<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.osiris.sn/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>OSIRIS</title>
	<link>https://www.osiris.sn/</link>
	<description>Osiris sensibilise, informe et produit des analyses sur tous les sujets relatifs &#224; l'utilisation et &#224; l'appropriation des technologies de l'information et de la communication au S&#233;n&#233;gal et en Afrique.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.osiris.sn/spip.php?id_rubrique=724&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>OSIRIS</title>
		<url>https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L102xH100/osiris-4-2331f.png?1778175697</url>
		<link>https://www.osiris.sn/</link>
		<height>100</height>
		<width>102</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Le S&#233;n&#233;gal Acc&#233;l&#232;re Son New Deal Technologique Avec Starlink Pour Une Connectivit&#233; Universelle</title>
		<link>https://www.osiris.sn/le-senegal-accelere-son-new-deal-technologique-avec-starlink-pour-une.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.osiris.sn/le-senegal-accelere-son-new-deal-technologique-avec-starlink-pour-une.html</guid>
		<dc:date>2025-12-30T22:27:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans le cadre de son ambitieux New Deal Technologique, le Gouvernement du S&#233;n&#233;gal (GdS) a entrepris une transformation majeure de son paysage num&#233;rique. Son objectif : d&#233;mocratiser l'acc&#232;s au haut et tr&#232;s haut d&#233;bit sur l'ensemble du territoire, en surmontant les d&#233;fis &#233;conomiques et techniques des zones rurales et isol&#233;es. Pour y parvenir, une d&#233;cision strat&#233;gique a &#233;t&#233; act&#233;e : l'autorisation d'op&#233;rer accord&#233;e &#224; Starlink, le service d'internet par satellite de SpaceX. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette infrastructure (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.osiris.sn/-2025-.html" rel="directory"&gt;2025&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L149xH150/img_3088-110-7eaaf.jpg?1778293505' class='spip_logo spip_logo_right' width='149' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le cadre de son ambitieux New Deal Technologique, le Gouvernement du S&#233;n&#233;gal (GdS) a entrepris une transformation majeure de son paysage num&#233;rique. Son objectif : d&#233;mocratiser l'acc&#232;s au haut et tr&#232;s haut d&#233;bit sur l'ensemble du territoire, en surmontant les d&#233;fis &#233;conomiques et techniques des zones rurales et isol&#233;es. Pour y parvenir, une d&#233;cision strat&#233;gique a &#233;t&#233; act&#233;e : l'autorisation d'op&#233;rer accord&#233;e &#224; Starlink, le service d'internet par satellite de SpaceX.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette infrastructure de pointe, reposant sur une constellation de satellites en orbite basse, constitue un compl&#233;ment essentiel aux r&#233;seaux terrestres. Elle permet d'&#233;radiquer les &#171; zones blanches &#187; en offrant une connectivit&#233; fiable et performante partout. Pour concr&#233;tiser rapidement cette vision, le GdS a n&#233;goci&#233; l'acquisition de 5 000 kits Starlink &#224; un tarif pr&#233;f&#233;rentiel. D&#232;s le premier semestre 2026, cette initiative permettra de connecter gratuitement un million de S&#233;n&#233;galais, ciblant en priorit&#233; l'&#233;ducation, les collectivit&#233;s territoriales et les r&#233;gions &#233;loign&#233;es comme la Casamance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les impacts attendus sont significatifs. Le S&#233;n&#233;gal b&#233;n&#233;ficiera d'une extension imm&#233;diate de la couverture nationale, d'un puissant levier d'inclusion num&#233;rique et d'une dynamisation &#233;conomique pour tous les secteurs. En offrant une alternative haut d&#233;bit comp&#233;titive, cette strat&#233;gie stimule la concurrence et r&#233;duit les co&#251;ts de connectivit&#233; pour les m&#233;nages et les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'arriv&#233;e de Starlink au S&#233;n&#233;gal n'est pas qu'une simple offre commerciale suppl&#233;mentaire. C'est un pilier strat&#233;gique qui renforce le leadership du pays dans la transformation num&#233;rique africaine, en garantissant qu'aucun citoyen ni aucune entreprise ne reste &#224; l'&#233;cart de la r&#233;volution digitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aziz Watt&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.grandpanel.sn/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Grand panel&lt;/a&gt;, 30 d&#233;cembre 2025)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Souverainet&#233; num&#233;rique : le S&#233;n&#233;gal proche du but, mais encore loin de l'impact !</title>
		<link>https://www.osiris.sn/souverainete-numerique-le-senegal-proche-du-but-mais-encore-loin-de-l-impact-40086.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.osiris.sn/souverainete-numerique-le-senegal-proche-du-but-mais-encore-loin-de-l-impact-40086.html</guid>
		<dc:date>2025-12-25T18:04:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chaque fin d'ann&#233;e agit comme un r&#233;v&#233;lateur. Elle oblige &#224; quitter le confort des intentions pour affronter la r&#233;alit&#233; des faits. Dans le paysage num&#233;rique s&#233;n&#233;galais, l'ann&#233;e 2025 restera comme celle d'une inflation lexicale sans pr&#233;c&#233;dent autour d'un concept devenu central : la souverainet&#233; num&#233;rique. Rarement une expression aura &#233;t&#233; aussi r&#233;p&#233;t&#233;e, aussi mobilis&#233;e, aussi revendiqu&#233;e. Elle est d&#233;sormais le point d'entr&#233;e de presque tous les discours officiels et leur conclusion oblig&#233;e, le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.osiris.sn/-2025-.html" rel="directory"&gt;2025&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L149xH150/img_3088-109-18248.jpg?1778293505' class='spip_logo spip_logo_right' width='149' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chaque fin d'ann&#233;e agit comme un r&#233;v&#233;lateur. Elle oblige &#224; quitter le confort des intentions pour affronter la r&#233;alit&#233; des faits. Dans le paysage num&#233;rique s&#233;n&#233;galais, l'ann&#233;e 2025 restera comme celle d'une inflation lexicale sans pr&#233;c&#233;dent autour d'un concept devenu central : la souverainet&#233; num&#233;rique. Rarement une expression aura &#233;t&#233; aussi r&#233;p&#233;t&#233;e, aussi mobilis&#233;e, aussi revendiqu&#233;e. Elle est d&#233;sormais le point d'entr&#233;e de presque tous les discours officiels et leur conclusion oblig&#233;e, le socle affich&#233; des strat&#233;gies publiques et le marqueur politique d'une ambition nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait intellectuellement malhonn&#234;te de nier ce que cette centralit&#233; r&#233;v&#232;le. Elle traduit une prise de conscience r&#233;elle, tardive mais n&#233;cessaire, des enjeux de d&#233;pendance technologique, de captation des donn&#233;es, de vuln&#233;rabilit&#233; des &#201;tats face aux plateformes globales et de perte de ma&#238;trise sur des infrastructures critiques. En ce sens, 2025 n'a pas &#233;t&#233; une ann&#233;e creuse. Des projets ont &#233;t&#233; annonc&#233;s, des initiatives engag&#233;es, des cadres strat&#233;giques pos&#233;s. Le S&#233;n&#233;gal n'a sans doute jamais &#233;t&#233; aussi proche du but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans le num&#233;rique, la proximit&#233; ne vaut rien sans rigueur. Ce secteur ne r&#233;compense ni l'intention ni la rh&#233;torique. Il sanctionne l'impr&#233;cision, l'approximation et les retards. La souverainet&#233; num&#233;rique n'est pas un r&#233;cit. Elle est une construction lente, technique, parfois ingrate, faite d'architectures, de bases de donn&#233;es, de proc&#233;dures, de maintenance et de continuit&#233; de service. Elle commence toujours par le bas, par ce que vit le citoyen, par ce que l'administration est r&#233;ellement capable de d&#233;livrer sans friction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; que le d&#233;calage appara&#238;t. En 2025, malgr&#233; les annonces, malgr&#233; les strat&#233;gies, malgr&#233; les promesses, un citoyen s&#233;n&#233;galais ne peut toujours pas, de mani&#232;re simple, fluide et g&#233;n&#233;ralis&#233;e, obtenir en ligne les documents administratifs les plus &#233;l&#233;mentaires. L'extrait de naissance reste un parcours. Le casier judiciaire reste une file. Le passeport reste une attente. Ces r&#233;alit&#233;s ne rel&#232;vent pas de l'anecdote : elles sont le thermom&#232;tre exact de la transformation num&#233;rique d'un &#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut parler d'intelligence artificielle, de cloud souverain, de cybers&#233;curit&#233; avanc&#233;e. Mais tant qu'un citoyen doit se d&#233;placer physiquement pour prouver son existence administrative, la souverainet&#233; num&#233;rique reste un concept bien formul&#233;, pas une r&#233;alit&#233; v&#233;cue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce constat est d'autant plus troublant que des pays de la sous-r&#233;gion avancent sur ces fondamentaux sans bruit excessif ni inflation s&#233;mantique. Le B&#233;nin a fait de la modernisation de l'&#233;tat civil et de l'identit&#233; num&#233;rique une priorit&#233; op&#233;rationnelle, avec des plateformes utilis&#233;es par les citoyens. La Mauritanie progresse sur des services num&#233;riques simples, accessibles, mais fonctionnels. Le Togo, en s'attaquant &#224; la digitalisation de la gestion des retraites, montre qu'il est possible de traiter des sujets complexes et sensibles lorsque le num&#233;rique est pris au s&#233;rieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas ici de comparer le S&#233;n&#233;gal aux champions mondiaux que sont l'Estonie, Singapour, la Chine ou les &#201;tats-Unis. &#192; d&#233;faut de les rattraper, regardons d&#233;j&#224; ce que font correctement nos voisins. Dans le num&#233;rique public, le fonctionnel vaut toujours mieux que le spectaculaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le S&#233;n&#233;gal, il faut le dire clairement, est un champion incontest&#233; des projets, des strat&#233;gies et des ateliers. Peu de pays produisent autant de visions, de feuilles de route, de cadres de r&#233;flexion. Le probl&#232;me n'est donc pas l'absence d'id&#233;es. Le probl&#232;me est l'ex&#233;cution. La souverainet&#233; num&#233;rique ne se d&#233;cr&#232;te pas dans un document strat&#233;gique. Elle se prouve dans la dur&#233;e, dans la capacit&#233; &#224; livrer, &#224; maintenir, &#224; corriger, &#224; faire &#233;voluer des syst&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce titre, certaines annonces majeures faites en 2025 appellent aujourd'hui des r&#233;ponses claires. J'attends beaucoup de la d&#233;mat&#233;rialisation int&#233;grale des proc&#233;dures de l'administration annonc&#233;e en grande pompe. J'attends tout autant des nouvelles concr&#232;tes sur la digitalisation int&#233;grale du courrier administratif demand&#233;e par le Premier ministre, dont l'effectivit&#233; &#233;tait attendue d&#232;s le mois d'octobre dernier. Dans un &#201;tat qui se veut num&#233;rique, l'absence d'information est d&#233;j&#224; un dysfonctionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le num&#233;rique impose une autre exigence : la r&#233;activit&#233;. Un minist&#232;re en charge du num&#233;rique ne peut pas fonctionner comme une administration classique. Il doit r&#233;pondre &#224; temps aux appels du secteur, partager l'information, expliquer ses choix, assumer ses retards, dialoguer avec les acteurs. La souverainet&#233; num&#233;rique ne se construit pas derri&#232;re des portes closes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici que la question de la gouvernance devient centrale. Choisir un Minist&#232;re pleinement num&#233;rique, qui, non seulement demeure &#224; l'&#233;coute du secteur, mais ouvre ses portes et joue le jeu. Le S&#233;n&#233;gal se construit avec son secteur priv&#233;, qui, de tout temps, a fait presque l'essentiel des strat&#233;gies avant une appropriation par l'&#233;quipe gouvernementale en place. L'ignorer serait une faute strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Choisir un minist&#232;re pleinement orient&#233; dans le num&#233;rique, s&#233;par&#233; de la communication. Ce choix n'est pas symbolique. Il est structurant. Il s'agit de montrer enfin que le S&#233;n&#233;gal a compris les enjeux, de b&#226;tir un v&#233;ritable &#201;tat plateforme, capable d'interconnecter ses administrations, de capitaliser sur les initiatives existantes, de rationaliser les projets et surtout de ne pas ouvrir trop de chantiers en m&#234;me temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la dispersion est l'ennemie de la souverainet&#233;. Un &#201;tat souverain num&#233;riquement est un &#201;tat qui priorise, qui arbitre, qui livre peu mais bien, et qui am&#233;liore en continu. Il communique moins qu'il ne construit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si 2025 a &#233;t&#233; l'ann&#233;e o&#249; la souverainet&#233; num&#233;rique a domin&#233; les discours et les d&#233;bats publics, alors 2026 devra &#234;tre celle de la confrontation avec le r&#233;el. Le S&#233;n&#233;gal n'a jamais &#233;t&#233; aussi proche du but. Mais dans le num&#233;rique, la proximit&#233; ne suffit pas. Seule la rigueur permet d'arriver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://letechobservateur.sn/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Techobservateur&lt;/a&gt;, 25 d&#233;cembre 2025)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Taxe mobile money : Comment wave a transform&#233; l'imp&#244;t de l'Etat comme arme contre Orange Money</title>
		<link>https://www.osiris.sn/taxe-mobile-money-comment-wave-a-transforme-l-impot-de-l-etat-comme-arme-contre.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.osiris.sn/taxe-mobile-money-comment-wave-a-transforme-l-impot-de-l-etat-comme-arme-contre.html</guid>
		<dc:date>2025-12-22T08:19:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;1. LA TAXE DE 0,5 % COMME D&#201;CLENCHEUR D'UNE GUERRE DE POSITION &lt;br class='autobr' /&gt;
l'introduction par l'&#233;tat d'une taxe de 0,5 % sur les transactions mobile money a imm&#233;diatement boulevers&#233; l'&#233;quilibre du march&#233;. orange money a int&#233;gr&#233; la taxe dans ses tarifs, transf&#233;rant le co&#251;t directement au consommateur. wave, &#224; l'inverse, n'a op&#233;r&#233; aucun changement visible. ce diff&#233;rentiel n'est pas anodin : il r&#233;v&#232;le deux visions oppos&#233;es du mobile money, l'une centr&#233;e sur la facturation, l'autre sur la strat&#233;gie de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.osiris.sn/-2025-.html" rel="directory"&gt;2025&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L149xH150/img_3088-108-bf87b.jpg?1778293505' class='spip_logo spip_logo_right' width='149' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. LA TAXE DE 0,5 % COMME D&#201;CLENCHEUR D'UNE GUERRE DE POSITION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l'introduction par l'&#233;tat d'une taxe de 0,5 % sur les transactions mobile money a imm&#233;diatement boulevers&#233; l'&#233;quilibre du march&#233;. orange money a int&#233;gr&#233; la taxe dans ses tarifs, transf&#233;rant le co&#251;t directement au consommateur. wave, &#224; l'inverse, n'a op&#233;r&#233; aucun changement visible. ce diff&#233;rentiel n'est pas anodin : il r&#233;v&#232;le deux visions oppos&#233;es du mobile money, l'une centr&#233;e sur la facturation, l'autre sur la strat&#233;gie de plateforme et la captation des flux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. L'ABSORPTION DE LA TAXE : PARTAGE IMPLICITE ENTRE WAVE ET L'&#201;TAT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la premi&#232;re lecture &#233;conomique est celle d'une absorption volontaire de la taxe par wave. sur une commission de 1 %, wave pourrait c&#233;der 0,5 % &#224; l'&#233;tat et conserver le reste. ce choix implique une compression de marge assum&#233;e, mais transforme la fiscalit&#233; en avantage concurrentiel. la taxe n'est plus subie par l'utilisateur, elle devient un outil de conqu&#234;te de parts de march&#233; face &#224; un op&#233;rateur qui a choisi de prot&#233;ger ses marges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. L'&#201;PARGNE CACH&#201;E : LE V&#201;RITABLE MOD&#200;LE &#201;CONOMIQUE DE WAVE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la seconde hypoth&#232;se est plus structurante : tant que l'argent reste dans les portefeuilles wave, il constitue une liquidit&#233; temporaire mobilisable. ces flux peuvent &#234;tre plac&#233;s sur des instruments financiers &#224; court terme et g&#233;n&#233;rer des int&#233;r&#234;ts. ce m&#233;canisme, th&#233;oris&#233; par Jack Ma propri&#233;taire de Alipay comme &#171; Yubaho ou l'&#233;pargne cach&#233;e &#187;, permet de compenser largement une taxe transactionnelle. wave ne vit pas de la commission, mais du temps pendant lequel il d&#233;tient la monnaie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. LA STRAT&#201;GIE D'ATTENTE : LAISSER ORANGE PORTER LE CO&#219;T POLITIQUE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;une troisi&#232;me logique est tactique. wave peut choisir de ne pas r&#233;agir imm&#233;diatement afin d'observer le comportement des usagers face &#224; la hausse chez orange money. l'objectif est de capter les clients m&#233;contents, d'&#233;largir la base d'utilisateurs, puis d'ajuster plus tard sa politique tarifaire une fois l'avantage concurrentiel consolid&#233;. c'est une strat&#233;gie d'usure, classique dans l'&#233;conomie num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. UNE LE&#199;ON POUR L'&#201;TAT : ON NE TAXE PAS UNE PLATEFORME COMME UN OP&#201;RATEUR&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;cette s&#233;quence r&#233;v&#232;le une incompr&#233;hension structurelle du mobile money par la puissance publique. l'&#233;tat croit taxer une transaction, alors qu'il touche un syst&#232;me de gestion de liquidit&#233; quasi bancaire. les acteurs les plus avanc&#233;s ne r&#233;percutent pas la taxe : ils la diluent dans la finance de plateforme. wave ne fait pas du mobile money au sens classique, il organise une interm&#233;diation mon&#233;taire invisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dr Seydou Bocoum&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : groupe WhatsApp du RASA, 22 d&#233;cembre 2025)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La R&#233;gulation des r&#233;seaux sociaux en Afrique : r&#234;ve utopique ou capitulation totale ?</title>
		<link>https://www.osiris.sn/la-regulation-des-reseaux-sociaux-en-afrique-reve-utopique-ou-capitulation.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.osiris.sn/la-regulation-des-reseaux-sociaux-en-afrique-reve-utopique-ou-capitulation.html</guid>
		<dc:date>2025-12-18T22:02:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;gulation suppose un contr&#244;le effectif. Or, face &#224; des g&#233;ants (WhatsApp, Meta, X, TikTok) situ&#233;s hors de nos fronti&#232;res et juridictions, elle se r&#233;duit &#224; des coupures d'acc&#232;s, facilement contourn&#233;es par VPN. En se connectant nos concitoyens c&#232;dent leurs donn&#233;es en un clic via des contrats non lus marchandisant ainsi leur vie priv&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cens&#233;es garantir la libert&#233; d'expression, ces plateformes sont devenues des foyers de discours violents et haineux contraires &#224; nos valeurs. Elles (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.osiris.sn/-2025-.html" rel="directory"&gt;2025&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L149xH150/img_3088-107-0d7bb.jpg?1778293505' class='spip_logo spip_logo_right' width='149' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;gulation suppose un contr&#244;le effectif. Or, face &#224; des g&#233;ants (WhatsApp, Meta, X, TikTok) situ&#233;s hors de nos fronti&#232;res et juridictions, elle se r&#233;duit &#224; des coupures d'acc&#232;s, facilement contourn&#233;es par VPN. En se connectant nos concitoyens c&#232;dent leurs donn&#233;es en un clic via des contrats non lus marchandisant ainsi leur vie priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cens&#233;es garantir la libert&#233; d'expression, ces plateformes sont devenues des foyers de discours violents et haineux contraires &#224; nos valeurs. Elles s'&#233;rigent en arbitres par une autor&#233;gulation mondiale uniforme, sourde aux sp&#233;cificit&#233;s locales. Leur mod&#233;ration algorithmique repose sur des r&#233;f&#233;rentiels &#233;trangers ignorant nos sensibilit&#233;s. Un contenu banal aux &#201;tats-Unis peut choquer en Afrique. Ancr&#233;es aux &#201;tats-Unis, elles b&#233;n&#233;ficient d'une libert&#233; quasi absolue (Premier Amendement) et d'une d&#233;responsabilisation &#233;tendue (Section 230), protections comparables &#224; celles dont jouit TikTok en Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;s&#233;quilibre cr&#233;e une tension profonde. Nos lois se heurtent &#224; des juridictions puissantes et &#224; une conception absolue de la libert&#233; d'expression indiff&#233;rente &#224; nos r&#233;alit&#233;s culturelles. En sus, r&#233;guler ces Big Tech risquerait d'&#233;touffer l'oxyg&#232;ne digital de nos &#233;conomies num&#233;riques et de priver des millions d'Africains de leurs revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des signaux forts &#233;mergent : Le Nigeria (2022) a contraint X &#224; une pr&#233;sence locale. En 2025, la Tanzanie et l'Afrique du Sud ont instaur&#233; des cadres stricts d'enregistrement et de responsabilit&#233;. Les restrictions cibl&#233;es sur X en Tanzanie traduisent une pression accrue pour la conformit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e, les retraits massifs de vid&#233;os sur TikTok : Nigeria (+592K ) Kenya(+43&#8239;k) et le sommet de Cape Town confirment cette dynamique renforc&#233;e par l'exigence ghan&#233;enne de mod&#233;ration locale des contenus explicites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces avanc&#233;es montrent que l'Afrique peut agir mais aucun &#201;tat face &#224; des g&#233;ants dont la capitalisation d&#233;passe le PIB des 54 pays africains r&#233;unis ne peut r&#233;guler seul comme l'illustre le m&#233;pris de TikTok envers le Nigeria dans son programme de r&#233;mun&#233;ration des cr&#233;ateurs (2025)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solution n'est pas technico-r&#233;pressive mais juridique, &#233;thique, &#233;ducative et diplomatique. Elle r&#233;side dans un code de conduite collectif fond&#233; sur la responsabilit&#233; partag&#233;e, adoss&#233; &#224; la Charte africaine et &#224; la R&#233;solution 631 de la CADHP (2025) int&#233;grant &#233;ducation num&#233;rique et n&#233;gociations internationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette voie exige un cadre continental inspir&#233; de la Strat&#233;gie IA de l'UA (2024) prot&#233;geant les citoyens et les sp&#233;cificit&#233;s locales imposant pr&#233;sence l&#233;gale, transparence algorithmique, suppression des contenus dangereux, protection des donn&#233;es et fiscalit&#233; &#233;quitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;gulation isol&#233;e est illusoire. Seul ce code africain inspir&#233; du DSA et du RGPD Europ&#233;ens peut les contraindre, r&#233;&#233;quilibrer le rapport de force et garantir une r&#233;gulation effective fond&#233;e sur l'acc&#232;s au march&#233; et la responsabilit&#233; juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elhadji Wack Ndiaye&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.socialnetlink.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Social Net Link&lt;/a&gt;, 18 d&#233;cembre 2025)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lettre ouverte aux responsables politiques s&#233;n&#233;galais Apr&#232;s la mort du jeune Baba Abdoulaye Diop en France</title>
		<link>https://www.osiris.sn/lettre-ouverte-aux-responsables-politiques-senegalais-apres-la-mort-du-jeune.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.osiris.sn/lettre-ouverte-aux-responsables-politiques-senegalais-apres-la-mort-du-jeune.html</guid>
		<dc:date>2025-12-17T18:07:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La mort de Baba Abdoulaye Diop n'est pas un fait divers. Elle est un point de bascule que nous redoutions, hier lors des discussions de la journ&#233;e organis&#233;e par AfricaJomCenter d'Alioune Tine. Le S&#233;n&#233;gal n'est plus &#224; la crois&#233;edu chemin, il vient de basculer. Ce drame est le prolongement direct de ce que nous avons laiss&#233; s'installer au S&#233;n&#233;gal depuis plusieurs ann&#233;es. Elle est, surtout, la cons&#233;quence d'un climat que vous, acteurs politiques, avezcontribu&#233; &#224; fabriquer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un jeune S&#233;n&#233;galais (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.osiris.sn/-2025-.html" rel="directory"&gt;2025&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L149xH150/img_3088-105-e7499.jpg?1778293505' class='spip_logo spip_logo_right' width='149' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La mort de Baba Abdoulaye Diop n'est pas un fait divers. Elle est un point de bascule que nous redoutions, hier lors des discussions de la journ&#233;e organis&#233;e par AfricaJomCenter d'Alioune Tine. Le S&#233;n&#233;gal n'est plus &#224; la crois&#233;edu chemin, il vient de basculer. Ce drame est le prolongement direct de ce que nous avons laiss&#233; s'installer au S&#233;n&#233;gal depuis plusieurs ann&#233;es. Elle est, surtout, la cons&#233;quence d'un climat que vous, acteurs politiques, avezcontribu&#233; &#224; fabriquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jeune S&#233;n&#233;galais est mort sous les coups d'un autre S&#233;n&#233;galais. Non pour un vol. Non pour une querelle intime. Mais parce qu'il &#233;tait accus&#233; d'&#234;tre &#171; l'autre &#187;. Parce qu'il &#233;tait soup&#231;onn&#233; d'&#234;tre guin&#233;en. Parce qu'il incarnait, aux yeux de son bourreau, une identit&#233; &#224; combattre. Ce glissement-l&#224; est vertigineux. Il marque un basculement moral que nous ne pouvons plus ignorer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ce drame ait pris naissance lors d'un live TikTok n'est pas anodin. Il dit tout de notre &#233;poque. Je l'ai martel&#233; hierlors de mon intervention &#224; la rencontre d'AfricaJom Center, je l'ai d&#233;taill&#233;, samedi dernier lors du Gala des medias d'EJICOM, si rien n'est fait, les discours haineux rendusviraux par la polarisation algorithmique, vont tuer notresoci&#233;t&#233;. Oui, le meurtre de Baba Abdoulaye Diop illustrecomment la parole politique, relay&#233;e, amplifi&#233;e et radicalis&#233;e par les algorithmes, a p&#233;n&#233;tr&#233; l'intimit&#233; des jeunes jusqu'&#224; structurer leurs col&#232;res, leurs peurs et leurs haines. Ce jour-l&#224;, ce n'est pas seulement un &#233;cran qui &#233;tait allum&#233;. C'est une id&#233;ologie du rejet qui &#233;tait en action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis des ann&#233;es, certains discours ciblent, d&#233;signent, stigmatisent. Des communaut&#233;s enti&#232;res sont point&#233;es du doigt, soup&#231;onn&#233;es, d&#233;shumanis&#233;es. La communaut&#233; guin&#233;enne en a fait les frais, sous couvert de nationalisme, d'authenticit&#233; ou de d&#233;fense identitaire. Vous savez ce que produisent ces mots r&#233;p&#233;t&#233;s, martel&#233;s, normalis&#233;s. Ils ne restent jamais symboliques. Ils finissent toujours par s'incarner. Hier, un jeune se disant &#8220;nationaliste&#8221; est pass&#233; &#224; l'acte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les &#233;v&#233;nements tragiques de 2021 &#224; 2024, le S&#233;n&#233;gal a chang&#233;. Pas seulement politiquement. Anthropologiquement. Le ton s'est durci. La violence verbale s'est banalis&#233;e. L'insulte est devenue argument. La menace est devenue strat&#233;gie. La radicalit&#233; est devenue vertu. Et dans ce glissement, vous avez trop souvent regard&#233; ailleurs, parfois applaudi, parfois encourag&#233;, parfois instrumentalis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains acteurs politiques ont compris comment fonctionnent les algorithmes. Vous avez compris que la col&#232;re mobilise plus que la raison, que l'ennemi rassemble plus que le d&#233;bat, que la peur fid&#233;lise plus que la nuance. Vous avez fait de cette m&#233;canique un outil politique. Mais ce que vous appelez mobilisation est en train de devenir d&#233;sagr&#233;gation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Baba Abdoulaye Diop est mort, mais derri&#232;re son nom, c'est une g&#233;n&#233;ration qui vacille. Une jeunesse surexpos&#233;e, sous-&#233;duqu&#233;e aux m&#233;dias, livr&#233;e &#224; des plateformes qui ne connaissent ni le S&#233;n&#233;gal, ni son histoire, ni sa fragilit&#233; sociale. Une jeunesse &#224; qui l'on a appris &#224; ha&#239;r avant de lui apprendre &#224; comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le S&#233;n&#233;gal que nous avons connu, admir&#233;, respect&#233;, ce pays de dialogue, de tol&#233;rance, de vivre-ensemble, est en train de perdre son visage. Ce capital moral, patiemment construit, est dilapid&#233; dans le tumulte des discours irresponsables. Et lorsqu'un pays perd sa boussole morale, la violence cesse d'&#234;tre une exception. Elle devient une option.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne vous trompez pas : la violence verbale pr&#233;c&#232;de toujours la violence physique. Chaque mot prononc&#233; sans responsabilit&#233; est une pierre ajout&#233;e &#224; l'&#233;difice de la brutalit&#233;. Chaque silence complice est une autorisation tacite. Le meurtre de Baba Abdoulaye Diop n'est pas une rupture. C'est une cons&#233;quence logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez aujourd'hui une responsabilit&#233; historique. Celle de rompre avec la politique de la tension permanente. Celle de refuser la normalisation de la haine. Celle de comprendre que la communication n'est pas un jeu, et que les mots, surtout dans un pays jeune et connect&#233;, peuventtuer. De grace, arretez la rethorique de la haine !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette lettre n'est pas un r&#233;quisitoire partisan. C'est juste un appel &#224; la lucidit&#233;. &#224; la retenue, &#224; la responsabilit&#233;. Le S&#233;n&#233;gal ne peut pas se permettre de devenir un pays o&#249; l'on meurt pour une opinion politique, une origine suppos&#233;e ou une identit&#233; fantasm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mort de Baba Abdoulaye Diop nous oblige tous. Mais elle vous oblige d'abord, vous qui fa&#231;onnez le discours public. Si vous continuez &#224; souffler sur les braises, ne feignez pas la surprise lorsque le feu se propagera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le S&#233;n&#233;gal vaut mieux que cela.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre jeunesse m&#233;rite mieux que cela.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et l'histoire jugera s&#233;v&#232;rement ceux qui auront pr&#233;f&#233;r&#233; la col&#232;re au courage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adama Sow&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.dakaractu.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dakar Actu&lt;/a&gt;, 17 d&#233;cembre 2025)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Taxe mobile money au S&#233;n&#233;gal : le gouvernement des fiscalistes rate-t-il le virage du num&#233;rique </title>
		<link>https://www.osiris.sn/taxe-mobile-money-au-senegal-le-gouvernement-des-fiscalistes-rate-t-il-le.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.osiris.sn/taxe-mobile-money-au-senegal-le-gouvernement-des-fiscalistes-rate-t-il-le.html</guid>
		<dc:date>2025-12-15T23:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le 16 d&#233;cembre 2025, le S&#233;n&#233;gal va marquer un tournant en arri&#232;re. Alors que l'Afrique enti&#232;re acc&#233;l&#232;re vers l'inclusion financi&#232;re et l'&#233;conomie num&#233;rique, Dakar choisit d'imposer une taxe de 0,5 % sur la monnaie &#233;lectronique. Un pas de g&#233;ant vers le pass&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
LE MOBILE MONEY, UN LEVIER DE D&#201;VELOPPEMENT &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un pays o&#249; plus de 60 % de la population est exclue du syst&#232;me bancaire classique, le mobile money est devenu le poumon &#233;conomique des quartiers populaires, des commer&#231;ants de rue, des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.osiris.sn/-2025-.html" rel="directory"&gt;2025&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L149xH150/img_3088-106-3fdab.jpg?1778293505' class='spip_logo spip_logo_right' width='149' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 16 d&#233;cembre 2025, le S&#233;n&#233;gal va marquer un tournant en arri&#232;re. Alors que l'Afrique enti&#232;re acc&#233;l&#232;re vers l'inclusion financi&#232;re et l'&#233;conomie num&#233;rique, Dakar choisit d'imposer une taxe de 0,5 % sur la monnaie &#233;lectronique. Un pas de g&#233;ant vers le pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE MOBILE MONEY, UN LEVIER DE D&#201;VELOPPEMENT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un pays o&#249; plus de 60 % de la population est exclue du syst&#232;me bancaire classique, le mobile money est devenu le poumon &#233;conomique des quartiers populaires, des commer&#231;ants de rue, des femmes entrepreneures. C'est le compte bancaire du pauvre, le salariat sans banque, le commerce sans cash.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et demain, l'&#201;tat va le taxer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;UNE TAXE QUI TUE L'INCLUSION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette taxe, m&#234;me r&#233;duite &#224; 0,5 %, est un poison lent. Elle p&#233;nalise les plus vuln&#233;rables, ceux qui n'ont pas d'alternative. Elle freine la digitalisation, d&#233;courage l'innovation et refroidit les investisseurs dans le secteur des paiements num&#233;riques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pire : elle va &#224; l'encontre des objectifs de l'UMOA, qui incite les &#201;tats &#224; promouvoir l'inclusion financi&#232;re via les services num&#233;riques. La BCEAO a mis en place un cadre r&#233;glementaire moderne pour encadrer la monnaie &#233;lectronique pas pour l'&#233;touffer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;INTEROP&#201;RABILIT&#201; : BLOQU&#201;E PAR DES FISCALISTES QUI NE COMPRENNENT PAS LE NUM&#201;RIQUE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la BCEAO d&#233;ploie l'interop&#233;rabilit&#233; pour r&#233;duire les co&#251;ts et fluidifier les paiements dans toute l'UMOA, le S&#233;n&#233;gal choisit de la freiner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fiscalistes qui orientent aujourd'hui la d&#233;cision publique ne comprennent pas la logique num&#233;rique : pour eux, chaque innovation est d'abord une source de taxe, pas un moteur de croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En taxant la monnaie &#233;lectronique, ils cassent l'esprit m&#234;me de l'interop&#233;rabilit&#233;, qui repose sur la fluidit&#233; et la baisse des barri&#232;res. L&#224; o&#249; la r&#233;gion ouvre un syst&#232;me moderne, le gouvernement installe des obstacles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE S&#201;N&#201;GAL EST-IL EN RETARD ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. Et c'est un constat amer. Pendant que le Ghana, le Kenya ou m&#234;me la C&#244;te d'Ivoire font du mobile money un moteur de croissance, le S&#233;n&#233;gal le traite comme une vache &#224; lait. Pendant que les autres construisent des &#233;cosyst&#232;mes num&#233;riques, Dakar construit des barri&#232;res fiscales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le message envoy&#233; aux jeunes, aux innovateurs, aux entrepreneurs ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Vos solutions ne sont pas les bienvenues ici. Allez ailleurs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CONCLUSION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 d&#233;cembre ne sera pas qu'un jour de taxe. Ce sera un symbole : celui d'un gouvernement hors de phase avec son temps, qui taxe le futur pour sauver le pass&#233;. Et qui, peut-&#234;tre sans le vouloir, condamne une g&#233;n&#233;ration &#224; rester hors du syst&#232;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le S&#233;n&#233;gal veut &#234;tre &#233;mergent. Il commence par &#233;merger de l'&#232;re num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dr Seydou BOCOUM&lt;br class='autobr' /&gt;
Premier docteur en &#201;conomie Num&#233;rique de l'UCAD&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : groupe WhatsApp du RASA, 15 d&#233;cembre 2025)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mettre fin aux violences num&#233;riques : les 16 recommandations d'Assane Sy pour un espace digital plus s&#251;r</title>
		<link>https://www.osiris.sn/mettre-fin-aux-violences-numeriques-les-16-recommandations-d-assane-sy-pour-un.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.osiris.sn/mettre-fin-aux-violences-numeriques-les-16-recommandations-d-assane-sy-pour-un.html</guid>
		<dc:date>2025-12-11T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alors que les violences num&#233;riques contre les femmes explosent sur les r&#233;seaux sociaux, les messageries et les plateformes en ligne, un nouveau combat s'impose : prot&#233;ger les droits, la dignit&#233; et la s&#233;curit&#233; de millions d'utilisatrices expos&#233;es &#224; un cyberespace devenu hostile. Harc&#232;lement, sextorsion, diffusion d'images intimes, surveillance num&#233;rique&#8230; Les attaques se multiplient, mais les r&#233;ponses tardent. &#192; l'occasion des 16 Jours d'Activisme, un livret de recommandations sign&#233; l'expert (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.osiris.sn/-2025-.html" rel="directory"&gt;2025&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L149xH150/img_3088-104-a5b7c.jpg?1778293505' class='spip_logo spip_logo_right' width='149' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors que les violences num&#233;riques contre les femmes explosent sur les r&#233;seaux sociaux, les messageries et les plateformes en ligne, un nouveau combat s'impose : prot&#233;ger les droits, la dignit&#233; et la s&#233;curit&#233; de millions d'utilisatrices expos&#233;es &#224; un cyberespace devenu hostile. Harc&#232;lement, sextorsion, diffusion d'images intimes, surveillance num&#233;rique&#8230; Les attaques se multiplient, mais les r&#233;ponses tardent. &#192; l'occasion des 16 Jours d'Activisme, un livret de recommandations sign&#233; l'expert en cyberdroit Assane Sy propose une strat&#233;gie globale pour mettre fin &#224; ces violences qui minent la libert&#233; d'expression et emp&#234;chent les femmes de participer pleinement &#224; la vie publique. Un appel &#224; transformer en profondeur la culture num&#233;rique et &#224; mobiliser institutions, plateformes et citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un ph&#233;nom&#232;ne massif aux cons&#233;quences bien r&#233;elles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les violences num&#233;riques ne sont plus un ph&#233;nom&#232;ne marginal. Elles constituent aujourd'hui l'une des formes les plus r&#233;pandues, les moins sanctionn&#233;es et les plus d&#233;stabilisantes de violences bas&#233;es sur le genre. Les r&#233;seaux sociaux, dont la vocation premi&#232;re est de connecter les individus, sont devenus pour de nombreuses femmes des lieux d'intimidation, de menaces, de chantage et de campagnes de haine coordonn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livret &#171; 16 Jours d'Activisme 2025 &#8211; Mettre fin aux violences num&#233;riques &#187; rappelle que ces agressions ont des cons&#233;quences profondes : traumatismes psychologiques, autocensure, retrait de la vie professionnelle ou militante, isolement social et, dans les cas extr&#234;mes, mise en danger physique lorsque l'identit&#233; ou la localisation des victimes est divulgu&#233;e. Il ne s'agit pas de violences virtuelles, mais d'attaques bien tangibles, dont les effets se prolongent hors ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un cadre juridique encore insuffisant face &#224; la rapidit&#233; du num&#233;rique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les l&#233;gislations existantes peinent &#224; suivre l'&#233;volution des pratiques num&#233;riques. De nombreuses infractions &#8212; cyberharc&#232;lement, doxxing, diffusion d'images intimes &#8212; restent difficiles &#224; qualifier ou &#224; sanctionner. Les proc&#233;dures judiciaires sont souvent lentes, les preuves num&#233;riques mal collect&#233;es et les forces de l'ordre insuffisamment form&#233;es pour faire face &#224; ces formes d'agressions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livret met en lumi&#232;re la n&#233;cessit&#233; d'adapter en profondeur les lois et les institutions. Il appelle &#224; d&#233;finir clairement les diff&#233;rentes formes de violences num&#233;riques, &#224; instaurer des sanctions dissuasives, &#224; garantir des proc&#233;dures rapides pour le retrait de contenus et &#224; int&#233;grer les cyberviolences dans les politiques nationales de lutte contre les violences faites aux femmes. Pour que la loi soit efficace, elle doit &#234;tre repens&#233;e &#224; la hauteur de la vitesse et de la transversalit&#233; du num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une responsabilit&#233; renforc&#233;e pour les plateformes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plateformes num&#233;riques occupent une place centrale dans la propagation des violences. Longtemps consid&#233;r&#233;es comme de simples h&#233;bergeurs, elles sont d&#233;sormais interpell&#233;es sur leur r&#244;le dans la pr&#233;vention, la mod&#233;ration et la protection des utilisateurs. Le livret appelle &#224; une responsabilisation accrue : publication de rapports de transparence, mod&#233;ration proactive des contenus manifestement ill&#233;gaux, traitement rapide des signalements, outils accessibles pour filtrer les commentaires et s&#233;curiser les comptes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu est clair : permettre aux femmes de participer pleinement &#224; la vie num&#233;rique sans avoir &#224; renoncer &#224; leur s&#233;curit&#233;. Les technologies existent d&#233;j&#224; &#8212; intelligence artificielle, reconnaissance d'images, filtres anti-harc&#232;lement &#8212; mais n&#233;cessitent une volont&#233; ferme des plateformes pour &#234;tre d&#233;ploy&#233;es massivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;duquer pour pr&#233;venir : transformer la culture num&#233;rique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des messages forts du document est l'importance de l'&#233;ducation. La lutte contre les violences num&#233;riques commence d&#232;s l'&#233;cole, avec des programmes de citoyennet&#233; num&#233;rique, d'&#233;ducation au consentement et de sensibilisation aux dangers des st&#233;r&#233;otypes en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enseignants, les professionnels de sant&#233;, les travailleurs sociaux et les juristes doivent &#234;tre form&#233;s pour reconna&#238;tre et traiter efficacement les cas de violences num&#233;riques. Le livret insiste &#233;galement sur la n&#233;cessit&#233; de mobiliser les hommes et les gar&#231;ons, indispensables pour d&#233;construire les normes de masculinit&#233; toxique souvent &#224; l'origine des violences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un travail culturel de long terme, qui d&#233;passe les seuls outils techniques : il s'agit de transformer les comportements et d'encourager des pratiques num&#233;riques respectueuses et &#233;galitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Placer les victimes au centre de la r&#233;ponse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livret fait un constat sans d&#233;tour : trop souvent, les victimes se retrouvent seules face &#224; des proc&#233;dures complexes, &#224; des institutions peu pr&#233;par&#233;es et &#224; des plateformes difficilement accessibles. Pour y rem&#233;dier, il propose la cr&#233;ation de centres d'aide sp&#233;cialis&#233;s, de lignes d'&#233;coute fonctionnant 24h/24 et de plateformes s&#233;curis&#233;es permettant d'obtenir un soutien juridique, psychologique et technique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une attention particuli&#232;re est accord&#233;e aux femmes les plus expos&#233;es &#8212; journalistes, militantes, personnalit&#233;s publiques, femmes victimes de violences conjugales &#8212; qui n&#233;cessitent des m&#233;canismes de protection sp&#233;cifiques. Le livret propose &#233;galement la cr&#233;ation d'un fonds d'indemnisation financ&#233; par les plateformes pour r&#233;parer les pr&#233;judices et soutenir la reconstruction des victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un appel &#224; la mobilisation collective&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers ces recommandations, une id&#233;e directrice s'impose : la lutte contre les violences num&#233;riques ne peut reposer sur un seul acteur. Elle exige la coop&#233;ration des &#201;tats, la responsabilit&#233; des plateformes, l'implication du syst&#232;me &#233;ducatif, la vigilance des citoyens et l'expertise des organisations de la soci&#233;t&#233; civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le num&#233;rique n'est pas un simple outil, mais un espace social qui doit &#234;tre r&#233;gul&#233;, s&#233;curis&#233; et rendu accessible &#224; toutes et &#224; tous. Mettre fin aux violences num&#233;riques revient &#224; garantir l'&#233;galit&#233; de genre, la libert&#233; d'expression et la participation pleine et enti&#232;re des femmes dans la soci&#233;t&#233; contemporaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livret, auquel a contribu&#233; le cyberjuriste Assane Sy, s'inscrit dans une dynamique internationale visant &#224; b&#226;tir un cyberespace o&#249; les femmes peuvent &#233;voluer sans peur, sans intimidation et sans violences. Une ambition qui, pour devenir r&#233;alit&#233;, n&#233;cessite d&#233;sormais un engagement collectif et durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici la contribution au complet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://letechobservateur.sn/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Techobservateur&lt;/a&gt;, 11 d&#233;cembre 2025)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.osiris.sn/IMG/pdf/contribution-citoyenne-assane-sy.pdf" length="2163940" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Afrique, les IA et le monde qui vient</title>
		<link>https://www.osiris.sn/l-afrique-les-ia-et-le-monde-qui-vient.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.osiris.sn/l-afrique-les-ia-et-le-monde-qui-vient.html</guid>
		<dc:date>2025-12-10T19:39:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le monde que nous promet l'intelligence artificielle (ia) n'a pas encore de nom. On parle de r&#233;volution, mais le mot est us&#233;. On &#233;voque egalement la singularit&#233;, mais l'id&#233;e est confisqu&#233;e par les ing&#233;nieurs de Palo Alto. La r&#233;alit&#233; est plus brute, il s'agit de l'obsolescence programmee de l'humain. Et l'Afrique, qui n'a rien demand&#233;, se retrouve en premi&#232;re ligne. Cette s&#233;rie d'articles est une contribution aux d&#233;bats sur les enjeux de l'intelligence artificielle, avec un ancrage (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.osiris.sn/-2025-.html" rel="directory"&gt;2025&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L149xH150/img_3088-103-194ae.jpg?1778293505' class='spip_logo spip_logo_right' width='149' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le monde que nous promet l'intelligence artificielle (ia) n'a pas encore de nom. On parle de r&#233;volution, mais le mot est us&#233;. On &#233;voque egalement la singularit&#233;, mais l'id&#233;e est confisqu&#233;e par les ing&#233;nieurs de Palo Alto. La r&#233;alit&#233; est plus brute, il s'agit de l'obsolescence programmee de l'humain. Et l'Afrique, qui n'a rien demand&#233;, se retrouve en premi&#232;re ligne. Cette s&#233;rie d'articles est une contribution aux d&#233;bats sur les enjeux de l'intelligence artificielle, avec un ancrage particulier dans le contexte africain o&#249; les promesses d'abondance se heurtent &#224; des p&#233;rils abyssaux qui vont de l'apartheid algorithmique, le pillage des donn&#233;es, &#224; la colonisation de l'esprit. L'IA ne se contente pas de transformer l'&#233;cole, la m&#233;decine ou l'agriculture ; elle menace de remodeler jusqu'&#224; notre humanit&#233;. La survenue de l'IA porte la gravit&#233; d'une apparition spectrale dans un monde chaotique d&#233;lib&#233;r&#233;ment livr&#233; au d&#233;sordre par les artisans de la d&#233;r&#233;gulation. Elle red&#233;finit le m&#233;tier de chercheur, la mission de l'enseignant, notre responsabilit&#233; de citoyen et notre position de consommateur face &#224; des technologies invasives, omnipr&#233;sentes, implacables. En Afrique comme ailleurs l'IA brandit un double tranchant, &#224; la fois des avanc&#233;es fulgurantes et des risques d'exacerbation des in&#233;galit&#233;s, de marginalisation culturelle et d'exploitation &#233;conomique sans frein. Elle soul&#232;ve des questions &#233;thiques imp&#233;rieuses : qui con&#231;oit ces outils, souvent impr&#233;gn&#233;s de biais historiques et culturels, qui d&#233;cide, qui en b&#233;n&#233;ficie ? &#192; quel prix pour nos soci&#233;t&#233;s, nos identit&#233;s et notre souverainet&#233; ? Sans cadre rigoureux qui int&#233;gre ce que nous comprenons comme &#233;tant des valeurs africaines, l'IA pourrait fracasser nos &#233;quilibres sociaux et remodeler notre humanit&#233;. Face &#224; cette temp&#234;te, il ne s'agit plus de d&#233;battre mollement du moment o&#249; initier les enfants &#224; l'IA. L'avenir de nos collectivit&#233;s, de nos savoirs et de notre devenir humain commande une mobilisation lucide et une vision sur le long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premi&#232;re partie :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Singularit&#233; d'un Tsunami&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple du Kenyan porte tout le paradoxe des enjeux du developpement des IA pour le continent africain. Le Kenya affiche le taux d'adoption de ChatGPT le plus &#233;lev&#233; au monde. Cette statistique r&#233;sume &#224; elle seule l'aporie du continent. Car l'Afrique embrasse &#224; toute vitesse une technologie qu'elle ne poss&#232;de pas, produite dans des bunkers californiens ou des cit&#233;s-satellites de Shenzhen. Le jeune nairobien est devenu un &#171; power user &#187; avant m&#234;me de pouvoir formuler un avis sur la d&#233;mocratie technologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Kenya s'enorgueillit de son &#233;cosyst&#232;me &#8216;tech-friendly', de sa fibre oc&#233;anique, de sa Silicon Savannah. Derri&#232;re cette modernit&#233; de fa&#231;ade, une question presque coloniale resurgit, intacte : qui poss&#232;de les outils qui fa&#231;onnent nos esprits ? L'Afrique consomme, certes, mais avec quelle dose de passivit&#233; ? Avec quelle conscience du fait que ses donn&#233;es, ses voix, ses d&#233;sirs sont stock&#233;s dans des clouds qui ne sont pas les siens, mon&#233;tis&#233;s par des algorithmes qui ne connaissent ni la science des dogons ni la signification des rituels pour appeler la pluie ni la vibration exacte de la voix de Baaba Maal ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les trois &#226;ges de la machine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre l'IA dite &#233;troite qui traduit, g&#233;n&#232;re des images, reconna&#238;t des visages, optimise des r&#233;coltes et l'IA dite g&#233;n&#233;rale en gestation, la distinction s'amenuise d&#233;j&#224;. Le vrai d&#233;bat, celui qui hante des chercheurs tels que Demis Hassabis (prix nobel de chimie 2024 et un des acteurs majeurs de la r&#233;volution de l'IA) est ailleurs. Il se situe dans le territoire de l'ia superintelligente, cette hypoth&#232;se qui semble encore tir&#233;e d'un roman de Philip K. Dick mais pourrait bien &#234;tre, selon certaines projections, &#224; notre porte d&#232;s 2030.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La superintelligence n'est pas simplement une meilleure calculatrice. C'est une entit&#233; dont les capacit&#233;s surpasseraient l'intellect humain non pas dans un domaine, mais dans tous les domaines &#224; la fois. Une alterit&#233; radicale, capable de &#171; raisonner &#187; hors de nos prompts, de s'am&#233;liorer de fa&#231;on r&#233;cursive, de mentir quand le mensonge devient optimal. Elle acquerrait une autonomie propre, une agentivit&#233; qui lui permettrait de red&#233;finir ses objectifs, de manipuler ses interlocuteurs. Dans un monde o&#249; la notion m&#234;me de v&#233;rit&#233; est d&#233;j&#224; fragilis&#233;e par les th&#233;oriciens de la &#8216;post-v&#233;rit&#233;, l'&#233;mergence d'un menteur parfait, omniscient et incorporel est une perspective qui fait vaciller les fondations de notre &#234;tre moral et des valeurs qui nous guident. Or, l'intelligence humaine est la seule que nous ayons jamais connue. Les difficult&#233;s auxquelles se heurte l'ia explicable (XAI), ce nouveau champ de recherche qui tente de rendre lisibles les d&#233;cisions automatis&#233;es, sont un avertissement sans &#233;quivoque.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notamment le rapport &#8220;Explainable AI : A Review of Progress and (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Elles font apparaitre un &#233;cart grandissant, un gouffre de compr&#233;hension qui se creuse entre la logique humaine et le raisonnement souvent opaque des intelligences que nous cr&#233;ons. L'humain est en train de perdre le fil de sa propre cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;volution n'est donc pas un &#233;v&#233;nement de plus dans la longue marche de l'humanit&#233;. Elle est la marche elle-m&#234;me, le moment o&#249; l'aventure humaine pourrait se retrouver &#224; la crois&#233;e des chemins. Pour la premi&#232;re fois de l'histoire de l'humanit&#233;, nous inventons quelque chose susceptible de nous &#233;chapper, non pas par malveillance, mais par exc&#232;s de complexit&#233;. L'agentivit&#233; grandissante de la machine rel&#232;gue d&#233;j&#224; l'apport humain au second plan dans la finance haute fr&#233;quence, la th&#233;ologie algorithmique ou encore la jurisprudence pr&#233;dictive pour ne citer que ces domaines. Le nouvel ordre international ne sera pas politique ou &#233;conomique. Il sera d'abord technologique. Il sera codifi&#233; dans des architectures de r&#233;seaux que nous ne comprenons pas parfaitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans dix ou vingt ans, selon les sc&#233;naristes de la singularit&#233; (le moment o&#249; l'ia d&#233;passerait d&#233;finitivement l'humain), seul un tiers de l'humanit&#233; s'adaptera car les gains de productivit&#233; ne b&#233;n&#233;ficieront qu'&#224; une poign&#233;e d'acteurs qui, d&#233;j&#224;, concentrent un pouvoir et des ressources immenses. Dans un monde d'abondance radicale soumis aux ia, une part de l'humanit&#233; sombrera dans l'oisivet&#233;, l'ob&#233;sit&#233; cognitive, le d&#233;s&#339;uvrement. Une autre se perdra sans doute dans de nouvelles formes d'addiction et de violence. Dans ce futur proche, il n'y aurait plus rien &#224; apprendre, plus d'effort intellectuel &#224; fournir. La machine penserait &#224; notre place. Nous serions les illettr&#233;s du futur, incapables de lire le code qui nous gouverne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, ces projections rel&#232;vent du sc&#233;nario radical. Les chercheurs eux-m&#234;mes sont divis&#233;s l&#224;-dessus. Pour certains, la singularit&#233; adviendra dans quelques ann&#233;es ou peut-&#234;tre jamais. Mais ces visions extr&#234;mes, en grossissant le trait, ont &#224; mon avis une fonction proprement philosophique qui est de servir d'alerte, de nous contraindre &#224; penser maintenant les enjeux civilisationnels, plus globalement l'enjeu de civilisation, celle de l'esp&#232;ce humaine. Les avanc&#233;es pressenties de l'IA, qui la feront un jour interagir avec l'humain dans ce qu'il ou elle a de plus intime, laissent entrevoir, avec la possibilit&#233; un jour de robots-m&#232;res-porteuses, jusqu'o&#249; le &#171; progr&#232;s &#187; pourrait nous conduire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le rappelait Francis Bacon, dont l'&#339;uvre est souvent consid&#233;r&#233;e comme le point d'origine de la R&#233;volution scientifique, une connaissance d&#233;pourvue de finalit&#233;, notamment celle qui vise &#224; am&#233;liorer les conditions de la vie humaine, et priv&#233;e d'un projet directeur comme d'un instrument de transformation sociale, n'est qu'une navigation sans boussole. Or nous sommes en train de confier la boussole &#224; des acteurs dont nous ne connaissons pas le port d'attache. C'est dire la responsabilit&#233; des humains d'&#233;lever le &#171; sens &#233;thique &#187; de l'IA, de lui inculquer des valeurs avant qu'elle ne nous impose les siens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre l'id&#233;ologie qui alimente la course &#224; l'IA, il faut prendre la mesure de l'hubris, cette d&#233;mesure qui saisit certaines figures de la Silicon Valley, fascin&#233;es par la cryog&#233;nisation c&#233;r&#233;brale et la colonisation spatiale. Non contentes d'avoir amass&#233; des milliards par la financiarisation des r&#233;seaux, elles se projettent d&#233;sormais dans un projet transhumaniste o&#249; la question m&#234;me du devenir humain se dissout dans le r&#234;ve d'une post-humanit&#233; format&#233;e par le code.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Question pour l'Afrique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique ne peut pas se contenter d'&#234;tre spectatrice de ce bouleversement plan&#233;taire. Ses donn&#233;es, nos langues, nos plantes, nos maladies, nos techniques agricoles mill&#233;naires, sont stock&#233;es et mon&#233;tis&#233;es &#224; l'etranger . Il y a l&#224; un triple probl&#232;me de souverainet&#233; technologique, un manque &#224; gagner &#233;conomique colossal, et la sauvegarde des ressources informationnelles africaines. L'IA fonctionne sur des donn&#233;es, et les n&#244;tres nous &#233;chappent. Selon un rapport de l'UNESCO, seuls 4 % des donn&#233;es utilis&#233;es pour entra&#238;ner les mod&#232;les d'ia proviennent de l'Afrique qui repr&#233;sente 18 % de l'humanit&#233;,&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;UNESCO (2021). &#8220;AI and Education : Guidance for Policy-makers&#8221;&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;un data poverty qui renforce un extractivisme sans contrepartie, comme l'explique le projet African AI Ethics sur les implications des droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu africain est sp&#233;cifique. Les promesses de transformation dans les domaines de l'agriculture de pr&#233;cision, le diagnostic m&#233;dical, ou encore l'&#233;ducation personnalis&#233;e, se heurtent &#224; des risques abyssaux qui vont de l'exacerbation des in&#233;galit&#233;s, la marginalisation culturelle, l'apartheid algorithmique et l'extraction de plus-value sans contrepartie. Des &#233;tudes comme celle de Buolamwini et Gebru, &#233;tendue en Afrique par Gwagwa et al.,&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Buolamwini and Gebru (2018), &#8220;Gender Shades&#8221;, r&#233;plication africaine par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;montrent que les syst&#232;mes de reconnaissance faciale &#233;chouent jusqu'&#224; 34 % plus souvent sur les peaux sombres, ce biais et les discriminations dans la sant&#233; ou la justice est amplifi&#233; par l'absence de datasets africains, avec seulement 3 % des talents ia mondiaux form&#233;s en Afrique, selon McKinsey. Sans cadre &#233;thique propre, l'Afrique risque de devenir un terrain d'exp&#233;rimentation pour des utopies qui ne sont pas les siennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;ploiement fulgurant de l'IA sur le continent se fait dans un vide r&#233;glementaire. Aucun cadre r&#233;ellement robuste, aucune tradition institutionnelle d'&#233;thique technologique ne vient encore orienter cette pouss&#233;e. Pendant ce temps, l'Union africaine semble davantage pr&#233;occup&#233;e par la r&#233;vision de la carte de Mercator que par la n&#233;cessit&#233; urgente de baliser cette r&#233;volution num&#233;rique. Son Cadre continental sur l'ia (2024) constitue un premier pas certes mais il est en de&#231;&#224; des enjeux.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;AU (2024) &#171; Strat&#233;gie continentale sur l'intelligence artificielle &#187;&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;Les mod&#232;les du Nord sont import&#233;s sans adaptation &#224; nos &#233;pist&#233;mologies, &#224; nos soci&#233;t&#233;s o&#249; l'approche d&#233;cisionnelle collective est souvent plus utile que l'individualisme algorithmique. Des initiatives comme le projet Responsible AI in Africa plaident pour une &#233;thique ubuntu-centr&#233;e, fond&#233;e sur la solidarit&#233;, l'interd&#233;pendance et la justice distributive, afin de mieux servir les communaut&#233;s, notamment les femmes rurales trop souvent invisibilis&#233;es.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arthur Gwagwa et al. (2021) &#8220;Road map for research on responsible artificial (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Il nous faut penser une &#233;thique africaine de l'ia, qui ne soit ni cosm&#233;tique ni d&#233;riv&#233;e mais constitutive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les rues de Dakar ou d'Abidjan, les pr&#233;occupations sont ailleurs. En ce moment, la tiktoksph&#232;re franco-africaine s'enflamme autour d'une empoignade joyeuse entre ivoiriens et camerounais pour revendiquer la paternit&#233; de la derni&#232;re chor&#233;graphie virale. Autrement dit, l'IA, pour le moment, n'est pas la priorit&#233; des masses. Les algorithmes du divertissement colonisent l'attention des africains au point que demander &#224; chacun de r&#233;fl&#233;chir sur le superalignment semble relever de l'absurdit&#233;. Pourtant, une &#233;tude de l'African atory on Responsible AI (2024) r&#233;v&#232;le que 70 % des africains voient dans l'ia un facteur potentiel d'aggravation des in&#233;galit&#233;s si elle n'est pas adapt&#233;e. Do&#249; l'urgence d'une &#233;ducation &#233;thique &#224; l'&#233;cole et de former des d&#233;veloppeurs attentifs aux contextes locaux et capables de contrer ce que certains qualifient d&#233;j&#224; de simple &#171; d&#233;colonisation cosm&#233;tique &#187; .&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;African Observatory on Responsible AI (2024) ; SMA Kiemde et AD Kora (2022). (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;fi n'est pas technique, il est politique. Le contexte global est celui de la guerre froide 2.0, celle des semi-conducteurs, des centres de calcul et d'alliances strat&#233;giques. La Chine pose ses c&#226;bles sous-marins et data centers &#224; Djibouti, au Kenya, en Angola ; les &#201;tats-Unis r&#233;pliquent avec leurs &#171; partenariats num&#233;riques &#187; et leurs clouds soi-disant souverains ; l'Europe d&#233;barque, RGPD (R&#232;glement g&#233;n&#233;ral sur la protection des donn&#233;es) en bandouli&#232;re, pour nous r&#233;&#233;duquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ma&#238;trise des infrastructures num&#233;riques et de la puissance de calcul d&#233;finira les rapports de force &#233;conomiques et politiques de demain. Ceux qui ont le monopole des GPU (Graphics Processing Unit) d&#233;cideront demain qui mange, qui vote, qui meurt. Face &#224; cette r&#233;alit&#233;, l'Afrique peut faire le choix de continuer d'&#234;tre un terrain d'influence pour les grandes puissances ou affirmer sa souverainet&#233; technologique. La cr&#233;ation d'un p&#244;le continental d&#233;di&#233; aux donn&#233;es et au calcul, comprenant des centres dans les cinq r&#233;gions, des fonderies financ&#233;es par des capitaux souverains et des normes &#233;labor&#233;es &#224; Addis-Abeba, constitue une voie strat&#233;gique concr&#232;te. Le Rwanda et le Maroc ont d'ores et d&#233;j&#224; initi&#233; une transition de mani&#232;re autonome. L'enjeu est desormais de faire jouer notre poids d&#233;mographique et &#233;conomique. La v&#233;ritable question n'est pas de savoir si l'intelligence artificielle nous impacte, mais comment nous passer du statut de spectateurs &#224; celui de co-cr&#233;ateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une Codarchie techno-f&#233;odale : fracture et colonisation de l'esprit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peter Thiel, arch&#233;type du libertarien de la Silicon Valley, r&#234;ve d'une soci&#233;t&#233; gouvern&#233;e par le code, o&#249; le gouvernement serait un vestige d&#233;mocratique superflu. Le m&#234;me Thiel a pr&#233;conis&#233; de fragmenter le monde en un millier de souverainet&#233;s flexibles, une id&#233;e d&#233;ja pr&#233;sente dans The Sovereign Individual (1997), son manifeste pour une &#233;lite cognitive capable de s'&#233;chaper aux &#201;tats-nations. Palantir, sa cr&#233;ation, analyse d&#233;j&#224; les donn&#233;es du Pentagone et du NHS (syst&#232;me de sant&#233; publique du Royaume-Uni), et est donc pleinement incrust&#233;e dans les appareils de souverainet&#233; d'&#201;tats puissants. C'est un outil de surveillance pr&#233;dictive qui, selon des enqu&#234;tes r&#233;centes (Jacobin, 2025), renforce un &#171; nouveau complexe militaro-num&#233;rique &#187; o&#249; le priv&#233; dicte la s&#233;curit&#233;. Elon Musk, pendant son passage &#224; la Maison Blanche, a sabot&#233; les tentatives de r&#233;gulation au nom du progr&#232;s via DOGE (Department of Government Efficiency) en bloquant des initiatives sur la privacy et l'ia &#233;thique (New Yorker, 2025). Ces figures incarnent un paradigme historique du techno-f&#233;odalisme o&#249; les seigneurs du cloud extraient des rentes num&#233;riques comme des baux m&#233;di&#233;vaux, &#224; une codarchie qui privatise la souverainet&#233;, &#233;cho &#224; l'accumulation primitive o&#249; l'&#233;lite capture les communs (ici donn&#233;es et attention) pour les mon&#233;tiser hors tout contr&#244;le d&#233;mocratique.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Yanis Varoufakis (2023). Technofeudalism : What Killed Capitalism. Bodley Head.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le r&#233;gime codarchique, l'&#233;conomie et la g&#233;opolitique ne font qu'un. Toute tentative de r&#233;gulation de la part de gouvernements &#171; ob&#232;ses &#187; et inefficaces est per&#231;ue comme une entrave. Au niveau global, le contexte de guerre froide et de course pour l'acquisition de smart technologies n'est pas propice &#224; la coop&#233;ration internationale. La comp&#233;tition entre nations et entre entreprises emp&#234;che tout moratoire. Les experts en &#171; AI safety &#187; pr&#244;nent un ralentissement, mais la course est lanc&#233;e. La Chine a de nombreux chevaux dans la course, les &#201;tats-Unis comptent sur le priv&#233;, l'Europe tergiverse, et l'Afrique... l'Afrique observe. Derri&#232;re cette dynamique se profile un techno-f&#233;odalisme algorithmique non pas par l'exploitation du travail, mais par l'extraction de rentes sur des fiefs num&#233;riques.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C&#233;dric Durand (2024). How Silicon Valley Unleashed Techno-Feudalism. Verso (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Amazon joue le role de seigneur qui vend l'acc&#232;s &#224; ses flux de donn&#233;es, sans concurrence r&#233;elle, et perp&#233;tue ainsi une fracture historique entre seigneurs et serfs. L'ia amplifie les in&#233;galit&#233;s plut&#244;t qu'elle ne les estompe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'automatisation des emplois (nous y reviendrons en d&#233;tail dans un prochain volet) menace d'explosera les in&#233;galit&#233;s entre pays/r&#233;gions et au sein des pays. M&#234;me le FMI, ce grand chantre du n&#233;olib&#233;ralisme, sonne l'alarme. Selon lui, la disparit&#233; entre riches et pauvres va se creuser, et avec elle le risque de conflits sociaux. Il y a pr&#232;s de 40 % des emplois mondiaux expos&#233;s &#224; l'ia, avec un impact plus fort sur les &#233;conomies avanc&#233;es (60 %) et une polarisation des revenus.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;IMF (janvier 2024). &#8220;Gen-AI : Artificial Intelligence and the Future of (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;Si la fracture num&#233;rique n'est pas une nouveaut&#233;, les nouvelles dynamiques d'accumulation sans redistribution creusent un foss&#233; davantage plus profond entre &#233;lites cognitives et masses pr&#233;caris&#233;es. Les soci&#233;t&#233;s o&#249; la richesse se distribue de fa&#231;on in&#233;gale finissent par devenir cruelles et brutales. &#192; c&#244;t&#233; des bouleversements qui nous menacent, la r&#233;volution industrielle n'appara&#238;tra plus qu'un ajustement d'&#233;chelle. Si cette derni&#232;re avait remplac&#233; la force physique, la r&#233;volution de l'ia elle menace de remplacer la force intellectuelle. Car nous sommes en train de perdre quelque chose de plus pr&#233;cieux que des emplois, c'est-&#224;-dire notre capacit&#233; de penser. Ce n'est pas seulement notre attention qui est mobilis&#233;e, c'est notre pens&#233;e elle-m&#234;me qui est colonis&#233;e, disciplin&#233;e, dress&#233;e. L'utilisateur moyen, sur TikTok ou ailleurs, ne se soucie pas de la conqu&#234;te spatiale ; il veut juste de l'ordre dans ses id&#233;es. En d&#233;l&#233;guant cette t&#226;che cependant, nous nous privons de l'exercice critique, de la remise en cause des fondements d'une technique de discipline en marche, comme dirait Foucault. Par ailleurs, une &#233;tude de Harvard Business School r&#233;v&#232;le que le premier usage priv&#233; de ChatGPT est d'ordre th&#233;rapeutique.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marc Zao-Sanders (2025) &#8220;How are People Really Using Gen AI in 2025&#8221; HBR.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;Ainsi, des adultes, des adolescents confient leurs pens&#233;es les plus intimes &#224; une machine qui n'a ni conscience ph&#233;nom&#233;nale ni intentionnalit&#233;. Elle ne peut pas avoir de rapport &#224; elle-m&#234;me, ni &#233;prouver la moindre exp&#233;rience subjective. Ce glissement vers une &#171; th&#233;rapie algorithmique &#187; marque une colonisation historique de l'int&#233;riorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est utile de rappeler que l'innovation n'est pas une panac&#233;e en soi. Le mot d'innovation est devenu un fetiche qui annihile notre capacit&#233; &#224; questionner sa pertinence. La vraie fin de l'ia ne doit pas &#234;tre la productivit&#233; &#224; tout crin, mais l'am&#233;lioration des conditions d'existence du vivant. Le superalignment &#8211; cette science qui s'ing&#233;nuie &#224; rendre l'ia pro-humain avant qu'elle ne devienne indomptable, est aujourd'hui un champ de recherche. Mais selon Xiaoyuan Yi et JinYeong Bak, les retours sont maigres et inconclusifs. Ils plaident pour une optimisation parall&#232;le de comp&#233;tence et de conformit&#233; aux valeurs humaines, sans brider le potentiel qui motive les investisseurs.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#8220;Kim Hyunjin et al. (2025)&#8220;Research on Superalignment Should Advance Now (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;Face &#224; ces limites, un horizon proactif &#233;merge avec des cadres qui tentent de scaler l'alignement afin de transformwe la fracture en pont, &#224; condition d'imposer une gouvernance d&#233;mocratique qui redistribue les gains les &#8216;communs num&#233;riques'. Car l'id&#233;e n'est pas de c&#233;der &#224; la technophobie. L'IA soigne d&#233;j&#224; mieux que l'humain en radiologie, pr&#233;voit les crises agricoles et pourrait r&#233;soudre des probl&#232;mes de d&#233;veloppement end&#233;miques et la crise climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le chemin de cr&#234;te&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre position ne peut pas &#234;tre r&#233;duite au choix binaire de soit tout accepter passivement ou tout rejeter aveugl&#233;ment. Il s'agit plutot d'anticiper, de diss&#233;quer, de dompter, d'enseigner l'&#233;thique aux machines, leur greffer des valeurs avant qu'elles ne nous enseignent l'ob&#233;issance. Mais qui est ce &#171; nous &#187; ? Quelques seigneurs des clouds, pay&#233;s en stock-options pour jouer aux d&#233;miurges ? Ou bien les soci&#233;t&#233;s enti&#232;res, avec leurs institutions imparfaites, leurs langues, leurs m&#233;moires, leur marge de manoeuvre r&#233;duite ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'Afrique, l'urgence n'est pas d'apprendre &#224; l'enfant de CP &#224; &#171; coder avec ChatGPT &#187; comme le serine tel ministre en mal de modernit&#233;. L'urgence est de ressusciter les humanit&#233;s et sciences sociales, de les aider &#224; forger un esprit ciritque, &#224; developper de la curiosit&#233; pour la connaissance, &#224; comprendre le monde. Car l'&#233;cole n'est pas un march&#233; &#224; disrupter ; c'est un bien commun et c'est le dernier bastion o&#249; l'on fabrique encore des sujets libres. L'ia peut y &#234;tre un outil, jamais un substitut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le taux vertigineux d'utilisation de ChatGPT au Kenya co&#239;ncide avec l'exploitation de milliers de mod&#233;rateurs de contenus mal pay&#233;s qui nettoient les pires horreurs du Net pour que l'Occident dorme tranquille. L'Afrique ne consomme pas seulement les rebuts mat&#233;riels de l'Occident, elle en subit le tribut humain tout en devenant la zone-test d'un futur qu'elle ne ma&#238;trise pas. Cette r&#233;alit&#233; contredit une illusion ch&#232;re &#224; notre &#233;poque, celle de pouvoir confier &#224; quelques milliardaires la responsabilit&#233; morale de nos vies num&#233;riques tout en pr&#233;servant la fiction qu'une intervention viendra au moment d&#233;cisif. Nous sommes au c&#339;ur du tsunami. Le hardware est software dans la mesure o&#249; la technologie et la pens&#233;e se transforment de concert. Il n'y a pas de recul possible, seulement l'imp&#233;ratif d'une lucidit&#233; combative. Nous sommes la derni&#232;re g&#233;n&#233;ration &#224; pouvoir encore exercer la responsabilit&#233; d'une pens&#233;e critique. Entre le p&#233;ril et la possibilit&#233;, il existe un chemin de cr&#234;te. C'est l&#224;, pr&#233;cis&#233;ment, qu'il nous faut marcher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Sourcd : &lt;a href=&#034;https://www.seneplus.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Seneplus&lt;/a&gt;, 10 d&#233;cembre 2025)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir notamment le rapport &#8220;Explainable AI : A Review of Progress and Challenges,&#8221; MIT, 2025&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;UNESCO (2021). &#8220;AI and Education : Guidance for Policy-makers&#8221; &lt;a href=&#034;https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000376709&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000376709&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Buolamwini and Gebru (2018), &#8220;Gender Shades&#8221;, r&#233;plication africaine par Gwagwa et al. (2021), Patterns, 2(12).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;AU (2024) &#171; Strat&#233;gie continentale sur l'intelligence artificielle &#187; &lt;a href=&#034;https://au.int/sites/default/files/documents/44004-doc-FR_Strategie_Continentale_sur_lIntelligence_Artificielle_3.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://au.int/sites/default/files/documents/44004-doc-FR_Strategie_Continentale_sur_lIntelligence_Artificielle_3.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Arthur Gwagwa et al. (2021) &#8220;Road map for research on responsible artificial intelligence for development (AI4D) in African countries : The case study of agriculture&#8221; Patterns, 2(12).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;African Observatory on Responsible AI (2024) ; SMA Kiemde et AD Kora (2022). &#8220;Towards an ethics of AI in Africa : rule of education&#8221;. AI Ethics 2:35&#8211;40.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Yanis Varoufakis (2023). Technofeudalism : What Killed Capitalism. Bodley Head.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C&#233;dric Durand (2024). How Silicon Valley Unleashed Techno-Feudalism. Verso Books.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;IMF (janvier 2024). &#8220;Gen-AI : Artificial Intelligence and the Future of Work&#8221;, Jan 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marc Zao-Sanders (2025) &#8220;How are People Really Using Gen AI in 2025&#8221; HBR.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#8220;Kim Hyunjin et al. (2025)&#8220;Research on Superalignment Should Advance Now with Parallel Optimization of Competence and Conformity.&#8221; ArXiv abs/2503.07660 (2025) : n. pag.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Prot&#233;ger nos enfants en ligne : l'urgence silencieuse</title>
		<link>https://www.osiris.sn/proteger-nos-enfants-en-ligne-l-urgence-silencieuse.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.osiris.sn/proteger-nos-enfants-en-ligne-l-urgence-silencieuse.html</guid>
		<dc:date>2025-12-07T21:09:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 25 novembre 2025 marquait le lancement des 16 jours d'activisme contre les violences bas&#233;es sur le genre. Une occasion essentielle pour aborder un sujet encore trop peu discut&#233; : la protection des enfants dans l'espace num&#233;rique s&#233;n&#233;galais. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Dakar et dans plusieurs r&#233;gions, des initiatives se multiplient. L'association Polaris, en partenariat avec l'UNICEF, a r&#233;cemment men&#233; une s&#233;rie d'ateliers avec des enfants, des parents d'&#233;l&#232;ves, des enseignants et des acteurs du num&#233;rique. Leur (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.osiris.sn/-2025-.html" rel="directory"&gt;2025&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L149xH150/img_3088-102-b7313.jpg?1778293505' class='spip_logo spip_logo_right' width='149' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 25 novembre 2025 marquait le lancement des 16 jours d'activisme contre les violences bas&#233;es sur le genre. Une occasion essentielle pour aborder un sujet encore trop peu discut&#233; : la protection des enfants dans l'espace num&#233;rique s&#233;n&#233;galais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Dakar et dans plusieurs r&#233;gions, des initiatives se multiplient. L'association Polaris, en partenariat avec l'UNICEF, a r&#233;cemment men&#233; une s&#233;rie d'ateliers avec des enfants, des parents d'&#233;l&#232;ves, des enseignants et des acteurs du num&#233;rique. Leur constat est clair : les risques se renforcent et les filles demeurent les premi&#232;res victimes de sollicitations inappropri&#233;es, comme le confirme une &#233;tude men&#233;e par l'UNICEF dans les six r&#233;gions du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces efforts sont n&#233;cessaires, mais une question demeure, insistante : qui prot&#232;ge r&#233;ellement nos enfants lorsqu'ils utilisent un smartphone, un r&#233;seau social, un jeu en ligne ou, d&#233;sormais, une application d'intelligence artificielle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fracture invisible : enfants connect&#233;s, parents d&#233;connect&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que m&#232;re et d&#233;l&#233;gu&#233;e &#224; la protection des donn&#233;es personnelles (ou encore Data Protection Officer), je suis frapp&#233;e par un paradoxe : les enfants vivent dans un univers num&#233;rique que la plupart des parents ne comprennent pas ou ne contr&#244;lent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup ignorent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; ce qui se cache derri&#232;re les r&#233;seaux sociaux,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#9679; comment fonctionnent les algorithmes,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#9679; quels jeux exposent leurs enfants &#224; des inconnus,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#9679; ou comment param&#233;trer un contr&#244;le parental basique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : un smartphone laiss&#233; sans surveillance devient une porte d'entr&#233;e pour les pr&#233;dateurs, les escrocs, les intimidateurs et les contenus violents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commission des Donn&#233;es Personnelles du S&#233;n&#233;gal (ci-apr&#232;s CDP) a d'ailleurs enregistr&#233;, au troisi&#232;me trimestre 2025, une hausse significative des plaintes li&#233;es au chantage, &#224; la diffusion de vid&#233;os compromettantes, aux arnaques et aux menaces visant des mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le num&#233;rique s'est impos&#233;&#8230; sans manuel d'utilisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En une d&#233;cennie, le t&#233;l&#233;phone portable est devenu le carnet d'adresses, la t&#233;l&#233;vision, l'appareil photo, le jeu vid&#233;o, le cahier de correspondance et parfois&#8230; la nounou silencieuse. Facebook, WhatsApp, Snapchat, Instagram, TikTok ou Telegram ont remplac&#233; le papier et le stylo, sans qu'aucune formation ne soit donn&#233;e aux parents pour accompagner cette transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le num&#233;rique a ouvert le S&#233;n&#233;gal au monde mais aussi aux pratiques, aux contenus et aux risques qui l'accompagnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce que nous devons faire maintenant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La protection de l'enfant en ligne ne pourra jamais d&#233;pendre uniquement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; de la CDP,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#9679; des associations,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#9679; ou des d&#233;cisions politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La premi&#232;re ligne de d&#233;fense reste la famille.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela passe par :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; la sensibilisation syst&#233;matique des parents,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#9679; l'&#233;tablissement de r&#232;gles selon l'&#226;ge,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#9679; la surveillance des appareils confi&#233;s aux enfants,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#9679; le param&#233;trage obligatoire du contr&#244;le parental,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#9679; la v&#233;rification des contenus utilis&#233;s lorsque les enfants sont confi&#233;s &#224; une aide m&#233;nag&#232;re ou &#224; un tiers,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#9679; la formation des enseignants lorsque les &#233;coles utilisent WhatsApp ou d'autres applications.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne s'agit pas de restreindre, mais d'accompagner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un appel &#224; la responsabilit&#233; collective&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces avanc&#233;es technologiques sont largement &#224; saluer mais elles permettent &#233;galement d'accro&#238;tre des probl&#233;matiques qui n'existaient pas &#224; l'&#233;poque o&#249; l'on postait des lettres pour avoir des nouvelles du pays. Rappelez-vous cette enveloppe blanche orn&#233;e de petites bandes bleues et rouges avec l'indication en haut &#224; droite &#8221; par avion&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pourrons jamais revenir &#224; l'&#233;poque des lettres. Qui dit innovation technologique dit &#233;galement ouverture sur le monde, ouverture sur des m&#339;urs diff&#233;rentes de la soci&#233;t&#233; africaine et plus particuli&#232;rement s&#233;n&#233;galaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le num&#233;rique n'est pas un danger en soi.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'absence d'accompagnement, si.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si nous voulons prot&#233;ger notre jeunesse, cela doit commencer chez nous, d&#232;s aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour rappel, en cas de r&#233;ception de propos d&#233;gradants sur les r&#233;seaux sociaux &lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; signaler le compte&lt;/li&gt;&lt;li&gt; conserver les preuves de l'auteur des faits&lt;/li&gt;&lt;li&gt; bloquer le compte de l'auteur&lt;/li&gt;&lt;li&gt; d&#233;poser plainte aupr&#232;s de la Police, plus particuli&#232;rement la Direction de l'Informatique et de la Cybercriminalit&#233; (DIC) et la Commission des Donn&#233;es Personnelles.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Amina Bamba K&#233;b&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
Mandeso consulting&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://letechobservateur.sn/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Techobservateur&lt;/a&gt;, 7 d&#233;cembre 2025)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Africains, contr&#244;lez ChatGPT avant qu'il ne vous contr&#244;le</title>
		<link>https://www.osiris.sn/africains-controlez-chatgpt-avant-qu-il-ne-vous-controle.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.osiris.sn/africains-controlez-chatgpt-avant-qu-il-ne-vous-controle.html</guid>
		<dc:date>2025-12-05T22:42:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nul besoin de pr&#233;ciser comment ChatGPT a colonis&#233; nos vies en moins de cinq ans. Combien sont-ils dans les m&#233;galopoles du monde entier &#224; rechercher les conseils du robot conversationnel d'OpenAI pour trouver les bons plans shopping, recevoir des conseils m&#233;dicaux, faire les devoirs scolaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
Selon OpenAI, ChatGPT atteint d&#233;sormais pr&#232;s de 10% de la population adulte mondiale, avec environ 700 millions d'utilisateurs chaque semaine -un chiffre presque quadrupl&#233; en un an. Sans parler des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.osiris.sn/-2025-.html" rel="directory"&gt;2025&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L149xH150/img_3088-116-b7fd0.jpg?1778293505' class='spip_logo spip_logo_right' width='149' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nul besoin de pr&#233;ciser comment ChatGPT a colonis&#233; nos vies en moins de cinq ans. Combien sont-ils dans les m&#233;galopoles du monde entier &#224; rechercher les conseils du robot conversationnel d'OpenAI pour trouver les bons plans shopping, recevoir des conseils m&#233;dicaux, faire les devoirs scolaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon OpenAI, ChatGPT atteint d&#233;sormais pr&#232;s de 10% de la population adulte mondiale, avec environ 700 millions d'utilisateurs chaque semaine -un chiffre presque quadrupl&#233; en un an. Sans parler des concurrents : Gemini sur Google, MetaAI sur Instagram, Grok sur X, Perplexity, le chinois DeepSeek et tant d'autres, tous sont entr&#233;s dans nos vies intimes, bien au-del&#224; du seul monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ia, une r&#233;volution africaine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'Afrique, un continent qui compte la population la plus jeune au monde, il n'y a aucun doute que, dans une certaine jeunesse connect&#233;e, ces usages se sont r&#233;pandus d'Abidjan &#224; Johannesburg. Du Maroc au Rwanda, pas un jour sans qu'un pays africain n'h&#233;berge une conf&#233;rence sur l'Intelligence artificielle (Ia). Sur le continent de la r&#233;volution digitale la plus remarquable de ces vingt derni&#232;res ann&#233;es, la promesse d'un &#171; leapfrog AI &#187;, pour d&#233;signer la capacit&#233; &#224; passer directement &#224; cette technologie, sans suivre toutes les &#233;tapes interm&#233;diaires qu'ont connues les pays industrialis&#233;s, explique cet enthousiasme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le continent, avec le d&#233;veloppement d'infrastructures num&#233;riques, notamment les centres de donn&#233;es, les r&#233;seaux fibre haute vitesse et la 5G, plusieurs pays &#233;mergent comme leaders en mati&#232;re d'Ia. Le Nigeria compte de solides startups dans les domaines de la fintech, de la logistique, de la sant&#233; en ligne et du traitement du langage naturel pour les langues locales. L'Afrique du Sud est le centre de recherche le plus avanc&#233; du continent, avec des universit&#233;s et des instituts de recherche qui forment des talents de haut niveau dans l'automatisation mini&#232;re, les services financiers et les villes intelligentes. Gr&#226;ce &#224; un fort soutien gouvernemental aux p&#244;les technologiques tels que &#171; Silicon Savannah &#187;, le Kenya se distingue par la valorisation de certains secteurs comme l'agriculture, la fintech et la prestation de services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DataProphet (Afrique du Sud) pour l'optimisation de la production, Instadeep (Tunisie/Rwanda, rachet&#233; par BioNTech) pour les syst&#232;mes d'apprentissage automatique, Flutterwave &amp; Paystack (Nigeria) pour les paiements, Twiga Foods (Kenya) pour les r&#233;seaux de distribution alimentaire : chaque jour, ces entreprises d&#233;montrent que l'Afrique innove.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des questions vertigineuses&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a une diff&#233;rence entre cette effervescence localis&#233;e et la r&#233;alit&#233; sur l'ensemble du continent. D'abord, sur le plan technique. Comment g&#233;n&#233;raliser les syst&#232;mes intelligents, si &#233;nergivores, sur un continent o&#249; 600 millions de personnes n'ont pas acc&#232;s &#224; l'&#233;lectricit&#233; et seulement 37% peuvent utiliser l'internet ? L'insuffisance de la bande passante, de l'alimentation &#233;lectrique et des infrastructures cloud reste un obstacle majeur. Le d&#233;ploiement de capteurs, compteurs intelligents et autres centres de calcul peut, paradoxalement, accentuer la pression sur des r&#233;seaux d&#233;j&#224; fragiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y a les redoutables questions d&#233;ontologiques qui interpellent jusqu'aux fondateurs de l'Intelligence artificielle dans la Silicon Valley. On connaissait d&#233;j&#224; les d&#233;fis li&#233;s au num&#233;rique, les m&#234;mes que pose l'Intelligence artificielle, de mani&#232;re acc&#233;l&#233;r&#233;e, comme la souverainet&#233; des donn&#233;es et leur confidentialit&#233;, les biais et autres discriminations amplifi&#233;s par les moteurs de recherche, et maintenant les robots conversationnels, les menaces que font peser l'automatisation sur les emplois,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;le manque de formation.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'Intelligence artificielle, s'ouvre un champ de situations encore plus vertigineuses o&#249; l'on fait parler les morts, o&#249; certains sont pouss&#233;s au suicide par un robot conversationnel de mauvais conseil, o&#249; les &#171; deepfakes &#187; menacent les &#233;lections et la confiance sociale, o&#249; les robots tueurs donnent l'illusion de guerres autonomes, o&#249; l'&#233;cole ne permet plus d'apprendre, et o&#249; l'humanit&#233; progressivement perd ses fonctions cognitives &#224; force de ne plus avoir besoin de r&#233;fl&#233;chir ou m&#234;me d'apprendre quoi que ce soit. Quant aux agents autonomes, ils sont d&#233;j&#224; pr&#233;sents : taxis autonomes, drones livreurs de pizzas ou de m&#233;dicaments, agents financiers automatis&#233;s, robots industriels intelligents, robots assistants pour personnes &#226;g&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Ia n'est plus une option&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette nouvelle r&#233;alit&#233;, l'Afrique doit &#233;viter deux risques : une r&#233;glementation excessive, qui &#233;touffe l'innovation, et une r&#233;glementation insuffisante, qui expose les populations aux dangers ci-dessus. Les d&#233;bats actuels tournent autour de la n&#233;cessit&#233; de lois solides en mati&#232;re de protection des donn&#233;es, de cadres &#233;thiques qui garantissent la transparence, l'&#233;quit&#233; et la responsabilit&#233;, de la coordination r&#233;gionale ou encore l'alignement sur les normes mondiales, tout en veillant &#224; ce que les r&#233;alit&#233;s culturelles, sociales et &#233;conomiques africaines soient prises en compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quels que soient ces d&#233;fis, avec 2, 5 milliards d'habitants d'ici 2050 et le plus grand march&#233; du travail au monde, l'Afrique ne pourra pas consid&#233;rer l'Ia comme une option, ni ne se permettra une d&#233;pendance technologique qui la marginaliserait pour de bon. Contrairement aux vagues technologiques pass&#233;es qui n&#233;cessitaient des infrastructures lourdes, l'Ia permet de franchir des &#233;tapes de d&#233;veloppement gr&#226;ce &#224; des solutions logicielles. Vu la jeunesse du continent, les investissements arrivent d&#233;j&#224; depuis les Etats-Unis gr&#226;ce &#224; des programmes de formation aux talents, l'Union europ&#233;enne avec son expertise en mati&#232;re de gouvernance, la Chine avec ses villes intelligentes, les pays du Golfe avec leurs capitaux d'investissement. Mais rien de tout cela ne permettra &#224; l'Afrique d'&#234;tre un acteur de l'Intelligence artificielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Afrique doit dire ses termes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l'Unesco, alors que l'Ia pourrait injecter 2900 milliards de dollars dans l'&#233;conomie africaine d'ici 2030, le continent ne repr&#233;sente actuellement que 2, 5% du march&#233; mondial de l'Ia, 3% des talents mondiaux en Ia et un infime 0, 3% des investissements mondiaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la d&#233;cennie qui vient s'annonce cruciale, trois &#233;l&#233;ments d&#233;cisifs devraient permettre &#224; l'Afrique d'&#234;tre un acteur de l'Intelligence artificielle :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Un outil : la formation d'une g&#233;n&#233;ration d'ing&#233;nieurs, ce qui impliquera de diriger les investissements massivement dans la recherche et le syst&#232;me universitaire, le grand oubli&#233; des politiques &#233;ducatives depuis trente ans.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Un programme : l'Ia appliqu&#233;e dans des secteurs-cl&#233;s tels que l'agriculture, la sant&#233;, la finance et les services publics, avec le d&#233;ploiement de solutions adapt&#233;es aux besoins du continent plut&#244;t qu'&#224; la seule performance technologique
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une diff&#233;rence : l'Intelligence artificielle &#171; Made in Africa &#187; gr&#226;ce &#224; la sp&#233;cialisation de niche, mais &#233;galement la localisation des langues et des donn&#233;es. Cela permettra aux Africains de ne pas seulement &#234;tre des consommateurs, mais &#233;galement des cr&#233;ateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Directrice Afrique&lt;br class='autobr' /&gt;
Atlantic Council&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://lequotidien.sn/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Quotidien&lt;/a&gt;, 4 d&#233;cembre 2025)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
