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Dangers et risques lies aux déchets électriques et électroniques : 58,1% de tétanos, 54,8% de cancer et 12,9% de tuberculose enregistrés chez les recycleurs, réparateurs…

mercredi 23 novembre 2016

Dans le cadre d’un partenariat entre le West African Research Center (Centre de recherche ouest africain – Warc en anglais) et l’Université Nangui Abrogoua d’Abidjan, des experts ont lancé hier le projet Ewit (Projet de gestion intégrée des déchets électroniques). Une occasion pour les experts sénégalais d’alerter sur les dangers et risques liés aux Déchets électriques et électroniques (Dee) au Sénégal.

Les chiffres font froid dans le dos. Une analyse situationnelle de la filière des Déchets électriques et électroniques (Dee) au Sénégal, dans le cadre d’une étude sur les Déchets électroniques et informatiques en Afrique, défis et opportunités pour un développement durable au Bénin, au Mali et Sénégal, sous la direction de Cheikh Diop et Ramata Molo Thioune, révèle des chiffres préoccupants. La manipulation des Dee présente un danger pour les réparateurs et recycleurs. En effet, en plus des risques physiques, comme les blessures et explosions, on cite les intoxications et bien d’autres pathologies. Selon les résultats de l’étude, pour les personnes enquêtées, les maladies le plus souvent énumérées dans le secteur de la réparation sont : le tétanos (58,1%), le cancer (54,8%) et la tuberculose (12,9%). La prise en compte du type d’équipements intervient quand certaines maladies sont citées. Ainsi, les affections liées au tétanos sont imputées, par les réparateurs, au travail sur les téléviseurs (63,2%), les radios (78%), les ordinateurs (78%) et les portables (55,6%). Le cancer est également mentionné fréquemment, avec respectivement 57,9%, 50%, 44,4% et 66,7% pour ces types de matériels traités. Bien qu’elle soit évoquée, la tuberculose semble être considérée comme un risque marginal.

Suivant le type de recyclage, le tétanos compte pour 22% dans les maladies évoquées par les recycleurs enquêtés. En effet, 20% de ceux faisant de la réparation, 25% pratiquant la reconstitution et 33% réalisant du décodage citent cette affection. Le cancer est mentionné par 44% des enquêtés, respectivement par 45%, 50% et 33% de ceux qui font de la réparation, de la reconstitution et du décodage. Pour 22% des enquêtés, la tuberculose serait provoquée par les Dee, respectivement pour 20%, 25% et 33% des trois catégories. Enfin, 11% affirment que les Dee sont responsables d’autres affections.

L’appréciation des réparateurs par rapport aux dangers liés aux Dee indique que, sur les 31% d’entre eux, les blessures sont les premiers risques, puis viennent la dépréciation du marché (28%), la dégradation (15%), les nuisances et pollutions (13%) et les maladies (13%). Cela, pour tous les recycleurs, qu’ils aient suivi ou non une formation. Parmi les recycleurs, 56% ne connaissent pas les composantes dangereuses des Dee. Selon le type de recyclage, entre 40 et 55% de ceux qui font du décodage et de la réparation les ignorent. Pour près de la moitié de ceux qui font de la reconstitution, le plastique et les verres sont les composantes les plus dangereuses. Cependant, 20% des décodeurs et 18% des réparateurs citent les métaux lourds. Les connaissances des recycleurs sur le caractère toxique des Dee semblent être corrélées à la formation. Parmi ceux qui en ont reçu une, 56,50% connaissent cette toxicité et 25% l’ignorent. Si un peu moins de la moitié de ceux qui n’ont pas de formation ne la reconnaissent pas, il convient de relever que 31,30% ne semblent pas du tout conscients de cette toxicité.

Les acteurs plaident pour un cadre réglementaire et juridique

Le défi est lancé. L’Afrique refuse d’être le dépotoir des produits électriques et électroniques en fin de vie. Dans un contexte où les innovations et les performances technologiques sont telles que les équipements les plus sophistiqués peuvent, d’un trimestre à l’autre, passer d’objet de dernier cri à un statut de produit totalement dépassé, de nombreux produits sont exportés vers les pays africains. Alors que ces Etats ne disposent quasiment d’aucun moyen pour assurer une écologie rationnelle et durable de ces produits. Au niveau réglementaire, le coordonnateur du projet « e-déchets » de l’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie), Cheikhou Gassama, souligne une absence, presque totale, de textes destinés à gérer de façon globale tous les aspects du secteur. « Du point de vue juridique, il n’existe pas au Sénégal de textes spécifiques traitant de la gestion des Déchets électriques et électroniques, car la réglementation des Dee n’a pas été considérée comme une priorité. Les autorités ont tendance à considérer les Dee comme des déchets ordinaires, sans leur accorder une attention particulière, ni prévoir des dispositions appropriées. Aucun dispositif légal n’est en vigueur pour encadrer l’entrée sur le territoire national des Dee. Les activités de récupération, de recyclage et d’élimination des Dee ne sont pas non plus encadrées par des directives techniques et des prescriptions juridiques. Ces activités se passent dans l’informel, en l’absence de toute norme. Le vide juridique est d’autant plus grand que la gestion des Dee n’est pas non plus réglementée dans le cadre des instances d’intégration régionale et sous-régionale auxquelles le Sénégal est partie prenante », informe-t-il. Même si, en ce qui concerne sa législation, le Sénégal a ratifié la Convention de Bâle en 1992 et signé en 1991 la Convention de Bamako, qui est entrée en vigueur en 1996.

El Hadj Fallou Faye

(Source : L’Observateur, 24 novembre 2016)

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