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Le Web social

lundi 25 mars 2013

Point de vue

J’ai commencé à travailler dans le domaine d’Internet dans le milieu des années 1990. Il ne s’agissait alors que d’un ensemble de pages Web créées à partir de rien et destinées à développer la consommation en ligne. Avec l’avènement du « Web 2.0 », Internet s’est ensuite transformé et a commencé à inclure toutes sortes de supports, autrefois réservés au monde réel. Il s’agissait de vidéos, de photos, de concerts en direct, d’actualités, et bien plus encore. Au cours de ces cinq dernières années, marquées par l’ascension de Facebook, Twitter et LinkedIn, nous avons assisté à la naissance d’une nouvelle phase de l’évolution d’Internet : le Web social.

L’avènement du Web social nous donne l’occasion de faire encore mieux. Et ce n’est pas valable seulement pour Google. Les réseaux sociaux sont riches d’informations sur leurs utilisateurs, leurs contacts et leurs préférences (ce que nous appelons le « graphe social »). Leur essor actuel a le potentiel d’améliorer l’ensemble du Web.

Internet est un bienfait, mais un certain nombre de problèmes auxquels nous n’avions pas pensé sont apparus. Premier problème : l’engorgement dû à la quantité d’informations. Les réseaux sociaux sont gérables quand vous n’avez que quelques dizaines d’amis. Mais quand ce nombre passe à quelques centaines, votre flux de mises à jour devient très vite encombré et chargé.

Deuxième problème : le partage des informations. Il existe des dizaines de façons de partager divers types de contenu en ligne, à tel point que l’on finit par s’y perdre. On ne partage pas les mêmes choses avec ses collègues et avec ses proches. De même, une réunion de technophiles n’a rien à voir avec la visite d’une mosquée. Les nuances propres aux relations humaines sont difficiles à reproduire en ligne. Lorsque mes contacts discutent avec moi sur les réseaux sociaux, nombreux sont ceux qui ne pensent pas à mon titre ou à l’entreprise pour laquelle je travaille. La confidentialité est essentielle. Lorsque les internautes dévoilent toute leur vie en ligne, ils doivent être pleinement conscients des personnes qui ont accès à ces informations, et il est important qu’ils en gardent le contrôle total.

Les personnes qui travaillent dans mon domaine se posent souvent la même question : « Qu’est-ce qu’Internet peut apporter de plus aux internautes ? ». Ce qui est certain, c’est qu’il devrait permettre d’améliorer notre quotidien à pas de géant, en nous aidant à nous concentrer sur ce qui est important et à encourager le développement de relations humaines moins superficielles. Eric Schmidt se plaît à dire qu’avec Internet, il est impossible de s’ennuyer, car vous pouvez toujours rejoindre vos amis en ligne, nouer de nouvelles relations ou consulter les informations qui vous intéressent, quand vous le souhaitez. Le Web social nous donne une opportunité unique d’améliorer le quotidien de chacun. Il nous permet également d’accomplir des choses autrefois considérées comme impossibles.

Lancé en juin 2011, le projet Google+ est le début de l’initiative que nous avons mise en place afin de placer l’être humain au centre de tous les produits Google. Cet aspect est essentiel à notre mission : l’information est indissociable des personnes qui la créent, qui y réagissent et qui la transmettent.

Avec Google+, nous commençons à répondre à quelques-unes des grandes problématiques que le Web a créées. Parce qu’ils permettent de partager des contenus en ligne comme dans la vraie vie, les cercles aident les internautes à contrôler de façon plus précise les mises à jour visibles dans leur flux. Les hangouts offrent un tout nouveau mode d’interaction entre proches. La fonctionnalité Déclics passe tout le Web en revue pour nous faire profiter de contenus qui nous intéressent. Avec l’application Google Mobile, il n’a jamais été aussi simple de partager instantanément ce qui nous entoure. Avec elle, aucun risque que nos photos restent indéfiniment stockées sur notre téléphone.

Et tout cela, l’équipe Google le fait dans le plus grand respect de la vie privée des internautes. C’est un grand défi, non seulement pour Google, mais aussi pour pratiquement toutes les entreprises opérant aujourd’hui dans le domaine d’Internet. Lorsque nous avons lancé Google+, nos utilisateurs nous ont signalé qu’il était relativement facile de transférer des contenus normalement limités à un cercle donné. Nous avons donc rapidement mis en place une fonctionnalité visant à en informer les utilisateurs et à leur permettre de désactiver le transfert de ce type de contenu.

Des commentaires de ce type nous parviennent sans cesse via Google+, et nous trouvons cela extrêmement utile. Mon profil accepte les commentaires et je suis présent dans les cercles de nombreux utilisateurs qui me font part de leurs suggestions en permanence. En entretenant une véritable relation de confiance entre moi et mes utilisateurs, cette dynamique aide ces derniers à se rendre compte que Google n’est pas une façade anonyme : c’est un groupe de personnes comme vous et moi, qui s’efforcent de créer des produits de qualité. J’ai eu le plaisir d’organiser, dans notre bureau de Dakar, un hangout Google avec Gris Bordeaux. À cette occasion, j’ai pu assister à un débat houleux, mais fructueux, entre des Canadiens, des Français et des Sénégalais. Ils discutaient exactement comme s’ils étaient réunis dans la même pièce, en temps réel. N’est-ce pas extraordinaire ? Au Ghana, la station de radio JoyNews a récemment organisé un hangout à l’occasion du serment prêté par le nouveau Président John Mahama. Partout dans le monde, tous les membres de cette communauté ont ainsi participé à cet évènement national incontournable.

On entend toutes sortes d’histoires sur la façon dont Google+ contribue à établir de nouveaux liens entre les êtres humains. Des militaires l’utilisent pour rester en contact avec leurs proches restés au pays, tandis que d’autres organisent des hangouts pour y diffuser des concerts. Certaines chaînes de télévision s’en servent pour réunir des intervenants qui se trouvent en des lieux différents. Je suis sûr que des histoires comme celles-ci ne se limitent pas à Google+, car nos concurrents aident aussi leurs utilisateurs du monde entier à accomplir de grandes choses sur le Web social. J’espère que nos innovations les inspirent, et je sais que leurs créations sauront nous motiver tout autant.

Tidjane Dème, Directeur Google Afrique Francophone

(Source : Leral, 25 mars 2013)

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