OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2018 > Mai 2018 > Afrique - Numérique : ce souffle venu des fab labs

Afrique - Numérique : ce souffle venu des fab labs

mardi 22 mai 2018

Innovation/Entreprenariat

Le salon Viva Tech qui s’ouvre à Paris fait la part belle à l’innovation en Afrique, notamment à travers les fab labs. Portés par les dynamiques collaboratives, ces espaces font bouger les lignes.

Servant tout à la fois d’ateliers de production, de création et de prototypage, de lieux de formation par la pratique et de facilitateurs de lien social, les fab labs contribuent à réduire l’opposition frontale traditionnelle entre « savoir » et « faire ». La vague des fab labs a pris naissance aux États-Unis, en 1998, sous l’impulsion de Neil Gershenfeld, professeur du MIT.

Il s’agit d’ateliers conçus pour être ouverts, partagés et collaboratifs. Leur objectif est de proposer un espace physique rassemblant des outils numériques (découpes laser, imprimantes 3D, etc.) dont l’usage est commun afin de permettre à un individu de créer, d’inventer. Ils permettent ainsi de concevoir, de prototyper, de fabriquer et de tester les objets les plus divers. Ces ateliers prennent un sens particulier en Afrique, où ils deviennent des relais pour le développement de communs à visée éducationnelle.

La spécificité des fab labs africains : des communs à visée éducationnelle
Si les pays d’Afrique subsaharienne ont réalisé de considérables progrès dans le développement de leurs systèmes éducatifs, le retard initial et la très forte croissance démographique font que la région compte encore 50 millions d’enfants non scolarisés en âge d’être au primaire ou au secondaire. À ces difficultés d’accès s’ajoutent les très forts défis de l’équité et de la qualité des enseignements dispensés aux élèves.

Les fab labs d’Afrique subsaharienne connaissent une grande diversité, mais ils se donnent des objectifs éducationnels plus clairement et plus systématiquement que leurs homologues des pays développés. Nombre d’entre eux proposent ainsi des ateliers non seulement aux enfants et adolescents, mais aussi aux étudiants, pour pallier le sous-équipement des universités, ou encore aux femmes, pour faciliter leur insertion sociale et professionnelle. Au-delà de l’aspect de formation des plus jeunes aux rudiments de l’électronique, voire de la fabrication numérique, le projet pédagogique vise ainsi à répondre à des enjeux sociétaux locaux.

Sésamé Koffi Agodjinou, fondateur du WoeLab au Togo, anthropologue et architecte de formation, voit dans le fab lab un moyen de repenser avec et pour les citoyens une ville qui est traditionnellement dessinée par les seuls urbanistes. En ligne avec l’architecture vernaculaire qui propose une vision de la ville comme un village, le fab lab propose un lieu et des moments qui créent de la cohésion, soit, symboliquement, un nouvel enclos d’initiation pour les jeunes.

De son côté, Guiako Obin, créateur du Babylab en Côte d’Ivoire, a choisi une commune très populaire d’Abidjan, marquée par la pauvreté et l’insécurité, pour faire du fab lab un levier de transformation sociale par l’éducation et lutter contre le désœuvrement et la délinquance des jeunes.

Enfin, le Blolab au Bénin, créé par Médard Agbayazon, se donne pour objectif de favoriser l’alphabétisation numérique des jeunes et des professionnels locaux (artisans, agriculteurs) et de les aider à construire des solutions peu coûteuses, faciles d’accès et rapides pour leur développement. Ici, l’ingéniosité des membres de la communauté fab lab, inspirée et soutenue par des ressources informationnelles globales, apporte des solutions adaptées à des besoins locaux. À titre d’exemple, le lab a permis le développement d’une application de dénonciation des cas de violences basées sur le genre.

Innovation frugale et bidouille au cœur du dispositif

Avec plus d’une quarantaine de lieux, on ne peut que confirmer la vitalité de ce mouvement sur le continent africain. Le fab lab constitue un nouveau lieu d’innovation qui, dans des conditions difficiles, fait bien souvent appel à la débrouillardise et s’appuie sur la créativité et la volonté forte de ses promoteurs.

Dans l’atelier, la production elle-même doit également faire face au défi de la faiblesse des ressources financières et matérielles disponibles. Les communautés de fab labs, s’inscrivant ainsi dans l’innovation frugale, s’attachent à répondre aux besoins locaux avec des solutions simples et adaptées. Elles font par ailleurs appel aux ressources en ligne, qu’il s’agisse de modes d’emploi, d’instructions de construction, de communautés de pratique ou encore de sites de financement participatif.

En témoigne l’initiative Jerry Do-It-Together, qui organise des ateliers de construction d’ordinateurs Linux à partir de composants électroniques recyclés fixés dans un jerrican de 20 litres. Usagers, designers et hackers se rassemblent ainsi autour des ordinateurs Jerry pour apprendre comment se fabrique le numérique et l’orienter vers leurs besoins.

Le mouvement croissant des fab labs africains est mû par une volonté de partage des connaissances et d’ouverture de l’innovation : en Afrique comme ailleurs, ils questionnent ainsi les modalités habituelles de production, d’éducation, de propriété intellectuelle et, plus généralement, nous interrogent sur la place du citoyen dans les projets économiques et sociétaux.

En quoi ces espaces constituent-ils des communs ?

Entrepreneuriaux, associatifs, publics, universitaires, les fab labs illustrent comment la théorie des communs peut inspirer les activités de production. Depuis l’attribution du prix Nobel d’économie à Elinor Ostrom, en 2009, pour ses travaux sur les common-pool resources, les communs connaissent un engouement sans précédent. Ils renvoient à la gestion collective d’une ressource par une communauté qui se fixe des règles ad hoc et met en place une structure de gouvernance permettant la distribution des différents niveaux de droits et d’obligations et la résolution des conflits.

L’objectif que se fixe la communauté est au cœur du faire en commun. Dans le cas des communs structurés autour d’une ressource naturelle, il s’agit souvent, mais pas toujours, de la préservation en quantité ou en qualité de la ressource. Cette définition héritière des communs traditionnels (agriculture, pastoralisme, pêche) s’étend pour toute une nouvelle génération de communs, les communs dits informationnels, dont l’objectif est au contraire le partage, la dissémination et l’enrichissement du bien, soit un objectif d’« additionnalité ».

Les fab labs sont ainsi porteurs de cette dynamique. Le lieu vise le développement de la connaissance numérique, de sa diffusion, de son partage (réseau), de sa conservation (bibliothèque et plateformes web). Il met en commun les machines, mais aussi les expériences. Il contribue à l’accumulation des savoirs et le reversement de ces connaissances via des programmes de formation. La connaissance est donc à la fois une composante du fab lab, mais aussi un objectif.

Ce sont des lieux qui s’inscrivent à la fois dans un territoire, mais aussi dans les multiples ressources et communautés en ligne (logiciel libre, OpenStreetMap, réseaux sociaux). Cette dualité des communautés physiques et numériques se traduit par un double mouvement : une reterritorialisation, via un usage local, de communs numériques développés à l’échelle globale et, par ailleurs, une déterritorialisation des connaissances générées au sein des fab labs pour des usages à l’échelle mondiale.

Ce texte s’appuie sur le working paper « Des communs informationnels aux communs éducationnels : les fab labs en Afrique francophone », corédigé par Stéphanie Leyronas, Isabelle Liotard et Gwenaël Prié.

Isabelle Liotard, Gwenael Prié et Stéphanie Leyronas [1]

(Source : Le Point Afrique, 22 mai 2018)


[1] Isabelle Liotard est maître de conférences à l’université Paris-13 en économie de l’innovation. Gwenael Prié est responsable d’équipe projet à l’AFD (Agence française de développement) et Stéphanie Leyronas est chargée de recherche gestion des ressources naturelles à l’AFD.

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4459/5738 Régulation des télécoms
  • 360/5738 Télécentres/Cybercentres
  • 3702/5738 Economie numérique
  • 1836/5738 Politique nationale
  • 5118/5738 Fintech
  • 573/5738 Noms de domaine
  • 2077/5738 Produits et services
  • 1589/5738 Faits divers/Contentieux
  • 795/5738 Nouveau site web
  • 5738/5738 Infrastructures
  • 2063/5738 TIC pour l’éducation
  • 197/5738 Recherche
  • 257/5738 Projet
  • 4278/5738 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 2142/5738 Sonatel/Orange
  • 1621/5738 Licences de télécommunications
  • 289/5738 Sudatel/Expresso
  • 1045/5738 Régulation des médias
  • 1339/5738 Applications
  • 1650/5738 Mouvements sociaux
  • 1650/5738 Données personnelles
  • 147/5738 Big Data/Données ouvertes
  • 603/5738 Mouvement consumériste
  • 370/5738 Médias
  • 659/5738 Appels internationaux entrants
  • 1674/5738 Formation
  • 94/5738 Logiciel libre
  • 2462/5738 Politiques africaines
  • 1108/5738 Fiscalité
  • 174/5738 Art et culture
  • 588/5738 Genre
  • 1911/5738 Point de vue
  • 1088/5738 Commerce électronique
  • 1505/5738 Manifestation
  • 325/5738 Presse en ligne
  • 126/5738 Piratage
  • 211/5738 Téléservices
  • 1091/5738 Biométrie/Identité numérique
  • 351/5738 Environnement/Santé
  • 572/5738 Législation/Réglementation
  • 370/5738 Gouvernance
  • 1869/5738 Portrait/Entretien
  • 150/5738 Radio
  • 783/5738 TIC pour la santé
  • 289/5738 Propriété intellectuelle
  • 59/5738 Langues/Localisation
  • 1105/5738 Médias/Réseaux sociaux
  • 2122/5738 Téléphonie
  • 205/5738 Désengagement de l’Etat
  • 1042/5738 Internet
  • 118/5738 Collectivités locales
  • 425/5738 Dédouanement électronique
  • 1437/5738 Usages et comportements
  • 1081/5738 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 567/5738 Audiovisuel
  • 3619/5738 Transformation digitale
  • 394/5738 Affaire Global Voice
  • 402/5738 Géomatique/Géolocalisation
  • 337/5738 Service universel
  • 677/5738 Sentel/Tigo
  • 182/5738 Vie politique
  • 1763/5738 Distinction/Nomination
  • 35/5738 Handicapés
  • 709/5738 Enseignement à distance
  • 901/5738 Contenus numériques
  • 601/5738 Gestion de l’ARTP
  • 199/5738 Radios communautaires
  • 1976/5738 Qualité de service
  • 604/5738 Privatisation/Libéralisation
  • 133/5738 SMSI
  • 564/5738 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2800/5738 Innovation/Entreprenariat
  • 1636/5738 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 49/5738 Internet des objets
  • 171/5738 Free Sénégal
  • 996/5738 Intelligence artificielle
  • 208/5738 Editorial
  • 10/5738 Gaming/Jeux vidéos
  • 27/5738 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous