Usages et comportements
  • 1576/7730 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 848/7730 Audiovisuel
  • 4785/7730 Transformation digitale
  • 597/7730 Affaire Global Voice
  • 237/7730 Géomatique/Géolocalisation
  • 495/7730 Service universel
  • 1021/7730 Sentel/Tigo
  • 266/7730 Vie politique
  • 2306/7730 Distinction/Nomination
  • 56/7730 Handicapés
  • 1059/7730 Enseignement à distance
  • 1032/7730 Contenus numériques
  • 901/7730 Gestion de l’ARTP
  • 272/7730 Radios communautaires
  • 2759/7730 Qualité de service
  • 687/7730 Privatisation/Libéralisation
  • 202/7730 SMSI
  • 709/7730 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 4122/7730 Innovation/Entreprenariat
  • 2208/7730 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 69/7730 Internet des objets
  • 261/7730 Free Sénégal
  • 1154/7730 Intelligence artificielle
  • 314/7730 Editorial
  • 90/7730 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous