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Au Sénégal, une solution digitale pour démocratiser l’assurance

mercredi 3 février 2021

Transformation digitale

Le secteur des assurances enregistre un taux de pénétration de seulement 3 % en Afrique. La start-up sénégalaise Assuraf veut amener les Africains à se familiariser aux produits d’assurance, en tirant profit de l’innovation numérique.

La start-up sénégalaise Assuraf a conçu une application mobile de services d’assurance. Fondée par l’ingénieur Souleymane Gning, elle a pour mission de faire bénéficier aux citoyens de solutions d’assurance en cas de dommages corporels ou matériels. Sa plateforme digitalise toute la chaîne de valeur dans le domaine, de la souscription au paiement et au service clientèle, en passant par la déclaration des sinistres. La start-up a pour cible directe les compagnies d’assurance, et indirectement les personnes qui ne bénéficient pas de services prioritaires de protection sociale.

Assuraf est née du constat du manque d’accessibilité aux services d’assurance pour les populations, en raison d’un défaut de vulgarisation. La start-up a également voulu répondre au défi de la modernisation et de l’innovation dans ce secteur en Afrique subsaharienne. C’est pour rendre ces services plus compréhensibles que Souleymane Gning a voulu agir.

« Notre but est de créer une plateforme en ligne pour démocratiser l’assurance dans nos sociétés africaines où beaucoup ne bénéficient pas de services prioritaires de protection sociale », a-t-il renseigné.

Le secteur des assurances en Afrique enregistre en effet un taux de pénétration très faible, seulement 3 % dans tout le continent. Outre les défis classiques que connaissent les assureurs, telles les questions réglementaires ou la fréquence des maladies et catastrophes, le défi technologique constitue un autre obstacle à la vulgarisation des produits d’assurance. Le secteur est confronté à la faiblesse des revenus d’une importante partie des populations africaines, mais aussi à la non-culture de l’assurance. Face à cela, les entrepreneurs misent sur le mobile pour proposer des services de micro-assurance et ainsi vulgariser l’offre des compagnies.

En digitalisant l’assurance, Assuraf contribue à ajouter de la valeur aux services existants, en ce sens que la start-up y familiarise les populations, à partir d’un terminal connecté. Elle contribue également à améliorer la protection sociale, ce qui constitue un atout important pour le développement socioéconomique au Sénégal.

« Nous voulons aider nos clients à s’assurer et à protéger au mieux leur bien-être et celui de leurs familles et proches ainsi que de leurs biens, tout en étant attentifs aux risques de leur environnement », a ajouté le fondateur.

Si la micro-assurance se distingue comme une solution pour augmenter le taux de pénétration de l’assurance en Afrique, certains experts du domaine y voient également quelques limites en termes de profitabilité. Les revenus sont en effet plus faibles que ceux de l’assurance classique, ce qui oblige à trouver une clientèle plus large pour compenser. Assuraf a misé sur la comparaison des offres d’assurance afin de trouver la solution la mieux adaptée à chaque personne.

Actuellement opérationnelle au Sénégal, la start-up qui se définit comme une « AssurTech panafricaine », ambitionne de devenir le premier courtier digital d’assurances en Afrique de l’Ouest. Elle devra néanmoins évoluer avec la concurrence des compagnies locales, mais aussi des start-up étrangères comme la suédoise BIMA, active depuis 2011 sur le marché africain de la micro-assurance.

Aïsha Moyouzame

(Source : Agence Ecofin, 3 février 2021)

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