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Publication : La Sonatel, un cas d’école à protéger, selon l’économiste El Hadji Mounirou Ndiaye

lundi 6 août 2012

La Sonatel, une société privatisée en 1996, revient sur les feux de la rampe grâce à la nouvelle publication de l’enseignant-chercheur El Hadji Mounirou Ndiaye. Docteur en économie industrielle, il démontre, arguments à l’appui, que cette entreprise est un modèle en Afrique subsaharienne. « La Sonatel est une entreprise rentable, mais le rationalisme économique n’est pas favorable à la manière dont l’État veut lui faire faire des concessions sur ses profits. Les conséquences s’annoncent fatales avec une surtaxe supplémentaire qui n’aurait pas posé de problème si elle se limitait à réduire statiquement les profits de l’entreprise », écrit l’économiste El Hadji Mounirou Ndiaye. Ce dernier dédicaçait son ouvrage « Sonatel et le pacte libéral du Sénégal ». L’auteur s’interroge : « Fallait-il laisser Sonatel devenir ce qu’est devenue Senelec ? ». D’après M. Ndiaye, la Sonatel est un cas d’école que l’État doit protéger. L’écrivain se dit choqué lorsqu’il a entendu l’ex-président de la République, Me Abdoulaye Wade, affirmer qu’il avait un plan B pour liquider la Sonatel. C’est en ce moment que l’idée d’écrire ce livre lui a traversé l’esprit. « Comment peut-on affaiblir une entreprise qui fait 12% de recettes fiscales, 8% de contribution à la croissance du Produit intérieur brut (Pib), génère 4.000 emplois directs et plus de 100.000 emplois indirects », s’offusque-t-il. Pour lui, le classement du Sénégal en deuxième position en Afrique subsaharienne derrière l’Afrique du Sud dans le domaine des technologies de l’information et de la communication est un des « avantages dus à la libéralisation et à l’implication d’un partenaire expérimenté, France Télécom ». Docteur en économie industrielle, El Hadji Mounirou Ndiaye précise que le pacte libéral du Sénégal n’est pas le choix du régime libéral d’antan. « L’économie de marché est une adaptation à la mondialisation, amorcée par le régime socialiste depuis 1985, et qui a porté ses fruits sous d’autres cieux (Asie, Amérique, Europe) », mentionne le chef du département des sciences économiques et de gestion de l’Université de Thiès.

Un fleuron de l’Afrique subsaharienne Ce livre de 96 pages s’articule autour de 5 chapitres. Dans la première partie, l’enseignant-chercheur montre que la société de téléphonie est une entreprise d’une vigueur permanente. « C’est pourquoi, dans le cadre du 7ème Plan de développement économique et social couvrant la période de 1985-1989, le gouvernement sénégalais avait fixé à la Sonatel quatre objectifs : développer une infrastructure nationale hautement productive et capable de stimuler l’activité économique nationale, améliorer l’accès aux télécommunications, favoriser le développement des banques de données nationales, susciter l’implantation d’une industrie locale ou régionale de télécommunications (…) », explique-t-il. Ces mesures ont été suivies d’effets positifs, puisqu’à partir de 1985, la Sonatel a réalisé un plan d’investissement, instable mais satisfaisant, qui a bien préparé la privatisation de 1996. À partir de cette date, la société a amorcé une dynamique de croissance fulgurante qui l’a propulsée à son excellent niveau de performance actuel, faisant d’elle l’une des meilleures entreprises d’Afrique subsaharienne. La seconde partie est intitulée « Une privatisation économiquement soutenable ». M. Ndiaye convainc qu’il n’est pas préférable non plus qu’une entreprise reste publique, si l’État ne peut en assurer une bonne rentabilité. « Dès lors, nous apprend l’auteur, le bon sens économique impose d’effectuer un véritable calcul avantages/coûts débouchant sur une détermination crédible de la meilleure rentabilité selon que l’opérateur est public ou privé ». La troisième partie traite de la « libéralisation, créations de richesses et frictions ». « Au Sénégal, c’est au lendemain de l’alternance politique survenue en 2000 que des frictions intempestives se sont manifestées dans les télécommunications. Cette situation s’inscrit dans une cacophonie générale faisant état d’interférences négatives et exagérées de la politique sur l’activité économique, parmi lesquelles on peut citer également les nébuleuses contributions parafiscales pour le financement du Plan Takkal de la Senelec », publie-t-il. L’affaire de surtaxes sur les appels entrants ou affaire Global voice constitue la charpente du quatrième chapitre. El hadji Mounirou Ndiaye est persuadé que des surtaxes font baisser l’assiette fiscale de l’État. « Ce n’est pas bien ; les surtaxes sont contreproductives », confie-t-il. La dernière partie aborde « les enjeux des télécommunications : la dimension institutionnelle ». Il rappelle que l’affaire Global voice est venue mettre à nu des manquements flagrants dans l’encadrement institutionnel des télécommunications sénégalaises ; alors que les droits de propriété constituent, eux-mêmes, une institution fondamentale.

Serigne Mansour Sy Cissé

(Source : Le Soleil, 6 août 2012)

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