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Passage de l’analogie au numérique 2015 : Les techniciens de l’audiovisuel veulent être formés

mercredi 14 août 2013

Ils estiment être marginalisés. Pour prendre leur destin en main, les techniciens de l’audiovisuel sénégalais sont sortis de l’ombre, hier et réclament des modules de formation.

Les techniciens de la presse audiovisuel du Sénégal s’organisent. Ils n’ont pas attendu que le Syndicat national des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics) ou la Convention des jeunes reporters prennent en compte leurs préoccupations.

C’est à voir même s’ils ont une fois élevé la voix pour leur cause. Aujourd’hui, les choses ont changé et le défi du passage de l’analogie au numérique pour 2015 n’est plus loin. Raison suffisante pour qu’ils délaissent leurs manettes, caméras et autres matériels audiovisuels pour parler de l’avenir de leur métier.

En conférence de presse dans les locaux de la Rts, hier, le technicien, Amadou Nicolas Thiam de la chaîne audiovisuelle publique, s’est dit préoccupé du passage de l’analogie au numérique dont la date butoir est fixée en juin 2015.

Pour lui, c’est un impératif pour les techniciens afin qu’ils soient formés au numérique. Car, dit-il, il est rare de voir un vrai journaliste tenir une caméra ou manipuler du matériel audiovisuel. « Quand les chaînes de télévision basculeront vers le numérique, ce sont les techniciens qui seront présents pour gérer cette transition », affirme le technicien de la Rts, entouré de ses confrères Dame Diop de la Radio municipale de Dakar et de Mame Ass Seck du Groupe futurs médias.

Pour ne pas aller en rangs dispersés, infographistes, monteurs, réalisateurs, preneurs de son, éclairagistes, photographes, décorateurs se sont regroupés au sein du Collectif des techniciens de la presse audiovisuelle du Sénégal (Ctpas). Ils prévoient ainsi de tenir une assemblée générale samedi prochain pour élire les membres du bureau du collectif. Ce sera à la Maison de la culture Douta Seck.

Cette année, au cours de la répartition de l’aide de la presse, un montant de 40 millions francs Cfa a été alloué pour la formation des journalistes. Mais, Amadou Nicolas Thiam trouve que ce montant ne doit pas servir à former seulement les journalistes, ni à remplir les poches des patrons de presse. « Quand tout va bien à la télé, on ne considère pas les techniciens. Mais dès qu’elle tombe en panne, on les indexe », tranche le technicien de la Rts.

Pour lui, il est anormal qu’un journaliste, qui a fait trois ans d’études dans son métier et capitalisé deux ans d’expérience professionnelle, bénéficie des sessions de formations ou de renforcements de capacités. « Qu’est-ce qu’il va apprendre réellement ?

C’est comme nous les techniciens, lorsqu’on nous demande d’aller se faire former sur comment couper ou monter des images ? Ce sont des pratiques que nous faisons tous les jours, cela n’a finalement aucun intérêt pour le travailleur », n’a cessé de répéter Thiam. Il accuse ainsi le Synpics de ne pas jouer son rôle envers les techniciens de l’audiovisuel.

Pour lui, le Synpics assure des modules de formation aux journalistes, mais n’associe pas les techniciens dans ces sessions de formation. « Nous aussi, nous sommes membres du Synpics. Nous ne sommes pas un syndicat à part entière », rappelle Nicolas Thiam.

Il souhaite que le collectif que lui et ses camarades vont officiellement monter samedi prochain vient à bout de leurs difficultés dans l’exercice du métier. Lors de cette assemblée générale, la présence du ministre de la Communication, des Télécommunications et de l’Economie numérique, Cheikh Bamba Dièye, et des journalistes Mame Less Camara, Mamadou Baal et Souleymane Niang est annoncée.

Selon Dame Diop, seule la carte de presse reste valable pour être membre et pour pouvoir briguer un poste au sein du collectif. Déjà de nombreux techniciens des différents médias radios et télévisions du Sénégal sont membres de ce collectif en visitant la page Facebook de la structure.

Baba Mballo

(Source : Wal fadjri, 14 août 2013)

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