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Tendances addictives des jeunes aux réseaux sociaux : quelles mesures ?

lundi 20 août 2018

Le monde change avec l’apparition des réseaux sociaux et l’accroissement de leur popularité. Ceux-ci, voient leur ampleur accroitre de jour en jour créant de nouveaux comportements chez les individus et adoptés de plus en plus par la société. On parle d’une nouvelle catégorie d’addictions parmi lesquelles, on retrouve celles faites sur les réseaux sociaux ou à l’internet de manière plus générale. Les jeunes (surtout la tranche 17 – 24 ans) sont davantage concernés par cette addiction qui s’exprime chez eux par l’utilisation de leurs téléphones portables et d’internet pour garder un lien constant avec leurs « amis » ou encore cultiver une passion inextinguible pour les jeux vidéo.

L’addiction chez l’adolescent peut être expliquée par deux éléments majeurs : d’une part, la recherche de sensation et d’autre part, le besoin de remédier aux pensées angoissantes et dépressives. La vie émotionnelle est effectivement, chez les jeunes, si fragile et défaillante qu’ils font recours à des solutions extérieures qui anesthésient momentanément leur pensée ; solution sensorielle qui, d’une certaine façon, promettent de pallier les manques, ruptures et lacunes vécues pendant l’enfance. Ainsi, toute addiction chez le jeune est l’indice d’un effondrement psychique, et d’une incapacité à répondre à l’adversité à l’aide de ses propres mécanismes de défense.

Toutefois, il convient de souligner qu’en général cette addiction n’est pas créée de prime abord par le téléphone à proprement parler, mais plutôt par la précocité de la consommation aux services et applications accessibles à partir de ces terminaux. En effet, en utilisant le téléphone, l’on a accès à une kyrielle de services tels que internet, les réseaux sociaux, les mails, les applications, les jeux… Ce sont ces derniers qui vont attiser perpétuellement la soif de rester connecter chez les utilisateurs et chez les jeunes en particulier, creusant ainsi les sillons de l’addiction. Cette dernière, si elle est mal gérée devient un levier d’appui pour toute dérive.

Sur le plan clinique, l’utilisation répétitive des médias sociaux réduit chez les jeunes la fonctionnalité des connexions cérébrales. En effet, l’adolescence représente un moment privilégié pour la densification et la stabilisation des connexions cérébrales. Si les circuits sont durablement altérés les conséquences se répercuteront à l’âge adulte. L’adolescent qui passe plus de deux heures par jour sur les réseaux sociaux est, en outre, exposé à des risques de maladies mentales, stress, tendances suicidaires, trouble du sommeil, affaiblissement du système immunitaire…

Sur le plan social, cette forme d’addiction peut conduire à un isolement, un détachement de la vie réelle. Le contact humain se fait plus sentir. C’est dans ce sens qu’Albert Einstein affirmait « J’ai peur du jour où la technologie dépassera notre humanité : le monde ne comptera qu’une génération d’idiots ». Sans verser dans un discours dramatique, la dépendance technologique n’est pas un fantasme, elle existe bel et bien. Toutefois, la solution n’est pas dans le rejet des TIC mais d’un bon usage de celles-ci. Ainsi, en terme de prévention, il appartient aux parents de donner le bon exemple en s’éloignant aux écrans et expliquer aux jeunes qu’un usage intensif et immodéré des médias sociaux altère la circuiterie cérébrale. Bien évidemment, il n’est pas question de bannir l’utilisation des réseaux sociaux qui peuvent s’avérer utiles, mais d’en faire bon usage.

Le progrès utilisé de façon raisonnée est un formidable moyen d’être libre, d’échapper, de se cultiver et de dégager du temps. De plus, les parents devraient inciter les jeunes à se fixer des objectifs, c’est-à-dire les aider à booster leurs vies dans un monde qui n’est pas virtuelle. Il s’agit de faire du sport, aller vers de nouvelles rencontres, faire du bricolage… La vigilance et l’accompagnement doit être rigoureuse à ce niveau.

Par ailleurs, le ministère de l’éducation nationale devrait penser à une vraie politique de conscientisation des parents et des jeunes face à cette nouvelle forme d’addiction car il en va de la qualité des résultats scolaires.

En fin, au plan juridique, le Sénégal n’a pas encore effectivement légiféré sur la limitation de l’utilisation des réseaux sociaux, mais avec l’adoption du nouveau code des télécommunications électroniques, en Juin 2018, on peut espérer y voir une disposition allant dans ce sens. Sur ce, les pouvoirs publics sénégalais devraient s’inspirer des modèles français et américains qui interdisent l’accès dans les réseaux sociaux aux enfants de moins de 13 ans à cause de leur vulnérabilité face aux propos et images qui peuvent heurter leur sensibilité.

Mariame Tity Touré

(Source : Publi Tech Echo, 20 août 2018)

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