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Société de l’information : Quels enjeux par rapport au devenir de la diversité culturelle ?

mardi 23 décembre 2003

De la question de la diversité culturelle et de sa survie, désormais envisagée comme un des enjeux essentiels pour le futur du globe, de l’émergence la société de l’information et de cette forme de mondialisation imposée par celle celle-ci aux pays du Sud et notamment du continent africain, il en avait beaucoup été question hier au cours de la journée inaugurale de la série de conférences virtuelles. C’était au moment où s’ouvrait, à Genève, le Sommet mondial sur la société de l’information par Lead Afrique francophone et l’organisation internationale non-gouvernementale Enda.

Ces conférences virtuelles ont pour épicentre deux salles équipées d’ordinateurs de haut débit, ouvertes au public à Dakar : le centre de Ressources Enda, au 54 rue Carnot, et le Cyberpop du Centre culturel Blaise Senghor - avec des relais africains permettant de la même façon, dans plusieurs pays du continent à tout un chacun de suivre les conférences virtuelles sur quatre thématiques clés et de participer aux débats. Elles visent, de l’avis de leurs organisateurs, à élaborer tout à la fois une vision partagée de la société de l’information, et un plan d’action à mettre en oeuvre par les pouvoirs publics, les institutions intergouvernementales, la société civile, etc., qui pourront être suivies de n’importe quel ordinateur connecté à Internet.

La session inaugurale de ces conférences présidée par le Secrétaire exécutif de Enda, Mouhamed Soumaré, a vu les participants de Mme Gogo Macina Ndiaye et de Moussa Paye, conseillers techniques représentant les ministres sénégalais de l’Information et la coopération panafricaine par les Ntic, et celui de l’Environnement et de l’Assainissement, Mme Dominique Ben Abdallah, coordonnatrice scientifique de ces rencontres. Pour eux les enjeux de la société de l’information restent considérables pour l’Afrique qui, même si elle ne bénéficie actuellement que de très peu des avantages de la société de l’information, et pèse peu dans le cyberespace, ne doit pas être condamnée pour autant à vivre en marge des flux économiques et financiers, mais aussi d’information et de production culturelle

Après cette première rencontre où le public venu nombreux a pu suivre en direct, depuis Genève, la cérémonie d’ouverture du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) et échanger, via la toile (le web), avec des experts au plus haut niveau sur les enjeux, pour le sud, de la société de l’information. Cela leur a permis de partager leur analyse sur deux points essentiels : quels sont les risques de marginalisation et d’exclusion liés au développement de la société de l’information et de la communication ? Par rapport notamment à la confiscation ou de perte de multiples savoirs et savoirs-faire - ce qui pose le problème de la propriété intellectuelle et de la dépossession en marche qui fera d’ailleurs l’objet d’un panel à part. Par rapport surtout à la question de la diversité culturelle, dont on s’est demandé si elle survivra à la société de l’information. Cela, au cours de la seconde session qui a eu lieu dans l’après-midi.

Au cours de celle-ci, Mme Christine Merkel, chargée de la Culture, de la Communication et de l’Information à la Commission allemande pour l’Unesco participant au SMSI, et Mass Lô, directeur de Lead Afrique francophone, depuis Bamako, ont répondu aux questions posées par le public et directement en ligne par des internautes, à partir des centres de Ressources ouverts au public dans différents pays africains. Ces questions ont porté sur les traditions culturelles africaines que les Ntic, dans le processus de production et de consignation des savoirs et savoirs-faire du patrimoine de l’Humanité tout entière, doivent prendre en charge.

Cela ne saurait désormais être envisagé sans intégrer la dimension culturelle du NEPAD qui, dans sa finalité, vise, selon Mass Lô, à combler le retard qui sépare l’Afrique des pays développés, en tenant compte des domaines comme celui de la production culturelle et des savoirs traditionnels. Pour ces derniers, les pays du continent disposent d’avantages comparatifs et peuvent établir ainsi des passerelles entre les programmes de référence axés sur des domaines déjà consacrés, comme la lutte contre la pauvreté, décentralisation, promotion de la bonne gouvernance, etc.

L’argumentaire développé à ce propos est on ne peut plus édifiant sur les attentes de cette rencontre : le NEPAD cherche à s’appuyer sur certains préalables majeurs afin de créer les conditions cadres pouvant induire des effets bras de leviers significatifs. Il s’agit là de pré-requis. Ils devront être potentialisés, selon l’un des conférenciers du web. Parmi ces pré-requis culturels, il y a, a t-on noté, les ressorts anthropologiques extraordinaires dont disposent les Africains pour régler ou anticiper sur les conflits éventuels entre les individus et les groupes, comme la parenté à plaisanterie, les modèles communautaires de gestion de l’espace et des ressources, en dehors de toute occurrence de conflits, comme la « Diina » de Cheikhou Oumar Foutiyou Tall. Ou encore ces cosmogonies écologistes en vigueur presque partout dans le continent ; elles sont toutes respectueuses des équilibres nécessaires entre l’Homme et son milieu naturel et donnent la preuve que l’Afrique peut et doit, par le biais de la culture, prendre en main son propre destin

Moustapha SENE

(Source : Le Soleil 23 décembre 2003)

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