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La Guinée avant dernier pays africain pour la qualité de l’internet

mardi 21 août 2018

Ces dernières semaines, la publication d’un rapport sur la qualité du débit internet agite la Toile. Ce classement, publié par la Worldwide Broadband Speed League, compare la vitesse de téléchargement via des tests réalisés par plusieurs institutions et compilés par l’entreprise britannique Cable. Il positionne la Guinée avant dernier pays d’Afrique, juste devant la Somalie. Si le gouvernement rejette les conclusions de cette étude et critique ses méthodes, les utilisateurs sont unanimes : le faible débit d’internet en Guinée freine le développement économique du pays.

Au cybercafé « Mouna » dans le centre-ville, les internautes font la queue pour utiliser le haut débit. « Ici la connexion est bonne, je peux vraiment vérifier ma page et faire la mise à jour de mon site. Ici la bande passante est grande donc on en profite, mais avec le téléphone c’est insuffisant. J’ai été en Côte d’Ivoire et au Sénégal et, par rapport à ces pays, ici c’est un peu lent. Si tu veux télécharger des fichiers importants et un peu lourds, ce n’est pas facile. »

Si partout ailleurs la connexion est aussi lente, c’est à cause du manque d’infrastructures, explique Mohamed Diallo, ancien cadre d’une grande compagnie de téléphonie. Internet arrive en Guinée par un câble sous-marin, un « gros tuyau » en quelque sorte qui débouche sur un petit conduit, celui de la 3G. « On n’a pas autant participé que d’autres pays dans l’implantation du câble donc on ne peut pas prétendre au même débit que les autres. Il n’y a pas de réseau de lignes téléphoniques, tout passe par la 3G et le réseau mobile, Donc, avec toute la bonne volonté du monde, il est impossible de dépasser une certaine vitesse. Du coup, il y a tout un pan de la technologie dont on est exclus. »

Dirigeant d’une start-up en informatique, Abdoualye Diallo est contraint « d’aménager » les horaires de travail de ses ingénieurs. « Ils commencent à 16h00 pour travailler la nuit et avoir une bonne connexion internet. Sinon, il y a trop de personnes connectées et la bande passante ne permet pas à tout le monde de l’utiliser. Par rapport à un développeur au Kenya ou à Dakar qui travaille plus facilement ça lui revient moins cher. Et moi, je ne peux pas être compétitif. Et on ne peut pas développer une économie numérique dans ces conditions. »

Des travaux sont en cours sur les infrastructures, assure le ministre de Télécoms, Moustapha Diaby : « Le débit internet surtout maintenant pendant la saison des pluies est faible. Le gouvernement guinéen est en train de déployer un backbone national pour interconnecter toutes les grandes agglomérations et il va falloir que les opérateurs se décident à demander des licences de type 4G. »

Les experts consultés s’accordent pour dire que l’accumulation de taxes « dissuade » les opérateurs d’améliorer le réseau. Le gouvernement, disent-ils, devrait considérer les communications comme un « levier de développement » et non une source de revenus.

Carol Valade

(Source : RFI, 20 août 2018)

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INTERNET EN CHIFFRES

- Bande passante : 50 Gbps
- 4 FAI (Orange, Arc Télécom, Waw Télécom et Africa Access)
- 10 076 337 abonnés Internet

  • 9 793 802 abonnés 2G+3G+4G (98,15%)
  • 148 476 clés et box Internet (0,97%)
  • 116 093 abonnés ADSL (0,76%)
  • 17 966 abonnés bas débit (0,12%)

- Liaisons louées : 21 175

- Taux de pénétration des services Internet : 66,05%

(ARTP, 31 mars 2018)

- 7 260 000 utilisateurs
- Taux de pénétration : 59,80%

(Internet World Stats 31 décembre 2017)

- 4463 noms de domaine actifs en .sn

(NIC Sénégal, 21 avril 2017)

TÉLÉPHONIE EN CHIFFRES


Téléphonie fixe

- 2 opérateurs : Orange et Expresso
- 289 426 abonnés
- 221 272 lignes résidentielles (76,45%)
- 68 084 lignes professionnelles (23,52%)
- 70 lignes publiques (0,02%)
- Taux de pénétration : 1,89%

(ARTP, 31 mars 2018)


Téléphonie mobile

- 3 opérateurs (Orange, Tigo et Expresso)
- 15 984 934 abonnés
- Taux de pénétration : 104,78%

(ARTP, 31 mars 2018)

FACEBOOK

- 2 900 000 utilisateurs

(Facebook Ads, décembre 2017)