5G, fibre, mobile money : l’opérateur historique équato guinéen accélère sa modernisation
lundi 1er juin 2026
Alors que la Guinée équatoriale cherche à combler ses retards en matière de connectivité et à soutenir sa transformation numérique, les autorités engagent un vaste plan de modernisation de l’infrastructure télécoms.
Les autorités équato‑guinéennes ont engagé un vaste programme de modernisation de la société de télécommunications publique GETESA. L’initiative vise à réhabiliter l’opérateur historique dans un contexte de transformation numérique marqué par une demande croissante de services de connectivité.
La modernisation du réseau fait partie du plan immédiat et à court terme du nouveau directeur général de l’opérateur national, Charles Borome Razafimahatratra. Il a été récemment présenté au vice‑président de la Guinée équatoriale, Nguema Obiang Mangue.
Une révolution technologique
La première phase du plan est prévue sur 12 mois. Elle prévoit l’optimisation du réseau national, l’extension de la couverture téléphonique et Internet, ainsi que la transformation numérique de l’entreprise grâce à l’acquisition d’équipements modernes et à la réactivation de la fibre optique qui, jusqu’à présent, n’était utilisée que par la compagnie nationale d’électricité (SEGESA) pour l’interconnexion de ses sous‑stations électriques.
Le projet inclut également l’introduction de la 5G, le déploiement de services Wi‑Fi publics dans les villes de Malabo, Bata et Oyala, ainsi que dans les zones rurales et urbaines à travers le pays. Le plan prévoit aussi le renforcement des infrastructures énergétiques et techniques de l’entreprise.
Un autre axe majeur du programme est la numérisation complète de GETESA à travers une gestion entièrement dématérialisée (zéro papier), la réduction des coûts logistiques et le lancement de Getesa Money, une plateforme financière destinée à offrir des services de paiement électronique. Le plan prévoit également la réactivation du service d’itinérance (roaming) ainsi que l’introduction de la technologie eSIM.
Des défis de connectivité persistants
Cette initiative intervient alors que le réseau télécoms national est confronté à des défis persistants. Un audit confié au cabinet Cyberteq et dont les résultats ont été présentés en avril 2026 a révélé plusieurs insuffisances. Il s’agit notamment de lacunes importantes en matière d’équipements, de débit, de capacité du réseau et de planification technique. Le rapport met également en évidence l’obsolescence de certains équipements, la faible vitesse de transmission des données et des interruptions d’appels liées à la saturation du réseau.
Le rapport propose également une feuille de route pour corriger ces anomalies à travers la modernisation technologique, le renforcement des capacités du réseau et la mise en œuvre d’un plan d’investissement visant à améliorer la qualité du service et à étendre la couverture, en cohérence avec les objectifs de transformation numérique du pays.
Toujours en avril, le cabinet Mason avait entre autres recommandé aux autorités de connecter le pays au câble sous‑marin Medusa, qui sera le deuxième du pays. Le coût est estimé entre 20 et 60 millions d’euros (23,3 à 70 millions USD). L’initiative vise à mettre fin aux interruptions du service Internet et à garantir un réseau stable et de haute qualité. L’infrastructure devrait être opérationnelle entre 2029 et 2030.
Un pilier de la transformation numérique
Une fois réhabilité et pleinement fonctionnel, le réseau de GETESA peut assumer un rôle de pilier de la transformation numérique du pays. La modernisation des infrastructures et l’amélioration de la qualité de service accélèrent la digitalisation de l’économie nationale. La connectivité devient un levier central pour l’ensemble des acteurs économiques et sociaux.
Pour les ménages, une meilleure connectivité facilite l’accès aux services numériques du quotidien, notamment les communications, l’éducation en ligne, les services financiers mobiles et les plateformes de divertissement. Pour les entreprises, elle renforce la compétitivité et soutient la digitalisation des services, le développement du commerce en ligne, le recours au cloud et l’adoption d’outils numériques de gestion avancés.
Pour rappel, la Guinée équatoriale comptait 885 000 abonnés à la téléphonie mobile à fin 2025 (45,4 % de part de marché), selon DataReportal. Le nombre d’internautes s’élevait à 1,18 million, soit 60,4 % de la population.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 1er juin 2026)
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