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	<title>OSIRIS</title>
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	<description>Osiris sensibilise, informe et produit des analyses sur tous les sujets relatifs &#224; l'utilisation et &#224; l'appropriation des technologies de l'information et de la communication au S&#233;n&#233;gal et en Afrique.</description>
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		<title>OSIRIS</title>
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		<title>El&#233;ments pour un bilan des privatisations des t&#233;l&#233;communications africaines</title>
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		<dc:date>2003-11-30T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Privatisation/Lib&#233;ralisation</dc:subject>

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&lt;p&gt;Cet article reprend un expos&#233; prononc&#233; le 24 janvier 2003 dans le cadre des s&#233;minaires organis&#233;s par le COBEA (Centre d'Observation des Economies Africaines) en 2002 - 2003 au sein du GEMDEV (Groupement d'int&#233;r&#234;t scientifique pour l'&#233;tude de la mondialisation et du d&#233;veloppement) sur le th&#232;me &#171; Technologies de l'information et de la communication (TIC) et d&#233;veloppement &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Introduction : &lt;br class='autobr' /&gt;
L'IDATE pr&#233;voyait pour fin 2002 , 605,4 millions d'internautes dans le monde dont 11,4 dans la zone (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.osiris.sn/+-privatisation-liberalisation-+.html" rel="tag"&gt;Privatisation/Lib&#233;ralisation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cet article reprend un expos&#233; prononc&#233; le 24 janvier 2003 dans le cadre des s&#233;minaires organis&#233;s par le COBEA (Centre d'Observation des Economies Africaines) en 2002 - 2003 au sein du GEMDEV (Groupement d'int&#233;r&#234;t scientifique pour l'&#233;tude de la mondialisation et du d&#233;veloppement) sur le th&#232;me &#171; Technologies de l'information et de la communication (TIC) et d&#233;veloppement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'IDATE pr&#233;voyait pour fin 2002&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La situation du secteur des t&#233;l&#233;communications est extr&#234;mement mouvante en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, 605,4 millions d'internautes dans le monde dont 11,4 dans la zone Moyen Orient Afrique soit 1,8%. Et selon les chiffres d'Africaonline (avril 2002), l'Afrique compte 5,5 millions d'internautes sur une population globale de 770 millions de personnes, soit un internaute sur 200 individus contre une moyenne mondiale de 1 pour 15. Au total, sur le continent, 1,3 millions de personnes sont abonn&#233;es &#224; un fournisseur d'acc&#232;s &#224; Internet dont 750 000 pour la seule Afrique du Sud&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; fracture num&#233;rique &#187; que l'on semble d&#233;couvrir maintenant, n'est pourtant que la cons&#233;quence imm&#233;diate de la &#171; fracture t&#233;l&#233;phonique &#187; moins m&#233;diatis&#233;e et bien plus ancienne mais tout aussi dramatique. L'Afrique ne compte en effet que 2% des lignes t&#233;l&#233;phoniques mondiales, et la t&#233;l&#233;densit&#233; (qui repr&#233;sente le nombre de lignes t&#233;l&#233;phoniques pour 100 habitants) atteint p&#233;niblement 1,2% en ajoutant les t&#233;l&#233;phones mobiles. Des statistiques qui ne pr&#234;tent pas &#224; l'optimisme et qui invitent &#224; un bilan sans concession de la politique suivie en mati&#232;re de t&#233;l&#233;communications sur le continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conf&#233;rences cens&#233;es se pencher sur la fracture num&#233;rique se multiplient tout azimuth et accouchent tous des m&#234;mes recettes : privatisation des op&#233;rateurs historiques, d&#233;r&#233;glementation et instauration de la concurrence afin en particulier d'attirer les investisseurs &#233;trangers. Pourtant les premi&#232;res r&#233;formes du secteur ont &#233;t&#233; mises en place depuis d&#233;j&#224; plusieurs ann&#233;es et il est d&#233;sormais possible d'en &#233;tablir un premier bilan. Dans un grand &#233;lan d&#233;magogique, M. Monsieur Utsumi, Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'UIT a beau d&#233;clarer &#171; Il nous faut lancer une offensive tous azimuts pour faire en sorte que tous les villages de cette plan&#232;te soient connect&#233;s avant le Sommet mondial de la soci&#233;t&#233; de l'information&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Discours prononc&#233; &#224; l'ouverture de la Conf&#233;rence Mondiale du D&#233;veloppement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; (pr&#233;vu en 2003 et 2005)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette d&#233;claration a &#233;t&#233; faite avant que ne d&#233;bute la pr&#233;paration du Sommet (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; personne dans le monde ferm&#233; des t&#233;l&#233;communications, op&#233;rateurs et hommes politiques charg&#233;s de d&#233;r&#233;guler, ne prend cet objectif au s&#233;rieux. Et pourtant les besoins sont immenses. Les statistiques disponibles ne rendent pas compte des territoires ni des populations couvertes et des r&#233;alit&#233;s plus quotidiennes des populations. Si les derni&#232;res ann&#233;es ont incontestablement produit un d&#233;veloppement des t&#233;l&#233;communications en zone urbaine, les progr&#232;s sont beaucoup moins sensibles en zone rurale. Il existe des pans entiers de territoire non couverts ni par les r&#233;seaux mobiles ni par les r&#233;seaux fixes, o&#249; l'on peut trouver tr&#232;s fr&#233;quemment des villages de plusieurs milliers d'habitants. On peut raisonnablement estimer &#224; plus de 85% le nombre de villages africains d&#233;pourvus d'un simple acc&#232;s au r&#233;seau t&#233;l&#233;phonique fixe. Encore faut-il ajouter que lorsqu'un tel acc&#232;s existe, il est d'une disponibilit&#233; al&#233;atoire du fait de d&#233;rangements multiples, et souvent inabordable pour l'habitant de ces r&#233;gions recul&#233;es du fait du prix d'une communication t&#233;l&#233;phonique, sensiblement sup&#233;rieur &#224; celui que nous connaissons en France. Cela signifie bien sur qu'ils n'ont pour tout moyen de communication que la parole transport&#233;e &#224; v&#233;lo ou en mobylette, voire apr&#232;s des heures de marche, les laissant sans possibilit&#233; de joindre un poste de police ou un m&#233;decin en cas d'urgence. Et lorsque la zone est couverte par le r&#233;seau mobile, les populations locales sont le plus souvent contraintes de payer jusqu'&#224; 10 fois, parfois plus, le tarif d'une communication du fixe, le propri&#233;taire souvent un commer&#231;ant local en profitant pour faire de sa ligne une source suppl&#233;mentaire de revenu. En ville, les cabines fonctionnant le plus souvent avec des cartes &#224; pr&#233; paiement, les usagers, faute de pouvoir acheter 20 ou 50 unit&#233;s &#224; la fois, sont souvent contraints d'acheter des minutes &#224; un petit revendeur. Les prix &#233;tant encore largement sup&#233;rieur &#224; ce qui se pratique en Occident, le t&#233;l&#233;phone reste encore tr&#232;s difficilement abordable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous restreignons ici notre &#233;tude aux op&#233;rateurs de t&#233;l&#233;phonie fixe mais l'&#233;tude des effets du d&#233;veloppement des mobiles et leurs retomb&#233;es sur les op&#233;rateurs fixes souvent propri&#233;taires d'une licence de t&#233;l&#233;phonie mobile s'impose en compl&#233;ment du pr&#233;sent travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1 Les travaux existants&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.1 Quelques sources&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure qu'on avance dans une tentative de produire un premier bilan des privatisations en Afrique, on se rend compte de l'absence de v&#233;ritables travaux synth&#233;tiques sur la question ou de leur insuffisance, lorsqu'ils existent, voire de leur parti pris id&#233;ologique, pour &#234;tre le plus souvent destin&#233;s aux entreprises. Ce sont le plus souvent des travaux de journalistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les d&#233;p&#234;ches des agences et les articles dans les journaux locaux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou encore de bureaux d'&#233;tude peu enclins &#224; critiquer la mondialisation lib&#233;rale puisque celle-ci est souvent source de travaux r&#233;mun&#233;rateurs. En effet de nombreuses soci&#233;t&#233;s, gouvernements ou organismes multilat&#233;raux y font appel pour pr&#233;parer les privatisations. L'implication du monde de la recherche appara&#238;t donc aujourd'hui n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe certes des tentatives pour comparer entre eux les op&#233;rateurs. Le mensuel ECONOMIA&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Num&#233;ro double 26-27 d&#233;cembre 2002 janvier 2003&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; par exemple publie tous les ans un classement des plus importantes entreprises africaines mais dans le secteur des t&#233;l&#233;communications n'apparaissent que les 15 plus importantes qui ont bien voulu r&#233;pondre &#224; l'enqu&#234;te. Le seul indicateur &#224; partir duquel est &#233;tabli le classement est le chiffre d'affaires. Un autre article intitul&#233; &#171; La renaissance de l'Afrique passe par les t&#233;l&#233;communications &#187; publi&#233; dans la Lettre des t&#233;l&#233;communications&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;N&#176; 88 lundi 12 novembre 2001 de Mamadou Diallo et Charles Laubier&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; fournit outre plusieurs pages d'analyse, un tableau de la situation pays par pays comprenant le statut de l'op&#233;rateur historique et les participations priv&#233;es ou non en son sein, la date de cr&#233;ation de l'agence de r&#233;gulation quand elle existe et des indications sur le nombre de fournisseurs d'acc&#232;s Internet, le nombre d'abonn&#233;s au mobile, au fixe et &#224; Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail le plus complet reste celui de l'UIT&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Indicateurs des t&#233;l&#233;communications africaines 2001 Union Internationale des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il contient diff&#233;rents indicateurs comme le chiffre d'affaires, le nombre de lignes, le pourcentage des m&#233;nages ayant le t&#233;l&#233;phone, le nombre de publiphones, la t&#233;l&#233;densit&#233; dans les grandes villes et dans le reste du pays (nombre de lignes par habitants), le pourcentage de lignes num&#233;ris&#233;es, l'effectif des op&#233;rateurs historiques, les investissements r&#233;alis&#233;s le trafic international d&#233;part et arriv&#233;e et aussi des indicateurs sur la qualit&#233; du service (temps d'attente pour obtenir une ligne) ainsi que les prix pratiqu&#233;s. M&#234;me si ces statistiques sont issues des administrations gouvernementales et sans doute de plus en plus des agences de r&#233;gulation, elles ont le m&#233;rite de mettre &#224; la disposition du public un faisceau d'indicateurs de fiabilit&#233; variable pour se lancer dans des &#233;tudes comparatives y compris pour effectuer un bilan des privatisations. Mais un travail complet demande des indicateurs suppl&#233;mentaires comme les chiffres d'affaires, les b&#233;n&#233;fices r&#233;alis&#233;s, ceux qui sont rapatri&#233;s &#224; l'ext&#233;rieur du pays, le salaire des employ&#233;s et d'autres plus techniques sur le r&#233;seau et les services offerts. Enfin, m&#234;me s'il faut saluer la pr&#233;sence de la t&#233;l&#233;densit&#233; des grandes villes et de celle des autres r&#233;gions du pays, il reste que des renseignements sur le pourcentage du territoire couvert par le r&#233;seau t&#233;l&#233;phonique ou celui des villages connect&#233;s, ou encore la distance &#224; parcourir jusqu'au premier t&#233;l&#233;phone paraissent n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.2 Des m&#233;thodes d'analyse &#224; revoir et des indicateurs &#224; inventer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne permet donc v&#233;ritablement de comparer entre eux les op&#233;rateurs et la mise en place d'un indicateur synth&#233;tique, tenant compte des performances &#233;conomiques mais aussi du r&#244;le social et de la satisfaction des besoins, s'impose pour ne pas s'en tenir au seul chiffre d'affaires, &#224; l'image de l'indice de d&#233;veloppement humain du PNUD &#233;labor&#233; pour contrecarrer le classique classement des pays par le PIB. De plus pour &#233;tablir un bilan des privatisations il faudrait, une fois cet indicateur mis au point, comparer l'indicateur en 1995 ou 1997 et en 2000, les chiffres 2001 devraient &#234;tre bient&#244;t disponibles, mais aussi comparer l'&#233;volution de l'indicateur pour les op&#233;rateurs ayant &#233;t&#233; privatis&#233;s et ceux rest&#233;s publics &#224; 100%. Une t&#226;che difficile. C'est la m&#233;thode que nous aurions aim&#233; pr&#233;coniser. Faute de moyens, de temps et de donn&#233;es disponibles nous n'allons donner que quelques &#233;l&#233;ments. Les difficult&#233;s qui frappent de plein fouet l'industrie des t&#233;l&#233;communications, les fraudes massives d&#233;couvertes r&#233;cemment, les faillites, le krach boursier qui s'en sont suivis et les &#233;conomies de milliers de petits actionnaires r&#233;duites &#224; n&#233;ant, invitent les commentateurs &#224; plus de modestie et &#224; de profondes remises en question. C'est dans cette perspective que se situe ce travail. N'est-il pas temps en effet d'introduire un peu plus de social, l'&#233;valuation de la satisfaction des besoins, les effets sur l'emploi, dans l'&#233;valuation des performances &#233;conomiques dans ce secteur comme dans tous les autres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre travail n'est pas exhaustif, loin de l&#224;, tant un tel bilan ne peut &#234;tre que le fruit d'un travail collectif et pluridisciplinaire. C'est donc une invitation &#224; ce que se constituent de telles &#233;quipes regroupant des &#233;conomistes, des statisticiens, des g&#233;ographes, des sociologues avec bien sur des salari&#233;s du secteur, militants syndicaux ou animateurs. Car ce travail se nourrit aussi d'une exp&#233;rience concr&#232;te. Il est pour nous une suite &#224; l'action de terrain de CSDPTT qui consiste &#224; relier des villages enclav&#233;s au r&#233;seau de t&#233;l&#233;communications. Outre les sources cit&#233;es ci-dessus, nous nous appuyons beaucoup sur une documentation en ligne que constituent les archives de la lettre mensuelle de CSDPTT&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir rubrique &#171; lettre de CSDPTT &#187;, on y trouve les archives depuis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Constitu&#233;e essentiellement d'extrait d'articles de presse, cette source est relativement riche et offre un historique depuis la mi-95. Elle doit &#234;tre compl&#233;t&#233;e par des documents originaux comme les rapports des op&#233;rateurs eux-m&#234;mes, quand ils sont publics, ou d'autres documents que nous esp&#233;rons nombreux au sein des diff&#233;rentes agences de r&#233;gulation qui sont n&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es dans de nombreux pays. En s'entourant de diff&#233;rentes comp&#233;tences n&#233;cessaires issues des milieux de la recherche, le Bureau de D&#233;veloppement des t&#233;l&#233;communications de l'UIT devrait tout naturellement s'acquitter de ce genre de travail. Mais non seulement, ses moyens sont maigres quand ils ne sont pas dilapid&#233;s en futilit&#233;, ou en projet dispendieux mais en outre, ses animateurs semblent tout acquis aux th&#232;ses lib&#233;rales. Aussi des travaux moins sous influence apparaissent n&#233;cessaires notamment en provenance du monde universitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2 Premi&#232;re &#233;tape de la d&#233;r&#233;glementation : la privatisation au profit de monopole&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.1 Les origines de la d&#233;r&#233;glementation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but 1987, est sign&#233; l'accord de l'OMC sur la lib&#233;ralisation des t&#233;l&#233;communications &#224; l'issue duquel M. Fillon, alors ministre des postes et t&#233;l&#233;communications, d&#233;clare : &#171; Cet accord va permettre &#224; nos op&#233;rateurs, et partant &#224; nos industriels, d'exporter leur savoir-faire et de s'implanter dans un grand nombre de march&#233;s qui leur &#233;taient jusqu'&#224; pr&#233;sent ferm&#233;s ou tr&#232;s difficiles d'acc&#232;s... L'importance de cet accord se situe &#224; l'aune du chiffre d'affaires g&#233;n&#233;r&#233; chaque ann&#233;e par le secteur dans le monde &#224; savoir 600 milliards de dollars &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;AFP Paris 16 f&#233;vrier 1997&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, le livre vert de la Commission Europ&#233;enne, marquant l'entr&#233;e des t&#233;l&#233;communications dans la d&#233;r&#233;glementation, est &#233;labor&#233; la m&#234;me ann&#233;e. Le th&#232;me des autoroutes de l'information appara&#238;t aux Etats-Unis avec l'adoption du High Performance Act en novembre 1991. D&#232;s leur &#233;lection Gore et Clinton font des r&#233;seaux de t&#233;l&#233;communications l'un des axes majeurs de leur programme &#233;conomique. &#171; L&#224; o&#249; autrefois notre puissance &#233;conomique &#233;tait d&#233;termin&#233;e par la profondeur de nos ports ou l'&#233;tat de nos routes, aujourd'hui elle est d&#233;termin&#233;e aussi par notre capacit&#233; &#224; transmettre de grandes quantit&#233;s d'informations rapidement et s&#251;rement et par notre capacit&#233; &#224; utiliser ces informations et &#224; les comprendre. De m&#234;me, que le r&#233;seau d'autoroute f&#233;d&#233;ral a marqu&#233; le visage historique pour notre commerce, les autoroutes de l'information d'aujourd'hui (capables de transporter des id&#233;es, des donn&#233;es et des images &#224; travers le pays et &#224; travers le monde) sont essentielles &#224; la comp&#233;titivit&#233; et &#224; la puissance de l'Am&#233;rique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; dans RESEAUX n&#176;78 CENT 1996 par Thierry Vedel dans Les politiques des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les objectifs assign&#233;s &#224; la d&#233;r&#233;glementation des t&#233;l&#233;communications sont donc clairement et publiquement &#233;nonc&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les t&#233;l&#233;communications ont &#233;t&#233; les premiers services publics &#224; subir l'offensive lib&#233;rale, aujourd'hui l'objectif des n&#233;o lib&#233;raux c'est de g&#233;n&#233;raliser la d&#233;r&#233;glementation et les privatisations &#224; tous les services publics, poste, &#233;lectricit&#233; et m&#234;me l'&#233;ducation. Il s'agit en r&#233;alit&#233; d'un enjeu de soci&#233;t&#233; comme l'affirme Yves Salesse : &#171; L'offensive dont ils (les services publics) sont l'objet, conduit &#224; ce que le monde devienne toujours plus une marchandise. Les services publics sont un instrument essentiel de solidarit&#233; sociale et de l'effectivit&#233; des droits fondamentaux. Et pas n'importe quel instrument : ils op&#232;rent une redistribution sociale et g&#233;ographique sous une forme collective non mon&#233;taire. Ils sont aussi un instrument essentiel de la citoyennet&#233; et donc de la d&#233;mocratie &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Service public, entreprises publiques et appropriation sociale, Yves (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.2 Le dispositif fran&#231;ais pour l'Afrique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les t&#233;l&#233;communications fran&#231;aises entraient quelques ann&#233;es plus tard dans une p&#233;riode de r&#233;forme interne, afin de se pr&#233;parer &#224; la d&#233;r&#233;glementation. Deux objectifs leur sont assign&#233;s. En premier lieu, se soumettre aux directives europ&#233;ennes et se pr&#233;parer &#224; ouvrir le march&#233; fran&#231;ais et donc affronter la concurrence en France. En second lieu, permettre aux t&#233;l&#233;communications fran&#231;aises de compenser les pertes que ne manquera de subir France T&#233;l&#233;com, et de conqu&#233;rir des parts de march&#233; &#224; l'&#233;tranger, dans les pays occidentaux mais aussi en Afrique o&#249; la France b&#233;n&#233;ficie d&#233;j&#224; d'une importante pr&#233;sence. France T&#233;l&#233;com doit se transformer en entreprise commerciale, elle ne peut plus d&#232;s lors assurer la charge de la coop&#233;ration dans le domaine des t&#233;l&#233;communications. La coop&#233;ration va diminuer petit &#224; petit pour &#234;tre supprim&#233;e d&#233;finitivement au profit des seules op&#233;rations de pr&#234;t via la Caisse Fran&#231;aise de D&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Afrique, dans des conditions particuli&#232;res o&#249; la France d&#233;tient nombre de positions, France T&#233;l&#233;com, issue d'une administration publique charg&#233;e de la coop&#233;ration avec les pays &#171; amis &#187; , va se transformer en op&#233;rateur offensif dont la strat&#233;gie consiste &#224; prendre des parts de capital dans les op&#233;rateurs historiques des pays d&#233;r&#233;glement&#233;s en vue de faire du &#171; business &#187;. La pr&#233;sence fran&#231;aise doit bien sur profiter aussi &#224; Alcatel et d'autres constructeurs plus petits ainsi qu'&#224; des bureaux d'&#233;tudes comme la SOFRECOM (Soci&#233;t&#233; Fran&#231;aise d'Etudes et de R&#233;alisation d'Equipements de T&#233;l&#233;communications) ou le bureau Yves Houssin, aussi tr&#232;s actif en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un v&#233;ritable dispositif se met alors en place au sein de France T&#233;l&#233;com. FCR (France C&#226;ble et Radio) et la SOFRECOM qui remportaient la plupart des march&#233;s d'&#233;tudes en Afrique francophone sont r&#233;organis&#233;s afin d'en faire deux filiales compl&#233;mentaires, alors qu'elles se faisaient parfois concurrence sur le terrain. Des changements vont donc &#234;tre engag&#233;s pour en faire deux instruments de la politique d'expansion de France T&#233;l&#233;com &#224; l'International. Dans cette strat&#233;gie, l'Afrique est, &#224; cette &#233;poque, plut&#244;t consid&#233;r&#233;e comme marginale par rapport &#224; la rentabilit&#233; escompt&#233;e en Asie en Am&#233;rique Latine et en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente, France C&#226;ble Radio avait poursuivi en Afrique une strat&#233;gie qui non seulement lui ali&#233;na la plupart des cadres des op&#233;rateurs africains mais qui en plus s'av&#233;ra un &#233;chec presque total. Nombre d'Etats africains avaient en effet entrepris, souvent sous la pression de la Banque Mondiale et non sans une certaine satisfaction du personnel des OPT&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Office des Postes et T&#233;l&#233;communications. Avant la privatisation un certain (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le regroupement au sein d'une m&#234;me soci&#233;t&#233; des activit&#233;s de t&#233;l&#233;communications sur le r&#233;seau national avec celles sur le r&#233;seau international. L&#224; o&#249; France C&#226;ble Radio d&#233;tenait une part du capital, ses dirigeants jou&#232;rent sur le pourrissement des op&#233;rateurs locaux et l'augmentation de la d&#233;j&#224; forte dette envers France T&#233;l&#233;com, pour tenter d'obtenir une part du capital sans rien d&#233;bourser au pays mais contre la simple annulation de la dette. Cette strat&#233;gie re&#231;ut un temps le soutien du Bureau Afrique de la Direction de l'internationale de France T&#233;l&#233;com. Les dirigeants des op&#233;rateurs de t&#233;l&#233;communications en ont gard&#233; quelques ann&#233;es une certaine amertume envers France C&#226;ble et Radio&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J'ai pu le constater moi-m&#234;me au cours de discussions avec plusieurs cadres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dans un certain nombre de pays de la zone francophone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs sc&#233;narii, plus ou moins &#233;quivalents vont &#234;tre &#233;labor&#233;s en Afrique selon la qualit&#233; de l'op&#233;rateur historique &#224; cette &#233;poque, la docilit&#233; des dirigeants politiques, leur r&#233;sistance plus ou moins forte aux injonctions des experts du FMI. Cette r&#233;sistance se manifeste parfois par de la simple inertie souvent dans le monde des experts techniques mais aussi parfois au sein du monde politique o&#249; persiste ici ou l&#224; quelques relents de panafricanisme. Celui-ci a fortement impr&#233;gn&#233; le petit monde des t&#233;l&#233;communications, notamment lors de la mise en place du projet RASCOM qui sera analys&#233; ci-dessous. Et aujourd'hui non sans un certain opportunisme on y fait encore appel aujourd'hui alors que beaucoup de pays sont en cours de n&#233;gociation ou d'application des politiques d'ajustement structurel. Pour ce qui est de l'&#233;volution des t&#233;l&#233;communications sur le continent africain on peut distinguer trois &#233;tapes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.3 Premi&#232;res privatisations sans appel d'offre au profit des op&#233;rateurs historiques des anciennes colonies&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res privatisations n'ont fait que r&#233;gulariser la pr&#233;sence, ou permettre le retour, des compagnies des anciennes colonies, comme Portugal Telecom, alli&#233; &#224; l'international &#224; l'op&#233;rateur espagnol Telefonica au Cap Vert, ou seul &#224; Sao Tom&#233; et en Guin&#233;e Bissau, et comme France T&#233;l&#233;com en Centrafrique et Madagascar. Dans ce dernier pays, France T&#233;l&#233;com a essuy&#233; un nouvel &#233;chec puisque l'appel d'offre pour une nouvelle ouverture du capital a &#233;t&#233; remport&#233; en 2002 par la soci&#233;t&#233; DISTACOM, compos&#233;e d'une alliance de soci&#233;t&#233;s de t&#233;l&#233;communications et d'investisseurs d&#233;j&#224; pr&#233;sents &#224; Madagascar. Ce choix a &#233;t&#233; confirm&#233; ensuite par les nouvelles autorit&#233;s du pays. Une situation conflictuelle s'en est suivit car selon les dispositions adopt&#233;es dans le pays, France T&#233;l&#233;com est tenu de vendre sa part dans le capital de Telecom Malagasy, l'op&#233;rateur malgache.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FCR, devenu filiale de France T&#233;l&#233;com, &#233;tait pr&#233;sent dans une quinzaine de pays africains en particulier sur le secteur des communications internationales. Ce n'est que dans deux pays, que FCR parvint &#224; conserver une part dans le capital&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Signalons aussi le Niger, o&#249; FCR poss&#232;de encore un peu moins de 1% du capital&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce r&#233;sultat ne constitue-t-il pas un &#233;chec de sa strat&#233;gie durant cette premi&#232;re p&#233;riode ? Alors que celle-ci consistait en effet &#224; laisser sombrer l'op&#233;rateur historique pour proposer une annulation de la dette contre l'acquisition d'une partie du capital. Le poids de la dette envers la France &#233;tait d'autant plus &#233;lev&#233;e que toutes les communications internationales transitaient par la France, y compris les communications entre deux pays d'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu partout les n&#233;gociations en vue de la fusion des op&#233;rateurs intervenant sur l'international aux mains de France C&#226;ble Radio et de l'Office des Postes et t&#233;l&#233;communications, charg&#233; du r&#233;seau national aux mains de l'Etat, aboutirent presque partout au d&#233;part de France C&#226;ble Radio au grand dam de ses dirigeants qui se croyaient souvent en pays conquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple du Cameroun est r&#233;v&#233;lateur des pratiques de cette &#233;poque. Un tel accord de cession partielle fut par exemple annul&#233; in extremis dans ce pays en 1996. Les pouvoirs publics avaient d&#233;cid&#233; de se s&#233;parer de France C&#226;ble Radio en 1982 en rachetant ses parts. Mais en 1991, le nouvel op&#233;rateur camerounais accumulait une dette de 297 Millions de F, le tiers de l'ensemble de la dette des pays francophones, pour atteindre 400MF en 1996. Un accord intervient alors dans &#171; le bureau m&#234;me du pr&#233;sident M. Biya &#187; selon l'AFP contre l'avis de la Banque Mondiale qui tout en souhaitant la privatisation souhaite que cela se fasse cependant &#224; la suite d'un appel d'offre. Cet accord est aussit&#244;t d&#233;nonc&#233; par la presse ind&#233;pendante qui accuse le Pr&#233;sident de &#171; braderie du patrimoine national &#187; et France T&#233;l&#233;com de vouloir couper les communications internationales &#224; la veille du Sommet de l'OUA. La protestation atteint une telle ampleur que le ministre des t&#233;l&#233;communications qui s'opposait &#224; cet arrangement est peu apr&#232;s confirm&#233; dans son poste et l'accord finalement suspendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.4 Les candidats se bousculent pour entrer dans le capital des op&#233;rateurs jug&#233;s les plus prometteurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1997, France T&#233;l&#233;com doit r&#233;pondre &#224; des appels d'offre que ce soit pour entrer dans le capital des op&#233;rateurs historiques ou pour obtenir des licences de t&#233;l&#233;phonie mobile. Une premi&#232;re vague de privatisation donne lieu &#224; d'&#226;pres comp&#233;titions. En Guin&#233;e en 1995 (60% au profit de Malaysia Telecom), au Ghana, en 1996 (30% au profit de Malaysia Telecom), en C&#244;te d'Ivoire (45,9% au profit de France Telecom), S&#233;n&#233;gal (42,3% au profit de France T&#233;l&#233;com) et en r&#233;publique sud-Africaine en 1997 (18% au profit de l'am&#233;ricain SBC et 22% de Telecom Malaysia). A part celui de Guin&#233;e, ce sont tous des op&#233;rateurs prometteurs. Une nouvelle vague de privatisation partielle est intervenue en l'an 2000 touchant Maurice (40% au profit de France T&#233;l&#233;com), l'Ouganda (51% au profit d'Orascom), le Maroc (35% au profit de Vivendi Telecom), Mauritanie (54% au profit de Maroc Telecom) pour ne citer que les plus importants. Ces privatisations ont donc plac&#233; les op&#233;rateurs historiques sous le contr&#244;le des grandes compagnies multinationales. Aux c&#244;t&#233;s de France T&#233;l&#233;com, ORASCOM pr&#233;sents dans plus d'une dizaine de pays dans la t&#233;l&#233;phonie mobile et VIVENDI, nouveaux venus n'en affichaient pas moins de grandes ambitions jusqu'&#224; une p&#233;riode r&#233;cente mais traversent toutes deux aujourd'hui d'importantes difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.5 Les difficult&#233;s se multiplient, les candidats aux privatisations se font rare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons &#224; l'exemple du Cameroun r&#233;v&#233;lateur de ce type de difficult&#233;s. La soci&#233;t&#233; TELECEL, surtout pr&#233;sente dans les mobiles, alli&#233;e &#224; Korea Telecom, est choisie en 2001 comme adjudicataire provisoire pour acheter les 51% de l'op&#233;rateur historique CAMTEL, qui compte alors plus de 100000 abonn&#233;s. Mais les n&#233;gociations sur le cahier des charges sont finalement rompues. Alors que la premi&#232;re offre, en novembre 2000, &#233;tait de 102 milliards, le journal d'opposition Le Messager dans son &#233;dition du 16 ao&#251;t 2002 &#233;crivait : &#171; Ce prix &#233;tait infinit&#233;simal par rapport &#224; la valeur marchande et au potentiel de la Camtel. Sur fonds publics, l'Etat y a investi pr&#232;s de 500 milliards de FCFA en 20 ans. Le chiffre d'affaires &#224; la fin de l'exercice 1999/2000 &#233;tait sup&#233;rieur &#224; 100 milliards de FCFA alors que son budget annuel avait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; &#224; 70 milliards... L'op&#233;ration telle qu'elle avait &#233;t&#233; engag&#233;e serait assimilable &#224; une braderie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On apprenait en mai 2002, que le deuxi&#232;me adjudicataire qui regroupait des actionnaires sud-africains, tunisiens et zimbabw&#233;en avec pour partenaire technique British Telecom avait fini par se disloquer &#224; la suite de conflits internes apr&#232;s n'avoir pu rassembler la somme de 62 milliards de FCFA alors que le chiffre d'affaire de CAMTEL &#233;tait estim&#233; la m&#234;me ann&#233;e &#224; 180 milliards de FCF. Le nombre de partenaires de ce consortium, dont on se demande comment ils auraient pu travailler ensemble, montre la difficult&#233; &#224; rassembler les sommes n&#233;cessaires &#224; d'importantes acquisitions ce qui r&#233;sulte probablement de la r&#233;cente prudence des grands op&#233;rateurs internationaux, intervenue apr&#232;s le crash boursier des valeurs des t&#233;l&#233;communications. Pendant que la privatisation tra&#238;ne en longueur, les investissements en provenance de l'Etat sont suspendus quelques temps ce qui ne fait qu'aggraver la v&#233;tust&#233; des installations de l'op&#233;rateur. Il semble qu'ils aient repris r&#233;cemment ce qui signifierait sans doute que les dirigeants du pays ne se font plus gu&#232;re d'illusion sur la possibilit&#233; d'une privatisation dans de bonnes conditions &#224; court terme. On apprenait d&#233;but mai 2003 que la Banque Mondiale et le FMI conc&#233;daient un moratoire de 2 ans suppl&#233;mentaires avant de proc&#233;der &#224; la privatisation de CAMTEL ce qui ne fait qu'ent&#233;riner le blocage du processus et les difficult&#233;s &#224; trouver un repreneur. Peut-&#234;tre faut-il aussi y voir une volont&#233; nouvelle dans ce pays de ne pas voir brader une de ses meilleures entreprises m&#234;me si elle traverse de graves difficult&#233;s. De nombreux autres pays rencontrent aujourd'hui des difficult&#233;s pour trouver des partenaires strat&#233;giques &#224; la mesure des ambitions qu'ils affichent pour le d&#233;veloppement du secteur et acceptant de payer un prix raisonnable. Le Kenya a annonc&#233; d&#233;but 2002 renoncer &#224; la privatisation apr&#232;s avoir repouss&#233; les conditions pos&#233;es par Orascom et son offre de 350 millions de dollars. Il envisage de mettre Telkom Kenya sous contrat de gestion. Au Niger, l'op&#233;rateur SONITEL a &#233;t&#233; partiellement privatis&#233; au profit du seul candidat rest&#233; en course la soci&#233;t&#233; chinoise ZTE alli&#233;e &#224; une soci&#233;t&#233; lybienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Nig&#233;ria, l'Etat annon&#231;ait en mai 2002 vouloir introduire en bourse entre 15 et 25% du capital de NITEL, la soci&#233;t&#233; nationale des t&#233;l&#233;communications du Nigeria, &#224; la suite de la d&#233;fection du groupe d'investisseurs ayant remport&#233; l'appel d'offres pour l'achat des 51% du capital. Il s'agissait Nig&#233;ria d'Investors International Limited (IIL) qui avait soumissionn&#233; pour 1,317 milliards de dollars, dont les principaux actionnaires &#233;taient un chef traditionnel, un industriel nig&#233;rian et des Etats du Nig&#233;ria, Cette soci&#233;t&#233; &#233;tait alli&#233;e &#224; TDC, filiale de Portugal Telecom (PT) qui devait assurer l'exploitation et &#224; KPN des Pays-Bas, consultant, charg&#233; de la gestion et des ressources humaines. La nouvelle soci&#233;t&#233; devrait augmenter le nombre de lignes t&#233;l&#233;phoniques, actuellement estim&#233;es entre 500.000 et 700.000, &#224; environ 1,5 millions de lignes au cours des cinq prochaines ann&#233;es alors que le pays compte 120 millions d'habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les perspectives &#224; court terme ne permettent certainement pas d'&#234;tre optimistes. D'autant plus que beaucoup parmi les op&#233;rateurs historiques privatis&#233;s sont sous monopole, et que celui-ci doit &#234;tre lev&#233; bient&#244;t dans la plupart des cas. Les graves difficult&#233;s de France Telecom et de Vivendi mais aussi d'Orascom qui affichait un d&#233;ficit de 113 millions de dollars sur l'exercice 2001, risquent, soit de se traduire par des ventes de participation, soit par un infl&#233;chissement de la politique de ces op&#233;rateurs afin de faire de leurs filiales africaines sur les r&#233;seaux fixes ou mobiles un instrument du remboursement de la dette. Ces r&#233;orientations se feront sans aucun doute au d&#233;triment du r&#244;le social de ses op&#233;rateurs et en particulier leurs attributions de service public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 Deuxi&#232;me &#233;tape de la d&#233;r&#233;glementation : l'ouverture &#224; la concurrence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le sch&#233;ma pr&#233;&#233;tabli issu des &#171; experts &#187; de la Banque Mondiale et du FMI, &#224; la p&#233;riode de monopole, qui doit permettre &#224; l'investisseur de r&#233;cup&#233;rer son apport initial et obtenir une certaine rentabilit&#233; et gagner de l'argent, doit succ&#233;der une nouvelle p&#233;riode o&#249; les r&#233;seaux fixes doivent aussi s'ouvrir &#224; la concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Mali, l'ouverture &#224; la concurrence intervient avant m&#234;me la privatisation de la SOTELMA. Celle-ci pourtant &#224; l'ordre du jour depuis plusieurs ann&#233;es tra&#238;ne probablement en raison de r&#233;sistance interne mais aussi &#224; cause du manque de candidats cr&#233;dibles. Ce qui ne va pas sans inqui&#233;ter le personnel qui s'est mobilis&#233; plusieurs fois notamment pour maintenir l'op&#233;rateur mobile MALITEL au sein de l'op&#233;rateur public et d&#233;noncer des complicit&#233;s au sein du pouvoir pour affaiblir l'op&#233;rateur public. Une licence g&#233;n&#233;raliste a &#233;t&#233; octroy&#233;e fin 2002 &#224; France T&#233;l&#233;com, via sa filiale s&#233;n&#233;galaise SONATEL, qui tr&#232;s certainement viendra prendre de parts de march&#233;s importantes sur les secteurs les plus rentables, la t&#233;l&#233;phonie mobile, les communications internationales et Internet. En effet apr&#232;s s'&#234;tre quelque peu d&#233;sint&#233;ress&#233; de l'Afrique &#224; l'exception de quelques pays o&#249; il a pris une part du capital de l'op&#233;rateur historique, la strat&#233;gie de l'op&#233;rateur fran&#231;ais semblait avoir chang&#233; dans la toute derni&#232;re p&#233;riode avant que n'&#233;clate au grand jour le probl&#232;me de la dette. Apr&#232;s le retrait du Chili avec une confortable plus value, il vient de se d&#233;sengager de l'Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En augmentant la bande passante sortante du S&#233;n&#233;gal d'abord jusqu'&#224; 45 Mb, puis &#224; 90 Mb et tout r&#233;cemment en novembre 2003 &#224; 310 Mb, alors que les autres pays de la r&#233;gion n'ont souvent qu'un acc&#232;s de 2 ou 4 Mgbits, il semble que FT veuille jouer le r&#244;le d'op&#233;rateur de transit pour les communications internationales et Internet en captant le trafic de la r&#233;gion. En effet des fibres optiques sont tir&#233;es actuellement entre les capitales africaines (Ouagadougou, Bamako, Kayes, Dakar) et le c&#226;ble Sat 3/ Wasc/ Safe ceinturant l'Afrique reliant l'Europe &#224; l'Asie est en voie d'ach&#232;vement. Priv&#233;s de ses niches les plus rentables on se demande comment la SOTELMA pourra continuer &#224; jouer son r&#244;le de service public et la poursuite des connexions des zones rurales co&#251;teuses avec une concurrence aussi efficace que celle de France T&#233;l&#233;com qui la privera d'importantes recettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Nig&#233;ria vit une situation identique puisqu'il n'a pas r&#233;ussi &#224; privatiser son op&#233;rateur historique. C'est ainsi que dans ce pays, lors de la r&#233;cente attribution d'une deuxi&#232;me licence le porte-parole de la Commission nationale de la communication (NCC), M. Inatimi Spiff avait d&#233;clar&#233; d&#233;but ao&#251;t : &#171; En l'absence de concurrence &#224; la mise &#224; prix de la licence, il ne sera pas n&#233;cessaire que la compagnie Globalcom soumette une candidature scell&#233;e telle que le sugg&#232;re le cahier des charges pour le second op&#233;rateur t&#233;l&#233;phonique national. Par cons&#233;quent, la licence sera d&#233;livr&#233;e &#224; Globacom d&#232;s qu'elle aura sold&#233; le paiement de 200 millions de dollars US &#187;. Autrement dit, cette soci&#233;t&#233; &#233;tant la seule &#224; concourir et &#224; pouvoir verser la somme n&#233;cessaire, elle est lib&#233;r&#233;e de toute contrainte&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;p&#234;che de l'agence Pana du 10/08/2002&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et probablement des obligations de service public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sent&#233; par les &#171; experts &#187; comme une nouvelle &#233;tape du d&#233;veloppement des t&#233;l&#233;communications, si l'ouverture &#224; la concurrence doit profiter dans une certaine mesure aux entreprises, on ne peut que craindre qu'elle se traduise par un nouveau ralentissement de la couverture des zones rurales. De plus, la concurrence que lui font directement les r&#233;seaux mobiles risque de faire dispara&#238;tre d&#233;finitivement l'objectif de couverture des zones rurales par le r&#233;seau fixe ce qui immanquablement renforce l'in&#233;galit&#233; d'acc&#232;s au droit &#224; la communication du fait d'un rench&#233;rissements des co&#251;t&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce probl&#232;me m&#233;riterait une &#233;tude sp&#233;cifique que nous ne pouvons entreprendre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4 El&#233;ments pour un premier constat : le dogme n&#233;o-lib&#233;ral &#224; l'&#233;preuve des faits&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.1 Un processus difficile&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un bilan &#233;tabli d&#233;but 2001 par l'UIT faisait &#233;tat de 18 pays ayant privatis&#233; totalement ou partiellement l'op&#233;rateur historique, 8 devaient le faire durant l'ann&#233;e et encore 7 durant l'ann&#233;e 2002. Ces derni&#232;res n'ont en r&#233;alit&#233; pas toutes &#233;t&#233; concr&#233;tis&#233;es. Et si l'on consid&#232;re que l'Afrique compte 56 pays, on mesure que non seulement le mouvement est loin d'&#234;tre achev&#233; alors qu'il est partout impos&#233; par les bailleurs de fonds traditionnels et qu'il devient de plus en plus difficile &#224; mesure que la crise des t&#233;l&#233;communications s'amplifie. Dans plusieurs pays la d&#233;r&#233;gulation de ce secteur combien strat&#233;gique et r&#233;mun&#233;rateur pour le pays rencontre en effet bien des r&#233;sistances : retard dans la promulgation des textes, inertie au sein du pouvoir, fronde de l'opposition politique, r&#233;sistance et mobilisation syndicale. A ces r&#233;sistances s'ajoutent aujourd'hui les difficult&#233;s de plus en plus grandes &#224; trouver des repreneurs acceptables. Certaines situations s'apparentent &#224; de v&#233;ritables sauf qui peut dans la mesure o&#249;, alors que lors des premi&#232;res privatisations, on trouvait de nombreux candidats &#224; la reprise ce qui permettait &#224; l'Etat de maintenir un certain nombre d'exigence d'obligation de service public comme le d&#233;veloppement du r&#233;seau notamment en direction des plus importantes villes secondaires et parfois de quelques villages, et une substantielle augmentation des abonn&#233;s, une am&#233;lioration de la qualit&#233; de service et une diminution des listes d'attente et des d&#233;lais de raccordement. Dans la p&#233;riode actuelle, le manque de candidat rend difficile d'imposer ce type d'exigence. Pourtant l'objectif d'un t&#233;l&#233;phone par village ne constitue-t-il pas une des premi&#232;res priorit&#233;s &#224; satisfaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est en tout cas un des axes qu'a choisi CSDPTT pour son action dans la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut souligner ici la complicit&#233; active qu'a jou&#233;e l'Union Internationale des T&#233;l&#233;communications (UIT) dans ce processus. M. Fullsack dans un important travail critique sur l'UIT &#233;crit notamment : &#171; L'UIT a privil&#233;gi&#233; d&#232;s le d&#233;but de la d&#233;cennie 1990 son action dans le domaine (d&#233;)r&#233;glementaire, g&#233;n&#233;ralisant sans discernement ni analyse pr&#233;alable l'ouverture &#224; la concurrence jusque dans les Pays les Moins Avanc&#233;s (PMA) dont l'Afrique abrite plus d'une quarantaine. En donnant ainsi la priorit&#233; &#224; la d&#233;r&#233;glementation des OPT africains -propri&#233;t&#233; et tr&#233;sor (dans tous les sens du terme, h&#233;las) de l'Etat- l'UIT a particip&#233; avec z&#232;le &#224; l'effacement progressif du service public y compris dans les autres secteurs. En outre, les OPT africains sont tous dans un &#233;tat critique tant pour ce qui concerne leur situation financi&#232;re que l'&#233;tat de leur r&#233;seau. D&#232;s lors ils sont une prise &#171; bon march&#233; &#187; pour les repreneurs en chasse de revenus rapides et de rentabilit&#233; suffisante, concourant &#224; appauvrir encore davantage l'Etat en le privant de ressources l&#233;gitimes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'UIT, la vieille dame des t&#233;l&#233;communications, dans la tourmente (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.2 La critique de Joseph E. Stiglitz&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joseph Stiglitz dans un ouvrage r&#233;cemment publi&#233; &#233;crit : &#171; Le ph&#233;nom&#232;ne le plus pr&#233;occupant lors des privatisations telles qu'elles ont souvent &#233;t&#233; pratiqu&#233;es, c'est peut-&#234;tre la corruption. La rh&#233;torique n&#233;o-lib&#233;rale affirme que la privatisation r&#233;duit ce que les &#233;conomistes appellent la recherche de rente (l'habitude des Etats d'&#233;cr&#233;mer les profits des entreprises publiques ou de r&#233;server les contrats ou les emplois &#224; leurs amis). Mais contrairement &#224; cet effet qu'elle &#233;tait cens&#233;e avoir la privatisation a tant aggrav&#233; les choses que dans beaucoup de pays aujourd'hui, on l'a rebaptis&#233;e par d&#233;rision &#171; la bakchichisation &#187;. Si un gouvernement est corrompu, rien ne prouve que la privatisation va r&#233;soudre le probl&#232;me. Qui g&#232;re la privatisation ? Ce m&#234;me gouvernement qui a mal g&#233;r&#233; la firme. Dans un grand nombre de pays, les hauts responsables de l'Etat ont compris qu'avec la privatisation ils n'&#233;taient plus oblig&#233;s de se limiter &#224; &#233;cr&#233;mer les profits annuels. Qu'en vendant une entreprise d'Etat au-dessous de son prix de vente, ils pouvaient prendre pour eux un gros pourcentage de ses actifs au lieu de laisser ces sommes &#224; de futurs d&#233;tenteurs du pouvoir. Bref ils pouvaient avoir d&#232;s aujourd'hui, une bonne partie de ce qu'auraient &#233;cr&#233;m&#233;, les politiciens de demain. Donc n'en soyons pas surpris. Le processus de privatisation a &#233;t&#233; con&#231;u pour maximiser les sommes que les ministres pouvaient s'approprier personnellement et non celle que celles qui allaient tomber dans l'escarcelle de l'Etat, sans parler de l'efficacit&#233; globale de l'&#233;conomie &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La grande d&#233;sillusion Fayard 2002 p.90&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il r&#233;fute ici un des arguments les plus forts des no&#233;-lib&#233;raux selon lequel la privatisation att&#233;nue la pr&#233;dation des richesses nationales au profit des hommes politiques. En effet, l'efficacit&#233; de certains op&#233;rateurs privatis&#233;s dans le d&#233;gagement de b&#233;n&#233;fices se traduit par de nouvelles rentes constitu&#233;es des dividendes des actions qu'ils ont acquis pour la plupart d'entre eux au moment de la privatisation mais aussi des dividendes qui reviennent dans les caisses de l'Etat actionnaire. Par exemple, ceux vers&#233;s &#224; l'Etat marocain d&#233;passeraient les sommes pr&#233;lev&#233;es sur les r&#233;sultats lorsque Maroc T&#233;l&#233;com &#233;tait enti&#232;rement d&#233;tenu par l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.3 L'exemple du S&#233;n&#233;gal, une privatisation r&#233;ussie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les privatisations effectu&#233;es au milieu des ann&#233;es 90, il est d&#233;sormais possible de faire un bilan des privatisations du secteur des t&#233;l&#233;communications. Quel bilan en tirer ? Il faudrait pouvoir &#233;valuer le cahier des charges par rapport aux r&#233;sultats. Encore faudrait-il qu'il ait &#233;t&#233; r&#233;ellement ambitieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi par exemple au S&#233;n&#233;gal, l'accord sign&#233; avec France T&#233;l&#233;com ne pr&#233;voyait que d'&#233;tendre le r&#233;seau de 350 en 1995 &#224; 950 villages en 2005 alors que le pays en compterait environ 13000, 17000 ou 30000 selon les sources. Le nombre de lignes fixes, 96000 en 96 devait passer &#224; 250000 (fixes + mobiles) en 2000, il &#233;tait de 228000 fixes fin 2001 et 301 000 lignes mobiles pour 10 millions d'habitants ce qui fait une t&#233;l&#233;densite de 2,3% pour le fixe et de 5,3% (fixes + mobiles). La SONATEL vient d'annoncer avoir atteint en avril 2003 le chiffre de 550000 abonn&#233;s &#224; son r&#233;seau mobile et la couverture de 85% de la population&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les r&#233;flexions &#224; la fin du paragraphe 3.6 et dans la note 17 ont toute leur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le S&#233;n&#233;gal m&#233;rite qu'on s'y arr&#234;te. La privatisation dans ce pays est consid&#233;r&#233;e comme une des meilleures r&#233;ussites sur le continent africain si l'on s'en tient aux indicateurs g&#233;n&#233;ralement utilis&#233;s pour juger des performances d'un op&#233;rateur. On pourrait bien s&#251;r se contenter de juger des performances en terme d'augmentation de lignes fixes et de couverture du territoire. On en connectait donc 100 par an. M. Maktar Seck, directeur de l'Agence de r&#233;gulation, d&#233;clare en avril 2002 que l'objectif est de connecter 65% des villages d'ici 2005&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sud NTIC n&#176;10 (Suppl&#233;ment de Sud Quotidien du samedi 27 avril 2002)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces r&#233;sultats ont &#233;t&#233; obtenus en situation de monopoles sur le fixe alors que la lib&#233;ralisation devrait &#234;tre effective en 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un an apr&#232;s, le directeur g&#233;n&#233;ral de la SONATEL annonce la connexion de tous les villages d'ici 2004 ce qui appara&#238;t bien plus optimiste que toutes les d&#233;clarations pr&#233;c&#233;dentes. Ce serait &#233;videmment une excellente nouvelle mais M. Olivier Sagna, un des animateurs de l'association OSIRIS&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Observatoire sur les Syst&#232;mes d'Information, les R&#233;seaux, et les Inforoutes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; interrog&#233; par nos soins, veut plut&#244;t y voir un effet d'annonce pour dissuader tout concurrent &#233;ventuel, en l'absence de toute pr&#233;cision sur les conditions de r&#233;alisation de cet objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, le r&#233;seau se densifie en ville, la qualit&#233; de service s'est grandement am&#233;lior&#233;, les prix des raccordements et des communications longue distance ont consid&#233;rablement diminu&#233;, au d&#233;triment cependant, il faut le souligner, de l'abonnement et des communications locales qui ont augment&#233;. Mais en m&#234;me temps, les b&#233;n&#233;fices sont pass&#233;s de 38,14 milliards de FCFA en 1998 &#224; 42,52 milliards en 2000, chiffre &#224; comparer aux 62 milliards de FCFA pay&#233;s pour l'achat de 33% du capital. Les salari&#233;s sont d'ailleurs oblig&#233;s de se mettre en gr&#232;ve pour obtenir leur part &#224; l'image de celle qu'ils ont d&#233;clench&#233; en 2000. Apr&#232;s 9 jours de gr&#232;ve, ils ont finalement obtenu une augmentation de salaires de 20% apr&#232;s avoir remis en cause le partenariat avec France T&#233;l&#233;com notamment en arguant du haut niveau de salaires des cadres expatri&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2001, La progression des b&#233;n&#233;fices continue. La SONATEL est class&#233; 6 &#232;me entreprise africaine dans le secteur des t&#233;l&#233;communications avec un CA de 212 millions de dollars et un r&#233;sultat net de 67,9 millions (le deuxi&#232;me en valeur absolue) ce qui constitue le plus fort ratio R&#233;sultat Net/Chiffre d'affaire du continent dans ce secteur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mensuel Economia num&#233;ro double d&#233;cembre 2002 - janvier 2003. Palmar&#232;s des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quelques chiffres doivent-ils nous amener &#224; conclure rapidement aux bienfaits des privatisations. Ce n'est pas aussi simple qu'il n'y para&#238;t. Le S&#233;n&#233;gal &#233;tait d&#233;j&#224; avant la privatisation le meilleur op&#233;rateur de la sous r&#233;gion. La SONATEL a b&#233;n&#233;fici&#233; de la pr&#233;sence de l'ESMT (&#233;cole sup&#233;rieure multinationale des t&#233;l&#233;communications) sur son sol et comptait en son sein de nombreux cadres bien form&#233;s et renomm&#233;s pour leur s&#233;rieux. Cette soci&#233;t&#233; faisait preuve d&#233;j&#224; de cr&#233;ativit&#233; en instituant la premi&#232;re exp&#233;rience de t&#233;l&#233;centres d&#232;s 1992, &#224; l'origine sans aucun doute du d&#233;veloppement de l'usage du t&#233;l&#233;phone au sein de la population. Le pays en comptait 6500 en 1998 (dont 70 d&#233;j&#224; en zone rurale). On avan&#231;ait r&#233;cemment le chiffre de 12000 t&#233;l&#233;centres mais une grave crise semble les affecter comme le souligne la citation ci-dessous. La forte croissance du nombre de lignes a en r&#233;alit&#233; commenc&#233; bien avant la privatisation puisque qu'on &#224; n'en comptait que 30000 en 1988. Enfin les syndicats exercent une vigilance de tout instant sur l'&#233;volution de leur op&#233;rateur et il existe dans ce pays l'un des meilleurs observatoires du monde des t&#233;l&#233;communications, ind&#233;pendant des autorit&#233;s, via l'association OSIRIS dont les analyses font r&#233;f&#233;rence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;OSIRIS par la voie de son Pr&#233;sident M. Amadou Top s'est cependant rang&#233;, &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une livraison r&#233;cente de Batik, la lettre mensuelle de cette association, on peut lire cette analyse sans complaisance : &#171; Dans un pays comme le S&#233;n&#233;gal, dont les indicateurs de t&#233;l&#233;communication sont pr&#233;sent&#233;s comme &#233;tant les meilleurs d'Afrique de l'Ouest, le processus de r&#233;gression est d&#233;sormais fortement engag&#233; depuis que le contr&#244;le de France T&#233;l&#233;com s'exerce sur tous les segments de la Sonatel, cette entreprise nationale qui faisait jadis la fiert&#233; des S&#233;n&#233;galais. Depuis quelques ann&#233;es, le taux de mortalit&#233; des t&#233;l&#233;centres ne cesse de s'accro&#238;tre tandis que les fournisseurs de services Internet ferment les uns apr&#232;s les autres &#224; l'image du M&#233;tissacana qui fut pourtant le pionnier des cybercaf&#233;s en Afrique de l'ouest, ou encore des op&#233;rateurs de terminaisons d'appels. Les cybercaf&#233;s qui avaient pouss&#233; comme des champignons s'&#233;tiolent et disparaissent sous les coups de boutoir du couple Sonatel/France T&#233;l&#233;com qui a les yeux riv&#233;s d'une part sur les cours de la bourse d'Abidjan et d'autre part sur les dettes abyssales de France T&#233;l&#233;com &#224; qui un journal fran&#231;ais a d&#233;cern&#233; le titre peu glorieux d'entreprise la plus endett&#233;e de tous les temps. R&#233;sultat des courses, on se retrouve avec des objectifs ridicules d'accroissement du nombre de lignes fixes de 350 000 nouvelles unit&#233;s en 10 ans alors que les besoins sont de 500 000 de lignes par an pour atteindre une t&#233;l&#233;densit&#233; de 30 lignes t&#233;l&#233;phoniques pour 100 habitants &#224; l'or&#233;e 2007. Quant &#224; la t&#233;l&#233;phonie rurale, son d&#233;veloppement est report&#233; aux calendes grecques et la Sonatel, bien que ne trouvant aucun int&#233;r&#234;t &#224; la d&#233;velopper, s'arc-boute sur son monopole et interdit la mise en place de toute solution alternative. Enfin, l'Agence de R&#233;gulations des T&#233;l&#233;communications (ART), dont la naissance avait &#233;t&#233; salu&#233;e par un grand nombre d'acteurs, s'av&#232;re &#234;tre un arbitre impuissant, en l'absence des ressources techniques et juridiques indispensables &#224; son fonctionnement. D&#233;pourvue de v&#233;ritables moyens d'actions et de sanctions, elle assiste, d&#233;sarm&#233;e, au tir au pigeon contre les op&#233;rateurs nationaux qui se font descendre l'un apr&#232;s l'autre par France T&#233;l&#233;com et son bras arm&#233; qu'est la Sonatel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Batik num&#233;ro 42 de d&#233;cembre 2002&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que montre l'exp&#233;rience s&#233;n&#233;galaise ? Elle est avant tout rentable pour France T&#233;l&#233;com, et certains dans le pays, jusqu'au plus haut niveau de l'Etat se demandent si les b&#233;n&#233;fices r&#233;alis&#233;s dont une bonne partie sont rapatri&#233;e par l'op&#233;rateur fran&#231;ais, ne sont pas choquants eu &#233;gard au besoin du S&#233;n&#233;gal en mati&#232;re d'investissement, et si ces sommes ne seraient pas mieux utilis&#233;es dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs ces importants d&#233;veloppements se sont fait sans augmentation du nombre de salari&#233;s. A l'image de ce qui s'est pass&#233; &#224; France T&#233;l&#233;com, la SONATEL s'est transform&#233;e en entreprise commerciale, faisant largement appel &#224; la sous-traitance pour les travaux techniques. Si le personnel de la SONATEL a vu sa situation s'am&#233;liorer du point de vue des revenus, il reste &#224; enqu&#234;ter sur les conditions de travail et les salaires des employ&#233;s des entreprises sous-traitantes. Le d&#233;veloppement des t&#233;l&#233;communications a entra&#238;n&#233; derri&#232;re lui la cr&#233;ation de nombreuses petites entreprises. Celles qui s'&#233;taient construites sur l'import - export et la fourniture de mat&#233;riel &#224; la SONATEL sont maintenant menac&#233;es par les &#233;conomies entreprises au sein du groupe France T&#233;l&#233;com. En effet la maison m&#232;re tente d'imposer &#224; ses filiales des achats group&#233;s et centralis&#233;s de fourniture pour diminuer ses co&#251;ts&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces derniers &#233;l&#233;ments nous ont &#233;t&#233; fournis oralement au cours d'une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux performances, elles sont au mieux comparables &#224; la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente d'autant plus que la SONATEL b&#233;n&#233;fice toujours du monopole sur la t&#233;l&#233;phonie fixe. M&#234;me si on ne peut parler de monopole non r&#233;gul&#233;, le S&#233;n&#233;gal ne constitue-t-il pas un exemple de ce que constate Joseph E. Stiglitz lorsqu'il &#233;crit : &#171; Privatiser un monopole non r&#233;glement&#233; rapporte plus gros &#224; l'Etat, et le FMI se focalise bien plus sur les probl&#232;mes macro&#233;conomiques tel l'important d&#233;ficit public que sur les probl&#232;mes structurels comme l'efficacit&#233; et la comp&#233;titivit&#233; de l'industrie. Que les monopoles se soient ou non montr&#233;s plus efficaces que l'Etat pour produire, ils ont &#233;t&#233; souvent plus efficaces pour exploiter leur position de monopole, par cons&#233;quent les consommateurs ont souffert&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La grande d&#233;sillusion Fayard 2002 p.90-91&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin le processus de d&#233;r&#233;glementation n'est pas termin&#233; et doit &#234;tre appr&#233;hend&#233; dans la dur&#233;e. En 2004, le S&#233;n&#233;gal va ouvrir la t&#233;l&#233;phonie fixe &#224; la concurrence. De nouvelles &#233;conomies sont &#224; pr&#233;voir au d&#233;triment des investissements, qui seront toujours mieux cibl&#233;s en direction des clients les plus r&#233;mun&#233;rateurs, des conditions de travail du personnel, jusqu'ici acquis &#224; la privatisation, mais aussi du service public et de l'&#233;galit&#233; d'acc&#232;s aux services de t&#233;l&#233;communications qui n'est toujours pas acquis pour les populations d&#233;favoris&#233;es et en particulier celles des zones rurales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.4 La question des prix&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question des prix demanderait un travail complexe. L'intervention de statisticiens appara&#238;t n&#233;cessaire pour entamer une &#233;tude approfondie des m&#233;thodes de calcul des indices des prix &#171; t&#233;l&#233;communications &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'INSEE en produit tous les mois. Signalons que l'indice g&#233;n&#233;ral des prix (&#8230;)&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour d&#233;fendre la d&#233;r&#233;glementation les n&#233;o-lib&#233;raux affirment que les prix ont baiss&#233;. C'est incontestable sur les communications internationales, le mod&#232;le appliqu&#233; n'&#233;tant rien d'autre que celui que nous connaissons en France. Celui-ci est bas&#233; sur la &#171; v&#233;rit&#233; des prix &#187; et consiste &#224; augmenter l'abonnement que tout le monde paye et les communications locales qui constituent et de loin le trafic le plus important. Il faut bien sur mentionner le trafic Internet factur&#233; au tarif local avec une ristourne. Les baisses sur les longues distances et surtout sur l'internationale ne touchent en r&#233;alit&#233; qu'une minorit&#233; de clients. Il est vrai qu'en Afrique les tarifs sur l'international &#233;taient particuli&#232;rement &#233;lev&#233;s. Ainsi la question des prix ne peut &#234;tre tranch&#233;e aussi rapidement. D'autant que certains observateurs se demandent si les baisses ne devraient pas &#234;tre plus importantes. Ainsi M. Pasquali ancien sous-directeur de l'UNESCO du secteur communication &#233;crit dans un article r&#233;cent : &#171; Il y a quelques ann&#233;es &#224; peine, on pronostiquait qu'une heure de conversation t&#233;l&#233;phonique Europe/USA ne co&#251;terait bient&#244;t plus qu'un dollar, et que l'usage des c&#226;bles sous-marins par les grands op&#233;rateurs reviendrait &#224; un dix-milli&#232;me de dollar l'heure. Inutile de r&#234;ver, tout comme leurs coll&#232;gues d'Internet, les op&#233;rateurs t&#233;l&#233;phoniques essaient maintenant de r&#233;cup&#233;rer co&#251;te que co&#251;te les centaines de milliards perdus. Adieux donc le t&#233;l&#233;phone bon march&#233; ! Nous et nos enfants aurons &#224; combler les pertes des deux sp&#233;culations les plus gigantesques de l'histoire de l'&#233;conomie, et si nous sommes du tiers monde et de surcro&#238;t latino-am&#233;ricains, &#224; un prix plus &#233;lev&#233; que dans les pays du Nord, que nous finissons toujours par financer (d'apr&#232;s une &#233;tude conjointe Economist Intelligence Unit et Eurodata, le V&#233;n&#233;zu&#233;la, l'Argentine et le Mexique ont la t&#233;l&#233;phonie internationale la plus ch&#232;re du monde, plus-values qui vont d&#233;sormais dans les poches des multinationales propri&#233;taires des r&#233;seaux locaux)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La &#171; Soci&#233;t&#233; de l'Information &#187; des pr&#233;c&#233;dents qui plaident pour la mise en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons enfin qu'on semble assister &#224; l'amorce d'une inversion de tendance. Aux Etats-Unis, toujours pr&#233;sent&#233;s comme le pays par qui tout arrive en mati&#232;re de d&#233;r&#233;gulation, ce qui est particuli&#232;rement vrai pour les t&#233;l&#233;communications, les op&#233;rateurs longues distances viennent tous d'annoncer les uns apr&#232;s les autres des augmentations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.5 Quelques exemples d'&#233;chec&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A c&#244;t&#233; de cet exemple pour le moins nuanc&#233;, qu'en est-il des autres op&#233;rations de privatisation ? Nous ne pouvons pr&#233;tendre &#224; des &#233;tudes exhaustives, tout juste nous contenterons-nous de livrer quelques informations parcellaires mais r&#233;v&#233;latrices de difficult&#233;s r&#233;sultant des privatisations. En Guin&#233;e, 7 ans apr&#232;s l'entr&#233;e de Telecom Malaysia dans l'op&#233;rateur, la situation de la SOTELGUI est pr&#233;occupante &#224; tout point de vue. &#171; La SOTELGUI, une soci&#233;t&#233; en panne &#187; titrait r&#233;cemment Guin&#233;e News le 27 juillet 2002 avant de d&#233;noncer les multiples dysfonctionnements au sein de l'op&#233;rateur. Celui-ci n'a par ailleurs raccord&#233; que 22000 nouvelles lignes entre 1997 et 2002 alors que l'objectif &#233;tait de 100000 en l'an 2000. L'Etat guin&#233;en et Malaysia Telecom sont d'ailleurs en conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Ghana, o&#249; Malaysia Telekom d&#233;tenait 30% des parts de l'op&#233;rateur, le gouvernement a d&#233;cid&#233; de ne pas renouveler l'accord avec cet op&#233;rateur en raison de performances jug&#233;es insuffisantes mais aussi apr&#232;s la d&#233;couverte de plusieurs op&#233;rations illicites. Le contrat de 6 ans qui liait Telekom Malaysia et le gouvernement du Ghana pour la gestion de Ghana Telecom arrive &#224; &#233;ch&#233;ance le 2 mars 2002. Le gouvernement ghan&#233;en a annonc&#233; sa d&#233;cision de ne pas le reconduire, apparemment pour cause de manque de performances. Il semble aussi que le gouvernement actuel reproche en Malaysia Telecom son soutien au pouvoir pr&#233;c&#233;dent de Jerry Rawlings. Rappelons au passage qu'un des arguments des lib&#233;raux c'est que la lib&#233;ralisation doit lib&#233;rer les op&#233;rateurs des contraintes politiques qui p&#232;sent sur leur d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement entendait vendre une partie de ses 70% de part dans le capital de Ghana Telecom et lib&#233;raliser le secteur. L'objectif du gouvernement &#233;tait d'augmenter le nombre de lignes fixes jusqu'&#224; 400 000 ce qui constitue tout de m&#234;me un objectif assez peu ambitieux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Informations datant de f&#233;vrier 2002 issues du site Africanti&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais on apprenait tout r&#233;cemment qu'un accord de gestion venait d'&#234;tre sign&#233; avec Telecom Norway (Telenor, soci&#233;t&#233; norv&#233;gienne) et que l'Etat souhaite r&#233;cup&#233;rer les 30% de capital que poss&#233;dait Malaysia Telecom&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Afrique du Sud, o&#249; les syndicats ont r&#233;cemment fait gr&#232;ve contre les privations apr&#232;s avoir d&#233;nonc&#233; quelques 20000 suppressions d'emplois Telkom, le nombre de lignes a diminu&#233; selon le dernier rapport de l'UIT. Durant l'ann&#233;e 2000, pr&#232;s de 500000 lignes auraient &#233;t&#233; d&#233;connect&#233;es pour fraude ou non-paiement ce qui a amen&#233; une baisse de la t&#233;l&#233;densit&#233; en un an de 12,2 &#224; 11,36. En mars 2003, Telkom a &#233;t&#233; introduit en bourse apr&#232;s la vente de 25% suppl&#233;mentaire de son capital. Selon JA l'Intelligent, cette vente &#171; a renflou&#233; les caisses publiques de 3,9 milliards de rands (moins de 449 millions d'euros). Un montant largement inf&#233;rieur aux 5,7 milliards de rands escompt&#233;s. Si l'offre avait eu lieu, comme pr&#233;vu, en 2002, elle aurait permis de r&#233;colter plus de 25 milliards de rands&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Afrique du Sud , Privatisation au forceps, JA l'Intelligent du 23 mars 2003&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.5 Comparer avec les op&#233;rateurs rest&#233;s publics&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin l'analyse serait incompl&#232;te si l'on ne comparait avec les op&#233;rateurs rest&#233;s totalement propri&#233;t&#233; de l'Etat. En Afrique du Nord, sur l'ensemble de la r&#233;gion, la t&#233;l&#233;densit&#233; est pass&#233;e de 4,59 en 1995 &#224; 7,35 en 2000 alors qu'en Afrique du sud, sur la m&#234;me p&#233;riode elle passait de 10,14 &#224; 11,36, tandis qu'&#224; Maurice, privatis&#233;e aussi seulement en 2000, elle passait de 13,21 &#224; 23,5. Certes la sant&#233; d'un op&#233;rateur et son efficacit&#233; ne saurait se mesurer &#224; la seule t&#233;l&#233;densit&#233; mais il n'en reste pas moins un indicateur de premier ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'en est-il m&#234;me des op&#233;rateurs des pays les plus pauvres du monde comme le Mali et le Burkina Faso. La t&#233;l&#233;densit&#233; est pass&#233; pour ces deux pays respectivement entre 1995 et 2000 respectivement de 0,16 &#224; 0,35et de 0,29 &#224; 0,45, et le nombrede lignes 17200 en 1995&#224; 39200 en 2000et de 30000 en 1995 &#224; 53800 ce qui signifie pour chacun un doublement du nombre de leur lignes avec un effort r&#233;el pour la t&#233;l&#233;phonie rurale. Ces deux pays arrivent respectivement en 18 et 19 &#232;me rang des op&#233;rateurs africains avec des CA respectivement de 55,5 millions de dollars et 52,7 millions et des r&#233;sultats nets de 10,3 millions et 1,8 millions de dollars. Ces exemples montrent qu'une entreprise publique peut tr&#232;s bien s'en sortir et ce dans des conditions pourtant souvent difficiles. En effet, les Etats disposant souvent dans les t&#233;l&#233;communications de la seule entreprise v&#233;ritablement rentable, n'h&#233;sitent pas &#224; ponctionner dans les comptes des op&#233;rateurs pour d'autres investissements et restent souvent d&#233;biteurs de grosses factures impay&#233;es. La raret&#233; des lignes entra&#238;ne &#233;videmment ici ou l&#224; des facilit&#233;s pour le personnel d'arrondir ses fins de mois par quelques petits services mais l'attachement au service public reste cependant des valeurs largement partag&#233;es qui pourraient certainement &#234;tre mieux mis &#224; profit dans un environnement plus propice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car aujourd'hui les pays subissent de tr&#232;s fortes pressions de la part du FMI et de la Banque Mondiale qui place parmi les privatisations celle du secteur des t&#233;l&#233;communications en priorit&#233;. Outre la d&#233;mobilisation du personnel que cela entra&#238;ne, les plans de d&#233;veloppement sont souvent suspendus en attente de l'arriv&#233;e d'un partenaire strat&#233;gique de plus en plus hypoth&#233;tique, si l'on s'en tient aux difficult&#233;s accrues &#224; en trouver &#224; des conditions acceptables. A cela ajoutons, les surfacturations dues &#224; l'&#233;loignement des fournisseurs qui entra&#238;nent de surco&#251;ts non seulement pour le mat&#233;riel, mais aussi pour communiquer avec eux, pour les &#233;tudes et l'installation du mat&#233;riel, et bien &#233;videmment pour la maintenance sans compter les d&#233;lais de livraison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5 El&#233;ments pour un deuxi&#232;me constat : des cons&#233;quences indirectes n&#233;fastes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5.1 Une mutation du r&#233;seau au d&#233;triment des op&#233;rateurs des pays en d&#233;veloppement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Qu&#233;au pointe les dangers du bouleversement actuellement en cours. &#171; On estime que vers 2010, la quasi totalit&#233; du trafic t&#233;l&#233;phonique mondial sera &#171; intern&#233;tis&#233; &#187;. C'est-&#224;-dire que les communications vocales de t&#233;l&#233;phone &#224; t&#233;l&#233;phone emprunteront, &#224; un moment ou &#224; un autre, les autoroutes de l'information. Les op&#233;rateurs de l'Internet vont monter en puissance en devenant &#233;galement des transporteurs de trafic vocal. Les cons&#233;quences de ce bouleversement technologique seront consid&#233;rables. Plus de n&#233;gociations bilat&#233;rales entre pays. Il n'existera qu'un grand tout le nuage Internet, auquel il faudra se connecter. Les appels seront achemin&#233;s par tel ou tel op&#233;rateur, au gr&#233; des accords contractuels entre fournisseurs d'acc&#232;s Internet. Chaque pays devra n&#233;gocier sa connectivit&#233; Internet, y compris celle du t&#233;l&#233;phone appel&#233;e VOIP (Voice Over Internet Protocol) dans une relation client &#224; oligopole. On peut pr&#233;voir d'&#226;pres n&#233;gociations commerciales avec les grandes compagnies comme Worldcom, ATT ou C&#226;ble et Wireless. Le bilan pour les PED risque d'&#234;tre particuli&#232;rement s&#233;v&#232;re. Hier ils recevaient 50% des b&#233;n&#233;fices g&#233;n&#233;r&#233;s par des appels t&#233;l&#233;phoniques. Demain ils devront payer 100% de tous les co&#251;ts de communication&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'In&#233;galit&#233; des &#233;changes num&#233;riques &#187; dans Le Foss&#233; num&#233;rique, L'Internet, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mutation se traduit par une perte de recettes pour les pays en d&#233;veloppement &#224; la merci du reroutage. Ces pratiques sont peu connues et m&#233;riteraient l'apport, pour une description d&#233;taill&#233;e, de professionnels de la facturation des communications internationales. Il semble en effet qu'elles ont eu pour effet de d&#233;poss&#233;der les op&#233;rateurs des PVD de la ma&#238;trise des circuits des communications internationales mais aussi que ces op&#233;rateurs se trouvent &#224; la merci de routeurs peu scrupuleux faute d'une connaissance pr&#233;cise des m&#233;canismes en cours&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On vend en effet aujourd'hui des minutes de communications en grande (&#8230;)&#034; id=&#034;nh34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Annie Ch&#233;neau Loquay &#233;crit : &#171; Autre exemple de cette emprise ext&#233;rieure, la remise en cause unilat&#233;rale, par les Etats-Unis, de la taxe qui r&#233;partissait &#224; peu pr&#232;s &#224; &#233;galit&#233; les revenus des appels internationaux entre l'&#233;metteur et le r&#233;cepteur. Cette remise en cause occasionne une perte de ressources parfois consid&#233;rable pour les pays les plus pauvres, ceux qui re&#231;oivent plus d'appels qu'ils n'en &#233;mettent : &#171; Pour une fois la pauvret&#233; payait. (...) Recevoir des appels internationaux &#233;tait pour certains leur plus importante industrie d' &#171; exportation &#187; : en 1996, ces pays recueillaient quelque 10 milliards en devises ext&#233;rieures. Quand, courant 2002, le march&#233; sera totalement lib&#233;ralis&#233;, les Etats-Unis ne paieront plus au S&#233;n&#233;gal que 23 cents pour une minute de trafic, au lieu de 1,8 dollars aujourd'hui. Pourtant, le d&#233;ficit des Etats-Unis dans le trafic international est largement d&#251; &#224; leurs op&#233;rateurs qui proposent aux abonn&#233;s du monde entier des solutions ill&#233;gales dans la plupart des pays : le r&#233;tro appel (call back) et le re-routage (passage de la communication par un pays tiers)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quand l'Etat dispara&#238;t : Man&#339;uvres autour des t&#233;l&#233;coms africaines Annie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5.2 La remise en cause des strat&#233;gies nationale, r&#233;gionale et continentale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;r&#233;glementation entra&#238;ne d'autres cons&#233;quences.Les anciens op&#233;rateurs publics deviennent petit &#224; petit des instruments de la strat&#233;gie des op&#233;rateurs internationaux, d&#233;nomm&#233;s &#171; partenaires strat&#233;giques &#187;. Les op&#233;rateurs se retrouvent pris entre des strat&#233;gies de d&#233;veloppement national des Etats et celles des g&#233;ants internationaux et nul doute que les arbitrages se jouent le plus souvent au profit des seconds. Dans le cas le plus d&#233;favorable comme au Ghana par exemple, le pays se trouve oblig&#233; de se s&#233;parer de son op&#233;rateur strat&#233;gique ce qui ne peut qu'entra&#238;ner un retard dans leur d&#233;veloppement du r&#233;seau et un affaiblissement face &#224; la concurrence accrue d'autant plus que les Etats avaient tendance &#224; se reposer sur les op&#233;rateurs strat&#233;giques pour &#233;laborer leur plan de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut que s'interroger sur les retards accumul&#233;s par le projet RASCOM, l'un des plus anciens projets panafricains qui consiste &#224; lancer un satellite capable d'offrir un acc&#232;s au r&#233;seau pour tous les villages. Longtemps, les Europ&#233;ens en ont refus&#233; le financement alors que beaucoup d'op&#233;rateurs &#233;taient engag&#233;s dans Iridium, Globalstar ou ICO, autres projets satellitaires tous tomb&#233;s en faillite depuis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le projet Iridium a &#233;t&#233; ressuscit&#233; r&#233;cemment &#224; la suite de sa reprise &#224; un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, responsables de g&#226;chis et de pertes importantes. Les g&#226;chis ainsi accumul&#233;s sont aujourd'hui factur&#233;s de fa&#231;on indirecte aux consommateurs comme nous l'avons vu plus haut&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir citation de M. Pasquali&#034; id=&#034;nh37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce n'est que lorsque la perspective de voir RASCOM financ&#233; par les am&#233;ricains paraissait imminente que l'Europe s'est finalement v&#233;ritablement int&#233;ress&#233;e au projet. Un accord de partenariat de type BOT (Build Operate, Transfert)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alcatel doit enti&#232;rement installer le syst&#232;me &#224; ses frais en recherchant les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a alors &#233;t&#233; finalement sign&#233; avec ALCATEL, charg&#233; de la construction et du lancement du satellite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais autant qu'aujourd'hui la possibilit&#233; de cr&#233;er une industrie et une recherche continentales n'a paru autant n&#233;cessaire du fait du d&#233;veloppement important du secteur et pour une longue p&#233;riode compte tenu des immenses besoins non satisfaits. Il existe d'ailleurs semble-t-il des exemples d'industrie locale de fabrication de c&#226;bles en Alg&#233;rie mais la proximit&#233; des op&#233;rateurs internationaux avec leurs fournisseurs occidentaux en &#233;loignent sans doute &#224; jamais la perspective faute d'une volont&#233; politique continentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5.3 La disparition de la coop&#233;ration bilat&#233;rale, la mutation de l'UIT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La coop&#233;ration bilat&#233;rale en mati&#232;re de t&#233;l&#233;communications, nous l'avons d&#233;j&#224; vu, a pratiquement disparu en France. Le dispositif en place est aujourd'hui au service des op&#233;rateurs et constructeurs fran&#231;ais ou europ&#233;ens. Les d&#233;tachements au service de missions de coop&#233;ration que ce soit aupr&#232;s d'op&#233;rateurs africains ou m&#234;me de l'UIT sont suspendus. L'Agence Fran&#231;aise de D&#233;veloppement est au premier rang des acteurs. Le soutien va &#224; la mise en place des autorit&#233;s de r&#233;gulation ou &#224; la d&#233;finition de service universel &#224; l'image de la mutation que nous avons connue en France et en Europe de la notion de service publique &#224; celle de service universel. Les ONG, les plus importantes, sont parfois mises au m&#234;me plan que les soci&#233;t&#233;s de service et ont pour mission de r&#233;pondre et de remporter les appels d'offre des diff&#233;rents organismes internationaux avec pour objectif que le volume des march&#233;s remport&#233;s d&#233;passent les cotisations de la France &#224; ces m&#234;mes organismes ou agences internationales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir les discours tenus lors des rencontres fran&#231;aises de la coop&#233;ration (&#8230;)&#034; id=&#034;nh39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'UIT, la derni&#232;re pl&#233;nipotentiaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La conf&#233;rence des Etats charg&#233;s de prendre des d&#233;cisions sur les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; semble avaliser la dangereuse d&#233;rive qu'elle subit depuis quelques ann&#233;es que nous avons &#233;voqu&#233;e ci-dessus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir aussi la fin du paragraphe 4.2&#034; id=&#034;nh41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les pouvoirs donn&#233;s aux op&#233;rateurs et soci&#233;t&#233;s de service sont de plus en plus importants au d&#233;triment de ceux des Etats par un proc&#233;d&#233; qui consiste entre autre pour les plus riches &#224; priver l'UIT de ressources pour la faire d&#233;pendre des grosses soci&#233;t&#233;s de t&#233;l&#233;communications. Faute de moyens pour organiser des formations, ce travail est par exemple confi&#233; &#224; Cisco qui en profite pour ouvrir des acad&#233;mies du m&#234;me nom dans diff&#233;rents pays africains cens&#233;s dispenser des formations dont on imagine bien que l'objectif consiste &#224; rendre le personnel ainsi form&#233;, d&#233;pendant du mat&#233;riel de cette compagnie. L'UIT semble plut&#244;t pr&#233;occup&#233; par son autojustification. Ainsi dans les commentaires accompagnant les statistiques publi&#233;es fin 2001, l'ann&#233;e 2000 est jug&#233;e &#171; historique &#187; pour les t&#233;l&#233;communications africaines pour trois raisons. &#171; Premi&#232;rement l'Internet a fait son entr&#233;e dans les quelques pays qui n'y avaient pas encore acc&#232;s. Deuxi&#232;mement, l'Afrique subsaharienne a franchi le seuil d'un abonn&#233; au t&#233;l&#233;phone pour cent habitants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le calcul de cet indicateur a &#233;t&#233; effectu&#233; en additionnant les lignes fixes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Troisi&#232;mement, un nombre croissant de licences ont &#233;t&#233; octroy&#233;es pour les services mobiles et les privatisations se sont multipli&#233;es dans le secteur. Le continent a donc abord&#233; ce nouveau si&#232;cle en tout optimisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Indicateur des t&#233;l&#233;communications africaines ann&#233;e 2001 page 1&#034; id=&#034;nh43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; . Et de se satisfaire un peu plus loin : &#171; Nous pouvons dire adieu aux clich&#233;s dont l'un est que la ville de Tokyo &#224; elle seule compte plus de t&#233;l&#233;phones que la totalit&#233; du continent africain &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. JL Fullsack, ancien expert de l'UIT &#233;crit ainsi en introduction de quelques exemples de d&#233;cisions prises r&#233;cemment : &#171; nous voulons montrer par quelques exemples fort diff&#233;rents combien l'UIT s'est engag&#233;e sans &#233;tats d'&#226;me dans la mouvance n&#233;olib&#233;rale en se compromettant ici ou l&#224; dans des aventures hasardeuses, d'autre part comment l'UIT n'a pas su trouver de solutions ad&#233;quates au d&#233;veloppement sinon harmonieux du moins coordonn&#233; des t&#233;l&#233;communications. Elle a ainsi failli &#224; r&#233;pondre &#224; l'attente et aux espoirs justifi&#233;s des Pays en D&#233;veloppement et tout particuli&#232;rement les Pays africains, qui en sont pourtant les Membres les plus convaincus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; L'UIT, la vieille dame des t&#233;l&#233;communications, dans la tourmente (&#8230;)&#034; id=&#034;nh44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6 Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6.1 Un bilan encore provisoire et pour le moins mitig&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce travail se veut plus un appel &#224; poursuivre ce qui ne constitue qu'une &#233;bauche de pistes ouvertes plut&#244;t qu'un travail achev&#233;. Compte tenu de l'ampleur du travail &#224; r&#233;aliser et des comp&#233;tences diverses n&#233;cessaires, ne faut-il pas faire appel &#224; des &#233;quipes pluridisciplinaires, &#233;conomiste, statisticiens, sociologues, g&#233;ographes, mais aussi personnel d'op&#233;rateurs ou de bureau d'&#233;tude du secteur, membres de l'UIT et bien s&#251;r militants syndicaux et animateurs d'ONG ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce premier aper&#231;u, alors que la privatisation s'est effectu&#233;e en maintenant le monopole sur le fixe, permet-il d'affirmer la sup&#233;riorit&#233; des op&#233;rateurs privatis&#233;s sur les op&#233;rateurs publics, ou que la d&#233;r&#233;glementation est un succ&#232;s ? Les op&#233;rateurs publics doivent certes s'am&#233;liorer mais ce premier bilan partiel des privatisations para&#238;t pour le moins mitig&#233;. Les &#233;checs sont nombreux, et l'exp&#233;rience du S&#233;n&#233;gal souvent montr&#233;e en exemple m&#233;rite discussion. Car si la &#171; performance &#187; de l'op&#233;rateur s'est am&#233;lior&#233;e, l'objectif du d&#233;senclavement des villages par le r&#233;seau fixe est loin d'&#234;tre atteint alors qu'il devrait &#234;tre consid&#233;r&#233;, pour le moins, comme une des priorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes le d&#233;veloppement des op&#233;rateurs publics est souvent frein&#233; par des ponctions de l'Etat. Les ponctions op&#233;r&#233;es par les &#171; partenaires strat&#233;giques &#187; des op&#233;rateurs privatis&#233;s sur les b&#233;n&#233;fices au profit des maisons m&#232;res &#224; la recherche de nouveaux march&#233;s pour compenser les pertes de march&#233; sur leur territoire d'ancien op&#233;rateur historique ou pour rembourser leur dette sont-elle pour autant des perspectives &#224; promouvoir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par exemple le quotidien La Tribune destin&#233; aux entreprises &#233;crit dans son (&#8230;)&#034; id=&#034;nh45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Quant &#224; la sup&#233;riorit&#233; des uns par rapport aux autres, rien ne permet de dire qu'elle provient de la privatisation. Des analyses g&#233;ographiques ou historiques apparaissent m&#234;me sans doute plus pertinentes quand on consid&#232;re le formidable d&#233;veloppement de l'Afrique du Nord, l'Afrique du Sud ou l'Ile Maurice. Le S&#233;n&#233;gal compte tenu de son originalit&#233; et de l'histoire r&#233;cente de son op&#233;rateur m&#233;rite une &#233;tude particuli&#232;re et la prudence reste de mise, du fait de sa d&#233;pendance envers France T&#233;l&#233;com et en attente de ce qui se passera les ann&#233;es &#224; venir alors que la t&#233;l&#233;phonie fixe va s'ouvrir &#224; la concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux pays les plus pauvres, que l'op&#233;rateur de t&#233;l&#233;communications soit privatis&#233; ou non, ils rencontrent tous de grandes difficult&#233;s du fait d'une d&#233;sorganisation interne et de l'ampleur des financements n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi contrairement &#224; ce qu'affirment les lib&#233;raux pour se justifier, la privatisation ne permet pas de d&#233;velopper les t&#233;l&#233;communications des pays pauvres qui ont besoin de financement et ne sauraient donc en constituer l'unique solution. Elle permet par contre aux multinationales, souvent anciens op&#233;rateurs historiques, de s'installer dans des pays oblig&#233;s de s'ouvrir par les accords de l'OMC, d'entrer dans le capital des op&#233;rateurs les plus r&#233;mun&#233;rateurs et de rapatrier ainsi une partie des b&#233;n&#233;fices r&#233;alis&#233;s en position de monopole et de compenser ainsi les pertes subies sur leur march&#233; d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux classes dirigeantes, et leurs nombreux &#171; pr&#233;dateurs &#187;, des pays o&#249; les op&#233;rateurs &#233;taient les plus prometteurs, la privatisation ne les emp&#234;che pas de continuer &#224; toucher leur rente, soit par les dividendes qu'ils touchent en tant qu'actionnaires, soit en continuant &#224; ponctionner le tr&#233;sor public nouvellement aliment&#233; par les dividendes au titre des parts que conserve l'Etat dans l'op&#233;rateur du fixe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin et ce n'est pas des moindres de l'utilit&#233; de privatisations impos&#233;es par le Fonds Mon&#233;taire international, les &#233;normes sommes vers&#233;es lors des privatisations ne sont pas investies dans le d&#233;veloppement des t&#233;l&#233;communications, puisqu'elles sont vers&#233;es au Tr&#233;sor Public. Elles sont ainsi disponibles ponctuellement pour les pr&#233;dateurs les mieux organis&#233;s mais surtout elles permettent de rembourser une partie de la dette... N'est-ce pas l&#224; le r&#244;le assign&#233; au Fonds Mon&#233;taire International ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6.2 Explorer de nouvelles pistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'est-il pas temps d'instaurer un moratoire sur les privatisations et de faire un bilan des premi&#232;res privatisations avant d'aller plus loin alors que les r&#233;sultats apparaissent pour le moins nuanc&#233;s et que de nombreux pays &#233;prouvent des difficult&#233;s &#224; trouver des partenaires strat&#233;giques ? Mais surtout les Etats ne doivent-ils pas retrouver la ma&#238;trise de leur politique nationale y compris dans le domaine des t&#233;l&#233;communications ? Et ce d'autant plus que dans un certain nombre de pays, la d&#233;mocratie progresse permettant &#224; la soci&#233;t&#233; civile de commencer &#224; jouer son r&#244;le de contr&#244;le citoyen m&#234;me si de nombreux progr&#232;s restent n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une piste n'a pas &#233;t&#233; explor&#233;e, celle de la refondation des services publics des t&#233;l&#233;communications. Elle para&#238;t certes aujourd'hui difficile compte tenu des fortes pressions exerc&#233;es par les institutions de Brenton Wood mais elle permettrait d'esp&#233;rer une meilleure prise en compte des besoins des populations. Pourquoi ne pas laisser se d&#233;velopper des op&#233;rateurs historiques rest&#233;s propri&#233;t&#233; publique mais qui cette fois s'appuieraient non seulement sur une mobilisation du personnel motiv&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A noter par exemple depuis quelques temps l'implication du syndicat des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais aussi de sa population qui a montr&#233;, lorsqu'il le faut, sa capacit&#233; &#224; s'investir physiquement mais aussi financi&#232;rement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un certain nombre de villages pourraient directement participer au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les op&#233;rateurs qui pourraient b&#233;n&#233;ficier de pr&#234;ts avantageux aupr&#232;s des Banques Nationales ou Interafricaines et d'une coop&#233;ration r&#233;nov&#233;e s'appuyant sur des partenaires ext&#233;rieurs tout aussi motiv&#233;s et sur une aide au d&#233;veloppement plus importante comme le r&#233;clament depuis longtemps les soci&#233;t&#233;s civiles d'Europe et d'Afrique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous souhaitons collaborer &#224; une telle exp&#233;rience &#224; CSDPTT. Apr&#232;s avoir d'abord connect&#233; quelques villages au r&#233;seau t&#233;l&#233;phonique, nous avons commenc&#233; &#224; rassembler quelques professionnels du secteur issus de diff&#233;rents niveaux hi&#233;rarchiques et de diff&#233;rentes professions. Nous souhaitons travailler plus globalement avec un op&#233;rateur tent&#233; par l'exp&#233;rience. En effet nos actions concr&#232;tes s'accompagnent d'un travail critique des &#233;volutions actuelles mais d'une r&#233;flexion prospective pour une alternative cr&#233;dible N'est-il pas temps de lib&#233;rer &#171; le g&#233;nie cr&#233;ateur du peuple &#187; selon l'expression de Thomas Sankara. Plus r&#233;cemment Aminata Traor&#233; a &#233;crit que &#171; la r&#233;habilitation de notre imaginaire viol&#233; est un enjeu &#224; la fois &#233;conomique, politique et civilisationnel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Viol de l'Imaginaire p.12 Actes Sud janvier 2002&#034; id=&#034;nh48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; et pr&#233;cise plus loin : &#171; Le d&#233;tournement des ressources africaines de la satisfaction des besoins vitaux des populations, la d&#233;pendance financi&#232;re, technologique et politique, la d&#233;possession des chercheurs et d&#233;cideurs des outils th&#233;oriques et des cadres analytiques indispensables pour comprendre nos soci&#233;t&#233;s comptent parmi les maux dont on ne vient &#224; bout qu'en imaginant ou en optant pour un autre monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem p178 179&#034; id=&#034;nh49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bruno Jaffr&#233;&lt;br class='manualbr' /&gt;Pr&#233;sident de CSDPTT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;http://www.csdptt.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CSDPTT&lt;/a&gt;, novembre 2003)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La situation du secteur des t&#233;l&#233;communications est extr&#234;mement mouvante en Afrique. Aussi les informations publi&#233;es ici peuvent pour certaines &#234;tre dat&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;http://www.journaldunet.com/cc/01_internautes/inter_nbr_mde.shtml&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.journaldunet.com/cc/01_internautes/inter_nbr_mde.shtml&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Discours prononc&#233; &#224; l'ouverture de la Conf&#233;rence Mondiale du D&#233;veloppement des T&#233;l&#233;communications (CDMT 02) en mars 2002 &#224; Istanbul&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette d&#233;claration a &#233;t&#233; faite avant que ne d&#233;bute la pr&#233;paration du Sommet Mondial de la Soci&#233;t&#233; de l'Information. La derni&#232;re monture de la d&#233;claration de Principe disponible avant le Sommet, pr&#233;vu du 10 au 12 d&#233;cembre 2003, n'&#233;voquait que le raccordement de tous les villages &#224; Internet pour 2015&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les d&#233;p&#234;ches des agences et les articles dans les journaux locaux aujourd'hui facilement accessibles par Internet constituent une de nos principales sources&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Num&#233;ro double 26-27 d&#233;cembre 2002 janvier 2003&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;N&#176; 88 lundi 12 novembre 2001 de Mamadou Diallo et Charles Laubier&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Indicateurs des t&#233;l&#233;communications africaines 2001 Union Internationale des t&#233;l&#233;communications. Combien de temps encore l'UIT aura le moyen de publier ces statistiques ? Des journaux suisses annon&#231;aient en octobre de graves difficult&#233;s financi&#232;res&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;http://www.csdptt.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.csdptt.org/&lt;/a&gt; rubrique &#171; lettre de CSDPTT &#187;, on y trouve les archives depuis septembre 1995 et aussi la rubrique &#171; documents &#187; qui contient de nombreux textes d'information et de r&#233;flexion&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;AFP Paris 16 f&#233;vrier 1997&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; dans RESEAUX n&#176;78 CENT 1996 par Thierry Vedel dans Les politiques des autoroutes de l'information dans les pays industrialis&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Service public, entreprises publiques et appropriation sociale, Yves Salesse, voir &#224; l'adresse &lt;a href=&#034;http://www.otherdavos.net/PDF/Salesse_-_Appropriation.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.otherdavos.net/PDF/Salesse_-_Appropriation.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Office des Postes et T&#233;l&#233;communications. Avant la privatisation un certain nombre de pays avaient entrepris de s&#233;parer les activit&#233;s postales et celles de t&#233;l&#233;communications ce qui eut pour effet de mettre les postes africaines dans de graves difficult&#233;s financi&#232;res&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J'ai pu le constater moi-m&#234;me au cours de discussions avec plusieurs cadres dirigeants en particulier au Bukina Faso et au Mali au d&#233;but des ann&#233;es 90&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Signalons aussi le Niger, o&#249; FCR poss&#232;de encore un peu moins de 1% du capital&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#233;p&#234;che de l'agence Pana du 10/08/2002&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce probl&#232;me m&#233;riterait une &#233;tude sp&#233;cifique que nous ne pouvons entreprendre ici. Il faudrait &#233;voquer la n&#233;cessit&#233; qui persiste de construire un r&#233;seau de transport pour faire transiter des donn&#233;es &#224; l'int&#233;rieur du pays ce que ne permet pas le r&#233;seau mobile, le contournement du territoire nationale par les acc&#232;s satellites tr&#232;s co&#251;teux au d&#233;triment de l'am&#233;nagement du territoire, des surco&#251;ts qu'entra&#238;ne la substitution du fixe par les mobiles etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est en tout cas un des axes qu'a choisi CSDPTT pour son action dans la pr&#233;paration du Sommet Mondial de la Soci&#233;t&#233; de l'Information et qu'a d&#233;fendu pied &#224; pied son d&#233;l&#233;gu&#233; M. Jean Louis Fullsack lors de toutes les conf&#233;rences pr&#233;paratoires&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'UIT, la vieille dame des t&#233;l&#233;communications, dans la tourmente n&#233;o-lib&#233;rale de Jean Louis Fullsack. Voir &#224; l'adresse &lt;a href=&#034;http://www.csdptt.org/article148.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.csdptt.org/article148.html&lt;/a&gt; et dans cet ouvrage du m&#234;me auteur &#171; La coop&#233;ration multilat&#233;rale dans le secteur des t&#233;l&#233;communications &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La grande d&#233;sillusion Fayard 2002 p.90&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les r&#233;flexions &#224; la fin du paragraphe 3.6 et dans la note 17 ont toute leur place ici. Soulignons aussi le choix quelque peu discutable du choix du ratio &#171; population couverte pour un r&#233;seau mobile &#187; pour rendre compte du d&#233;veloppement du r&#233;seau mobile sans doute pour des effets de marketing&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sud NTIC n&#176;10 (Suppl&#233;ment de Sud Quotidien du samedi 27 avril 2002)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Observatoire sur les Syst&#232;mes d'Information, les R&#233;seaux, et les Inforoutes au S&#233;n&#233;gal voir &lt;a href=&#034;http://www.osiris.sn/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.osiris.sn/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mensuel Economia num&#233;ro double d&#233;cembre 2002 - janvier 2003. Palmar&#232;s des entreprises africaines&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;OSIRIS par la voie de son Pr&#233;sident M. Amadou Top s'est cependant rang&#233;, &#224; l'approche du Sommet mondial de la Soci&#233;t&#233; de l'Information, derri&#232;re la proposition du &#171; pacte de solidarit&#233; num&#233;rique &#187; du pr&#233;sident s&#233;n&#233;galais Maitre Wade&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Batik num&#233;ro 42 de d&#233;cembre 2002 &lt;a href=&#034;http://www.osiris.sn/article416.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.osiris.sn/article416.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces derniers &#233;l&#233;ments nous ont &#233;t&#233; fournis oralement au cours d'une rencontre avec un dirigeant syndical de le SONATEL&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La grande d&#233;sillusion Fayard 2002 p.90-91&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'INSEE en produit tous les mois. Signalons que l'indice g&#233;n&#233;ral des prix donnait lieu &#224; une discussion permanente en regard de celui que produisait la CGT. Ce d&#233;bat n'existe pas pour les produits et services t&#233;l&#233;communications probablement car la production d'un indice alternatif demande des moyens et des comp&#233;tences pointues. Il faudrait encore v&#233;rifier que le calcul d'un tel indice (t&#233;l&#233;com) existe dans les pays africains&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La &#171; Soci&#233;t&#233; de l'Information &#187; des pr&#233;c&#233;dents qui plaident pour la mise en place d'un Tribunal International 06/2002. Voir &lt;a href=&#034;http://www.csdptt.org/article153.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.csdptt.org/article153.html&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&#034;http://www.movimientos.org/foro_comunicaci&#243;n/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.movimientos.org/foro_comunicaci&#243;n/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Informations datant de f&#233;vrier 2002 issues du site Africanti &lt;a href=&#034;http://wwwafricanti.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://wwwafricanti.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Afrique du Sud , Privatisation au forceps, JA l'Intelligent du 23 mars 2003&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'In&#233;galit&#233; des &#233;changes num&#233;riques &#187; dans Le Foss&#233; num&#233;rique, L'Internet, facteur de nouvelles in&#233;galit&#233;s. ao&#251;t 2001.Textes rassembl&#233;s par Michel Elie la Documentation Fran&#231;aise, Probl&#232;mes politiques et sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On vend en effet aujourd'hui des minutes de communications en grande quantit&#233; et chacun se livrant &#224; des surench&#232;res les discussions se font souvent au t&#233;l&#233;phone comme pour les achats de titre en bourse&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Quand l'Etat dispara&#238;t : Man&#339;uvres autour des t&#233;l&#233;coms africaines Annie Ch&#233;neau Loquay, Le Monde Diplomatique, janvier 2002&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le projet Iridium a &#233;t&#233; ressuscit&#233; r&#233;cemment &#224; la suite de sa reprise &#224; un prix d&#233;risoire d'une soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine qui a b&#233;n&#233;fici&#233; du march&#233; des communications du Pentagone&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir citation de M. Pasquali&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alcatel doit enti&#232;rement installer le syst&#232;me &#224; ses frais en recherchant les financements et r&#233;cup&#233;rer le chiffre d'affaires g&#233;n&#233;r&#233; par les services pendant dix ans. Le syst&#232;me doit ensuite &#234;tre c&#233;d&#233; progressivement &#224; RASCOM qui doit alors prendre en charge la maintenance mais r&#233;cup&#233;rer aussi les b&#233;n&#233;fices&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir les discours tenus lors des rencontres fran&#231;aises de la coop&#233;ration multilat&#233;rale des 2, 3, 4 avril 2001, organis&#233;es par le Minist&#232;re des affaires &#233;trang&#232;res&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La conf&#233;rence des Etats charg&#233;s de prendre des d&#233;cisions sur les orientations et le fonctionnement de l'UIT Voir &#224; l'adresse &lt;a href=&#034;http://www.csdptt.org/article162.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.csdptt.org/article162.html&lt;/a&gt; un compte rendu critique de cette conf&#233;rence r&#233;dig&#233; par M. Jean Louis Fullsack&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir aussi la fin du paragraphe 4.2&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le calcul de cet indicateur a &#233;t&#233; effectu&#233; en additionnant les lignes fixes et les lignes mobiles&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Indicateur des t&#233;l&#233;communications africaines ann&#233;e 2001 page 1&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#171; L'UIT, la vieille dame des t&#233;l&#233;communications, dans la tourmente n&#233;olib&#233;rale &#187; d&#233;j&#224; cit&#233;. Il d&#233;crit dans les d&#233;tails, une premi&#232;re, le fonctionnement trop m&#233;connu de cette agence de l'ONU, en particulier de son Bureau de D&#233;veloppement des T&#233;l&#233;communications. Il se livre &#224; une critique virulente de son fonctionnement et de ses orientations en appuyant son argumentation sur plusieurs exemples pr&#233;cis&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Par exemple le quotidien La Tribune destin&#233; aux entreprises &#233;crit dans son &#233;dition du 28/04/2003 : &#171; Il ne serait donc pas surprenant que Maroc Telecom, rondelette machine &#224; cash de 468 millions d'euros de profits op&#233;rationnels en 2002 soit finalement conserv&#233; &#187; (par Vivendi Universal NDLR)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A noter par exemple depuis quelques temps l'implication du syndicat des salari&#233;s des t&#233;l&#233;communications du Mali, bien que partisan de la privatisation faute d'une confiance envers les dirigeants du pays, qui intervient et mobilise le personnel pour la d&#233;fense de la SOTELMA en critiquant les insuffisances de sa direction. C'est ainsi que l'interconnexion d'IKATEL, filiale de la SONATEL s&#233;n&#233;galaise a &#233;t&#233; bloqu&#233;e, pour obtenir l'application par cette soci&#233;t&#233; de la loi sur la num&#233;rotation et pour obtenir un calculateur pour d&#233;terminer les co&#251;ts d'interconnexion&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un certain nombre de villages pourraient directement participer au financement de leur raccordement au r&#233;seau, sous forme de travaux ou d'avance financi&#232;re, comme nous avons pu le constater, sous des formes qu'il reste &#224; pr&#233;ciser pour qu'il ne soient pas l&#233;s&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La Viol de l'Imaginaire p.12 Actes Sud janvier 2002&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Idem p178 179&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>World Links, l'exp&#233;rience du S&#233;n&#233;gal</title>
		<link>https://www.osiris.sn/world-links-l-experience-du-senegal.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.osiris.sn/world-links-l-experience-du-senegal.html</guid>
		<dc:date>2003-11-21T07:21:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s cinq ann&#233;es de pr&#233;sence au S&#233;n&#233;gal, World Links, programme qui a comme objectif principal, l'am&#233;lioration de la qualit&#233; de l'enseignement par les Technologies de l'Information et de la Communication, a eu un impact certain aussi bien sur les enseignants, les &#233;l&#232;ves que le personnel administratif. Cependant il faut noter quelques difficult&#233;s li&#233;es au parc informatique insuffisant, &#224; la lenteur de la connexion (RTC). Nous saluons la subvention de la SONATEL (75% de r&#233;duction sur les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.osiris.sn/-2003-.html" rel="directory"&gt;2003&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s cinq ann&#233;es de pr&#233;sence au S&#233;n&#233;gal, World Links, programme qui a comme objectif principal, l'am&#233;lioration de la qualit&#233; de l'enseignement par les Technologies de l'Information et de la Communication, a eu un impact certain aussi bien sur les enseignants, les &#233;l&#232;ves que le personnel administratif. Cependant il faut noter quelques difficult&#233;s li&#233;es au parc informatique insuffisant, &#224; la lenteur de la connexion (RTC). Nous saluons la subvention de la SONATEL (75% de r&#233;duction sur les factures t&#233;l&#233;phoniques et 30% sur l'abonnement Internet)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.Mission de World Links&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;World Links a pour mission l'&#233;tablissement de liens de collaboration et d'amiti&#233; entre &#233;l&#232;ves et enseignants du monde entier, en vue de maximiser les opportunit&#233;s qu'offrent les nouvelles technologies, contribuer &#224; l'am&#233;lioration des r&#233;sultats &#233;ducatifs et faciliter la compr&#233;hension et les &#233;changes culturels entre les nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En reliant les &#233;coles du monde &#224; travers des projets d'&#233;change collaboratifs et des r&#233;seaux &#233;ducatifs, World Links enrichit l'exp&#233;rience des &#233;ducateurs et augmente les chances des &#233;l&#232;ves. En aidant &#224; la ma&#238;trise des nouvelles technologies, World Links donne &#224; la jeunesse des outils pour contribuer de mani&#232;re efficace au d&#233;veloppement socio-&#233;conomique de son pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.Objectifs de World Links&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouvrir davantage les portes du savoir aux professeurs et aux &#233;l&#232;ves D&#233;velopper l'utilisation de l'ordinateur comme outil p&#233;dagogique R&#233;duire les disparit&#233;s g&#233;ographiques Favoriser les &#233;changes par le biais des projets collaboratifs Initier et promouvoir un partenariat entre &#233;coles, r&#233;seaux &#233;ducatifs et secteur priv&#233; Jeter des Ponts entre les Futurs Dirigeants Renforcer la coh&#233;rence entre le contexte scolaire et son environnement Apporter une r&#233;ponse aux exigences d'un d&#233;veloppement durable Aider au d&#233;cloisonnement des disciplines scolaires Am&#233;liorer la gestion des &#233;tablissements scolaires Int&#233;grer les TIC dans le programme scolaire Aider les &#233;coles des pays en d&#233;veloppement &#224; r&#233;duire le co&#251;t de l'utilisation de l'Internet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.Formation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour atteindre de tels objectifs, il faut n&#233;cessairement former les enseignants, les d&#233;cideurs, et les &#233;l&#232;ves des pays en d&#233;veloppement aux technologies de l'information et de la communication. Les objectifs essentiels &#233;tant la production de mat&#233;riel p&#233;dagogique, l'animation d'ateliers de formation des formateurs et d&#233;cideurs, la fourniture d'un support technique et p&#233;dagogique et la mise &#224; la disposition des &#233;ducateurs d'un site web de r&#233;f&#233;rences : &lt;a href=&#034;http://www.world-links-french.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.world-links-french.org/&lt;/a&gt;. C'est ainsi que World Links a ficel&#233; des modules de formation gr&#226;ce &#224; ses consultants, sp&#233;cialistes des applications p&#233;dagogiques des technologies de l'Information et de la Communication. Au S&#233;n&#233;gal, les modules suivants ont &#233;t&#233; administr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; a.Modules&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Internet : outil p&#233;dagogique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Module qui a pour objectif, l'appropriation de l'outil &#224; des fins p&#233;dagogiques, l'utilisation du courrier &#233;lectronique, la navigation, les moteurs de recherche avec comme pr&#233;alable, la ma&#238;trise des bases de l'Informatique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Projets collaboratifs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Favoriser l'&#233;change entre les jeunes du monde sur des th&#232;mes culturels par exemple pour mieux conna&#238;tre son vis-&#224;-vis mais aussi par voie de cons&#233;quence l'auto prise en charge des jeunes , futurs d&#233;cideurs. D&#233;velopper des pages Web pour h&#233;berger les r&#233;sultats de ces projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Int&#233;gration des TIC au Programme Scolaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une appropriation de l'outil pour son int&#233;gration dans le programme scolaire, un outil au service de toutes les disciplines enseign&#233;es et non une discipline &#224; part : &lt;a href=&#034;http://www.world-links.org.sn/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.world-links.org.sn/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; b.Enseignants&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces modules sont administr&#233;s au S&#233;n&#233;gal soit directement (S&#233;minaires de Formation) ou indirectement (D&#233;multiplication) &#224; plus de 500 professeurs. En plus des modules, soucieux de la p&#233;rennisation et de la chert&#233; de la maintenance du parc, la Coordination S&#233;n&#233;galaise a ajout&#233; deux modules : la maintenance pr&#233;ventive et l'administration r&#233;seau. Ces deux modules anim&#233;s par l'expertise locale sont administr&#233;s aux responsables p&#233;dagogiques et techniques des &#233;coles World Links des phases I et II&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; un constat au niveau des P&#244;les de formation, rare sont les femmes responsables de salle, sur les 80 responsables (Phase I, II et III) seuls une dizaine sont des femmes. Pour corriger cela un s&#233;minaire sur Genre et TIC est organis&#233; en un premier temps au P&#244;le de Dakar pour 40 femmes. Pour plus d'informations : &lt;a href=&#034;http://www.world-links.org.sn/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.world-links.org.sn/&lt;/a&gt; et clic sur Cyber Femmes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; c.El&#232;ves&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;l&#232;ves ont b&#233;n&#233;fici&#233; de la formation indirecte (d&#233;multiplication). Ils sont plus de 20,000 &#224; &#234;tre sauv&#233; de l'analphab&#233;tisme du troisi&#232;me mill&#233;naire. Une telle formation est faite lors d'une illustration d'un cours dans la salle Internet ou de la pr&#233;paration d'un projet collaboratif. En plus de cela, les &#233;l&#232;ves ont b&#233;n&#233;fici&#233; d'une formation sur le d&#233;veloppement de pages Web dont les animateurs sont &#233;l&#232;ves. Deux de nos &#233;l&#232;ves (actuellement &#233;tudiants en France) ont gagn&#233; le deuxi&#232;me prix d'un concours organis&#233; sur le d&#233;veloppement de pages Web au Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 40 meilleures filles en classe de troisi&#232;me de l'ann&#233;e 2001 ont b&#233;n&#233;fici&#233; d'une formation sur les disciplines scientifiques et le Fran&#231;ais en utilisant les ressources du NET en insistant sur les techniques de r&#233;solution de probl&#232;mes. L'Informatique a &#233;t&#233; initi&#233; &#224; ces &#233;l&#232;ves par deux &#233;l&#232;ves Webmasters du R&#233;seau des Clubs Internet. Les travaux des &#233;l&#232;ves ont &#233;t&#233; mis en ligne pour le b&#233;n&#233;fice des autres qui n'ont pas pu b&#233;n&#233;ficier de cette formation : &lt;a href=&#034;http://www.world-links.org.sn/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.world-links.org.sn/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4.Projets collaboratifs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; a.Objectifs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renforcer en permanence les contenus d'enseignement - apprentissage Acc&#233;der aux r&#233;sultats les plus r&#233;cents de la recherche, aux informations par l'&#233;change Promouvoir un apprentissage autonome Renforcer la motivation D&#233;velopper les comp&#233;tences : recueillir, organiser, communiquer des informations Favoriser une approche interdisciplinaire Favoriser une d&#233;marche de r&#233;solution de probl&#232;mes Am&#233;liorer les d&#233;marches techniques p&#233;dagogiques par les &#233;changes Lib&#233;rer les &#233;nergies, favoriser et valoriser la recherche personnelle ou en &#233;quipe Apprendre &#224; &#234;tre plus acteur que consommateur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5.Impact sur :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; a.l'enseignant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au S&#233;n&#233;gal, le Programme a permis de toucher environ 500 professeurs et 20.000 &#233;l&#232;ves gr&#226;ce &#224; l'effet de la d&#233;multiplication des s&#233;minaires de formations organis&#233;s depuis Mai 1997. L'enseignant s'est remis positivement en cause en sachant qu'il n'est plus ce ma&#238;tre seul d&#233;tenteur du savoir. Il se rend compte qu'il est devenu le facilitateur, l'organisateur du savoir. Il met plus r&#233;guli&#232;rement &#224; jour ses connaissances pour ne pas &#234;tre surprise par la d&#233;tention de donn&#233;es plus r&#233;centes par les &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Internet a favoris&#233; l'interdisciplinarit&#233; , la cr&#233;ation de cellules p&#233;dagogiques virtuelles, l'acceptation du professeur souvent d'&#234;tre enseign&#233; par son &#233;l&#232;ve sur la manipulation de l'outil informatique car ce dernier &#233;tant pr&#233;par&#233; d'avance &#224; la situation d'apprentissage apprend plus vite. L'Internet a aussi permis &#224; l'enseignant d'avoir un r&#233;seau de relations tr&#232;s intense &#224; travers le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les professeurs ont senti la n&#233;cessit&#233; d'aller plus loin vers la bataille des contenus p&#233;dagogiques en ligne. Quelques enseignants ont commenc&#233; &#224; mettre en ligne leur cours : &lt;a href=&#034;http://www.world-links.org.sn/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.world-links.org.sn/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; b.l'&#233;l&#232;ve&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'abord une auto prise en charge, une ouverture d'esprit, un regain d'int&#233;r&#234;t aux &#233;tudes car l'&#233;l&#232;ve sachant qu'il participe &#224; sa propre formation. D'ailleurs nous avons initi&#233; au S&#233;n&#233;gal, des s&#233;minaires de formation pour les &#233;l&#232;ves o&#249; les formateurs sont des &#233;l&#232;ves. Les &#233;l&#232;ves se sont aussi organis&#233;s dans des clubs Internet et ont cr&#233;&#233; pour plus de partage un r&#233;seau. Ils ont, toujours dans le souci de partager, cr&#233;er un site pour s'entraider : &lt;a href=&#034;http://clubint.fr.fm/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://clubint.fr.fm/&lt;/a&gt;. Un tel site aidant les &#233;l&#232;ves &#224; pr&#233;parer leurs expos&#233;s, l'inscription &#224; une universit&#233;, la recherche d'exercices dans toutes les disciplines class&#233;es par niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; c.La D&#233;centralisation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mieux coordonner les activit&#233;s du Programme, une d&#233;centralisation &#233; &#233;t&#233; faite. Ce qui a conduit &#224; la cr&#233;ation de 4 P&#244;les de Formation : Dakar, Kaolack, Diourbel et Saint-Louis. On organise des s&#233;minaires de formation au niveau des p&#244;les. Il afut noter aussi que 5 des 10 acad&#233;mies locales de CISCO sont des salles World Links.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samba Guiss&#233;, Coordonnateur R&#233;gional World Links pour l'Afrique de l'Ouest&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;http://www.cities-lyon.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cities.Lyon&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>TIC et d&#233;veloppement &#233;conomique local</title>
		<link>https://www.osiris.sn/tic-et-developpement-economique-local.html</link>
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		<dc:date>2003-11-20T17:48:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>



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&lt;p&gt;A l'instar des autres grandes m&#233;tropoles du Sud, Dakar n'&#233;chappe pas aux probl&#232;mes li&#233;s au d&#233;veloppement local. Ces difficult&#233;s sont accentu&#233;es par le d&#233;veloppement d&#233;mographique et urbain non toujours ma&#238;tris&#233;, et l'apparition spontan&#233;e d'habitations pr&#233;caires, g&#233;n&#233;ralement accroch&#233;es &#224; la p&#233;riph&#233;rie de ces grandes m&#233;tropoles. Des franges enti&#232;res de la population, nagu&#232;re uniquement consid&#233;r&#233;es comme des acteurs du secteur primaire se sont retrouv&#233;es, une g&#233;n&#233;ration plus tard, agglutin&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.osiris.sn/-2003-.html" rel="directory"&gt;2003&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A l'instar des autres grandes m&#233;tropoles du Sud, Dakar n'&#233;chappe pas aux probl&#232;mes li&#233;s au d&#233;veloppement local. Ces difficult&#233;s sont accentu&#233;es par le d&#233;veloppement d&#233;mographique et urbain non toujours ma&#238;tris&#233;, et l'apparition spontan&#233;e d'habitations pr&#233;caires, g&#233;n&#233;ralement accroch&#233;es &#224; la p&#233;riph&#233;rie de ces grandes m&#233;tropoles. Des franges enti&#232;res de la population, nagu&#232;re uniquement consid&#233;r&#233;es comme des acteurs du secteur primaire se sont retrouv&#233;es, une g&#233;n&#233;ration plus tard, agglutin&#233;es dans des banlieues sous &#233;quip&#233;es en infrastructures essentielles. La division du travail r&#233;mun&#233;r&#233; se conjugue essentiellement autour de la dualit&#233; entre &#233;conomie classique et &#233;conomie informelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En termes d'accompagnement, les pouvoirs publics se sont parfaitement adapt&#233;s &#224; cette nouvelle situation notamment en mati&#232;re de fiscalit&#233; locale. Le recouvrement des patentes, par exemple, se fait par une commission compos&#233;e de repr&#233;sentants de la collectivit&#233; locale, urbaine ou rurale, des agents du service des imp&#244;ts et du service du tr&#233;sor. Cette commission, qui va directement au contact du citoyen, sur le terrain, statue individuellement sur l'acteur &#233;conomique qui paie imm&#233;diatement la taxe due.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre entendement d'habitant du Sud, d&#233;veloppement &#233;conomique rime souvent avec autosuffisance alimentaire, progr&#232;s technologique, acquisition d'&#233;quipements &#171; modernes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces objectifs ne peuvent &#234;tre atteints sans une &#171; production &#187; suffisante et de qualit&#233;. Production de denr&#233;es, production de biens de consommation et de services. Il est important de noter que, au jour d'aujourd'hui des entreprises, implant&#233;es au coeur de la r&#233;gion de Dakar, fonctionnent encore selon des r&#232;gles datant de la r&#233;volution industrielle. Pourtant, &#224; cette r&#233;volution a succ&#233;d&#233;, depuis quelques d&#233;cennies, une autre r&#233;volution, li&#233;e celle-l&#224; au d&#233;veloppement des technologies de l'information et de la communication (TIC) qui commencent &#224; engendrer les plus grandes mutations que l'humanit&#233; ait connues, compte-tenu de l'acc&#233;l&#233;ration de la production et de la circulation de l'information. A l'homme qui savait, de fa&#231;on fig&#233;e ou cyclique, qui comprenait presque tout, a succ&#233;d&#233; l'homme &#171; inform&#233; &#187;, qui sait &#233;galement mais surtout en &#171; temps r&#233;el &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet homme se retrouve d&#233;sormais &#233;l&#233;ment symbiotique, mais cependant inform&#233; et agissant, d'une civilisation de type local - global, dont les activit&#233;s se d&#233;finissent en termes de synergie dans un r&#233;f&#233;rentiel cal&#233; sur une horloge universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les temps imm&#233;moriaux, les r&#233;gions ont toujours exist&#233; dans nos contr&#233;es et s'appelaient &#171; terroirs &#187; ou &#171; pays &#187; et correspondaient jadis &#224; des royaumes autonomes (Sine, Cayor, Saloum, Djolof, Walo, Fouta, T&#233;krour, Macina, Songha&#239;, etc.). Aujourd'hui nous parlons de provinces et de r&#233;gions historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pr&#233;sente analyse, nous nous int&#233;ressons principalement aux pistes d'applications TIC, qu'il est n&#233;cessaire d'ouvrir et de d&#233;velopper, au niveau local, afin de permettre une participation r&#233;ellement active des pouvoirs locaux &#224; la d&#233;finition d'un d&#233;veloppement &#233;conomique durable, parce que bas&#233; sur une soci&#233;t&#233; du savoir et de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le des technologies de l'information et de la communication peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme strat&#233;gique, dans le cadre d'un plan de d&#233;veloppement local. Au S&#233;n&#233;gal, en effet, l'irruption de ces supports a, en quelques ann&#233;es, &#233;t&#233; une porte de sortie alternative pour un syst&#232;me &#233;ducatif qui commen&#231;ait &#224; s'essouffler. De nombreuses structures de formations priv&#233;es ont vu le jour et forment des jeunes en premi&#232;re formation et des moins jeunes, dans le cadre de la formation permanente, aux m&#233;tiers li&#233;s aux TIC (informatique, comptabilit&#233;, t&#233;l&#233;communication, maintenance &#233;lectronique, cr&#233;ation de sites Web, etc).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette activit&#233; est fortement soutenue par les collectivit&#233;s locales (communes, communaut&#233;s rurales et conseils r&#233;gionaux) qui allouent , chaque ann&#233;e, des milliers de bourses de formation &#224; leurs ressortissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prolif&#233;ration des cybercaf&#233;s, dans la r&#233;gion de Dakar, notamment, a suivi celle des t&#233;l&#233;centres et a fait chuter, en l'espace de 4 ou 5 ans, le prix de la connexion horaire de 3 $ &#224; 0,5 $, ce qui a permis de mettre l'Internet &#224; la port&#233;e des plus humbles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;gion comme Dakar, du fait de sa configuration g&#233;ographique, &#233;touffe sous l'action conjugu&#233;e d'un taux d'urbanisation tr&#232;s &#233;lev&#233; et d'un d&#233;ficit encore important en mati&#232;re d'infrastructures. Les probl&#232;mes li&#233;s &#224; la circulation automobile qui en d&#233;coulent freinent, de mani&#232;re implacable, le d&#233;veloppement &#233;conomique local et national. Des centaines de milliers de personnes convergent, chaque jour, vers les minist&#232;res, les march&#233;s, les commerces, les centres d'&#233;tat civil, les mairies, etc. concentr&#233;s au centre ville de Dakar.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces difficult&#233;s pourraient &#234;tre all&#233;g&#233;es, voire &#233;limin&#233;es par :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la mise en ligne d'informations centralis&#233;es au niveau de certaines structures (ex. liste des boursiers, liste des admis &#224; un examen),
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le d&#233;veloppement du commerce &#233;lectronique : d&#233;mocratisation du paiement par carte bancaire, num&#233;risation des produits et cr&#233;ation de sites Web d&#233;di&#233;s &#224; certaines cat&#233;gories d'activit&#233;s, principalement dans le secteur tertiaire (commerces, tourisme, etc.),
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le d&#233;veloppement des syst&#232;mes d'informations g&#233;ographiques,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'acc&#232;s &#233;lectronique au syst&#232;me de l'&#233;tat civil,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour favoriser ces transformations, il est important que les pouvoirs locaux participent &#224; la politique du d&#233;veloppement du haut d&#233;bit dans leur territoire, et &#224; la promotion des initiatives en provenance des ONG et du monde associatif, dans le cadre d'un partenariat bien pens&#233; avec les acteurs du secteur priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est souhaitable, par ailleurs, que les pouvoirs locaux puissent susciter l'innovation dans les entreprises install&#233;es dans leurs territoires en termes de modernisation de l'outil de production, de lutte contre la pollution industrielle et de r&#233;duction des risques li&#233;s &#224; la cohabitation avec les populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pouvoirs locaux doivent, toujours en relation avec les ONG et le secteur associatif, initier et promouvoir le d&#233;veloppement de cybervillages. L'id&#233;e de d&#233;part est d'utiliser la puissance des TIC au service d'une communaut&#233; afin de mettre en commun les exp&#233;riences et les activit&#233;s d'un groupe socioprofessionnel (p&#234;cheurs, automobilistes, agriculteurs, etc.), de la population active d'une localit&#233; donn&#233;e (ex. village traditionnel) dans un but de mutualisation des moyens. Le concept de cybervillage, relativement bien implant&#233; dans les pays d&#233;velopp&#233;s peine encore &#224; percer dans les pays du Sud. Souvent les projets envisag&#233;s n&#233;cessitent une surface financi&#232;re qui d&#233;passe largement nos moyens. Compte tenu de ce facteur limitant, la mutualisation envisag&#233;e peut se faire dans le cadre de salles multim&#233;dias qui regrouperaient l'essentiel des moyens informatiques et de communication. Afin d'assurer la p&#233;rennisation du projet, il peut &#234;tre pr&#233;vu un couplage avec des activit&#233;s de services telles que l'animation d'un cybercaf&#233;, la formation, la vente de produits locaux (artisanat, tourisme) en ligne, la r&#233;alisation de sites Web pour les PME locales, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses collectivit&#233;s locales de la r&#233;gion de Dakar, et des autres r&#233;gions du S&#233;n&#233;gal, partagent cette vision du d&#233;veloppement &#233;conomique local par les TIC et commencent &#224; initier des activit&#233;s int&#233;ressantes et &#224; int&#233;grer les grands r&#233;seaux mondiaux, dans le sillage des objectifs du NEPAD .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques exemples : la R&#233;gion de Dakar a &#233;t&#233; choisie, au cours du forum Afrique sur la Soci&#233;t&#233; de l'Information et les Collectivit&#233;s Locales, tenu &#224; Nouakchott , du 8 au 10 juillet 2003, pour &#234;tre le point focal, pour tout le continent africain, dans le r&#233;seau &#171; IT4ALL Regions &#187;, r&#233;seau mondial des r&#233;gions pour la soci&#233;t&#233; de l'information, dont le si&#232;ge est &#224; Bilbao. L'objectif principal de ce r&#233;seau est de d&#233;velopper une vision commune des r&#233;gions du monde, dans la cadre de la soci&#233;t&#233; de l'information. La commune d'arrondissement de la M&#233;dina a d&#233;velopp&#233;, en partenariat avec le SIP de Yoff, un portail caract&#233;ris&#233; par la pr&#233;sence d'une base de donn&#233;es &#233;conomique ax&#233;e sur les activit&#233;s commerciales et artisanales locales. Sur le site de la Ville de Dakar est d&#233;velopp&#233;e une fiche technique sur le programme de d&#233;veloppement de la ville, principalement orient&#233; sur la mobilit&#233; urbaine, les am&#233;nagements et la demande sociale. La commune d'arrondissement de Hann Bel Air initie des projets int&#233;ressants en mati&#232;re d'inclusion sociale. Nous pouvons citer la mise en oeuvre, depuis l'ann&#233;e 2002, de comit&#233;s de d&#233;veloppement local dans chaque quartier (CDL). Ces CDL, qui vont ensuite &#234;tre int&#233;gr&#233;s en r&#233;seau dans le site Web de la commune, favoriseront la circulation de l'information et le dialogue social, indispensable &#224; tout d&#233;veloppement &#233;conomique au niveau local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, il nous para&#238;t utile d'insister sur l'importance que nous accordons &#224; la formation des &#233;lus locaux et de la population en g&#233;n&#233;ral dans l'utilisation des TIC. Les TIC permettent, en effet, de rapprocher les pouvoirs locaux des populations locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On ne gouverne tr&#232;s bien que de tr&#232;s pr&#232;s. &#187; dixit Abdoulaye FAYE, Pr&#233;sident du Conseil R&#233;gional de Dakar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joseph SARR&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;http://www.cities-lyon.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cities.Lyon&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Internet, entre doute et espoir</title>
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		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>



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&lt;p&gt;Depuis mars 2000, les 54 pays du continent africain ont tous acc&#232;s au r&#233;seau des r&#233;seaux. Sit&#244;t relev&#233;, ce d&#233;fi majeur suscite de tr&#232;s grands espoirs, dans la mesure o&#249; le d&#233;veloppement socio-&#233;conomique est li&#233; au progr&#232;s des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC). Ces NTIC, et en particulier Internet, repr&#233;sentent un &#233;l&#233;ment essentiel de productivit&#233; dans les soci&#233;t&#233;s en &#233;volution industrielle, notamment pour le continent noir, qui reste le plus marginalis&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.osiris.sn/-2003-.html" rel="directory"&gt;2003&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis mars 2000, les 54 pays du continent africain ont tous acc&#232;s au r&#233;seau des r&#233;seaux. Sit&#244;t relev&#233;, ce d&#233;fi majeur suscite de tr&#232;s grands espoirs, dans la mesure o&#249; le d&#233;veloppement socio-&#233;conomique est li&#233; au progr&#232;s des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC). Ces NTIC, et en particulier Internet, repr&#233;sentent un &#233;l&#233;ment essentiel de productivit&#233; dans les soci&#233;t&#233;s en &#233;volution industrielle, notamment pour le continent noir, qui reste le plus marginalis&#233; dans le maillage mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, ce raccourci vers le d&#233;veloppement parait plus simple &#224; d&#233;crire qu'&#224; &#233;tablir dans la r&#233;alit&#233;, compte tenu des importants facteurs &#224; maitriser dans le domaine des infrastructures et de la production. Il est permis de se demander si le caract&#232;re immat&#233;riel des savoirs et des services permettra d'abr&#233;ger le processus &#171; normal &#187; du d&#233;collage &#233;conomique des pays pauvres. Les nouvelles technologies font apparaitre &#224; ce sujet, en Afrique, des dynamiques pr&#233;sentes &#224; tous les &#233;chelons et qui incitent &#224; moins de pessimisme &#224; l'&#233;gard des processus en cours. Il est possible d'&#234;tre optimiste, m&#234;me si l'environnement africain de l'information et de la communication est caract&#233;ris&#233; par de faibles taux de p&#233;n&#233;tration du t&#233;l&#233;phone et de croissance des r&#233;seaux, par une tarification &#233;lev&#233;e des installations priv&#233;es, des liaisons t&#233;l&#233;phoniques interurbaines m&#233;diocres, des infrastructures nationales tr&#232;s variables et surtout par une absence de maillage continental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#193; l'approche du sommet mondial sur la soci&#233;t&#233; de l'information - le premier se tiendra &#224; Gen&#232;ve en d&#233;cembre 2003, le second &#224; Tunis en novembre 2005 -, l'Afrique doit affronter plusieurs d&#233;fis majeurs, qui s'articulent autour de l'acc&#232;s &#224; l'instruction et au savoir, de la pr&#233;servation de la diversit&#233; culturelle, du progr&#232;s de la m&#233;decine et de l'agriculture, de la mise en &#339;uvre de la bonne gouvernance... Pour le continent noir, l'am&#233;lioration du quotidien se traduira par davantage de libert&#233;, un meilleur acc&#232;s aux soins et au savoir universel, une bonne maitrise des moyens de subsistance et une participation aux &#233;changes mondiaux. Tel est le constat dress&#233; par le Rapport sur le d&#233;veloppement humain, command&#233; en 2001 par le Pnud (Programme des Nations unies pour le d&#233;veloppement). Selon ce rapport, les nouvelles technologies, outil au service du d&#233;veloppement humain, sont essentielles pour faire reculer la pauvret&#233; ; mais les insuffisances du march&#233; entravent le processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un r&#233;seau obsol&#232;te&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confront&#233;e &#224; des difficult&#233;s structurelles rendant quasi impossibles les acc&#232;s physiques dans beaucoup de zones, l'Afrique doit faire face &#224; l'obsolescence d'un r&#233;seau h&#233;rit&#233; du pass&#233; colonial. La mutualisation des acc&#232;s par le partage est un d&#233;but de r&#233;ponse &#224; cette carence, ce qui a fait le succ&#232;s des t&#233;l&#233;centres priv&#233;s, au tout d&#233;but des ann&#233;es 1990 et, plus tard, des t&#233;l&#233;centres communautaires polyvalents (TCP).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 2000 et 2001, le nombre d'utilisateurs africains d'Internet a augment&#233; de 43,4 %, indique la Cnuced (Conf&#233;rence des Nations unies pour le commerce et le d&#233;veloppement) dans son dernier rapport sur le commerce &#233;lectronique et le d&#233;veloppement, paru en novembre 2002 : on est pass&#233; d'une moyenne de 59 personnes connect&#233;es sur 10 000, il y a trois ans, &#224; 85 en 2001. Mais l'&#233;volution est faible par rapport aux autres continents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis et le Canada comptent 180 millions d'utilisateurs d'Internet, l'Europe 154 millions, l'Asie-Pacifique, la Nouvelle Z&#233;lande et l'Australie 144 millions, contre 15,3 millions pour l'Am&#233;rique Latine et 4,15 millions pour l'Afrique. Ce dernier chiffre cache d'ailleurs des disparit&#233;s &#224; l'int&#233;rieur du continent, entre cinq pays nantis (Afrique du Sud, &#201;gypte, Kenya, Maroc, Tunisie) et le reste de l'Afrique, qui compte une moyenne de 22 personnes connect&#233;es sur 10 000. De telles disparit&#233;s pourront &#234;tre rectifi&#233;es si des investissements importants sont consentis pour l'extension et la modernisation des installations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, Gilles Mersadier, vice-pr&#233;sident d'Internet Globenet (association de r&#233;flexion sur le d&#233;veloppement en Afrique), se montre tr&#232;s critique sur les actions des multinationales de t&#233;l&#233;communications en Afrique : il souligne leur part de responsabilit&#233; dans le gouffre qui subsiste en mati&#232;re de d&#233;ficit des infrastructures. Le r&#244;le des op&#233;rateurs &#233;trangers en mati&#232;re de t&#233;l&#233;communications est capital. Aujourd'hui, il n'y a pas de backbone&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;seau servant de dorsale aux applications de t&#233;l&#233;communications.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; entre les capitales africaines. &#171; Pour aller de Dakar &#224; Abidjan, un mail va par exemple transiter par les &#201;tats-Unis. Il faudrait donc un maillage entre les grandes villes &#187;, fait remarquer Gilles Mersadier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#233;ritage du colonialisme est d'autant plus d&#233;risoire, face aux immenses besoins en infrastructures de t&#233;l&#233;communications, que la situation financi&#232;re difficile des &#201;tats ne permet pas des investissements importants de modernisation dans un secteur o&#249; les technologies &#233;voluent &#224; une vitesse vertigineuse. Cependant, si l'on en croit une &#233;tude r&#233;alis&#233;e par le cabinet sud-africain BMI-Techknowledge, la vague de lib&#233;ralisation en cours dans beaucoup de pays africains engendre un nouveau march&#233; porteur pour les investisseurs &#233;trangers,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les opportunit&#233;s de d&#233;veloppement qu'offre le secteur des t&#233;l&#233;communications en Afrique sont &#233;normes et tr&#232;s peu exploit&#233;es jusqu'&#224; pr&#233;sent, alors qu'elles sont l'expression d'un besoin r&#233;el. Selon l'&#233;tude sud-africaine, le nombre d'utilisateurs de t&#233;l&#233;phones mobiles progresserait de 34,8 % chaque ann&#233;e d'ici &#224; 2007, soit trois fois plus vite que pour les lignes fixes (+ 10,6 % par an), ce qui porterait &#224; 156 millions le nombre d'abonn&#233;s au t&#233;l&#233;phone en 2007, contre 35 millions aujourd'hui. D'apr&#232;s un autre rapport des Nations unies, le trafic entre l'Afrique et les autres continents augmente de quelque 10 % par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, le trafic annuel des communications (voix et donn&#233;es) &#224; l'international de toute l'Afrique franchira en 2005 la barre des 4,5 milliards de minutes pour le trafic sortant, et de 12,2 milliards de minutes pour le trafic entrant (contre environ moiti&#233; moins en 2000), indique Pyramid Research, qui r&#233;alise tous les ans une &#233;tude sur l'&#233;tat des t&#233;l&#233;communications dans le monde. Selon la m&#234;me source, la demande de transmissions de donn&#233;es et de vid&#233;os augmente plus rapidement que celle des flux de voix : en 2003, le transfert de donn&#233;es aura d&#233;pass&#233; celui de la voix. Le continent noir pr&#233;sente des atouts encore sous-estim&#233;s, dans la mesure o&#249; tout est &#224; faire ou presque..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'acc&#232;s partag&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A d&#233;faut de pouvoir &#233;quiper un grand nombre de foyers en acc&#232;s physique, la formule fond&#233;e sur le partage des acc&#232;s constitue une r&#233;ponse pertinente pour un grand nombre de personnes isol&#233;es. Avec, aujourd'hui, plus de 12 000 t&#233;l&#233;centres install&#233;s, le S&#233;n&#233;gal continue de jouer un r&#244;le de premier plan sur le continent, notamment avec Metissacana, qui fut le premier t&#233;l&#233;centre en Afrique de l'Ouest. En cinq ans seulement, ces t&#233;l&#233;centres ont contribu&#233; &#224; la cr&#233;ation de quelques milliers d'emplois ; surtout, ils apportent jusqu'&#224; 30 % et plus de ses recettes &#224; l'op&#233;rateur de t&#233;l&#233;communication national. Des pays comme le Kenya et le Ghana disposent aussi d'un r&#233;seau de t&#233;l&#233;centres important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vocable &#171; t&#233;l&#233;centre &#187; d&#233;signe commun&#233;ment une boutique priv&#233;e regroupant dans un local une ou plusieurs cabines t&#233;l&#233;phoniques, afin d'offrir &#224; la population environnante un acc&#232;s de proximit&#233; au t&#233;l&#233;phone, sans avoir &#224; supporter les charges d'installation et d'abonnement d'une ligne priv&#233;. En r&#233;alit&#233;, les t&#233;l&#233;centres repr&#233;sentent une alternative au manque de moyens et &#224; la carence des acc&#232;s de base rencontr&#233;s par les populations, surtout en zone urbaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Initialement con&#231;us pour les activit&#233;s t&#233;l&#233;phoniques, certains t&#233;l&#233;centres fourniront plus tard un acc&#232;s &#224; Internet. &#192; d&#233;faut de pouvoir offrir directement une connexion &#224; chaque foyer, le partage sera fait au niveau du quartier ou de la communaut&#233; afin de r&#233;partir les ressources, constate le CRDI. En effet l'irruption de la toile, &#224; partir de 1998-2000, a fait appara&#238;tre de nouveaux usages, principalement dans les zones urbaines (capitale et villes secondaires) : les sites portail, avec de plus en plus de forums de discussion, les bases de donn&#233;es, les biblioth&#232;ques virtuelles...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, des t&#233;l&#233;centres communautaires polyvalents (TCP) apparaissent. Selon Gilles Mersadier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gilles Mersadier, T&#233;l&#233;centres connect&#233;s et d&#233;veloppement local en milieu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ces TCP se rapprochent du mod&#232;le &#171; originel &#187; occidental et visent le monde rural. Il sont issus d'une d&#233;marche &#171; projet &#187;, &#233;labor&#233;e par des agences de coop&#233;ration multilat&#233;rales &#224; la fin des ann&#233;es 1990, suite au plan d'action des Nations unies pour le d&#233;veloppement rural int&#233;gr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les t&#233;l&#233;centres communautaires offrent des services d'information et de t&#233;l&#233;communication (t&#233;l&#233;phone, fax, Internet &#224; haut d&#233;bit). Ils comprennent g&#233;n&#233;ralement divers &#233;quipements de bureaux et proposent des formations de type conception et r&#233;alisation de pages web, ainsi que des services de bureautique, de photocopie et de dactylographie. Install&#233;s principalement dans les villes secondaires, ils connaissent un grand succ&#232;s, malgr&#233; les difficult&#233;s qu'ils rencontrent au niveau de leur autonomie financi&#232;re. Si ce probl&#232;me n'est pas r&#233;solu, c'est la survie m&#234;me de ces points d'acc&#232;s qui est menac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au service de la libert&#233;...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les technologies de l'information ont d&#233;j&#224; contribu&#233; &#224; des transitions d&#233;mocratiques, notamment au S&#233;n&#233;gal et au B&#233;nin. Elles constituent de ce fait une nouvelle opportunit&#233; d'&#233;mancipation politique pour un continent o&#249; toute tentative de transition d&#233;mocratique est souvent synonyme de r&#232;glement de compte. Le fait est important, dans la mesure o&#249; la bonne gouvernance et la stabilit&#233; politique repr&#233;sentent d&#233;sormais des gages pour l'attrait des capitaux &#233;trangers, comme le soulignent les initiateurs du Nouveau partenariat pour le d&#233;veloppement (Nepad).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, lors des &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2000 au S&#233;n&#233;gal, Internet a servi d'outil de supervision pour les organisateurs, notamment l'Onel (Observatoire national des &#233;lections) et le minist&#232;re de l'int&#233;rieur : ceux-ci ont mis sur la toile le fichier &#233;lectoral, permettant ainsi aux inscrits, de fa&#231;on transparente, de v&#233;rifier la mise &#224; jour de leur inscription. Cette nouvelle proc&#233;dure a connu beaucoup de succ&#232;s, notamment chez les S&#233;n&#233;galais de la diaspora. Internet lance l'&#232;re d'une nouvelle citoyennet&#233;, celle de l'information, o&#249; la communication de masse devient un outil incontournable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acc&#232;s aux TIC met le citoyen au centre des pr&#233;occupations des gouvernants, par la mise en place d'une politique ambitieuse d'&#171; e-gouvernement &#187;. Les flux transactionnels des outils multim&#233;dia et leur d&#233;mat&#233;rialisation permettent non seulement de lutter contre le monopole des fonctionnaires et de r&#233;duire les d&#233;lais de traitement des dossiers, mais surtout de combattre la corruption, qui reste un frein important au d&#233;veloppement. Dans son projet Information Communication Year 2025, le gouvernement sud-africain vise &#224; rendre plus accessibles les services des minist&#232;res, par la mise en ligne des ressources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, l'acc&#232;s aux TIC de la grande masse, des ONG des droits de l'homme et de la diaspora, &#224; travers des contributions sur Internet, pourrait contribuer &#224; d&#233;noncer certaines pratiques &#233;rig&#233;es en r&#232;gles par des dictateurs en place et &#224; sensibiliser la population. Une nouvelle dynamique serait alors introduite, conduisant vers un nouveau syst&#232;me d&#233;mocratique, o&#249; les notions de libert&#233; d'expression et de choix auraient une port&#233;e plus significative qu' aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;...et de la sant&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique conna&#238;t le taux de mortalit&#233; infantile le plus fort et le niveau d'esp&#233;rance de vie le plus faible au monde. Compte tenu des caract&#233;ristiques sanitaires particuli&#232;res du continent et des difficult&#233;s d'acc&#232;s aux soins pour les populations de l'int&#233;rieur, le Cnes (Centre national d'&#233;tudes spatiales) et l'ONG Fissa (Force d'intervention sanitaire satellitaire autoport&#233;e) ont lanc&#233;, d&#232;s juin 2001, une s&#233;rie d'action en mati&#232;re de t&#233;l&#233;m&#233;decine. La d&#233;marche vise &#224; favoriser la t&#233;l&#233;consultation et le t&#233;l&#233;diagnostic, particuli&#232;rement dans le domaine de la p&#233;rinatalogie, &#224; travers des stations portables &#233;quip&#233;es d'un syst&#232;me de transmission d'imagerie m&#233;dicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1999, les technologies de l'information, associ&#233;es &#224; celles du monde m&#233;dical, ont permis de sauver des vies &#224; travers des op&#233;rations de chirurgie assist&#233;e par vid&#233;o, entre, par exemple, des m&#233;decins du CHU Aristide Le Dantec &#224; Dakar et des coll&#232;gues install&#233;s &#224; Toulouse ou &#224; Bruxelles. Ces technologies, qui jouent un r&#244;le d&#233;terminant au niveau de la formation, permettent d'affecter les budgets pr&#233;vus pour les d&#233;placements des m&#233;decins &#224; d'autres projets prioritaires. D&#233;sormais, les stages de perfectionnement se d&#233;roulent sous la forme de formations &#224; distance, ce qui permet de profiter de l'exp&#233;rience de professeurs renomm&#233;s et de b&#233;n&#233;ficier des techniques m&#233;dicales aux normes en vigueur en Europe ou en Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que &#171; imprimerie universelle, personnelle, ubiquitaire, instantan&#233;e et bon march&#233;, comparable &#224; l'apparition de l'alphabet &#187;, comme l'a qualifi&#233; Philippe Qu&#233;au, directeur de la division &#171; Soci&#233;t&#233; de l'information &#187; &#224; l'Unesco, Internet pourrait conduire &#224; l'&#233;mergence d'une nouvelle intelligence collective, &#224; condition d'&#234;tre utilis&#233; &#224; bon escient. En Afrique, o&#249; l'acc&#232;s au savoir est ferm&#233; &#224; un grand nombre de personnes, les TIC pourraient devenir un instrument de formation extr&#234;mement important, en permettant l'acc&#232;s &#224; des bases de donn&#233;es, &#224; des biblioth&#232;ques et autres centres de documentation virtuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa conception de l'Universit&#233; de l'universel, Philippe Qu&#233;au pense qu'il est fondamental de &#171; r&#233;inventer l'enseignement &#187;, afin d'apporter &#224; ce d&#233;fi une triple r&#233;ponse, &#224; la fois catalytique, connect&#233;e et coop&#233;rative. En 1997, la Banque mondiale a lanc&#233; l'initiative de l'Universit&#233; virtuelle africaine (UVA), suivie en 1998 par le lancement de l'Universit&#233; virtuelle francophone et, plus r&#233;cemment, par le projet de la Fondation Internet Nouvelle G&#233;n&#233;ration (FING) au S&#233;n&#233;gal. Con&#231;u par le pr&#233;sident s&#233;n&#233;galais Abdoulaye Wade, ce dernier projet vise &#224; cr&#233;er une Universit&#233; du futur africain (UFA) ayant &#224; terme une capacit&#233; d'accueil de 5 000 &#233;tudiants en provenance des diff&#233;rents pays du continent. Gr&#226;ce &#224; des accords inter- universitaires, les &#233;tudiants de l'UFA recevront par satellite et en temps r&#233;el les m&#234;mes enseignements que les &#233;tudiants des institutions universitaires avec lesquelles l'UFA aura des accords. Au terme de leur formation, ces &#233;tudiants se verront sanctionner par des dipl&#244;mes identiques, et non par de simples &#233;quivalences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une s&#233;rie d'initiatives&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le MIT Media Lab, le laboratoire des m&#233;dias du Massachusetts Institute of Technology, exp&#233;rimentent depuis quelques ann&#233;es des proc&#233;d&#233;s novateurs pour favoriser l'utilisation des nouvelles technologies dans le monde en d&#233;veloppement. Cette initiative vise &#224; r&#233;duire la fracture num&#233;rique entre les agriculteurs prosp&#232;res des pays d&#233;velopp&#233;s et les communaut&#233;s rurales des pays pauvres, afin de leur permettre d'augmenter leur production agricole de mani&#232;re durable, tout en respectant l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois, les paysans du Sud pourront acc&#233;der aux technologies de l'information gr&#226;ce &#224; de petits appareils non c&#226;bl&#233;s et peu co&#251;teux, pouvant &#234;tre log&#233;s dans la poche et fonctionnant &#224; l'&#233;nergie solaire ou sur batteries. M&#234;me les paysans illettr&#233;s seront capables de prendre connaissance des informations relatives &#224; l'&#233;tat des r&#233;coltes, &#224; la s&#233;curit&#233; alimentaire ou &#224; l'acc&#232;s aux march&#233;s, gr&#226;ce &#224; une transmission des donn&#233;es par le son et par l'image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce au d&#233;veloppement de la t&#233;l&#233;phonie mobile, des agriculteurs, notamment en Ouganda ou au S&#233;n&#233;gal, se sont familiaris&#233;s avec l'usage des services WAP&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Wireless Application Protocol, ou protocole d'application sans fil.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, SMS&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Short Message Services.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou des serveurs vocaux (suivant les profils), pour suivre en temps r&#233;el l'&#233;volution des prix de vente. Des informations sont transmises aux p&#234;cheurs en plein oc&#233;an ou aux mara&#238;chers en plein champ, qui ajusteront leurs offres en fonction de la demande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Incontestablement, il existe en Afrique aujourd'hui plusieurs initiatives innovantes dans le domaine &#233;lectronique de la production de services sp&#233;cifiques ou de la gestion des ressources disponibles. Mais le continent ne pourra tirer parti du saut qualitatif offert par les technologies de l'information que si les pouvoirs publics, &#233;paul&#233;s par les bailleurs de fonds, apportent un soutien efficace, en d&#233;finissant dans un cadre multilat&#233;ral une strat&#233;gie globale et coh&#233;rente. L'Afrique devrait s'inspirer des succ&#232;s de l'Inde, en construisant prioritairement des infrastructures de base et surtout en mobilisant le capital humain afin d'attirer des investissements &#233;trangers dans les services, notamment le t&#233;l&#233;travail et le d&#233;veloppement des logiciels. Les nouvelles technologies peuvent permettre de surmonter l'isolement g&#233;ographique, &#233;conomique et social des pays pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, l'optimisme doit laisser place au r&#233;alisme quant aux perspectives ouvertes. Il existe des freins r&#233;els pour le d&#233;veloppement d'Internet en Afrique : et d'abord un taux d'analphab&#233;tisme &#233;lev&#233;, qui touche plus de 50 % de la population adulte. &#192; quelques exceptions pr&#232;s, les &#201;tats africains sont absents sur le terrain des NTIC, ce qui se ressent de fa&#231;on pratique au niveau des acc&#232;s dont les infrastructures ne sont pas g&#233;n&#233;ralis&#233;s en r&#233;seaux, que ce soit dans les villes, &#224; la p&#233;riph&#233;rie ou dans les campagnes. Dans son ensemble, l'environnement institutionnel, politique et socio-&#233;conomique de l'Afrique est encore un obstacle &#224; un v&#233;ritable essor des NTIC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mohmadou Diallo&lt;br class='manualbr' /&gt;Doctorant en sciences de l'information et de la communication &#224; l'Universit&#233; Paris VII- Denis Diderot&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;http://www.african-geopolitics.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;G&#233;opolitique Africaine&lt;/a&gt;, n&#176; 12, Automne 2003, p. 131-139)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#233;seau servant de dorsale aux applications de t&#233;l&#233;communications.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gilles Mersadier, T&#233;l&#233;centres connect&#233;s et d&#233;veloppement local en milieu rural : aper&#231;u de la situation et perspectives pour l'Afrique, Bulletin de liaison Inter r&#233;seau, grain de sel n&#176; 18, juillet 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Wireless Application Protocol, ou protocole d'application sans fil.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Short Message Services.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La d&#233;mocratisation de la Rts est une urgence (3/3)</title>
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		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Si une soci&#233;t&#233; nationale ne comprend pas ses devoirs ni les droits du public, si elle ignore les termes du contrat en vertu duquel il est outill&#233; pour remplir ses missions correctement, que doit faire le public, lorsque les tribunaux et les organismes de contr&#244;le restent muets ou impuissants ? A d&#233;faut d'applaudir au gaspillage de nos sous, avons-nous le droit de juger du bien-fond&#233; de leur utilisation ? L&#224; est la question. Les imp&#244;ts que nous consentons ne sont pas destin&#233;s &#224; financer le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.osiris.sn/-2003-.html" rel="directory"&gt;2003&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si une soci&#233;t&#233; nationale ne comprend pas ses devoirs ni les droits du public, si elle ignore les termes du contrat en vertu duquel il est outill&#233; pour remplir ses missions correctement, que doit faire le public, lorsque les tribunaux et les organismes de contr&#244;le restent muets ou impuissants ? A d&#233;faut d'applaudir au gaspillage de nos sous, avons-nous le droit de juger du bien-fond&#233; de leur utilisation ? L&#224; est la question. Les imp&#244;ts que nous consentons ne sont pas destin&#233;s &#224; financer le Pds et ses alli&#233;s, ni directement ni indirectement, mais &#224; donner les moyens &#224; toute une nation de se d&#233;mocratiser en se modernisant, de se cultiver et de s'&#233;lever dans le concert des nations. Celui-l&#224; commet un double crime - qui d&#233;tourne les missions de service public de la Rts et/ou du Soleil. Premi&#232;rement, il bloque la modernisation de la soci&#233;t&#233; contre les obscurantismes de tous genres, et contredit la d&#233;mocratisation de l'Etat contre les despotismes et les extr&#233;mismes, encourage les pr&#233;jug&#233;s de caste et de classe, de rang et de naissance, qui gangr&#232;nent la nouvelle classe dirigeante malgr&#233; les progr&#232;s r&#233;alis&#233;s par la culture nationale, d&#233;mocratique et populaire indispensable &#224; la R&#233;publique &#224; l'&#232;re de la mondialisation ; et deuxi&#232;mement, il contraint les m&#233;dias du service public &#224; pr&#233;senter au monde la vitrine frivole des turpitudes et incertitudes, contradictions et pusillanimit&#233; de la nouvelle classe dirigeante en lieu et place des acquisitions v&#233;ritables de la d&#233;mocratie au S&#233;n&#233;gal. Il suit de ce qui pr&#233;c&#232;de que la d&#233;mocratisation de la Rts et son corollaire, la lib&#233;ralisation de l'audiovisuel public constituent les prochains pas de la d&#233;mocratie au S&#233;n&#233;gal. Ce n'est pas un luxe, mais une n&#233;cessit&#233;. Au demeurant, dans une soci&#233;t&#233; pr&#233;tendument de l'information, la d&#233;mocratie pluraliste et partisane est-elle seulement pensable sans le pluralisme de l'information t&#233;l&#233;visuelle et son corollaire la lib&#233;ralisation de l'audiovisuel public ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui, par cons&#233;quent, nous s&#233;pare de la lib&#233;ralisation de l'audiovisuel public et commande tout progr&#232;s ult&#233;rieur de la d&#233;mocratie apr&#232;s l'Alternance, ce n'est pas le d&#233;faut de volont&#233; ni l'incompr&#233;hension des effets utiles des t&#233;l&#233;visions priv&#233;es, mais l'insuffisance de foi dans la R&#233;publique et subs&#233;quemment les h&#233;sitations &#224; se mobiliser pour la lib&#233;ralisation de l'audiovisuel public. Pour avoir m&#233;connu l'importance strat&#233;gique des cha&#238;nes priv&#233;es dans la lutte pour la d&#233;mocratie, les &#233;lites politiques et la masse payent aujourd'hui au prix fort le contr&#244;le &#233;tatique direct sur les m&#233;dias de service public qui tournent &#224; la gloire du ma&#238;tre, de son clan et de sa famille en lieu et place d'une v&#233;ritable ouverture sur la soci&#233;t&#233; et les faits de soci&#233;t&#233; et de culture. Il est vrai que le retard not&#233; dans la lev&#233;e de masse pour la lib&#233;ralisation de l'audiovisuel public est paralys&#233;e par la d&#233;fection des gauches d'ancien r&#233;gime convertis au wadisme, l'id&#233;ologie bureaucratique du calendrier r&#233;publicain qui gangr&#232;ne l'opposition parlementaire, autant que par le pacifisme des syndicats, les strat&#233;gies de financement des Ong et soci&#233;t&#233;s civiles, sinon par le manque de c&#339;ur &#224; l'ouvrage de tout ou partie des journalistes et de l'intelligentsia sur fond d'affaissement d'un monde rural trahi par le Sopi ; mais dans le fond, ce ne sont l&#224; que des alibis commodes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui attendrit la R&#233;publique, ce n'est pas la force intrins&#232;que de la nouvelle classe au pouvoir, qui est accul&#233;e et frappe dans toutes les directions, mais le caract&#232;re timor&#233; sinon l'insuffisance du sentiment r&#233;publicain, c'est-&#224;-dire non seulement la passion qui pousse &#224; l'action pour la R&#233;publique et les principes de la R&#233;publique, mais aussi le courage de prendre la parole pour d&#233;noncer les obstacles dress&#233;s tous azimuts par la nouvelle classe au pouvoir et ses relais au projet r&#233;publicain et citoyen, la volont&#233; d'organiser et de rassembler les cercles d'id&#233;es pour la d&#233;mocratie et la R&#233;publique partout o&#249; la voix du peuple s'entend, afin de manifester au grand jour, par la parole, l'&#233;crit, la plume et l'image, le th&#233;&#226;tre et la cr&#233;ation artistique, la musique, et les id&#233;aux de la R&#233;publique qui est encore vivante quoique passablement &#233;corn&#233;e par l'opportunisme, la transhumance, terreau fertile pour &#171; l'informellisation &#187; durable de l'Etat et de la Fonction publique. La d&#233;mocratie militante est paralys&#233;e par la peur de dire et de faire pour la R&#233;publique, par cette peur s&#233;cr&#233;t&#233;e et entretenue par les Thermidoriens de l'Alternance depuis qu'ils ont mesur&#233; le foss&#233; qui s&#233;pare les discours d'opposant des r&#233;alit&#233;s du Pouvoir. Le principe de la R&#233;publique est la Vertu selon Montesquieu, mais quel sera le ressort de ce dernier sinon la passion de la libert&#233; et le courage dans l'action, la d&#233;termination vis-&#224;-vis des ennemis de la Pens&#233;e critique, les adversaires de la R&#233;publique. Toute d&#233;mocratie vise au contr&#244;le des gouvernants et du souverain, mais tout despotisme ob&#233;it &#224; une logique de contr&#244;le de l'opinion et de l'&#233;lectorat. Entre ces deux extr&#234;mes, il faut choisir. Lorsqu'un choix de soci&#233;t&#233; est pos&#233;, la R&#233;publique doit rep&#233;rer ses fils et les R&#233;publicains compter leur nombre. Le contr&#244;le d'Etat sur l'audiovisuel public trahit une d&#233;marche anti-intellectuelle intol&#233;rable pour l'&#233;tat moral et politique de la nation en tous points. M&#234;me s'il est loisible de comprendre le d&#233;sarroi de la nouvelle classe au pouvoir effray&#233;e par la maturit&#233; citoyenne dont elle pr&#233;voit l'effet boomerang dans une conjoncture marqu&#233;e par la chute drastique du pouvoir d'achat et de l'emploi urbains et l'effondrement des revenus ruraux, tel qu'en atteste l'odyss&#233;e du Pib qui est pass&#233; en trois ans de pr&#232;s de 6 % &#224; 1,2 %, soit 1,8 % de moins que le cro&#238;t d&#233;mographique qui fait pr&#232;s de 3 %, l'id&#233;e de R&#233;publique n'est pas une lubie, mais une question vitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;publique est toute enti&#232;re dans l'id&#233;e de justice, de v&#233;rit&#233; et de solidarit&#233;. Deux faits nourrissent en effet l'attachement &#224; la Patrie et renforcent les assises de la R&#233;publique dans les c&#339;urs : d'une part les subsides que nous versons au fond commun, c'est-&#224;-dire les contributions directes et indirectes, d'autre part, le culte de la chose publique et le respect d&#251; aux institutions et symboles, c'est-&#224;-dire l'ob&#233;issance aux r&#232;gles et le respect de l'autorit&#233;, ob&#233;issance et respect dont la coh&#233;rence est donn&#233;e par ce redoutable nom de civisme. Or qui ne voit que ces deux ressorts de la R&#233;publique sont fortement contrari&#233;s par des pratiques non l&#233;gitimes en g&#233;n&#233;ral, et contraires aux lois et r&#232;glements souventes fois. En effet, contribuables, nous payons des imp&#244;ts pour le fonctionnement de l'Etat et des institutions communes de toutes natures, y compris les soci&#233;t&#233;s nationales comme la radio, la t&#233;l&#233; ou les soci&#233;t&#233;s nationales comme le quotidien le Soleil, sans oublier tant d'autres structures, citoyens, nous ob&#233;issons &#224; la Constitution et aux commandements de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or donc, ces deux &#233;l&#233;ments qui d&#233;terminent la stabilit&#233; de nos institutions et la solidit&#233; de nos m&#339;urs s'&#233;cartent l'un de l'autre &#224; la mani&#232;re des lames de ciseaux, au lieu de se rapprocher et d'&#233;voluer dans la m&#234;me direction. Et, ce, le fait est tout de m&#234;me remarquable, &#224; mesure que les droits du citoyen sont l&#233;s&#233;s par l'administration et les fonctionnaires charg&#233;s de la gestion de la chose commune, qui plus est, l'Etat y contribue fortement au lieu de s'y opposer, dans l'indiff&#233;rence des organes d'autosaisine de l'appareil d'Etat. A mesure que le co&#251;t de la vie augmente et que la &#171; demande sociale &#187; cro&#238;t de mani&#232;re vertigineuse et que les revenus disponibles diminuent, au m&#234;me moment o&#249; la nouvelle classe au pouvoir change de condition &#224; vue d'&#339;il, le r&#233;gime des libert&#233;s publiques recule en m&#234;me temps que la culture r&#233;publicaine d&#233;cline ; autant de faits qui en retour jettent l'&#233;moi chez les classes avis&#233;es et d&#233;concentrent les moins instruits qui se retrouvent pi&#233;g&#233;s du fait de devoir trancher &#224; chaud, et presque chauff&#233;s &#224; blanc, des litiges qu'aucune &#233;ducation ne leur permet de trancher sur le fond. Dans de telles circonstances on aurait pu s'attendre &#224; ce que les organismes sp&#233;cialis&#233;s et outill&#233;s pour pr&#233;venir les d&#233;sordres publics r&#233;sultant de la d&#233;sinformation des citoyens et du corps social, en l'occurrence les m&#233;dias du service public dont la fonction est d'informer l'opinion, l'Etat et les particuliers sur l'&#233;tat moral et politique, &#233;conomique et culturel, social et id&#233;ologique, prissent des mesures correctives et assument leurs responsabilit&#233;s pour circonscrire les d&#233;bats les plus houleux et humaniser les controverses les &#226;pres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les voil&#224; qui laissent faire ou profitent de la situation pour hurler avec les loups pour m&#233;riter du Ma&#238;tre apr&#232;s le coup de gong. Dans ces conditions, &#224; quoi rime la R&#233;publique et l'id&#233;e de R&#233;publique ? A quoi servent les id&#233;es en g&#233;n&#233;ral et les id&#233;es d&#233;mocratiques et r&#233;publicaines en particulier ? A moins donc qu'on ne consid&#232;re les id&#233;es et les mots, les formes et les th&#233;ories comme de simples d&#233;corations ou affectations sans port&#233;e pratique, ou de pures coquetteries pour intellectuel salonnard, l'Id&#233;e pr&#233;pare l'Action et se r&#232;gle d'apr&#232;s celle-ci. Telle est du moins sa v&#233;ritable signification pour ceux qui ont compris la noblesse, mais aussi la fragilit&#233; des conqu&#234;tes d&#233;mocratiques successives qui font l'originalit&#233; de notre vie morale et politique. Il ne suffit pas de se battre pour obtenir des acquis substantiels, il convient de les maintenir et les consolider par des institutions ad&#233;quates, mais aussi de les d&#233;fendre lorsqu'elles sont menac&#233;es. Or je ne sais que deux mani&#232;res d'emp&#234;cher l'irr&#233;parable en mati&#232;re de libert&#233; de la presse et de l'information : la prise de parole et la manifestation, l'action en justice et la bataille d'opinion. Mais les autorit&#233;s comprennent-elles seulement les messages de l'opinion, notamment dans cette affaire du Non-Etat r&#233;v&#233;l&#233;e, mais non exclusivement, par le livre de Abdou Latif Coulibaly ? Car lorsque l'on s'en prend au messager et non au message, n'est-ce pas une mani&#232;re de clamer son impr&#233;paration et sa fermeture &#224; toute v&#233;rit&#233; morale et politique de nos temps modernes ? Si la surdit&#233; des rois &#224; l'esprit des temps qui changent s'abat sur notre pays, il ne sera pas trop de penser &#224; historique a mis entre les mains de la d&#233;mocratie s&#233;n&#233;galaise post-alternance ? Wait and see. (Fin)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malick NDIAYE Sociologue, Ucad&lt;br class='autobr' /&gt;
(Source : &lt;a href=&#034;http://www.walf.sn/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Wal Fadjiri&lt;/a&gt; 22 ao&#251;t 2003)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.osiris.sn/rts-derniere-bastille-1-3.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Rts, derni&#232;re bastille ? (1/3&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.osiris.sn/la-rts-ou-l-hymne-a-la-gloire-du-prince-2-3.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La Rts ou l'hymne &#224; la gloire du prince (2/3)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Rts ou l'hymne &#224; la gloire du prince (2/3)</title>
		<link>https://www.osiris.sn/la-rts-ou-l-hymne-a-la-gloire-du-prince-2-3.html</link>
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		<dc:date>2003-08-21T12:27:59Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;A pr&#233;sent que la d&#233;mocratie s&#233;n&#233;galaise est devenue grande et majeure, le fonctionnaire n'est-il pas tenu plus qu'auparavant de raisonner selon son cahier des charges objectif et explicite, c'est-&#224;-dire &#233;crit et ordonn&#233; sous la forme de textes r&#233;glementaires qui d&#233;terminent ses pr&#233;rogatives, ses comp&#233;tences, son champ d'incomp&#233;tences et ses responsabilit&#233;s, plut&#244;t que d'accepter d'&#234;tre l'instrument docile de l'Ex&#233;cutif ? Il est vrai que l'Ex&#233;cutif semble tout puissant, mais entre les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.osiris.sn/-2003-.html" rel="directory"&gt;2003&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A pr&#233;sent que la d&#233;mocratie s&#233;n&#233;galaise est devenue grande et majeure, le fonctionnaire n'est-il pas tenu plus qu'auparavant de raisonner selon son cahier des charges objectif et explicite, c'est-&#224;-dire &#233;crit et ordonn&#233; sous la forme de textes r&#233;glementaires qui d&#233;terminent ses pr&#233;rogatives, ses comp&#233;tences, son champ d'incomp&#233;tences et ses responsabilit&#233;s, plut&#244;t que d'accepter d'&#234;tre l'instrument docile de l'Ex&#233;cutif ? Il est vrai que l'Ex&#233;cutif semble tout puissant, mais entre les institutions p&#233;rennes et les gouvernements qui passent, et les ministres qui tournent tr&#232;s vite, quelle est la loi du fonctionnaire ? De m&#234;me qu'une r&#233;publique a besoin de r&#233;publicains (vertueux), une administration ne peut marcher qu'avec des fonctionnaires avertis, c'est-&#224;-dire form&#233;s aux devoirs, lois et r&#232;glements de leurs fonctions. A moins d'admettre que l'alternance a remplac&#233; tous les fonctionnaires qualifi&#233;s et tous les professionnels rompus &#224; la t&#226;che par des politiciens sans grade, il faut convenir qu'il y a bien un probl&#232;me majeur : une r&#233;publique sans r&#233;publicains, une Fonction publique sans fonctionnaires. Comment sortir de ce cercle vicieux ? Le fonctionnaire, pas plus que l'Etat, le prince ou les fils, la famille ou les parents, n'est au-dessus des lois qui s'imposent &#224; tous, sans exception. Si le pr&#233;sident est appel&#233; &#224; rendre des comptes &#224; la nation, pourquoi le fonctionnaire nomm&#233; par ce dernier aurait-il la faiblesse de se prendre pour irresponsable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nonobstant toutes ces questions l&#233;gitimes pour un r&#233;publicain, et prenant fait et cause pour ceux qui les nomment et sans aucun &#233;gard pour la souverainet&#233; populaire qui est tout de m&#234;me &#224; la base de toute d&#233;l&#233;gation de pouvoir en r&#233;publique, les directeurs g&#233;n&#233;raux de la Rts et du quotidien le Soleil n'ont cure de la r&#233;probation que leur inconduite suscite au sein de l'opinion, qui traitent avec m&#233;pris les demandes de dialogue et les attentes l&#233;gitimes qu'un d&#233;bat contradictoire et cr&#233;dible. Voil&#224; pr&#232;s d'un mois et demi que les m&#233;dias du service public organisent le black-out sur un fait d'opinion collective qui a commenc&#233; par un &#233;v&#233;nement litt&#233;raire et journalistique pour devenir un fait de soci&#233;t&#233; : les m&#233;dias du service public font preuve de carence pour le traitement professionnel d'une information qui d&#233;fraie la chronique et bat tous les records (de vente). Si Mme Wade avait &#233;crit un roman sur le sida, quel e&#251;t &#233;t&#233; l'accueil &#224; la Rts et au Soleil ? Nous demandons un traitement au moins &#233;quivalent pour le livre de Latif. Pourquoi feint-on de le refuser ? En lieu et place, tous ces navets que l'on nous jette &#224; la figure, tous ces d&#233;bats convenus et toutes ces fen&#234;tres &#224; la t&#233;l&#233; pour les intellectuels du r&#233;gime, &#224; quoi cela rime-t-il ? Qui est responsable ? L'Etat ou le fonctionnaire ? Le pr&#233;sident, le ministre ou celui qui interpr&#232;te leurs d&#233;sirs et pr&#233;vient ses r&#233;actions par des initiatives sur le mod&#232;le griotique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La le&#231;on des &#233;v&#233;nements, c'est qu'aucun fonctionnaire ou d&#233;tenteur d'autorit&#233; &#224; un titre quelconque ne peut continuer de fonctionner &#224; l'ancienne, c'est-&#224;-dire sous le r&#233;gime de l'irresponsabilit&#233;, selon la formule d&#233;enk koo woolu, ku la may sanxal, etc. A consid&#233;rer que ces maximes fussent valables en d'autres temps, le contexte s'est modifi&#233;, et avec ceci la perception collective des actes publics des titulaires de charges. En effet, &#224; mesure que la d&#233;mocratie a commenc&#233; de se mettre en place et de glaner quelque succ&#232;s, ici et l&#224;, elle a &#233;tendu son espace de mani&#232;re constante et ind&#233;finie en surmontant les traquenards et les pi&#232;ges de ses adversaires de classe, et en s'introduisant partout jusque dans les consciences et les m&#339;urs dont elle a contribu&#233; &#224; redessiner le profil et les normes, les go&#251;ts et l'app&#233;tit. Si bien que des domaines entiers sont tomb&#233;s dans son escarcelle qui &#233;taient exclus de ses lumi&#232;res et de ses visions. Apr&#232;s la libert&#233; de la presse et d'opinion, la libre circulation des personnes, les libert&#233;s syndicales et le droit de fonder des partis politiques de son choix, la d&#233;mocratie s'est produite chez nous en parlement en m&#234;me temps qu'elle apprenait &#224; prendre la rue gr&#226;ce au Sopi ascendant, avant de gagner les avenues et les boulevards, les places (Soweto, place de l'Ind&#233;pendance, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En lib&#233;rant la parole des &#233;crivains et des litt&#233;rateurs, des artistes et des po&#232;tes, c'est bien elle qui a pr&#233;par&#233; dans ce pays l'essor de la Pens&#233;e sociale et philosophique critique, r&#233;uni la masse critique indispensable &#224; la mise en accusation des fausses autorit&#233;s, des impostures et des hi&#233;rarchies sociales et politiques obsol&#232;tes qui bouchent tous les pores du corps social et menacent celui-ci d'&#233;touffement. Apr&#232;s que la critique sociale a pris pied dans les m&#233;dias priv&#233;s, et &#233;trangers voire mondiaux, favorisant ainsi consid&#233;rablement la d&#233;mocratie et la culture au S&#233;n&#233;gal m&#234;me, pourquoi veut-on qu'elle marque le pas devant l'irresponsabilit&#233; des fonctionnaires et charg&#233;s de missions qui n'ont de l&#233;gitimit&#233; comme d&#233;l&#233;gataires d'un pouvoir qui plonge ses racines dans la souverainet&#233; populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si donc le Dg de la Rts, et secondairement celui du Soleil, se maintenaient dans l'illusion qu'ils ne sont pas tenus par des cahiers des charges qui int&#232;grent les droits du public &#224; l'information et le devoir des particuliers et des groupes, sinon de simples citoyens, de les interpeller, cela ne tient pas &#224; l'insuffisante maturit&#233; du principe d&#233;mocratique, mais &#224; la persistance de quelques &#238;lots de bastille &#224; prendre pour parachever les libert&#233;s patiemment conquises et cumul&#233;es par le peuple toutes sensibilit&#233;s confondues. A consid&#233;rer m&#234;me qu'une Rts d&#233;mocratis&#233;e serait un danger pour la pens&#233;e unique et les sp&#233;cialistes de la propagande qui s'honorent de frelater les programmes et de biaiser les informations, on ne voit gu&#232;re pourquoi la mar&#233;e montante de la d&#233;mocratie post-alternance devrait &#233;pargner des directeurs g&#233;n&#233;raux aux ordres qui pr&#233;tendent freiner la mer avec leurs bras, au lieu d'ob&#233;ir aux devoirs objectifs de leurs fonctions en ouvrant la t&#233;l&#233;vision sur la soci&#233;t&#233; v&#233;ritable. Qui plus est, est-il vraiment raisonnable de mettre en balance les int&#233;r&#234;ts personnels de directeurs g&#233;n&#233;raux choisis sur des crit&#232;res non professionnels et le d&#233;sir ardent de tout un peuple d'en savoir un peu plus sur l'actualit&#233; br&#251;lante s&#233;n&#233;galaise (en fran&#231;ais et dans les langues nationales), en particulier cet ouvrage de Latif, victime des r&#232;gles non &#233;crites de la censure de la Rts et du Soleil, un ouvrage qui plane sur la Rts o&#249; il est abondamment comment&#233;, r&#233;fut&#233;, plagi&#233;, sans que jamais la parole ne soit donn&#233;e &#224; l'auteur. Combien de temps ce jeu prendra-t-il que l'on soustrait un auteur et son &#339;uvre de nos &#233;crans et de notre radio nationale, cependant qu'on y querelle sa plume et r&#233;cuse son argumentation &#224; longueur de journ&#233;e ? S'il y a eu faute, ce n'est pas &#224; Latif qu'il conviendrait de l'imputer, mais bien &#224; la pens&#233;e d&#233;mocratique s&#233;n&#233;galaise post-alternance en plein essor, qui lasse de l'hypocrisie ambiante et des mises en sc&#232;ne m&#233;diatique, a t&#244;t fait de lib&#233;rer la parole et d'inspirer des vocations de libre examen et de libre-pens&#233;e. Si Latif n'avait pas &#233;crit cet ouvrage, un autre journaliste l'aurait fait. En fait, il est m&#234;me permis de penser qu'il y en a d'autres qui arrivent, car, ainsi que l'avait per&#231;u Durkheim : tous les c&#339;urs vibrent &#224; l'unisson, ce n'est pas en vertu d'une disposition sp&#233;ciale (...), c'est qu'une m&#234;me force les meut dans la m&#234;me direction. Combien de Latif faudra-t-il dans ce pays pour que la t&#233;l&#233;vision acc&#232;de aux demandes du public ? Un public, qui ne l'oublions, ne r&#233;clame pas des faveurs, mais un droit constitutionnel-l&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fond, que veulent les contribuables-citoyens devant le constat de carence de la Rts et du Soleil, sinon qu'on lui facilite l'acc&#232;s aux nouvelles productions litt&#233;raires, scientifiques et artistiques, critiques en particulier, au travers desquelles le peuple pense son &#233;tat pr&#233;sent et pr&#233;pare son futur ? En effet, pourquoi oublier ou feindre d'oublier un seul instant la fonction civique de l'&#233;ducation morale et sociale qui est partie int&#233;grante des missions de la Rts et du Soleil ? Si la Rts &#233;tait un m&#233;dia priv&#233;, il ne serait venu &#224; l'id&#233;e de personne de lui rappeler ses devoirs et missions, car le public et les t&#233;l&#233;spectateurs seraient seuls juges de l'int&#233;r&#234;t qu'elle pr&#233;sente et des sanctions qu'elle m&#233;rite, assur&#233;ment. Il en aurait &#233;t&#233; de m&#234;me si cette soci&#233;t&#233; nationale s'&#233;tait confondue &#224; un m&#233;dia domestique de la pr&#233;sidence de la R&#233;publique &#224; l'image du Quotidien de la R&#233;publique. Il n'y aurait eu alors rien &#224; redire, et ni le public ni les professionnels de l'information n'en auraient perdu le sommeil pour des raisons &#233;videntes ; mais il se trouve qu'une nation est une volont&#233; organis&#233;e sinon un projet moral et politique irr&#233;pressible qui cherche &#224; exprimer son destin par des pens&#233;es et des actes, des institutions et des cr&#233;ations qui lui renvoient l'image d'elle-m&#234;me gr&#226;ce &#224; laquelle elle corrige ses fautes et soigne son image ad vitam aeternam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la raison pour laquelle le refus d'acc&#233;der aux demandes raisonnables du public &#224; l'information contradictoire &#233;quivaut &#224; l'oubli d'un devoir que tout citoyen a le droit de rappeler au Dg de la Rts par les m&#233;thodes qui conviennent. Car &#224; partir du moment o&#249; les soci&#233;t&#233;s nationales - Rts et Soleil, entre autres - re&#231;oivent des fonds publics &#224; titre principal, avec l'obligation d'assumer des missions de service public non partisanes, le pluralisme moral, politique, partisan et politique, culturel et linguistique doit y avoir droit de cit&#233; comme une obligation, non comme une lib&#233;ralit&#233; de grand seigneur, car la Constitution et les m&#339;urs le veulent ainsi ! A l'inverse, si l'on peut comprendre que la nouvelle classe au pouvoir a jet&#233; son d&#233;volu sur la Rts dont elle a fait un hymne &#224; sa gloire et la lucarne de ses exploits, il est despotique d'en expulser la soci&#233;t&#233; enti&#232;re au nom d'un clan singulier ou du Parti dominant. Car dans une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique, les d&#233;bats de soci&#233;t&#233; et les enjeux de soci&#233;t&#233; sont trait&#233;s sous le mode du pluralisme, non sur celui du monolithisme exclusif et accapareur. (A suivre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malick NDIAYE Sociologue, Ucad&lt;br class='autobr' /&gt;
(Source &lt;a href=&#034;http://www.walf.sn/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Wal Fadjiri&lt;/a&gt; 21 aout 2003)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.osiris.sn/rts-derniere-bastille-1-3.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Rts, derni&#232;re bastille ? (1/3&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.osiris.sn/La-democratisation-de-la-Rts-est.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La d&#233;mocratisation de la Rts est une urgence (3/3)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rts, derni&#232;re bastille ? (1/3)</title>
		<link>https://www.osiris.sn/rts-derniere-bastille-1-3.html</link>
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		<dc:date>2003-08-20T12:18:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#171; Une seule t&#233;l&#233; est indigne du S&#233;n&#233;gal &#187;. Telle est la nouvelle v&#233;rit&#233; que les professionnels de l'information partagent avec la masse des t&#233;l&#233;spectateurs des villes et des campagnes, &#224; mesure que les &#233;missions interactives radiophoniques avaient permis au citoyen moyen de s'&#233;lever au-dessus de la conscience commune des pays o&#249; une seule radio et une seule t&#233;l&#233; ab&#234;tissent encore les populations &#224; longueur de journ&#233;e. Il est vrai que Me Wade a soutenu que l'audiovisuel &#233;tait un outil (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.osiris.sn/-2003-.html" rel="directory"&gt;2003&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Une seule t&#233;l&#233; est indigne du S&#233;n&#233;gal &#187;. Telle est la nouvelle v&#233;rit&#233; que les professionnels de l'information partagent avec la masse des t&#233;l&#233;spectateurs des villes et des campagnes, &#224; mesure que les &#233;missions interactives radiophoniques avaient permis au citoyen moyen de s'&#233;lever au-dessus de la conscience commune des pays o&#249; une seule radio et une seule t&#233;l&#233; ab&#234;tissent encore les populations &#224; longueur de journ&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est vrai que Me Wade a soutenu que l'audiovisuel &#233;tait un outil dangereux qui ne devait pas tomber entre les mains de n'importe qui. Mais tout le probl&#232;me n'est-il pas de savoir pr&#233;cis&#233;ment en quoi la lib&#233;ralisation de l'audiovisuel public est un danger et pour qui ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Si le pluralisme de l'information est un crime, autant fermer les radios priv&#233;es et supprimer le multipartisme int&#233;gral et retourner aux temps r&#233;volus des minist&#232;res de l'Information, avec leur corollaire, le dirigisme &#233;tatique sur l'&#233;conomie, l'arrogance des fonctionnaires au-dessus des lois, et la toute-puissance du Parti dominant d&#233;nigre les lois et se joue de la r&#233;publique ! &#171; Ku wax feegn &#187; dit l'adage. &#171; L'inconscient est structur&#233; comme un langage &#187;, avait dit Lacan. Ce qui est dit est dit, inutile d'aller chercher plus loin en attendant la prochaine violation des us et coutumes d&#233;mocratiques. Quand le produit le plus pur d'un processus d&#233;mocratique et r&#233;publicain ne reconna&#238;t plus qui l'a fait roi, c'est qu'une p&#233;riode enti&#232;re de la vie ach&#232;ve de vieillir comme fit Hegel. Il est vrai que d'apr&#232;s l'auteur de La logique, on ne saurait rajeunir une telle p&#233;riode r&#233;volue avec du gris sur du gris, mais seulement la conna&#238;tre, mais on peut se demander si le probl&#232;me qui nous est pos&#233; hic et nunc ne consiste pas dans la transformation qualitative de la d&#233;mocratie post-alternance, en lieu et place d'une ratiocination sur les choses du pass&#233;. Aussi la mise en accusation des libert&#233;s citoyennes nouvellement acquises, de m&#234;me que les libert&#233;s d'entreprise qui lui correspondent, mise en accusation sibylline et meurtri&#232;re, traduit-elle un acte de r&#233;action du sommet de l'Alternance qui contemple son d&#233;clin et entend chercher des ressources contre l'in&#233;vitable, en succombant &#224; la tentation du despotisme &#171; &#233;clair&#233; &#187;, nouveau point de ralliement et programme &#224; la fois, de tous les thermidoriens de l'Alternance. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si d'ores et d&#233;j&#224;, le pluralisme partisan et son corollaire, les radios priv&#233;es et les t&#233;l&#233;s priv&#233;es jouissent de la haine bien m&#233;rit&#233;e de la nouvelle classe au pouvoir, la raison n'est pas &#224; chercher dans la culture de parti-unique qui sommeille en chaque transhumant de premi&#232;re classe ou chez tout bon sopiste de la 25&#176; heure (table servie ?), mais en ce que les nouveaux p&#244;les de radicalit&#233; citoyenne lib&#232;rent chaque jour que Dieu fait la masse de la Pens&#233;e unique, rendant in&#233;vitable &#224; tr&#232;s court terme la prise de la derni&#232;re bastille du conformisme post-alternance, en l'occurrence la Rts. Moyennant quoi, le premier qui a dit que la t&#233;l&#233;vision priv&#233;e &#233;tait un outil dangereux n'aura fait que trahir le secret intime de la nouvelle classe au pouvoir en l'occurrence : l'id&#233;ologie et la pratique du cumul des mandats, l'&#233;loge de la Pens&#233;e unique et le monocratisme t&#233;l&#233;visuel. La th&#232;se M. Jacques Habib Sy (Crise de l'audiovisuel au S&#233;n&#233;gal) selon laquelle le S&#233;n&#233;gal avait une t&#233;l&#233;vision de propagande pouvait-elle r&#234;ver d'une meilleure illustration ? Quoi qu'il en soit, si les &#233;tats d'&#226;me du Ma&#238;tre au sujet des bienfaits du despotisme et les dangers de la t&#233;l&#233;vision r&#233;sumaient le projet de soci&#233;t&#233; lib&#233;rale du pr&#233;sident de la R&#233;publique, ce qui menace les acquis de la d&#233;mocratie, ce n'est pas seulement le despotisme &#233;clair&#233;, c'est le bonapartisme le plus brutal et le plus cynique, indigne du niveau intellectuel du S&#233;n&#233;galais moyen des villes ou des campagnes. Car justifier ainsi, et sans d&#233;tour, le contr&#244;le d'Etat strict sur l'audiovisuel public doubl&#233; d'un blocage administratif de toute lib&#233;ralisation de ce m&#234;me audiovisuel public, laisse dubitatif. Cela revient de facto et de jure &#224; un quasi monopole de la nouvelle classe au pouvoir sur un secteur-cl&#233; de la soci&#233;t&#233; actuelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Partant, si comme des professionnels de l'audiovisuel l'ont parfaitement bien per&#231;u : &#171; la t&#233;l&#233;vision est devenue une question de soci&#233;t&#233; &#187; (Khalil Gu&#232;ye), on doit s'interroger s&#233;rieusement et l&#233;gitimement : ce contr&#244;le d'Etat est-il tol&#233;rable en th&#233;orie et supportable en pratique ? De plus, au nom de quelle logique monsieur le pr&#233;sident de la R&#233;publique entend-il diff&#233;rer la lib&#233;ralisation de l'audiovisuel public ? Pourquoi les progr&#232;s accomplis dans la bande Fm des radios priv&#233;es devraient-ils &#234;tre abolis et/ou ni&#233;s d&#232;s qu'il s'agit de la t&#233;l&#233;vision ? Si encore le peuple et les &#233;lites n'&#233;taient pas m&#251;rs ! Et pourtant, c'est tout le contraire qui se v&#233;rifie quotidiennement. Car, ce que la d&#233;mocratie pluraliste exige, les citoyens le demandent avec insistance, tandis que les m&#233;dias priv&#233;s (Walf, Sud, Excaf, etc.) et les patrons de presse (Sidy Lamine Niasse, Babacar Tour&#233;, Ben Bass Diagne, etc.), de m&#234;me que les groupements de producteurs (Association professionnelle des producteurs priv&#233;s de t&#233;l&#233;vision - Appp-Tv) disent &#234;tre pr&#233;par&#233;s &#224; cette lib&#233;ralisation des cha&#238;nes et de l'offre de t&#233;l&#233;vision. Si le peuple et les &#233;lites sont pr&#234;tes, si l'opinion a soif de d&#233;bats contradictoires et de controverses - passionn&#233;es et passionnantes -, pourquoi l'Etat tra&#238;ne-t-il les pieds ? Pourquoi Me Wade aurait-il peur d'une ou de plusieurs cha&#238;nes priv&#233;es ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Evidemment, il y a d'abord lieu de s'&#233;tonner qu'un lib&#233;ral puisse se d&#233;fier &#224; ce point de la concurrence dans le secteur de l'audiovisuel au regard des dangers &#233;ventuels qu'il subodore. Pourquoi avoir attendu ce moment-ci pr&#233;cis&#233;ment pour d&#233;couvrir les dangers du pluralisme partisan jug&#233; b&#233;n&#233;fique et salvateur &#224; la fin des ann&#233;es 60, d&#233;but des ann&#233;es 70 ? Il est vrai que selon le mot de Marx : &#171; ce n'est pas la conscience qui d&#233;termine l'&#234;tre, mais au contraire c'est l'&#234;tre qui d&#233;termine la conscience &#187;, mais tout de m&#234;me ! Entre le lever et le coucher du soleil, pourquoi feindre d'oublier les services rendus par le pluralisme de l'information et des partis hier, et aujourd'hui plus qu'hier, et contester ceux dont la pertinence a convaincu les plus sceptiques au regard de ses effets sur la morale publique et les m&#339;urs, la R&#233;publique et les lois, et ce, malgr&#233; les exc&#232;s et les &#233;carts que personne ne nie ? Au demeurant, s'il y avait &#224; craindre des d&#233;rapages et des d&#233;rives, n'est-ce pas aux m&#339;urs et &#224; la loi ou aux organismes de r&#233;gulation de l'audiovisuel (Hca) de jouer leur r&#244;le comme par le pass&#233;, ou encore aux organisations professionnelles syndicales (Synpics) ou priv&#233;es (Cred) de former l'opinion ou de discipliner l'opinion et les membres ? En tous les cas, sied-il vraiment &#224; un Chef de parti de faire la le&#231;on, qui pourrait &#234;tre suspect&#233; (l&#233;gitimement) de chercher &#224; conserver quelque avantage particulier &#224; son clan pendant qu'il instrumente la t&#233;l&#233; et la radio de service public ? Sous ce rapport, l'&#233;galit&#233; des citoyens et des partis en droit ne milite pas en faveur du contr&#244;le monopartisan actuel sur les m&#233;dias du service public. Dans ces conditions, comment expliquer l'origine de l'apathie et de la nonchalance des citoyens en ces temps d'obscurantisme et de populisme qui tentent d'&#233;lever la l&#233;gitimit&#233; des actes de la Nouvelle classe au-dessus de la l&#233;galit&#233; r&#233;publicaine ? Comment comprendre la faiblesse des r&#233;actions citoyennes face &#224; l'arbitraire des l&#233;gitimistes qui &#233;rigent un non-Etat sur les ruines d'une Administration qui &#171; s'informellise &#187; &#224; grande vitesse ? Pourquoi les citoyens ne disent-ils pas Non au l&#233;gitimisme en lui opposant les comp&#233;tences clairement d&#233;limit&#233;es par la Constitution et les traditions r&#233;publicaines ? De quoi s'autorisent toutes ces couleuvres qui anesth&#233;sient le citoyen lamda et contraignent tout ou partie des &#233;lites &#224; un silence de frustr&#233; ? Car, disons-nous les choses, ce n'est pas l'Etat en son principe qui oblige de respecter les ordres et les instructions qui se situent en dehors du champ de comp&#233;tence de quelque autorit&#233; que ce soit. Ni la morale, ni la constitution n'imposent la docilit&#233; aux ukases en ce domaine, mais croyez-moi, seule l'ignorance des lois et r&#232;glements, l'habitude de l'oppression sinon la crainte que le souverain inspire, ou encore la dictature brutale et arrogante de quelques cliques qui tiennent le haut du pav&#233; et prennent pour le nombril de la R&#233;publique, expliquent l'apparente r&#233;signation des citoyens qui tissent leur toile et maillent les cercles et les clubs, les mouvances et les sensibilit&#233;s, les partis et les syndicats, ici et ailleurs. Toutefois, cela ne permet gu&#232;re de comprendre cette R&#233;publique sans R&#233;publicains, qui perdure faute de r&#233;action collective appropri&#233;e face au servilisme aveugle des &#171; Le-Ma&#238;tre-pense-pour moi &#187;, lesquels terrorisent quotidiennement le groupe form&#233; par les serviteurs qualifi&#233;s et comp&#233;tents de l'Etat, c'est-&#224;-dire les fonctionnaires titulaires de fonctions ou de charges nominatives et &#233;lectives. Sans d&#233;fense efficace vis-&#224;-vis des garde-chiourme de la R&#233;publique informellis&#233;e, les chevaliers de la Fonction publique et l'opinion t&#233;tanis&#233;e par la tyrannie des nouveaux barons, en oublient le probl&#232;me central de toute administration : la l&#233;galit&#233; de leurs actes qu'il ne faut pas confondre avec celui de la l&#233;gitimit&#233;. En effet, quel que soit leur mode de nomination, les fonctionnaires demeurent, faut-il le rappeler, compl&#232;tement responsables en vertu des textes et lois, et eux-seuls, devant les juridictions comp&#233;tentes de la Nation ( tribunaux) et devant l'opinion. Aujourd'hui, plus qu'hier en vertu des progr&#232;s d&#233;mocratiques qui ont permis l'Alternance. Mais pourquoi donc le fonctionnaire a-t-il tant de mal &#224; honorer ses missions r&#233;publicaines aujourd'hui alors que tous les acquis institutionnels l'y invitent de m&#234;me que le contexte marqu&#233; par les progr&#232;s de l'opinion publique et la presse ? (1/2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malick NDIAYE Sociologue, Ucad&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source &lt;a href=&#034;http://www.walf.sn/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Wal Fadjiri&lt;/a&gt; 20 aout 2003)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.osiris.sn/la-rts-ou-l-hymne-a-la-gloire-du-prince-2-3.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La Rts ou l'hymne &#224; la gloire du prince (2/3)&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.osiris.sn/La-democratisation-de-la-Rts-est.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La d&#233;mocratisation de la Rts est une urgence (3/3)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Joko, l'histoire d'un &#233;chec</title>
		<link>https://www.osiris.sn/Joko-l-histoire-d-un-echec.html</link>
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		<dc:date>2003-07-29T11:43:51Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En guise d'introduction, nous allons prendre pour pr&#233;texte le constat du secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral d'OSIRIS (Observatoire sur les syst&#232;mes d'information, les r&#233;seaux et les inforoutes au S&#233;n&#233;gal, Olivier Sagna qui mettait en relief dans une interview l'urgence pour les pays africains de d&#233;velopper des points d'acc&#232;s publics au R&#233;seau par le biais d'actions associatives. &lt;br class='autobr' /&gt;
H&#233;las, l'absence de politique nationale hardie en mati&#232;re de Ntic au S&#233;n&#233;gal, les sempiternels &#233;checs d'Ong et de priv&#233;s dans le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.osiris.sn/-2003-.html" rel="directory"&gt;2003&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En guise d'introduction, nous allons prendre pour pr&#233;texte le constat du secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral d'OSIRIS (Observatoire sur les syst&#232;mes d'information, les r&#233;seaux et les inforoutes au S&#233;n&#233;gal, Olivier Sagna qui mettait en relief dans une interview&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Olivier Sagna, &#171; L'Afrique a-t-elle besoin d'Internet ? &#187;, in Le monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; l'urgence pour les pays africains de d&#233;velopper des points d'acc&#232;s publics au R&#233;seau par le biais d'actions associatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las, l'absence de politique nationale hardie en mati&#232;re de Ntic au S&#233;n&#233;gal, les sempiternels &#233;checs d'Ong et de priv&#233;s dans le cadre de la p&#233;n&#233;tration de l'Internet en milieu rural, le monopole exerc&#233; par la Sonatel, le d&#233;ficit d'infrastructures des t&#233;l&#233;communications dans certaines zones n'augurent pas de jours meilleurs pour les populations d'acc&#233;der dans le r&#233;seau des r&#233;seaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une huitaine d'ann&#233;es apr&#232;s l'av&#232;nement d'Internet (1996 au S&#233;n&#233;gal) dans les villes et dans un degr&#233; moindre dans les campagnes, se pose l'&#233;quation du bon usage de l'outil Internet. L'&#233;conomiste Samir Amin l'a admirablement bien camp&#233; dans son texte &#171; De l'outil &#224; l'usage &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Samir Amin, &#171; De l'outil &#224; l'usage &#187;, in Enjeux des technologies de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il &#233;crit : &#171; Le d&#233;roulement de l'histoire n'est pas command&#233; directement par le progr&#232;s technique. L'histoire est davantage celle de la lutte pour le contr&#244;le des usages de ces techniques (...) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet Joko, initi&#233; par l'artiste s&#233;n&#233;galais Youssou Ndour, s'inscrit dans cette perspective d'appropriation de l'outil Internet. L'ambitieux projet Internet vise &#224; permettre l'acc&#232;s des nouvelles technologies aux communaut&#233;s d&#233;favoris&#233;es et cherche &#224; cr&#233;er un mod&#232;le qui permet aux pays pauvres de participer et de b&#233;n&#233;ficier de la nouvelle &#233;conomie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un concept original de popularisation de l'Internet &#224; travers l'installation de clubs Joko va se concr&#233;tiser gr&#226;ce au partenariat avec la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine Hewlett Packard - qui deviendra plus tard Hp Company, nous y reviendrons. La communaut&#233; rurale de Ngoundiane, situ&#233;e dans le d&#233;partement de Thi&#232;s &#224; quelque 110 km de Dakar servira de phase-test.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e des promoteurs est g&#233;n&#233;reuse : &#224; terme, 350 joko-club devraient ouverts aux quatre coins du pays. L'id&#233;e est d'autant plus noble qu'elle s'inscrit dans une vision communautaire. C'est un projet &#224; but non lucratif. Selon les initiateurs, la pr&#233;occupation majeure est de rechercher des moyens en vue de les mettre &#224; la disposition des communaut&#233;s de base et &#224; charge pour elles de les g&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que peut-on retenir de la phase-pilote du projet Joko, apr&#232;s l'inauguration des clubs de Ngoundiane dans la r&#233;gion de Thi&#232;s et de la M&#233;dina, dans la r&#233;gion de Dakar au cours du mois d'ao&#251;t 2001 ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Il &#233;tait convenu dans les termes de r&#233;f&#233;rence que le r&#233;seau Joko fournira d'abord un acc&#232;s Internet &#224; co&#251;t r&#233;duit aux communaut&#233;s locales, ensuite une formation qui couvre l'initiation pour les analphab&#232;tes et la sp&#233;cialisation en d&#233;veloppement, enfin un contenu local (site web et espace communautaire) qui mettra l'accent sur la culture du terroir afin de sauvegarder le folklore et les cultures traditionnels en num&#233;rique, mais &#233;galement de vendre des produits artisanaux en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les motivations de cette communication sont les suivantes : Pourquoi les promoteurs n'ont-ils pas atteint les objectifs initiaux ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Les initiateurs avaient-ils le profil de l'emploi pour la gestion &#224; bien de ce projet ? Le projet pouvait-il soutenir les importantes charges salariales et financi&#232;res ? L'&#233;tude de faisabilit&#233; a-t-il &#233;t&#233; suffisamment bien pens&#233;e ? Les populations &#233;taient-elles dans les dispositions pour accueillir un projet de cette nouveaut&#233; ? Enfin les partenaires am&#233;ricains ont-ils respect&#233; leur engagement ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Autant de questions qui constituent le cadre g&#233;n&#233;ral dans lequel nous allons nous pencher. Tous les esprits s'accordent &#224; croire &#224; une soci&#233;t&#233; de l'information et de la communication, mais il se pose pour les uns et les autres l'&#233;quation du contenu &#224; mettre dans les NTIC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif de cette communication est double : la premi&#232;re est de faire une sorte d'&#171; audit &#187; de la gestion du projet Joko en vue de situer les diff&#233;rentes failles. Entendons-nous bien, nous n'avons nullement la pr&#233;tention de faire un &#171; audit &#187; au sens stricto sensu du terme. Pour ce faire il nous a fallu une petite enqu&#234;te aupr&#232;s d'acteurs ayant de pr&#232;s ou de loin particip&#233; &#224; l'&#233;laboration et &#224; la gestion du projet. En d'autres termes, la quintessence de cette communication est le r&#233;sultat de t&#233;moignages de la part d'hommes et de femmes. La seconde se propose de voir ce qu'il en reste de cet ambitieux projet pour les populations, principalement de la communaut&#233; rurale de Ngoundiane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I - Les facteurs explicatifs d'un &#233;chec&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa philosophie, le projet Joko est &#224; saluer. Le concept est original, l'id&#233;e des promoteurs est noble. Au del&#224; de la p&#233;n&#233;tration de l'Internet en milieu urbain qui est une r&#233;alit&#233;, les initiateurs ont cru plus judicieux de connecter les zones rurales au r&#233;seau des r&#233;seaux. Le tout communautaire est le ma&#238;tre-mot des promoteurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais certains esprits avertis n'ont pas manqu&#233; d'&#233;mettre des r&#233;serves quant &#224; la p&#233;rennit&#233; du projet. L'id&#233;e selon laquelle en back-office des NTIC, on peut cr&#233;er des activit&#233;s g&#233;n&#233;ratrices de revenus dans les zones rurales est quelque peu illusoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Ong et autres projets de d&#233;veloppement local qui existent en milieu rural n'externalisent pas leurs activit&#233;s. L'exp&#233;rience a d&#233;montr&#233; qu'&#224; la fin d'un projet li&#233; aux Ntic, tout ce qui a &#233;t&#233; dit autour de la durabilit&#233; du mod&#232;le est remis en cause. La principale raison : l'absence de subventions. L'Initiative Acacia avec le projet Cyberpop en est une parfaite illustration. Les facteurs explicatifs de l'&#233;chec de la phase-pilote du projet Joko sont multiples. Pour certains, l'&#233;chec est d&#251; &#224; une mauvaise gestion financi&#232;re et &#224; un manque d'expertise, mais &#233;galement &#224; un foisonnement de directions, pour d'autres l'absence d'&#233;tude de faisabilit&#233; a &#233;t&#233; fatale. Enfin d'autres invoquent les co&#251;ts relativement &#233;lev&#233;s de l'op&#233;rateur de t&#233;l&#233;communications, la SONATEL, la fusion absorption de HP par COMPAQ qui s'est mu&#233;e en HP Company, une situation qui a pouss&#233; les administrateurs &#224; recentrer sur leur activit&#233; principale &#224; savoir l'invention de logiciels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'unisson d'aucuns estiment que le projet Joko est une riche exp&#233;rience, mais les objectifs fix&#233;s n'ont pas &#233;t&#233; atteint. &lt;br class='autobr' /&gt;
La surm&#233;diatisation qui a pr&#233;c&#233;d&#233; le d&#233;marrage du projet, le chapelet de promesses faites aux populations de Ngoundiane n'ont pas suffi pour r&#233;aliser ce beau projet qui n&#233;cessite d'importants moyens, selon certains t&#233;moignages. D'autres n'h&#233;sitent pas &#224; qualifier de litt&#233;rature la base du projet. On aurait dit qu'il n y a pas d'&#233;tudes financi&#232;res, encore moins de strat&#233;gie de d&#233;veloppement. En un mot comme en mille, on a assist&#233; &#224; un v&#233;ritable pilotage &#224; vue. Ce constat est d'autant plus perceptible que les promoteurs passaient le plus clair de leur temps &#224; confectionner des business plan alors que le projet est en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gestion locale confi&#233;e &#224; une direction tentaculaire a contribu&#233; &#233;galement &#224; l'&#233;chec du projet. Le sch&#233;ma reposait sur une direction g&#233;n&#233;rale avec ses d&#233;membrements en service commercial et financier, technique, de la production (site Internet et contenu avec des articles de reportage) et enfin en direction des communaut&#233;s. A cela il faut ajouter l'imposant contingent d'expatri&#233;s am&#233;ricains (17 &#224; 19 personnes) &#233;tait pris en charge par le projet. Les charges salariales &#233;taient excessivement importantes pour une phase-pilote dont le montant avoisinerait 1 million de dollars, soit l'&#233;quivalent de 700 millions de francs Cfa. En marge de cette lourdeur administrative, certains t&#233;moignages &#233;pinglent les surfacturations dans certaines commandes et les milliers de cartes de visite attribu&#233;es aux diff&#233;rentes directions. Une situation que d'aucuns jugent aberrant. On s'interrogeait m&#234;me sur la destination des subventions qui &#233;taient relativement cons&#233;quentes. L'amateurisme dans la gestion et le choix des hommes ont pr&#233;cipit&#233; aussi l'&#233;chec de la phase-pilote glissent certains de nos interview&#233;s. Un probl&#232;me d'orientation &#233;tait &#233;galement perceptible. Un des gestionnaires avouait que l'&#233;chec est imputable au fait que le mod&#232;le originel qui consistait &#224; pourvoir l'Internet en continu n'&#233;tait pas opportun dans la mesure o&#249; l'op&#233;rateur des t&#233;l&#233;communication ne jouait pas le jeu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les difficult&#233;s rencontr&#233;es peuvent se d&#233;cliner &#233;galement en terme de co-gestion entre la partie s&#233;n&#233;galaise et la partie am&#233;ricaine. Il s'est pos&#233; entre les promoteurs l'&#233;quation du &#171; profite &#187; ou du &#171; no profite &#187;. Dans ce cas de figure, faut-il privil&#233;gier un projet &#224; but non lucratif ou faut-il adopter une attitude de rentabilit&#233;. L'ambivalence dans la finalit&#233; du projet a &#233;t&#233; pr&#233;judiciable pour la p&#233;rennit&#233; de Joko.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains facteurs externes &#224; la gestion ont particip&#233; &#224; l'&#233;chec du projet. Les co&#251;ts jug&#233;s &#233;lev&#233;s de la connexion &#224; Internet et le d&#233;ficit d'infrastructures de t&#233;l&#233;communications dans les zones rurales, mais &#233;galement l'attitude attentiste des pouvoirs publics sont &#224; mis en relief. Le profil timor&#233; qu'adopte l'Etat est d'autant plus en mis en exergue qu'il n'y a pas de politique nationale des NTIC au S&#233;n&#233;gal. Certes il y a une Direction informatique de l'Etat qui a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e au mois de Juin 2001, mais l'existence d'un Minist&#232;re de la Recherche scientifique et des technologies participe-t-elle &#224; la d&#233;finition de la politique nationale en mati&#232;re de NTIC ? Le d&#233;sengagement des autorit&#233;s &#233;tatiques dans la r&#233;alisation des infrastructures des t&#233;l&#233;communications creuse davantage le foss&#233; entre le milieu urbain et le milieu rural. En effet la SONATEL - soci&#233;t&#233; priv&#233;e - et qui a en charge l'installation de la plate forme technique se soucie principalement de la rentabilit&#233; de ses investissements. Les zones rurales singularis&#233;es par un faible revenu et un taux d'analphab&#233;tisme relativement important ne constituent pas de niches d'opportunit&#233;s pour le seul op&#233;rateur des t&#233;l&#233;communications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II - Ce qu'il en reste du projet Joko&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vingt deux mois apr&#232;s la cr&#233;ation de Joko, que peut-on retenir du projet ? Au terme de la phase-pilote, il urge de tirer les enseignements. Un des gestionnaires du projet estime qu'ils ne sont pas fait d'illusion. Le plus important &#233;tait de faire une phase-pilote au sortir de laquelle il faut tirer les le&#231;ons. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce projet de world e-inclusion qui consiste &#224; apporter la technologie &#224; toutes les couches populaires n'a pas r&#233;pondu aux attentes des promoteurs. Toutefois il convient de p&#233;renniser cette exp&#233;rience fort enrichissante qui constitue une premi&#232;re au S&#233;n&#233;gal. Tous les t&#233;moignages s'accordent &#224; dire qu'il y a un &#233;chec. Mais c'est un &#233;chec &#224; relativiser dans la mesure o&#249; les populations de Ngoundiane ont pu s'approprier le projet. En d&#233;pit des contraintes li&#233;es au non acc&#232;s &#224; l'Internet, malgr&#233; le non respect des termes de r&#233;f&#233;rence des promoteurs de Joko, les habitants de la communaut&#233; rurale ont su apprivoiser cet instrument. Un des formateurs consent qu'il y a un &#233;chec par rapport &#224; l'id&#233;e du projet. Dans le projet Joko, il &#233;tait convenu que les initiateurs devraient accompagner les populations pour une dur&#233;e de cinq ans. La fourniture d'une trentaine d'ordinateurs - on en d&#233;nombre dix au Joko de Ngoundiane -, la mise &#224; disposition d'une photocopieuse et d'un scanner n'ont pas &#233;t&#233; livr&#233;es. La situation s'est d'autant plus d&#233;grad&#233;e qu'apr&#232;s onze mois de connexion &#224; Internet, la liaison a &#233;t&#233; coup&#233;e pour d&#233;faut de paiement &#224; la SONATEL. Il s'en est suivi un arr&#234;t de l'approvisionnement en &#233;lectricit&#233;. Mais cette situation n'a pas pour autant bris&#233; l'&#233;lan des populations qui ont d&#233;ploy&#233; une batterie de strat&#233;gies pour mieux vulgariser l'outil informatique et tenter de rentabiliser l'outil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier d&#233;fi auquel elles se sont employ&#233; &#224; relever est le retour de la connexion &#224; Internet. Gr&#226;ce &#224; une collecte de fonds, l'Internet est revenu. Tout en reconnaissant que l'acc&#232;s &#224; Internet n'est pas la priorit&#233;, un des formateurs estime que la formation est de rigueur. Dans ce cadre, les termes d'une collaboration avec l'Ong Plan International ont &#233;t&#233; retenus. Plan International qui s'active dans le parrainage d'&#233;l&#232;ves aussi bien en zone urbaine que rurale a sign&#233; un protocole d'accord avec les administrateurs de Joko New Look - c'est la nouvelle d&#233;nomination - pour la formation de 100 jeunes en raison de 10 000 Francs Cfa. Cette premi&#232;re phase (mars-mai) qui vient d'&#234;tre close, sera suivie l'ann&#233;e prochaine d'une autre fourn&#233;e de 200 &#224; 300 &#233;l&#232;ves. Pour mieux banaliser l'outil informatique aupr&#232;s des habitants de la localit&#233;, un Joko mobile sillonne les villages qui orbitent autour de Ngoundiane avec l'appui de DGL Felo (D&#233;centralisation Gouvernance Locale). L'appropriation du Joko Club de Ngoundiane par les populations s'illustre &#233;galement par un renforcement de l'apprentissage au niveau des &#233;coles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire de Joko Ngoundiane, le Joko de la M&#233;dina n'a pas connu une fin heureuse. Ce deuxi&#232;me site a &#233;t&#233; ferm&#233; &#224; cause principalement du manque de moyens et d'un boom de cybercaf&#233;s (lieu o&#249; les internautes viennent se connecter en &#233;change d'un forfait)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que conclure si ce n'est de dire avec force conviction que le projet Joko n&#233;cessite un lifting et qu'il est important de p&#233;renniser le concept. La communaut&#233; de Ngoundiane est parvenue &#224; s'approprier le projet, alors qu'au m&#234;me moment les promoteurs sont en n&#233;gociation avec l'op&#233;rateur italien Tiscali. Une nouvelle donne qui risque &#224; terme de d&#233;naturer ce dessein noble, qu'est la p&#233;n&#233;tration de l'Internet dans les zones d&#233;favoris&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Baba THIAM&lt;br class='manualbr' /&gt;Doctorant en Sociologie&lt;br class='manualbr' /&gt;E-mail : Thiambaba@hotmail.com&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Olivier Sagna, &#171; L'Afrique a-t-elle besoin d'Internet ? &#187;, in Le monde interactif, 9 mai 2001&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Samir Amin, &#171; De l'outil &#224; l'usage &#187;, in Enjeux des technologies de la communication en Afrique, &#233;d., Karthala, 1999&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Financement des infrastructures, quelques pistes </title>
		<link>https://www.osiris.sn/Financement-des-infrastructures.html</link>
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		<dc:date>2003-07-17T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Je m'appelle Jean-Louis FULLSACK. Je suis administrateur de l'ONG Coop&#233;ration, Solidarit&#233;, D&#233;veloppement aux Postes et T&#233;l&#233;communications (CSDPTT). J'interviens sur un des objectifs essentiels du SMSI que son jargon appelle &#171; la r&#233;duction de la fracture num&#233;rique &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Fortement engag&#233; dans le processus du SMSI d&#232;s son d&#233;but, CSDPTT a pr&#233;sent&#233; de nombreuses contributions et a activement particip&#233; au groupe de travail &#171; Contenus et Th&#232;mes &#187; de la Soci&#233;t&#233; Civile. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les th&#232;mes que j'ai l'honneur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.osiris.sn/-2003-.html" rel="directory"&gt;2003&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je m'appelle Jean-Louis FULLSACK. Je suis administrateur de l'ONG Coop&#233;ration, Solidarit&#233;, D&#233;veloppement aux Postes et T&#233;l&#233;communications (CSDPTT). J'interviens sur un des objectifs essentiels du SMSI que son jargon appelle &#171; la&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;duction de la fracture num&#233;rique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fortement engag&#233; dans le processus du SMSI d&#232;s son d&#233;but, CSDPTT a pr&#233;sent&#233; de nombreuses contributions et a activement particip&#233; au groupe de travail &#171; Contenus et Th&#232;mes &#187; de la Soci&#233;t&#233; Civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les th&#232;mes que j'ai l'honneur de vous pr&#233;senter n'ont pas &#224; notre avis la place qui leur revient dans nos d&#233;bats, eu &#233;gard &#224; leur importance strat&#233;gique et au volume d'investissements qu'ils impliquent : je veux parler de l'acc&#232;s et de l'infrastructure des r&#233;seaux de t&#233;l&#233;communication. Cela est d'autant plus regrettable que ces deux th&#232;mes ont &#233;t&#233; class&#233;s comme prioritaires par la Soci&#233;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Civile dans son projet de Plan d'Action &#233;labor&#233; lors du PrepCom-2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je rappelle les deux th&#232;mes et les objectifs qui leur ont &#233;t&#233; assign&#233;s &#224; l'issue du PrepCom-2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Un acc&#232;s au r&#233;seau de (t&#233;l&#233;)communications par village ou communaut&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
repr&#233;sentative dans tous les PeD d'ici &#224; 2005, soit &#224; l'issue du processus du SMSI.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La mise en place et le d&#233;veloppement des infrastructures des r&#233;seaux de t&#233;l&#233;communication. Ainsi pour l'Afrique, le d&#233;ploiement d'un R&#233;seau d'Interconnexion Africain (RIA) reposant en partie sur Panaftel r&#233;habilit&#233; et/ou renouvel&#233;, compl&#233;t&#233; par le r&#233;seau satellitaire RASCOM doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme prioritaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant nous consid&#233;rons comme un pr&#233;-requis aux r&#233;ponses &#224; donner &#224; l'acc&#232;s et &#224; l'infrastructure, le d&#233;ploiement de sources d'&#233;nergies renouvelables (SER) -adapt&#233;es aux conditions locales- pour les alimenter de mani&#232;re fiable, durable et globalement &#233;conomique. Dans le cas de l'Afrique, les sources d'&#233;nergie photovolta&#239;ques doivent&lt;br class='autobr' /&gt;
&#234;tre pr&#233;conis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, le financement n&#233;cessaire aux investissements lourds pour la mise en oeuvre des acc&#232;s et des infrastructures doit &#234;tre clairement pr&#233;cis&#233; dans le Plan d'Action, en particulier pour l'ensemble de ses objectifs prioritaires. Pour fournir les ressources n&#233;cessaires au financement des investissements notamment&lt;br class='autobr' /&gt;
d'infrastructure, nous consid&#233;rons que la pr&#233;f&#233;rence doit &#234;tre donn&#233;e aux modes de collecte simples et donc rapides &#224; mettre en oeuvre. A titre d'exemple et pour l'Afrique sont ainsi &#224; prendre en consid&#233;ration :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le retour &#224; un syst&#232;me de tarification par r&#233;partition tel qu'il &#233;tait pratiqu&#233; avant la r&#233;forme de 1998. La plus-value ainsi d&#233;gag&#233;e sera affect&#233;e &#224; un fonds d'investissement africain d&#233;di&#233; &#224; l'infrastructure des r&#233;seaux. Selon les experts &#233;conomiques les plus cr&#233;dibles cette plus-value se situe entre 1 et 2 milliards de&lt;br class='autobr' /&gt;
dollars par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'arr&#234;t des services de rappel (&#171; call-back &#187;), par ailleurs ill&#233;gaux dans une grande partie des PeD, qui ont d&#233;tourn&#233; plus de 500 millions de dollars par an de revenus aux profit des soci&#233;t&#233;s &#233;trang&#232;res et au d&#233;triment des op&#233;rateurs africains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La &#171; r&#233;cup&#233;ration &#187; progressive du transit intra-africain (au fur et &#224; mesure du d&#233;veloppement des infrastructures des r&#233;seaux africains), actuellement assur&#233; &#224; l'ext&#233;rieur du continent, qui co&#251;te aux op&#233;rateurs africains de l'ordre de 400 Millions de dollars par an selon l'UIT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, la r&#233;vision, l'actualisation, le regroupement et le&lt;br class='autobr' /&gt;
re-dimensionnement ad&#233;quat des projets d'infrastructure en cours entra&#238;neront des &#233;conomies d'&#233;chelle importantes ; les conception et planification des r&#233;seaux de t&#233;l&#233;communications au niveau sub-r&#233;gional pr&#233;conis&#233;es par le NEPAD vont dans ce (bon) sens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce contexte le projet Africa ONE (2 milliards de dollars d'investissement et technologiquement d&#233;pass&#233;) doit &#234;tre abandonn&#233; et les avances de fonds effectu&#233;es par diff&#233;rents pays devront leur &#234;tre restitu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes ces raisons CSDPTT demande que le Sous-Comit&#233; 2 -soutenu par la pl&#233;ni&#232;re des ONG- veuille bien examiner ses propositions et se prononcer en leur faveur. La preuve est ainsi apport&#233;e que pour les pays africains -et au-del&#224; pour tous les PeD- une infrastructure des (t&#233;l&#233;)communications n'est non seulement &#224; leur port&#233;e, mais que le potentiel de son financement est en grande partie dans leurs mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 17 juillet 2003&lt;br class='autobr' /&gt;
Jean-Louis Fullsack&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Cette intervention a &#233;t&#233; faite au titre de la Pl&#233;ni&#232;re de la Soci&#233;t&#233; Civile &#224; la R&#233;union pl&#233;ni&#232;re du SC-2 apr&#232;s que Jean Louis Fullsack ait fortement exprim&#233; au cours d'une r&#233;union de la soci&#233;t&#233; civile repr&#233;sent&#233;e &#224; cette intersession que ces questions soient mieux prises en compte.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Internet en Afrique</title>
		<link>https://www.osiris.sn/L-Internet-en-Afrique.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.osiris.sn/L-Internet-en-Afrique.html</guid>
		<dc:date>2003-07-04T08:45:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;1 - Le probl&#232;me des statistiques sur les usagers des nouvelles technologies en Afrique reste encore une pr&#233;occupation &#224; laquelle se trouvent confront&#233;s bon nombre de chercheurs ou de d&#233;cideurs. En effet, on ne trouve aujourd'hui aucun indicateur fiable sur le parc informatique, le nombre d'internautes, le potentiel des techniciens disponibles dans les domaines li&#233;s aux NTIC ou les sites fonctionnels.... &lt;br class='autobr' /&gt;
2 - Nous pouvons n&#233;anmoins relever que l'introduction des NTIC en Afrique a suscit&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.osiris.sn/-2003-.html" rel="directory"&gt;2003&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1 - Le probl&#232;me des statistiques sur les usagers des nouvelles technologies en Afrique reste encore une pr&#233;occupation &#224; laquelle se trouvent confront&#233;s bon nombre de chercheurs ou de d&#233;cideurs. En effet, on ne trouve aujourd'hui aucun indicateur fiable sur le parc informatique, le nombre d'internautes, le potentiel des techniciens disponibles dans les domaines li&#233;s aux NTIC ou les sites fonctionnels....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 - Nous pouvons n&#233;anmoins relever que l'introduction des NTIC en Afrique a suscit&#233; beaucoup d'enthousiasme et d'espoir pour les entreprises priv&#233;es et les administrations publiques qui convoitent un r&#233;el d&#233;veloppement &#233;conomique par le biais de ces nouvelles technologies, notamment l'INTERNET.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 - Dans le rapport mondial sur le d&#233;veloppement humain publi&#233; en 1999 par le programme des nations Unies pour le D&#233;veloppement, les auteurs dudit rapport ont constat&#233; le d&#233;veloppement in&#233;gal de l'Internet dans le monde en d&#233;faveur des pays en voie de d&#233;veloppement et particuli&#232;rement de l'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 - Ainsi selon le rapport du PNUD, l'Afrique qui repr&#233;sente 9,7 % de la population mondiale n'abrite que 0,1 % des internautes alors que les Etats-Unis qui ne composent que 4,7 % de la population mondiale concentre 26,3 % des internautes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 - Cet important foss&#233; entre &#171; infos riches &#187; et &#171; infos pauvres &#187; risque de s'&#233;largir dans les ann&#233;es &#224; venir avec pour cons&#233;quence la marginalisation croissante de nos pays avec le d&#233;veloppement fulgurant du commerce &#233;lectronique qui est le moteur de cette &#171; soci&#233;t&#233; de l'information &#187; qui remplace peu &#224; peu la soci&#233;t&#233; industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 - Le faible d&#233;veloppement de l'Internet dans les pays d'Afrique est d&#251; avant tout au faible niveau de d&#233;veloppement des infrastructures de t&#233;l&#233;communication qui y est constat&#233; dans bon nombre d'entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 - En effet, pour l'utilisateur de base qui dit connexion &#224; Internet suppose obligatoirement l'acc&#232;s &#224; une ligne t&#233;l&#233;phonique, or la t&#233;l&#233;densit&#233; en Afrique est tr&#232;s faible et reste dans l'ordre de 1,6 lignes t&#233;l&#233;phoniques pour 100 habitants alors qu'elle est de 67 % aux USA. Il est courant d'entendre dire qu'il y a plus de t&#233;l&#233;phones dans la seule ville de Washington que dans l'ensemble des pays africains r&#233;unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 - Au S&#233;n&#233;gal, le nombre de lignes t&#233;l&#233;phoniques ne d&#233;passe pas les 200 000 pour une population de 8 millions d'habitants, environ, soit une t&#233;l&#233;densit&#233; inf&#233;rieure &#224; deux (2) t&#233;l&#233;phones pour 100 habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 - Au del&#224; de la faible t&#233;l&#233;densit&#233;, il y a le fait que les infrastructures sont pour la plupart v&#233;tustes et offrent des d&#233;bits limit&#233;s qui ralentissent ou ne permettent pas une connexion &#224; l'Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 - Dans les rares pays qui ont fait l'effort d'investissement n&#233;cessaire &#224; l'instar du S&#233;n&#233;gal qui a une infrastructure de t&#233;l&#233;communication de qualit&#233; avec un r&#233;seau num&#233;ris&#233; &#224; 100 %, l'insuffisance du d&#233;bit reste encore un probl&#232;me &#224; r&#233;soudre, la connexion &#224; l'Internet se faisant dans des conditions toujours difficiles pour l'utilisateur de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 - S'y ajoute une autre difficult&#233;, savoir, la concentration des lignes t&#233;l&#233;phoniques dans les zones urbaines faisant de facto des zones rurales, des exclus des autoroutes de l'information et de la communication qui ne peuvent pr&#233;tendre &#224; une connexion &#224; l'Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 - L'autre facteur qui freine le d&#233;veloppement d'Internet en Afrique est sans aucun doute, le prix &#233;lev&#233; des communications t&#233;l&#233;phoniques. Si nous prenons le cas du S&#233;n&#233;gal, la &#171; p&#233;r&#233;quation &#187; &#233;tablie par la SONATEL (Soci&#233;t&#233; Nationale des T&#233;l&#233;communications) sur les t&#233;l&#233;communications locales, il y a quelques mois a eu pour r&#233;sultat d'augmenter de 30 % les co&#251;ts de connexion &#224; l'Internet, en faisant passer de 50 FCFA les 3 minutes (1000 F CFA = 10 FF/ heure) &#224; 50 F CFA les 2 minutes (1500 F CFA = 15 FF / heure) alors que dans un pays comme les USA, les communications locales et par cons&#233;quent la connexion &#224; l'Internet sont gratuites ou presque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 - De plus, il faut savoir que le prix des liaisons sp&#233;cialis&#233;es fournies par la SONATEL dans un cadre monopolistique aux fournisseurs de services Internet comme T&#233;l&#233;com Plus, M&#233;tissacana et autres sont exorbitants par rapport aux prix pratiqu&#233;s dans les pays d&#233;velopp&#233;s. Ainsi , en France, une liaison sp&#233;cialis&#233;e de 64 kbps co&#251;te l'&#233;quivalent de 480 000 F CFA (4800 FF) par mois alors que cette m&#234;me liaison est factur&#233;e par la SONATEL &#224; 996 000 F CFA (9960 FF). La cons&#233;quence de ceci est que les prix des abonnements Internet factur&#233;s aux internautes se remettent de ces tarifs particuli&#232;rement &#233;lev&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt; 14 - Il faut toujours prendre en consid&#233;ration le prix &#233;lev&#233; des &#233;quipements informatiques (ordinateurs, imprimantes, scanners, modems et l'indispensable onduleur pour se pr&#233;munir de la mauvaise qualit&#233; du courant &#233;lectrique fournie par nos soci&#233;t&#233;s productrices).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au S&#233;n&#233;gal, malgr&#233; la baisse des taxes douani&#232;res op&#233;r&#233;e sur certains composants l'ann&#233;e derni&#232;re (1998), le prix d'une bonne configuration de base reste hors de port&#233;e de nombreux utilisateurs. Celui-ci tourne autour de 1,5 millions de F CFA (15 000 FF) dans un pays o&#249; le SMIG est de 35000 F CFA (350 FF) par mois ; en France le co&#251;t d'un ordinateur &#233;tant &#233;quivalent au SMIG (500 000 F CFA = 5 000 FF).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 - L'informatique est quasi absente de nos programmes &#233;ducatifs, du pr&#233;scolaire &#224; l'enseignement sup&#233;rieur, &#224; cela vient s'ajouter le fait que les ordinateurs sont particuli&#232;rement rares dans les &#233;tablissements d'enseignement priv&#233; ou public. La cons&#233;quence de cette situation est qu'au del&#224; des 51,4% d'analphab&#232;tes que compte notre pays, il faut adjoindre un pourcentage plus &#233;lev&#233; de &#171; n&#233;oanalphab&#232;tes &#187; entendus ici au sens de personnes incapables d'utiliser l'ordinateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 - Il y a cependant quelques initiatives de la Banque Mondiale comme le projet world qui consiste &#224; connecter des ordinateurs &#224; l'Internet dans les &#233;coles, environ une quarantaine au S&#233;n&#233;gal ou encore ,le programme pilote 'Universit&#233; virtuelle Africaine' abrit&#233; par l'Universit&#233; Cheikh Anta DIOP de DAKAR (CAD) qui a d&#233;marr&#233; en octobre 1999. Il sera suivi dans les mois &#224; venir par un programme similaire &#224; l'initiative de l'agence de la francophonie dit ' projet d'Universit&#233; Francophone' qui a s&#233;lectionn&#233; la m&#234;me universit&#233;(CAD), parmi ses sites pour la conduite du programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perspective de mise en &#339;uvre d'outils permettant &#224; des analphab&#232;tes d'utiliser des services d'Internet et du multim&#233;dia est envisag&#233;e par la recherche, en vue de l'exploitation et du d&#233;veloppement judicieux des possibilit&#233;s offertes par les &#233;crans tactiles et les proc&#232;des de vocalisation,en consid&#233;ration des sp&#233;cificit&#233;s des soci&#233;t&#233;s Africaines qui sont issues de civilisation orales pour l'essentiel. Une organisation comme ENDA-TIERS MONDE, connue pour son engagement fort, autour du concept de'' d&#233;veloppement &#224; la base'' a entrepris dans certains quartiers de la banlieue de DAKAR,la r&#233;alisation du projet 'CYBERPOP' qui est bas&#233; sur l'id&#233;e d'une appropriation collective des infrastructures de base et des services internet,la communaut&#233; se devant par cons&#233;quent de couvrir les co&#251;ts de connexion, de fonctionnement et de maintenance des outils informatiques et du t&#233;l&#233;phone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 - Du c&#244;t&#233; des administrations publiques, il est constat&#233; un r&#233;el enthousiasme li&#233; &#224; l'utilisation des nouvelles technologies m&#234;me si l'interface avec le citoyen n'est toujours pas &#233;tabli par ce biais par la fourniture de produits ou services, la mise en ligne de formulaires administratifs ou des textes l&#233;gislatifs ou r&#233;glementaires, l'utilisation du courrier &#233;lectronique dans les rapports administration - citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins la volont&#233; politique est certaine par l'&#233;vocation dans les discours officiels des recommandations de l'initiative africaine pour la soci&#233;t&#233; de l'information adopt&#233;e par les Ministres de la Communaut&#233; Economique pour l'Afrique (CEA) en 1995 et sa formulation pr&#233;cise dans les instruments de politique publique (9eme plan de d&#233;veloppement du SENEGAL 1998-2001)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 - Ainsi, au S&#233;n&#233;gal les parlementaires ont tenu courant ao&#251;t 1999 un s&#233;minaire sur ces nouvelles technologies. Il est attendu une activit&#233; l&#233;gislative importante dans les prochains mois autour des nouvelles technologies dans l'objectif de cr&#233;er un cadre juridique favorable au d&#233;veloppement des t&#233;l&#233;services et du commerce &#233;lectronique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19 - Il faut noter que le S&#233;n&#233;gal a d&#233;j&#224; d&#233;ploy&#233; &#224; travers la SONATEL une infrastructure de communication ad&#233;quate par la mise en place d'un r&#233;seau IP national haut d&#233;bit pour supporter la demande de la client&#232;le (entreprises et r&#233;sidentiels) et offrir des services s'appuyant sur les technologies de l'Internet, comme le t&#233;l&#233;-enseignement, la telemedecine, la visioconf&#233;rence ou le commerce &#233;lectronique. Il faut relever que la SONATEL s'est tr&#232;s t&#244;t investie sur le r&#233;seau Internet et s'est positionn&#233;e d&#233;s 1995 pour &#234;tre fournisseur de services Internet .La SONATEL continue la modernisation de son r&#233;seau avec le programme ATLANTIS2 dont la mise en service est pr&#233;vue avant fin 1999.ATLANTIS 2 constitue le premier syst&#232;me c&#226;ble sous-marin a fibre optiques reliant l'Am&#233;rique du sud, l'Afrique de l'ouest et l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce programme permettra la connexion de l'Afrique de l'ouest au r&#233;seau mondial des c&#226;bles sous marins &#224; fibres optiques et entra&#238;nera le d&#233;veloppement de nombreux services &#224; valeur ajout&#233;e dont l'Internet ,la transmission de donn&#233;es et la vid&#233;o. L'objectif poursuivi &#224; travers ce programme reste la s&#233;curisation de l'acheminement du trafic international par la diversification des syst&#232;mes de transmission. En juin1999 &#224; PRETORIA la SONATEL a signe un accord de construction et de fourniture d'un syst&#232;me de c&#226;ble sous marin &#224; fibres optiques dans le cadre du nouveau programme SAT3-WASCet SAFE .Ce c&#226;ble d'un grand int&#233;r&#234;t pour l'Afrique ,reliera DAKAR(SENEGAL) au CAP(Afrique du Sud) via les pays de la cote Ouest-Africaine et sera prolonge vers l'Asie et l'extr&#234;me Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce nouveau programme devrait permettre le d&#233;senclavement de l'AFRIQUE et l'acc&#232;s aux autoroutes de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20-Le continent Africain sera compl&#232;tement propuls&#233; sur l'autoroute mondiale de l'information par la mise en orbite de son premier satellite pr&#233;vu en l'an 2001,par la soci&#233;t&#233; ALCATEL(ALCATEL- SPACECOM) ainsi qu'il en a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; le 10/12/1998 ,en conseil d'administration de l'organisation r&#233;gionale Africaine de communication par satellite (RASCOM), lors de sa 18e r&#233;union tenue Abidjan (C&#244;te-d'Ivoire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le satellite permettra l'interconnexion directe de tous les pays Africains entre eux ,r&#233;duisant consid&#233;rablement les charges annuelles de transit &#233;lev&#233;es (environ 300millions de dollars US) jusqu'&#224; pr&#233;sent pay&#233;es par les organismes nationaux africains de t&#233;l&#233;communication &#224; des op&#233;rateurs Europ&#233;ens ou Am&#233;ricains dont les facilites sont utilis&#233;es pour communiquer a l'int&#233;rieur du continent .Ce programme qui pr&#233;voit en outre 500000 terminaux &#224; utiliser dans les zones rurales et r&#233;gions isol&#233;es d'Afrique, aliment&#233;s par l'&#233;nergie solaire ,devrait satisfaire &#224; des co&#251;ts supportables ,les besoins vitaux de communication de l'immense majorit&#233; des populations Africaines en mati&#232;re de communication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21- L'Afrique reste marginalis&#233;e de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale dans la croissance d'Internet (0,7% , moins de 1%) et le S&#233;n&#233;gal compte tenu de la vision et de la strat&#233;gie de renforcement de son &#233;conomie a mis en place des structures de r&#233;flexion sur les grappes dont une sur les t&#233;l&#233;services, en particulier. En s'alliant avec le leader de l'inter connexion , CISKO, en Septembre 1998 la SONATEL est le 2e op&#233;rateur en Afrique apr&#232;s UUNET ( Afrique du Sud), &#224; &#234;tre admis dans le programme CISKO Powered Network (CPN).Elle fait partie des Top 50 ISP Worldwide gr&#226;ce &#224; son nouveau r&#233;seau, &#224; la richesse des services support&#233;s et &#224; la comp&#233;tence de son personnel. En mati&#232;re de commerce &#233;lectronique Trade Point-SENEGAL reste dans ce dernier pays l'institution de r&#233;f&#233;rence qui a entrepris de d&#233;centraliser ses r&#233;seaux &#224; l'&#233;chelon d&#233;partemental en r&#233;alisant la connexion et la constitution de bases de donn&#233;es interactives &#224; la disposition des producteurs de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secteur souffre n&#233;anmoins d'une certaine ins&#233;curit&#233; li&#233;e &#224; l'absence de l&#233;gislation sur les points particuliers de la reconnaissance de la force probante des documents &#233;lectroniques, ; de l'opposabilit&#233; de la signature &#233;lectronique et de la s&#233;curisation des paiements en ligne par les techniques de la cryptographie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 - Le march&#233; d'Internet au S&#233;n&#233;gal est estim&#233; &#224; 8000. Le march&#233; des serveurs Internet au S&#233;n&#233;gal souffre d'une mauvaise &#233;valuation. La mise en place d'ISOC - S&#233;n&#233;gal ainsi que d'associations telles que l'observatoire sur les syst&#232;mes d'information, les r&#233;seaux et les inforoutes au S&#233;n&#233;gal (OSIRIS) devra aider dans le sens d'une meilleure ma&#238;trise des nouvelles technologies.L'internet- society qui est une association mondiale dont l'objectif est d'accompagner la croissance d'Internet et de suivre ses &#233;volutions techniques et sociales assure une formation aux nouvelles technologies de l'information et de la communication dans le cadre de ses ateliers INET dans le but d'apporter une aide aussi bien aux pays non encore connectes qu'a ceux qui sont d&#233;j&#224; pr&#233;sents dans le r&#233;seau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auparavant les ateliers &#233;taient tenus aux USA(Universit&#233; de STANFORD, Universit&#233; de HAWAI),au CANADA (Universit&#233; Mc GILL) ou en MALAISIE. Avec le d&#233;veloppement des infrastructures en AFRIQUE ,de plus en plus d'ateliers INET y sont tenus .Ainsi des formations INET ont d&#233;j&#224; eu lieu en TUNISIE (TUNIS)et au MALI(BAMAKO).Le SENEGAL (DAKAR) a abrite du 8 au 13 novembre un atelier de formation INET ;des th&#232;mes tr&#232;s pratiques ont constitu&#233; les deux modules de formation de 50heures chacun sur ''l'administration d'un r&#233;seau de campus ou d'entreprise'' et ''services d'information et outils de navigation''.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23&#8212;Sur les cinquante trois(53) Etats que compte l'AFRIQUE ,cinquante et un(51) ont &#224; cette date assur&#233; leur connexion &#224; l'Internet. Deux(2) Etats ne l'ont pas encore fait ,savoir le CONGO et de l'ERYTHREE, pour des raisons sans doute li&#233;es &#224; leur pass&#233; politique r&#233;cent .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ETHIOPIE a r&#233;alis&#233; en dernier lieu sa connexion mais le co&#251;t d'acc&#232;s &#224; l'Internet pour l'utilisateur de base y reste encore exorbitant rapport&#233; au niveau de vie soit 4,5ff /mn -450FCFA/mn ;ce qui ne devrait pas rendre le web tr&#232;s populaire dans ce pays !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24- Il faut alors consid&#233;rer de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, qu'il y a un d&#233;marrage effectif de l'Internet en Afrique qui pourrait conna&#238;tre des difficult&#233;s dont l'ampleur variera d'un pays &#224; l'autre selon le degr&#233; de pr&#233;paration au passage &#224; l'an 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation des pays Africains sur cette question s'est nettement am&#233;lior&#233;e ces derniers mois et plusieurs dont le S&#233;n&#233;gal, la Cote d'Ivoire ,le Maroc et la Tunisie se sont r&#233;solus &#224; prendre le &#171; taureau par les cornes &#187;. L'heure est aujourd'hui &#224; la formulation des plans de continuit&#233; alternatifs ,dans les secteurs strategiques,apres l'ex&#233;cution des mesures correctives apport&#233;es aux syst&#232;mes informatiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25- Il faut reconna&#238;tre les efforts consentis par les bailleurs de fonds et particuli&#232;rement la Banque Mondiale dans le cadre de son programme 'INFO-DEV' pour sensibiliser les d&#233;cideurs des pays en voie de d&#233;veloppement. En effet sur la base des r&#233;sultats d'une enqu&#234;te concernant le bogue de l'an 2000 publi&#233;e en F&#233;vrier 1999 par ladite Banque, les pays en voie de d&#233;veloppement &#233;taient mal pr&#233;par&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir d'un &#233;chantillon de 139 pays en d&#233;veloppement, l'enqu&#234;te a r&#233;v&#233;l&#233; que 54 d'entre eux avaient commenc&#233; &#224; mettre en place une politique nationale pour faire face au probl&#232;me, 21 seulement prenaient des mesures correctives pour prot&#233;ger leurs syst&#232;mes et 33 se d&#233;claraient conscients mais restaient d&#233;sesp&#233;r&#233;ment inactifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26- Il est attendu une forte croissance de l'Internet en Afrique apr&#232;s le bogue, du moins dans les pays o&#249; le red&#233;marrage est presque assure ; c'est &#224; dire ceux qui ont d&#233;ploy&#233; des efforts pour r&#233;ussir un passage en douceur &#224; l'an 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ins&#233;curit&#233; juridique li&#233;e &#224; l'utilisation des nouvelles technologies en Afrique reste une pr&#233;occupation majeure pour les usagers.En effet, nos infrastructures juridiques actuelles ne r&#233;pondent pas du tout ou r&#233;pondent mal aux probl&#232;mes pos&#233;s par l'utilisation de ces nouvelles technologies et l'Internet en particulier ,m&#234;me si tout le monde s'accorde &#224; relever ,que l'Internet n'est pas une'' zone de non droit ''. Il est aujourd'hui urgent de d&#233;terminer les droits et obligations ,les responsabilit&#233;s et les sanctions attach&#233;es aux activit&#233;s, sur les autoroutes de l'information ,dans les diverses mati&#232;res que sont les noms de domaine ,la cryptographie ,le commerce &#233;lectronique, les droits d'auteur ,la presse &#233;lectronique ,le t&#233;l&#233;travail et la criminalit&#233; cyber, afin de lever l'impr&#233;cision qui plane sur les situations juridiques dont le caract&#232;re souvent in&#233;dit entra&#238;ne des solutions aussi diverses qu'inattendues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous semble hasardeux de lier le sort du ''r&#233;seau des r&#233;seaux '' aux seules r&#232;gles du '' laisser aller'' ou du ''laisser faire'', si ce n'est celle du '' laisser surfer en toute libert&#233; '' , qui ont largement instruit de leurs cons&#233;quences aussi impr&#233;visibles que n&#233;fastes pour la personne, ,ses droits et ses pr&#233;cieuses libert&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BIEN SUR ,LA QUESTION PREALABLE RESTE CELLE DE LA MISE EN &#338;UVRE, EN AFRIQUE , D'UNE LEGISLATION DE BASE ,QUI PUISSE CLAIREMENT DEFINIR LES DROITS ET GARANTIES DU CITOYEN DANS LE DOMAINE INFORMATIQUE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#169; 1999&lt;br class='manualbr' /&gt;Me El Hadji Mame GNING&lt;br class='manualbr' /&gt;Avocat au Barreau de Dakar&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;mailto:finishthejob@hotmail.com&#034; class=&#034;spip_mail&#034;&gt;finishthejob@hotmail.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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