twitter facebook rss

Articles de presse

Imprimer Texte plus petit Texte plus grand

Libéralisation des télécommunications : On attend toujours le bip de l’Etat

mardi 23 mars 2004

Même l’Agence de régulation des télécommunications (Art) a préféré suspendre sa langue... aux câbles à propos de la libéralisation des télécommunications en juillet prochain. "La libéralisation sera lancée au moment où l’Etat aura défini les orientations dans sa lettre de politique sectorielle qui est en cours d’élaboration", souligne Babacar Ndiaye, secrétaire général de l’Art.

Les explications servies par le responsable de la réglementation et du contentieux de la même instance n’ont pas, non plus, apporté de l’eau dans la bouche des différents acteurs présents au séminaire organisé par la fondation Friedrich Ebert, les 21 et 21 mars derniers. Tout au plus, Thierno Mohamadou Ly a tenté de rassurer les opérateurs, notamment la Sonatel et la Sentel. "La libéralisation des télécommunications a déjà commencé avec la loi n°96-03 du 22 février 1996 qui a consacré la libéralisation du mobile et services à valeur ajoutée. Maintenant, nous allons vers la libéralisation d’autres segments (la téléphonie fixe, l’international et la transmission de données). Tout le monde se pose la question de savoir comment se fera la libéralisation sur ces segments. L’Etat est en train de réfléchir sur sa stratégie afin de retenir le meilleur schéma. L’essentiel est que juillet 2004 verra l’arrivée de nouveaux opérateurs. Le cas échéant, l’Art sera chargée de mener les orientations de l’Etat", avance M. Ly.

Juillet 2004 ne marquera que le début du processus d’une libéralisation totale du secteur. Ce qui ne fait que rajouter à la confusion. "Tout le monde parle de la libéralisation, mais personne ne connaît son contenu. Par rapport à cela, nous n’avons pas de visibilité pour affiner nos stratégies. Nous n’en avons pas peur, mais nous ne savons pas qui peut avoir quoi à partir du 19 juillet", s’interroge Saër Niang de la direction de la Sentel. Directeur technique de ce second opérateur de téléphonie mobile, Mohamadou Diao Bâ voudrait que les relations entre l’Art et l’Etat soient mieux définies comme elles le sont avec les opérateurs. Du côté de la Sonatel, ses responsables ont défendu une thèse similaire. "L’Art cumule des fonctions relevant normalement des trois ordres de pouvoirs constitutionnels : pouvoir d’élaboration de normes (pouvoir Législatif et réglementaire), pouvoir de contrôle et de sanction (pouvoir Judiciaire), pouvoir de mise en œuvre de la politique gouvernementale (pouvoir Exécutif). Pour une régulation efficace, la définition des règles du jeu, c’est-à-dire la préparation des lois et des décrets, la négociation des réglementations internationales ainsi que le contrôle du service universel doivent relever du ministère chargé des Télécommunications. Cela permettrait de mieux intégrer les avis des acteurs en les rapprochant de l’instance de définition des règles du jeu, tutelle de l’ensemble des acteurs", croit savoir Seydi Ahmed Sy Sarr, directeur de la Réglementation et des Affaires juridiques de la Sonatel.

L’ouverture des marchés doit se faire dans des conditions qui permettent d’atteindre les objectifs de l’Etat, indique M. Sarr. Dans ce sens, le coordinateur de l’Intersyndicale de la Sonatel, Ibrahima Konté, a prêché pour la concertation "qui avait permis aux autorités de réussir la privatisation de la Sonatel pour laquelle l’avis des travailleurs a été pris en compte". Le syndicaliste prophétise qu’en juillet prochain, il y aura un vide juridique. "C’est pourquoi, explique-t-il, l’Etat doit prendre ses responsabilités avant cette échéance".

Pour la chargée de programmes de la fondation Ebert, Mme Nanténé Coulibaly Seck, une libéralisation des télécommunications peut être inquiétante, tant pour le consommateur qui, d’une certaine façon, est laissé à "la merci des privés voraces que pour les entreprises elles-mêmes qui sont condamnées à se livrer une rude concurrence où les plus faibles seront appelées à périr", pense-t-elle. Devant l’absence remarquée du ministère de l’Information pourtant conviée à la rencontre du Collectif des journalistes économiques du Sénégal (Cojes), les différents acteurs n’ont pu trouver un interlocuteur du pouvoir public pour rassurer les uns et les autres.

Johonson MBENGUE

(Souèrce : Wal Fadjri 23 mars 2004)

Inscrivez-vous a BATIK

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez toutes nos actualités par email.

Navigation par mots clés

INTERNET EN CHIFFRES

- Bande passante internationale : 172 Gbps
- 4 FAI (Orange, Arc Télécom, Waw Télécom et Africa Access)
- 11 081 424 abonnés Internet

  • 10 817 325 abonnés 2G+3G+4G (97,62%)
    • 2G : 33,28%
    • 3G : 54,50%
    • 4G : 12,13%
  • 97 453 clés et box Internet (0,88%)
  • 145 964 abonnés ADSL/Fibre (1,341%)
  • 17 953 abonnés bas débit (0,16%)
  • 2729 abonnés aux 4 FAI

- Liaisons louées : 22 825

- Taux de pénétration des services Internet : 70,46%

(ARTP, 30 juin 2019)

- 7 260 000 utilisateurs
- Taux de pénétration : 58,20%

(Internet World Stats 31 décembre 2018)

- 5800 noms de domaine actifs en .sn

(NIC Sénégal, décembre 2019)

TÉLÉPHONIE EN CHIFFRES


Téléphonie fixe

- 3 opérateurs : Sonatel, Expresso et Saga Africa Holdings Limited
- 307 030 abonnés
- 236 665 lignes résidentielles (77,08%)
- 70 274 lignes professionnelles (22,89%)
- 91 lignes publiques (0,03%)
- Taux de pénétration : 1,952%

(ARTP, 30 juin 2019)


Téléphonie mobile

- 3 opérateurs (Orange, Tigo et Expresso)
- 17 201 494 abonnés
- Taux de pénétration : 109,38%

(ARTP, 30 juin 2019)

FACEBOOK

- 3 171 000 utilisateurs

- Taux de pénétration de Facebook : 18,6%

(Facebook, Juin 2019)