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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2010 > Mars > Affaire de la licence SENTEL : Thierno Ousmane Sy décidé à mordre

Affaire de la licence SENTEL : Thierno Ousmane Sy décidé à mordre

vendredi 5 mars 2010

Licences de télécommunications

Venu inaugurer un nouveau système de distribution de presse, mis en place par le buraliste Néosurf créé par Nawek Consult que « le chef de l’Etat va soutenir », le ministre-conseiller chargé des Ntic Thierno Ousmane Sy a exposé la démarche jusqu’au-boutiste adoptée par l’Etat du Sénégal dans le contentieux sur la licence de téléphonie mobile Sentel attribuée à Millicom international en 1997.

Le gouvernement du Sénégal n’envisage pas de compromis avec l’opérateur de téléphonie mobile, propriétaire de la marque Tigo, Millicom intercellular com. C’est du moins, ce qu’a affirmé le ministre-conseiller du président de la République chargé des Ntic. M. Thierno Ousmane Sy a été catégorique hier : ou bien Millicom paie les deux cents millions de dollars à l’instar de Sudatel, ou bien la procédure judiciaire continue. C’était dans l’enceinte de l’Université Cheikh Anta Diop Dakar, lors du lancement du système de distribution Néosurf par Nawek Consult.

Après avoir fait part au manager de ladite société de service électronique, de la volonté du chef de l’Etat de soutenir l’implantation de son réseau dans toutes les régions du Sénégal, Thierno Ousmane Sy à réaffirmé l’intransigeance de l’Etat du Sénégal sur l’accord de août 2002, qui prévoyait une réévaluation de la valeur de la licence Sentel par la multinationale américaine sur celle du troisième opérateur, en l’occurrence Sudatel.

Il reconnaît néanmoins le silence officiel qui entoure cette affaire. « C’est vrai qu’on ne parle pas assez parce que nous n’avons pas le temps », a-t-il annoncé devant les autorités universitaires. Mais la sortie de son frère de parti, Me Serigne Diop, ministre de la Communication à l’époque de la cession de la licence, qui reconnaît que certaines précautions n’avaient pas été prises au moment de ladite cession à Sentel, a fait réagir le ministre-conseiller. « Je ne m’intéresse qu’aux résultats. Je trouve que la licence a été bradée », persiste-t-il.

Et à Thierno Ousmane Sy d’avouer que Karim Wade et lui ont dû « refuser de poursuivre les négociations ». En effet, de soixante millions de dollars, Millicom international aurait revu son offre financière à cent millions de dollars (environ 45 milliards F Cfa). « Alors que l’Etat lui réclame le double. » Depuis lors, souligne-t-il, les négociations ont été ajournées.
« Ainsi commencent, affirme-t-il, des pressions pour nous rencontrer Karim Wade et moi. Mais nous avons refusé. N’ayant pas réussi cette étape, le Directeur général de Millicom a écrit une lettre au président de la République », indique-t-il.

Thierno Ousmane Sy est convaincu que c’est à la suite de cet échec que Tigo a manipulé un journal américain, Business insider, qui a publié « un article insultant », dans lequel l’auteur qualifie le gouvernement sénégalais de corrompu. De ce fait, au moment où la multinationale américaine répondra devant le tribunal du Travail de la Banque mondiale, Le journaliste connaîtra de son côté, des poursuites judiciaires.

Et M. Sy de renseigner que ce journaliste, qui déclarait dans l’article qu’il n’avait pu recueillir la version des autorités sénégalaises impliquées dans ce dossier, lui a envoyé un fax pour s’excuser.
La réponse du conseiller, aurait été, à l’entendre, des plus simples. « Ne nous écrit plus. Si tu veux négocier, alors parle à notre avocat. » M. Sy affirme : « Nous sommes décidés à aller jusqu’au bout. » La seule chose qui peut relancer la machine, c’est que Millicom accepte de payer deux cents millions de dollars.

Par Birame Faye

(Source : Le Quotidien, 5 mars 2010)

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