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	<title>OSIRIS</title>
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	<description>Osiris sensibilise, informe et produit des analyses sur tous les sujets relatifs &#224; l'utilisation et &#224; l'appropriation des technologies de l'information et de la communication au S&#233;n&#233;gal et en Afrique.</description>
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		<title>OSIRIS</title>
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		<title>&#171; Le probl&#232;me des grandes constellations est plus environnemental que li&#233; au partage des ressources &#187; Alexandre Vallet (UIT)</title>
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		<dc:date>2026-05-22T22:25:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Portrait/Entretien</dc:subject>

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&lt;p&gt;Alors que SpaceX, Amazon et d'autres g&#233;ants misent des milliards de dollars sur des constellations de satellites en orbite basse pour &#233;tendre l'acc&#232;s &#224; Internet, le volume de d&#233;bris potentiels augmente dans le ciel. Dans cet entretien, le chef du d&#233;partement des services spatiaux &#224; l'Union internationale des t&#233;l&#233;communications (UIT) d&#233;crypte les logiques &#233;conomiques, les questions de souverainet&#233;, la gestion des ressources orbitales et les risques croissants de pollution spatiale, dans un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.osiris.sn/+-portrait-entretien-+.html" rel="tag"&gt;Portrait/Entretien&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH101/alexandre_vallet-a9615.jpg?1779535698' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors que SpaceX, Amazon et d'autres g&#233;ants misent des milliards de dollars sur des constellations de satellites en orbite basse pour &#233;tendre l'acc&#232;s &#224; Internet, le volume de d&#233;bris potentiels augmente dans le ciel. Dans cet entretien, le chef du d&#233;partement des services spatiaux &#224; l'Union internationale des t&#233;l&#233;communications (UIT) d&#233;crypte les logiques &#233;conomiques, les questions de souverainet&#233;, la gestion des ressources orbitales et les risques croissants de pollution spatiale, dans un contexte o&#249; l'Afrique cherche aussi &#224; se faire sa place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De grandes compagnies comme SpaceX, Amazon, investissent aujourd'hui des milliards dans des constellations de satellites en orbite basse terrestre (LEO) qui couvrent notamment l'Afrique. Au-del&#224; des annonces sur la connectivit&#233; universelle, quels sont les enjeux de cet investissement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces grandes compagnies pensent qu'il y a un march&#233; profitable dans l'extension de la connectivit&#233; &#224; des foyers ou &#224; des personnes qui ne sont pas bien couvertes par des moyens terrestres. Elles estiment que le plan d'affaires est correct pour investir de l'ordre de 5 &#224; 6 milliards de dollars. Au-del&#224; des annonces philanthropiques sur la connectivit&#233; universelle, elles sont persuad&#233;es qu'il y a un march&#233; viable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un acteur comme SpaceX croit &#224; la viabilit&#233; du march&#233; sur deux segments : le segment individuel pour les personnes qui ont suffisamment de moyens pour payer un abonnement, et une forte demande c&#244;t&#233; entreprise, notamment dans les secteurs des transports maritimes et a&#233;riens. Actuellement, si vous prenez l'avion, la connectivit&#233; large bande n'est pas bonne. Les nouvelles constellations apportent un meilleur d&#233;bit &#224; cette solution. C'est pareil pour les transports maritimes, tant pour le suivi des marchandises que pour les bateaux de croisi&#232;re. Un grand paquebot, c'est 3000 voyageurs et 2000 membres d'&#233;quipage, soit 5000 personnes dans un petit village qu'il faut connecter. Le seul moyen de leur fournir un acc&#232;s WiFi suffisant, c'est par liaisons satellites. Ce march&#233; existe, il est tr&#232;s important et soutient l'aspect &#233;conomique de ces op&#233;rateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre type d'acteur, comme Amazon, y voit un int&#233;r&#234;t &#233;conomique indirect. Pour Amazon, augmenter la connectivit&#233;, c'est aussi augmenter le nombre de personnes qui peuvent utiliser les services Amazon en ligne. M&#234;me si le business de la connectivit&#233; n'est pas extr&#234;mement rentable, cela peut &#234;tre contrebalanc&#233; par l'apport de clients &#224; d'autres branches d'Amazon qui, elles, deviennent rentables. Derri&#232;re la strat&#233;gie d'Amazon, il y a quelque chose de plus que simplement la connectivit&#233; : cr&#233;er davantage de base client&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;N'y a-t-il pas &#233;galement des enjeux g&#233;opolitiques, de d&#233;fense ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est des aspects g&#233;opolitiques et militaires dans le d&#233;veloppement de ces constellations, tr&#232;s honn&#234;tement, je ne le vois pas trop en ce moment. Quand il y a une solution technologique de communication, souvent les militaires sont int&#233;ress&#233;s pour la tester et l'utiliser. Mais ce serait faux de dire que ce sont les militaires qui ont pouss&#233; le d&#233;veloppement de ces solutions. En revanche, une fois que c'est lanc&#233;, l'id&#233;e de limiter les d&#233;pendances est en jeu. La Chine comme l'Union europ&#233;enne ne souhaitent pas &#234;tre d&#233;pendantes des soci&#233;t&#233;s am&#233;ricaines. Cela cr&#233;e d'autres projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On revient &#224; cette question de souverainet&#233;. Chaque pays, ne voulant pas d&#233;pendre totalement des technologies de son voisin pour communiquer, d&#233;veloppe sa propre flotte de satellites pour garantir la s&#233;curit&#233; de ses communications. De plus en plus de pays souhaitent avoir une infrastructure satellitaire minimum, non pas pour couvrir tous leurs besoins, mais au moins un minimum vital toujours disponible. R&#233;cemment, en Afrique, les ministres de la Communaut&#233; de d&#233;veloppement d'Afrique australe (SADC) se sont mis d'accord pour d&#233;velopper un projet commun de satellites g&#233;ostationnaires partag&#233;s entre 16 pays. L'Alg&#233;rie, l'Angola, l'&#201;gypte ont aussi leurs propres satellites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, tous les pays ne d&#233;velopperont pas une constellation comme le fait l'Union europ&#233;enne, parce que c'est vraiment tr&#232;s cher. Une constellation, contrairement aux satellites g&#233;ostationnaires positionn&#233;s au-dessus de votre pays, tourne autour de toute la Terre. Il y a une grande partie du temps o&#249; elle ne vous sert pas. Soit on fait des partenariats internationaux pour diminuer les investissements, soit on est un tr&#232;s gros bloc &#233;conomique qui peut se le permettre. Nous voyons plut&#244;t des demandes pour acc&#233;der &#224; l'orbite g&#233;ostationnaire, o&#249; un seul satellite est d&#233;j&#224; un tr&#232;s grand premier pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SpaceX annonce des milliers de satellites, Amazon et OneWeb leurs propres chiffres. Cette logique de comp&#233;tition est-elle compatible avec la vision de l'UIT en mati&#232;re de gestion durable de l'orbite basse terrestre quand l'on sait que de nombreux pays notamment en Afrique en auront aussi besoin ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a ces batailles de communication sur les chiffres, et puis la r&#233;alit&#233; de ce que les r&#233;gulateurs et les soci&#233;t&#233;s mettent r&#233;ellement en &#339;uvre, qui est assez loin des annonces. OneWeb avait annonc&#233; 40 000 satellites, puis est revenu &#224; 3000, puis maintenant 600. Ce genre de bataille de chiffres est beaucoup li&#233; &#224; la communication pour les investisseurs. Beaucoup d'investisseurs sont plus impressionn&#233;s par les chiffres que par les r&#232;gles techniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous prenez SpaceX, ils ont annonc&#233; que leur constellation Starlink finale devrait faire environ 30 000 satellites. Mais le r&#233;gulateur am&#233;ricain, la FCC, a autoris&#233; seulement 15 000 : une premi&#232;re tranche de 7500, puis une deuxi&#232;me. Le r&#233;gulateur lui-m&#234;me ne va pas &#224; la m&#234;me limite. &#192; l'UIT, les actions restent compatibles avec la gestion de l'orbite, m&#234;me si elles sont diff&#233;rentes de la communication grand public. Les d&#233;ploiements r&#233;els sont bien plus restreints, m&#234;me s'ils sont de l'ordre de plusieurs milliers de satellites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre cadre juridique permet ce genre de d&#233;ploiement avec des garde-fous : &#233;viter d'accaparer le spectre sans l'utiliser &#8212; vous &#234;tes oblig&#233;s de les utiliser ou de les perdre &#8212; et emp&#234;cher qu'une situation de monopole se cr&#233;e. Nos trait&#233;s disposent que le partage des fr&#233;quences doit se faire sur des bases techniques. Les pays ont toujours la possibilit&#233; de r&#233;pondre aux pressions anticoncurrentielles en s'appuyant sur ces crit&#232;res techniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi quelque chose de contre-intuitif : plus une constellation est grande, plus il est facile de partager les spectres et les orbites avec elle. Plus il y a de satellites, plus vous aurez de satellites en visibilit&#233; depuis un point de la Terre. Un nouvel arrivant peut toujours dire : &#171; Toi, tu communiques avec ce satellite, et moi avec celui qui est loin dans le ciel. &#187; Si la constellation se r&#233;duit, le nombre de satellites visibles est plus bas, et il est plus difficile d'&#233;viter les brouillages. D'un point de vue de partage des ressources, les grandes constellations ne sont pas n&#233;cessairement n&#233;gatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est plus probl&#233;matique, c'est la pollution de l'espace. Plus d'objets dans l'espace, c'est potentiellement plus de d&#233;bris. La probabilit&#233; d'avoir des d&#233;bris qui s'&#233;chappent augmente avec le nombre de satellites. Le probl&#232;me des grandes constellations est plus environnemental que li&#233; au partage des ressources. Pour l'instant, la situation n'est pas si critique, c'est donc un bon moment pour prendre des mesures correctives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; partir de quel moment peut-on dire que l'orbite basse terrestre est satur&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une question complexe. Il n'existe pas une orbite basse terrestre, mais une multitude, entre environ 200 km et 2000 km d'altitude. Dans cet intervalle, il y a de grandes diff&#233;rences. Certaines altitudes sont particuli&#232;rement pris&#233;es, notamment entre 600 et 900 km. Plus vous descendez vers 200 km, plus l'atmosph&#232;re freine vos satellites et peut les d&#233;sorbiter assez vite. Au-del&#224; de 900 km, les performances du satellite doivent &#234;tre plus grandes pour communiquer avec la Terre, c'est moins int&#233;ressant. Il y a donc un focus sur l'intervalle 600-900 km, qui commence &#224; &#234;tre vraiment congestionn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reste de l'orbite n'est pas vraiment congestionn&#233;. Au-dessus de 900 km, il n'y a pas tant de satellites. En dessous de 600 km, SpaceX a annonc&#233; qu'ils allaient baisser leurs satellites jusqu'&#224; 550 km, mais autour de 400 km, au niveau de la station spatiale internationale, il n'y a pas tant de satellites. L'orbite basse en g&#233;n&#233;ral n'est pas congestionn&#233;e, mais il y a un pic autour de 600-900 km, un peu d&#251; &#224; un effet de mode. Aller un peu plus haut sera tr&#232;s naturel parce que c'est simplement une orbite un peu moins bonne, mais quand m&#234;me tr&#232;s bonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En termes de capacit&#233;, la derni&#232;re &#233;tude r&#233;alis&#233;e par le MIT estimait qu'on pouvait mettre environ 1,8 million de satellites autour de la Terre sans se collisionner. Mais cela ne garantit pas qu'ils peuvent fonctionner sans se brouiller au niveau radio. Pour que sur Terre on puisse distinguer deux satellites, il faut qu'ils soient assez &#233;loign&#233;s dans l'espace pour qu'il y ait suffisamment de discrimination angulaire. Cette contrainte est g&#233;n&#233;ralement suffisante pour garantir qu'ils ne se brouilleront pas. Le nombre r&#233;el est donc probablement moins &#233;lev&#233;, mais on en est encore loin : dans l'orbite basse la plus charg&#233;e, on est autour de 10 000 satellites. Il y a encore des zones d'orbites basses qui ne sont vraiment pas utilis&#233;es. Peut-&#234;tre pas la meilleure place, mais quand m&#234;me une tr&#232;s bonne place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui est responsable de la d&#233;pollution spatiale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la gestion du trafic spatial, il n'y a aucun trait&#233;. Il y a des travaux au sein du Comit&#233; des utilisations pacifiques de l'espace extra-atmosph&#233;rique (COPUOS) pour pr&#233;parer des lignes directrices, notamment pour &#233;viter de cr&#233;er des d&#233;bris. Mais pour l'instant, cela reste des lignes directrices, pas un trait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; UIT, nous nous focalisons sur l'&#233;vitement de la cr&#233;ation des d&#233;bris en garantissant que les diff&#233;rents acteurs aient des moyens concrets de se parler. La situation actuelle est que non seulement le nombre d'objets dans l'espace augmente, mais surtout le nombre d'acteurs qui les contr&#244;lent augmente beaucoup. SpaceX g&#232;re 10 000 satellites, mais c'est un seul interlocuteur, ce qui est assez simple pour discuter des &#233;vitements de collision. Mais de plus en plus d'acteurs acc&#232;dent &#224; l'espace : des PME, des startups, des universit&#233;s. Plusieurs universit&#233;s africaines ont lanc&#233; des satellites d'&#233;tudiants. L'un des d&#233;fis est que pour chaque satellite, y compris quand il ne fonctionne plus, il faut trouver quelqu'un avec qui parler. Nous essayons de garantir que les acteurs peuvent toujours se parler, qu'ils aient les points de contact, et que s'il y a des probl&#232;mes g&#233;opolitiques, nous servons de tiers parti en transmettant les messages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En l'absence de trait&#233; contraignant, comment se passent les relations avec les op&#233;rateurs de satellites pour la gestion des d&#233;bris ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela d&#233;pend beaucoup des compagnies. Les grosses soci&#233;t&#233;s ont un int&#233;r&#234;t &#233;conomique et op&#233;rationnel &#224; maintenir l'orbite propre, parce que si elles polluent l'orbite, c'est leur propre orbite qu'elles salissent, celle qu'elles pourraient utiliser dans le futur. Elles ne sont pas r&#233;ticentes, elles ont le m&#234;me int&#233;r&#234;t que nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus grand d&#233;fi concerne les start-ups qui lancent un satellite pour tester un composant pendant un an ou 18 mois, puis la mission est finie, et elles n'ont pas l'intention de continuer. L&#224;, c'est beaucoup plus compliqu&#233; de leur faire comprendre que ce satellite ne peut pas rester &#233;ternellement dans l'espace, car une fois inutilis&#233;, il se transforme en d&#233;bris. C'est plus &#231;a le danger actuel que celui pos&#233; par les m&#233;ga-constellations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ces petites soci&#233;t&#233;s, il faut essayer de les convaincre a priori, avant le lancement, de lancer sur des orbites relativement basses, de telle sorte que la force naturelle de r&#233;entr&#233;e dans l'atmosph&#232;re fera r&#233;-entrer le satellite au bout d'un certain temps, m&#234;me sans d&#233;pense suppl&#233;mentaire. Ils sont g&#233;n&#233;ralement assez r&#233;ceptifs &#224; l'argument si cela ne leur co&#251;te pas plus cher et qu'il s'agit simplement de planification a priori. Encore faut-il qu'ils soient au courant avant le lancement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup d'&#201;tats prennent des mesures nationales. Aux &#201;tats-Unis, la Commission f&#233;d&#233;rale des communications (FCC) impose de faire rentrer les satellites dans les 5 ans suivant la fin de leur vie op&#233;rationnelle, bien meilleur que l'obligation pr&#233;c&#233;dente de 25 ans. Comme le plus grand nombre de satellites est envoy&#233; depuis un petit nombre d'&#201;tats, si ces &#201;tats ont des conditions nationales similaires, cela a &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me effet qu'un trait&#233;. Mais vous avez raison, cela reste une pi&#232;ce manquante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment se passe votre relation avec les astronomes qui se plaignent que les trains de satellites brouillent leur travail d'observation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne traitons pas de l'astronomie optique, celle qui utilise les rayons lumineux. Pour l'astronomie radio, le sujet va &#234;tre d&#233;battu l'ann&#233;e prochaine lors de la Conf&#233;rence mondiale des radiocommunications 2027. Un des points &#233;tudie la mise en place de zones de silence radio. Actuellement, cela existe autour des grands radiot&#233;lescopes : autour de ces sites, vous n'avez pas le droit d'utiliser le WiFi ou votre t&#233;l&#233;phone mobile. La discussion portera sur l'extension de ce silence radio &#224; l'espace : quand les satellites sont au-dessus de ces zones, ils ne doivent pas &#233;mettre. Les &#201;tats membres d&#233;cideront l'ann&#233;e prochaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les mesures urgentes &#224; adopter pour am&#233;liorer le contr&#244;le de la pollution spatiale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mesure la plus urgente est de s'assurer qu'un satellite, m&#234;me apr&#232;s sa vie op&#233;rationnelle, ne devienne pas un objet qui n'a plus de propri&#233;taire sur Terre. Il ne faudrait pas qu'il y ait des objets dont plus personne n'est responsable. Si plus personne n'en est responsable, les lois internationales sont telles que vous ne savez plus quoi faire de cet objet. L'objet reste toujours sous la responsabilit&#233; de l'&#201;tat qui l'a initialement lanc&#233;. Si du jour au lendemain, parce qu'il a fini sa vie, ce satellite n'est plus g&#233;r&#233; par quelqu'un, cela pose un tr&#232;s gros probl&#232;me. On n'a pas le droit de le retirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chose la plus importante serait de garantir qu'il n'y ait plus de satellites orphelins, que tant qu'ils sont dans l'espace, il y ait un point de contact quelque part qui puisse donner des informations sur le satellite, son &#233;tat ou sa construction. Quand vous pouvez discuter avec la personne sur Terre, vous pouvez d&#233;cider de faire quelque chose. Mais s'il n'y a personne &#224; qui parler, l'objet se prom&#232;ne sans qu'on sache quoi faire avec, risquant des collisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment fonctionne l'attribution des ressources spatiales aux pays ? Des pays d&#233;velopp&#233;s peuvent-ils n&#233;gocier directement avec des &#201;tats ayant moins de capacit&#233;s financi&#232;res pour occuper leurs ressources spatiales ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re chose est de mettre en place le cadre. Une fois le cadre &#233;tabli, le m&#233;canisme de l'UIT n'interdit pas les accords bilat&#233;raux entre pays, ou qu'une soci&#233;t&#233; d'un pays vienne voir un &#201;tat et lui dise : &#171; Tu as ces ressources. &#187; Cela n'est pas interdit, mais c'est dans le cadre &#233;tabli par l'UIT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les ressources dans l'espace extra-atmosph&#233;rique sont r&#233;gies par le trait&#233; de l'espace des Nations Unies, qui date des ann&#233;es 60. Ce trait&#233; indique que tout ce qui est au-del&#224; de l'atmosph&#232;re terrestre n'est pas sujet &#224; appropriation souveraine. Aucun &#201;tat ne peut r&#233;clamer la souverainet&#233; sur une partie de l'espace. Les ressources planifi&#233;es pour les &#201;tats au sein de l'UIT ne sont pas une valeur locative, c'est un droit d'utilisation. La communaut&#233; internationale reconna&#238;t que vous pouvez utiliser ces ressources et que vous avez le droit d'&#234;tre prot&#233;g&#233; des brouillages. Cela suffit pour exploiter un syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats ne peuvent pas vendre ou louer ces ressources. En revanche, rien n'interdit &#224; une soci&#233;t&#233; priv&#233;e dont le si&#232;ge est &#224; l'&#233;tranger d'&#233;tablir une filiale dans un &#201;tat, et que cette filiale demande une licence d'exploitation pour utiliser les ressources de l'&#201;tat de mani&#232;re priv&#233;e. Ce n'est pas vraiment une cession, c'est juste que l'&#201;tat d&#233;cide d'utiliser ses ressources via une soci&#233;t&#233; priv&#233;e. Tant qu'il y a cet accord, c'est conforme au droit international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faut-il obligatoirement &#234;tre membre de l'UIT pour acc&#233;der &#224; ces ressources ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, il faut &#234;tre membre de l'UIT. Seuls les membres peuvent b&#233;n&#233;ficier de ce m&#233;canisme. Mais la question ne se pose pas vraiment car nous avons 194 &#201;tats membres. Tous les pays des Nations Unies sont membres de l'UIT. M&#234;me le Pape est membre de l'UIT. Il y a seulement un tr&#232;s petit nombre d'&#201;tats non-membres, comme le Kosovo, qui n'est pas reconnu par un nombre suffisant d'&#201;tats. M&#234;me la Palestine a un statut particulier de quasi-&#201;tat et a le droit d'acc&#233;der aux ressources. Tous les &#201;tats, &#224; peu pr&#232;s, ont acc&#232;s aux ressources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour les pays africains en retard dans la comp&#233;tition spatiale, y a-t-il un risque que leurs ressources non utilis&#233;es leur soient retir&#233;es ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, je n'y crois pas du tout. Chaque pays a une voix &#224; l'UIT, et les pays en d&#233;veloppement ont la majorit&#233;. Les pays d'Afrique coordonnent leur position au sein de l'Union africaine des t&#233;l&#233;communications. Ils ont des positions communes, rassemblant autour d'une cinquantaine d'&#201;tats, soit le quart du monde. Avec les pays d'Asie et d'Am&#233;rique du Sud, ils feraient un front tr&#232;s large qui aurait la majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, si vous n'avez pas de satellite pour exploiter ces ressources, elles restent immat&#233;rielles. C'est pourquoi plusieurs initiatives existent en Afrique pour d&#233;velopper des satellites : le projet des 16 pays de la Communaut&#233; de d&#233;veloppement d'Afrique australe (SADC), la cr&#233;ation de l'Agence spatiale africaine en &#201;gypte pour mutualiser les fonds. Les r&#233;gulateurs africains ont aussi &#233;t&#233; parmi les premiers &#224; d&#233;velopper des cadres r&#233;glementaires permettant l'utilisation de services comme Starlink. Les citoyens ont ainsi acc&#232;s &#224; ces ressources, avant m&#234;me certains pays europ&#233;ens qui refusent encore la technologie. Historiquement, les pays d&#233;velopp&#233;s n'ont pas commenc&#233; par des satellites nationaux, mais par des organisations r&#233;gionales en mutualisant les fonds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aujourd'hui, la technologie tend-t-elle vers les satellites en orbite basse ou plut&#244;t g&#233;ostationnaires ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tendance actuelle est ce que l'industrie satellitaire appelle le multi-orbite : des &#233;quipements au sol capables de communiquer &#224; la fois avec les satellites en orbite basse et en orbite g&#233;ostationnaire, sans changer d'&#233;quipement. L'avantage serait de combiner les avantages des deux orbites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des limitations de l'orbite basse est que la capacit&#233; de communication de la constellation est la m&#234;me au-dessus d'une grande ville ou au-dessus de la mer o&#249; il n'y a personne. Il y a donc des hotspots qui ne sont pas tr&#232;s bien desservis parce qu'il y a une telle concentration d'utilisateurs. L'orbite g&#233;ostationnaire peut combler cela, car elle peut focaliser la capacit&#233; sur des endroits pr&#233;cis. L'id&#233;e est d'utiliser l'orbite basse l&#224; o&#249; il n'y a pas beaucoup d'utilisateurs, et l'orbite g&#233;ostationnaire l&#224; o&#249; elle serait satur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Starlink a d&#233;j&#224; des petites zones o&#249; le service est not&#233; &#171; actuellement pas disponible &#187;, parce que la constellation a atteint son maximum et ne peut pas prendre plus de clients sans d&#233;grader les d&#233;bits. C'est d&#233;j&#224; un &#233;clairage sur cette probl&#233;matique. Le grand d&#233;fi technologique est de cr&#233;er un seul &#233;quipement qui communique soit avec un satellite &#224; 600 km, soit avec un satellite &#224; 36 000 km. La diff&#233;rence est telle que ce n'est pas du tout les m&#234;mes puissances, c'est assez compliqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Muriel EDJO&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.wearetech.africa/fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;WeAreTechAfrica&lt;/a&gt;, 22 mai 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nicolas Berbigier (Famoco) : &#171; Collecter la biom&#233;trie nationale sur des smartphones est un contresens pour la souverainet&#233; africaine &#187;</title>
		<link>https://www.osiris.sn/nicolas-berbigier-famoco-collecter-la-biometrie-nationale-sur-des-smartphones.html</link>
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		<dc:date>2026-05-20T22:19:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Portrait/Entretien</dc:subject>

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&lt;p&gt;En marge d'ID4Africa 2026 &#224; Abidjan, Nicolas Berbigier, pr&#233;sident de Famoco, d&#233;taille pour CIO Mag sa strat&#233;gie de souverainet&#233; num&#233;rique. Gr&#226;ce &#224; un mod&#232;le locatif et un OS s&#233;curis&#233;, l'entreprise acc&#233;l&#232;re l'inclusion et la num&#233;risation des services publics africains. &lt;br class='autobr' /&gt;
CIO Mag : Le th&#232;me d'ID4Africa cette ann&#233;e marque une transition de l'infrastructure vers les &#233;cosyst&#232;mes publics num&#233;riques. Comment Famoco adapte-t-elle sa technologie pour passer d'une logique d'enr&#244;lement &#224; une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.osiris.sn/-mai-2026-.html" rel="directory"&gt;Mai 2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.osiris.sn/+-portrait-entretien-+.html" rel="tag"&gt;Portrait/Entretien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH97/nicolas_berbigier-ca5e0.jpg?1779391324' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='97' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En marge d'ID4Africa 2026 &#224; Abidjan, Nicolas Berbigier, pr&#233;sident de Famoco, d&#233;taille pour CIO Mag sa strat&#233;gie de souverainet&#233; num&#233;rique. Gr&#226;ce &#224; un mod&#232;le locatif et un OS s&#233;curis&#233;, l'entreprise acc&#233;l&#232;re l'inclusion et la num&#233;risation des services publics africains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CIO Mag : Le th&#232;me d'ID4Africa cette ann&#233;e marque une transition de l'infrastructure vers les &#233;cosyst&#232;mes publics num&#233;riques. Comment Famoco adapte-t-elle sa technologie pour passer d'une logique d'enr&#244;lement &#224; une int&#233;gration fluide dans ces nouveaux &#233;cosyst&#232;mes multisectoriels ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Berbigier : Famoco est souvent per&#231;u uniquement comme un fournisseur de terminaux, alors que nous ma&#238;trisons en r&#233;alit&#233; toute la cha&#238;ne de valeur. Notre &#233;cosyst&#232;me int&#233;gr&#233; combine le hardware, le syst&#232;me d'exploitation, la plateforme de gestion des flottes (MDM), la connectivit&#233; &#8212; des briques con&#231;ues d&#232;s le d&#233;part pour fonctionner ensemble. . Notre objectif est de faciliter la vie des op&#233;rateurs publics, qu'il s'agisse de l'&#233;tat civil, des &#233;coles, des programmes humanitaires, des ONG, des autorit&#233;s locales ou des h&#244;pitaux, pour toutes les op&#233;rations d'enr&#244;lement et de v&#233;rification d'identit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cemment, notre mod&#232;le a &#233;volu&#233; vers une approche extr&#234;mement comp&#233;titive et sans co&#251;ts d'investissement initiaux. Nous d&#233;ployons d&#233;sormais nos solutions sur le terrain en mode locatif, &#224; la journ&#233;e ou au mois. Cela permet aux diff&#233;rents acteurs de se d&#233;ployer tr&#232;s rapidement sans l'obstacle financier majeur que repr&#233;sente l'achat de milliers d'appareils, un frein historique que nous levons. L'&#201;tat doit pouvoir g&#233;rer urgemment sa base d'identit&#233;, de l'enr&#244;lement &#224; la v&#233;rification en passant par l'impression des cartes. Nous fournissons cette couche de services pour accompagner les acteurs africains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CIO Mag : En C&#244;te d'Ivoire, vous &#234;tes en partenariat avec Computec dans le cadre de projets comme celui de la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM). Pouvez-vous nous en dire plus ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Berbigier : Il faut concevoir Famoco comme une base technologique con&#231;ue pour simplifier la mise en oeuvre des services num&#233;riques de mani&#232;re s&#233;curis&#233;e, souveraine et &#224; grande &#233;chelle sur le terrain. Dans chaque pays, nous collaborons avec des partenaires locaux qui ma&#238;trisent le contexte et d&#233;veloppent les applications m&#233;tiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM), qui assure l'acc&#232;s aux soins m&#233;dicaux dans les h&#244;pitaux, Famoco apporte les terminaux et l'infrastructure de d&#233;ploiement, tandis que Computec con&#231;oit l'application de contr&#244;le de la carte d'identit&#233; et d'acc&#232;s aux soins. Nous fonctionnons toujours ainsi, car nous sommes un acc&#233;l&#233;rateur technologique, mais ce sont les acteurs locaux qui cr&#233;ent les solutions de terrain adapt&#233;es et dans les langues locales. Nous permettons aux start-up africaines de d&#233;ployer leurs innovations rapidement et &#224; moindre co&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CIO Mag : En tant que fournisseur de solutions mat&#233;rielles et logicielles, comment Famoco garantit-elle aux &#201;tats africains une souverainet&#233; totale sur les donn&#233;es collect&#233;es via vos terminaux, face aux g&#233;ants mondiaux du secteur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Berbigier : C'est un sujet crucial. Pour int&#233;grer, &#233;mettre et v&#233;rifier des documents d'identit&#233; massivement, il faut des appareils adapt&#233;s. Longtemps, le smartphone grand public a &#233;t&#233; jug&#233; comme la solution de facilit&#233; pour le d&#233;ploiement des applications m&#233;tiers. Pourtant, &#224; tort, car cela complexifie justement les op&#233;rations terrain : casse, vol, utilisation d'applications tierces (r&#233;seaux sociaux, etc.), manque de visibilit&#233; sur les op&#233;rations. Par ailleurs, son syst&#232;me d'exploitation reste contr&#244;l&#233; par des acteurs am&#233;ricains ou chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;er des bases de donn&#233;es biom&#233;triques s&#233;curis&#233;es n'a aucun sens si les outils de collecte sont sous contr&#244;le &#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un double probl&#232;me : l'acc&#232;s potentiel &#224; l'information, et le risque de coupure de service pour un simple diff&#233;rend commercial avec les &#201;tats-Unis. Si un gouvernement d&#233;cide de couper le service, toute l'infrastructure d'un institut comme l'Office national de l'&#233;tat civil et de l'identification de C&#244;te d'Ivoire (ONECI) ou d'un syst&#232;me de sant&#233; comme la CNAM s'arr&#234;terait. On ne peut pas paralyser des h&#244;pitaux pour des tensions g&#233;opolitiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour y r&#233;pondre, nous int&#233;grons un syst&#232;me d'exploitation totalement souverain et s&#233;curis&#233;. Des audits rigoureux, notamment par l'ANSSI en France, certifient qu'aucune donn&#233;e n'est partag&#233;e. Contrairement &#224; un t&#233;l&#233;phone classique qui transmet une multitude d'informations d&#232;s l'allumage, notre OS garantit qu'aucune donn&#233;e ne s'&#233;chappe. De plus, nous int&#233;grons directement la connectivit&#233; s&#233;curis&#233;e dans l'appareil, envoyant les flux d'informations en ligne droite vers la base de donn&#233;es de la CNAM, sans interm&#233;diaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CIO Mag : Nous observons une fusion croissante entre identit&#233; num&#233;rique et inclusion financi&#232;re. Quels sont les projets actuels de Famoco pour accompagner les op&#233;rateurs de mobile money dans la r&#233;gion UEMOA, notamment pour s&#233;curiser le KYC (Know Your Customer) ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Berbigier : L'identit&#233; est la source de tout, et le paiement en d&#233;pend directement car il faut d'abord s'assurer de l'identit&#233; du donneur d'ordre. C'est une comp&#233;tence r&#233;galienne. Famoco fournit des solutions mobiles pour enr&#244;ler des populations &#224; grande &#233;chelle dans les bases de donn&#233;es et &#233;mettre des titres, comme des permis de conduire imprim&#233;s directement sur le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous intervenons aussi dans la v&#233;rification d'identit&#233; pour faire valoir des droits, comme nous le faisons pour la distribution d'aide alimentaire avec le Programme alimentaire mondial ou pour la s&#233;curit&#233; sociale avec la MUGEFCI, la Mutuelle g&#233;n&#233;rale des fonctionnaires et agents de l'&#201;tat de C&#244;te d'Ivoire. Enfin, nos terminaux sont parfaits pour acc&#233;l&#233;rer le mobile money en &#233;quipant les petits commerces. Un commer&#231;ant qui grandit ne peut plus m&#233;langer son t&#233;l&#233;phone personnel et celui du magasin. Il lui faut un terminal d&#233;di&#233; pour fluidifier l'inclusion financi&#232;re. C'est cette m&#234;me logique d'inclusion, de paiement et de microcr&#233;dit que nous d&#233;ployons &#233;galement avec des ONG en Afrique et en Asie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CIO Mag : L'IA transforme la v&#233;rification d'identit&#233;. Comment Famoco int&#232;gre-t-elle l'IA dans ses terminaux de nouvelle g&#233;n&#233;ration pour lutter contre la fraude documentaire et renforcer la s&#233;curit&#233; des transactions biom&#233;triques sur le terrain ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Berbigier : Famoco intervient &#224; deux niveaux. L'IA permet notamment d'analyser les donn&#233;es remont&#233;es depuis le terrain afin de d&#233;tecter des fraudes comportementales complexes, par exemple lorsqu'une m&#234;me identit&#233; est utilis&#233;e simultan&#233;ment dans deux lieux diff&#233;rents. Dans ce sch&#233;ma, Famoco agit comme un canal s&#233;curis&#233; entre les op&#233;rations terrain et les infrastructures centrales, en garantissant la transmission fiable et s&#233;curis&#233;e des donn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable r&#233;volution est l'Edge AI. Ici, l'intelligence artificielle n'est plus uniquement centralis&#233;e sur des serveurs distants : les capacit&#233;s de traitement et de v&#233;rification sont directement embarqu&#233;es sur les terminaux. Bien qu'il s'agisse de mod&#232;les optimis&#233;s pour des capacit&#233;s de m&#233;moire r&#233;duites, cette IA embarqu&#233;e permet d'effectuer des reconnaissances locales. C'est capital en Afrique, o&#249; la connectivit&#233; est parfois instable. Disposer d'une technologie capable d'embarquer une application intelligente, d'ex&#233;cuter des traitements localement et de valider des processus hors ligne constitue aujourd'hui le c&#339;ur de la valeur ajout&#233;e de Famoco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CIO Mag : Revenons au forum ID4Africa qui se tient &#224; Abidjan. Pouvez-vous nous parler de vos collaborations actuelles ou &#224; venir avec les autorit&#233;s ivoiriennes ou les acteurs priv&#233;s locaux pour la digitalisation des services publics ou du transport urbain ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Berbigier : En C&#244;te d'Ivoire, plus de cent mille terminaux Famoco sont actifs &#224; tous les niveaux de l'&#233;conomie. Cela va de la micro-activit&#233;, avec des solutions d'encaissement pour les commer&#231;ants des march&#233;s, jusqu'au suivi de sant&#233; des familles sur le terrain par des ONG comme Save the Children.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;quipons les agents d'Orange Money pour v&#233;rifier l'identit&#233; des clients lors de l'activation des cartes SIM. Nous collaborons avec la CNAM pour l'acc&#232;s &#224; la Couverture maladie universelle (CMU), avec la MUGEFCI pour la lecture et l'impression des cartes des fonctionnaires, ou encore avec CODIVAL pour le suivi s&#233;curis&#233; des camions de transport de fonds. M&#234;me la Compagnie fruiti&#232;re utilise nos solutions pour le suivi pr&#233;cis de ses plantations de bananes. C'est une seule et m&#234;me technologie de confiance pour une multitude d'usages sectoriels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CIO Mag : Quelles sont vos prochaines &#233;tapes de croissance en Afrique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Berbigier : Famoco poursuit une forte dynamique de croissance aupr&#232;s des grands op&#233;rateurs mobiles du continent comme Orange, MTN, Vodacom ou Sonatel, et collabore avec de nombreux gouvernements sur l'identit&#233; et les contr&#244;les de s&#233;curit&#233;. L'Afrique poss&#232;de la chance immense de b&#226;tir sa nouvelle infrastructure &#224; partir de z&#233;ro, ce qui lui permet d'adopter des solutions bien plus modernes qu'en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; titre d'exemple, le projet en cours de d&#233;ploiement avec l'ONECI permet d'enregistrer l'&#233;tat civil d'un nouveau-n&#233; directement &#224; la maternit&#233; gr&#226;ce aux empreintes de la m&#232;re, g&#233;n&#233;rant l'acte instantan&#233;ment. De m&#234;me, les solutions de contr&#244;le routier utilis&#233;es par la police permettent de v&#233;rifier imm&#233;diatement la validit&#233; du contr&#244;le technique d'un v&#233;hicule. Ce niveau d'int&#233;gration et de modernit&#233;, rendu possible par le d&#233;ploiement d'une infrastructure intelligente native, d&#233;passe ce qui se fait actuellement dans plusieurs pays europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anselme Ak&#233;ko&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://cio-mag.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CIO Mag&lt;/a&gt;, 20 mai 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; L'Afrique a la possibilit&#233; de ne pas reproduire les erreurs commises ailleurs &#187;, Babel Balsomi, experte en cybers&#233;curit&#233;</title>
		<link>https://www.osiris.sn/l-afrique-a-la-possibilite-de-ne-pas-reproduire-les-erreurs-commises-ailleurs.html</link>
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		<dc:date>2026-05-19T12:14:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Portrait/Entretien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dimanche 3 mai, le site officiel du gouvernement ivoirien a publi&#233; une interview de St&#233;phane Kounandi Coulibaly, directeur de l'Innovation, des start-up et du secteur priv&#233; au minist&#232;re de la Transition num&#233;rique. Dans cet entretien, il a mis en avant l'ambition de la C&#244;te d'Ivoire de s'imposer comme un hub r&#233;gional de l'innovation. Mais derri&#232;re cette vision prometteuse, subsistent des interrogations et des d&#233;fis majeurs&#8239;notamment ceux li&#233;s &#224; la cybers&#233;curit&#233;. C'est dans ce cadre que We Are (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.osiris.sn/-mai-2026-.html" rel="directory"&gt;Mai 2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.osiris.sn/+-portrait-entretien-+.html" rel="tag"&gt;Portrait/Entretien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH96/babel_balsomi-ce5e4.jpg?1779193455' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dimanche 3 mai, le site officiel du gouvernement ivoirien a publi&#233; une interview de St&#233;phane Kounandi Coulibaly, directeur de l'Innovation, des start-up et du secteur priv&#233; au minist&#232;re de la Transition num&#233;rique. Dans cet entretien, il a mis en avant l'ambition de la C&#244;te d'Ivoire de s'imposer comme un hub r&#233;gional de l'innovation. Mais derri&#232;re cette vision prometteuse, subsistent des interrogations et des d&#233;fis majeurs&#8239;notamment ceux li&#233;s &#224; la cybers&#233;curit&#233;. C'est dans ce cadre que We Are Tech Africa interroge Babel Balsomi (photo), hackeuse &#233;thique, chercheuse en IA et CEO de Hiero Digital, pour faire la lumi&#232;re sur certains points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;We Are Tech Africa : Les autorit&#233;s ivoiriennes affichent de fortes ambitions en mati&#232;re de cybers&#233;curit&#233;, avec la cr&#233;ation de l'Agence nationale de la s&#233;curit&#233; des syst&#232;mes d'information (ANSSI) et la mise en place d'un centre d'op&#233;rations de s&#233;curit&#233; (SOC). Sur le terrain, cette ambition est-elle r&#233;ellement &#224; la hauteur des vuln&#233;rabilit&#233;s observ&#233;es ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Babel Balsomi : La cr&#233;ation de l'ANSSI constitue une avanc&#233;e structurelle r&#233;elle. Regrouper le Centre national de r&#233;ponse aux incidents de s&#233;curit&#233; informatique (CI-CERT), la Plateforme de lutte contre la cybercriminalit&#233; (PLCC) et la Direction de l'informatique et des traces technologiques (DITT) sous une m&#234;me autorit&#233; met fin &#224; une fragmentation qui compromettait la r&#233;activit&#233; de l'&#201;tat face aux incidents. L'ambition politique est bien l&#224;, et c'est un point d'appui s&#233;rieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il existe encore un certain d&#233;calage entre ces ambitions institutionnelles et la r&#233;alit&#233; v&#233;cue par les acteurs du priv&#233;, ainsi que par la population. Lorsque j'interviens sur le terrain, le tableau est sensiblement diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;WAT : Dans les PME ivoiriennes, quel &#233;tat des lieux faites-vous aujourd'hui en mati&#232;re de cybers&#233;curit&#233;, notamment sur les infrastructures, les pratiques et le niveau de sensibilisation des dirigeants ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BB : Concernant les infrastructures, d'abord, une part significative des syst&#232;mes sur lesquels repose l'&#233;conomie num&#233;rique ivoirienne (r&#233;seaux d'entreprises, serveurs, &#233;quipements r&#233;seau) est obsol&#232;te. Lors de mes audits dans des PME ivoiriennes, notamment dans des cabinets comptables, chez des prestataires logistiques ou dans des cliniques priv&#233;es, je trouve r&#233;guli&#232;rement des serveurs op&#233;rant sous Windows Server 2008 ou 2012 ; des syst&#232;mes que Microsoft ne met plus &#224; jour depuis des ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces machines sont pourtant connect&#233;es &#224; Internet et traitent des donn&#233;es clients, parfois financi&#232;res, sans pare-feu correctement configur&#233;, sans segmentation r&#233;seau et sans sauvegarde isol&#233;e. D&#233;ployer des services num&#233;riques suppl&#233;mentaires sur de telles fondations revient &#224; &#233;tendre la surface d'attaque sans renforcer la d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les pratiques et le niveau de sensibilisation, la m&#233;connaissance est souvent totale, mais sinc&#232;re : ce n'est pas de la n&#233;gligence volontaire. Il m'arrive r&#233;guli&#232;rement de rencontrer des dirigeants qui d&#233;couvrent, au cours de notre premier &#233;change, que la cybers&#233;curit&#233; existe comme discipline &#224; part enti&#232;re. Pourtant, ces entreprises traitent des donn&#233;es clients, effectuent des transactions via mobile money et repr&#233;sentent la majorit&#233; du tissu &#233;conomique ivoirien. Elles sont donc des cibles r&#233;elles, sans toujours en avoir conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un employ&#233; qui clique sur un lien frauduleux, un mot de passe partag&#233; entre coll&#232;gues, un document confidentiel envoy&#233; via une messagerie personnelle : ce sont ces comportements du quotidien qui ouvrent les portes aux attaquants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;WAT : Dans les grandes entreprises, pourquoi la cybers&#233;curit&#233; peine-t-elle encore &#224; &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une priorit&#233; strat&#233;gique au niveau des directions g&#233;n&#233;rales ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BB : Dans les grandes entreprises, le diagnostic est diff&#233;rent de celui &#233;tabli concernant les PME. L'enjeu est souvent identifi&#233; au niveau op&#233;rationnel, qui se heurte presque syst&#233;matiquement &#224; une m&#234;me r&#233;sistance au niveau des instances dirigeantes : la cybers&#233;curit&#233; y est encore per&#231;ue comme un centre de co&#251;t &#224; minimiser, voire &#224; ignorer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; confront&#233;e &#224; des situations comme celle o&#249; une &#233;quipe technique avait identifi&#233; des vuln&#233;rabilit&#233;s critiques, produit un plan de rem&#233;diation document&#233;, puis vu ce plan &#233;cart&#233; en comit&#233; de direction au motif qu'il n'&#233;tait pas prioritaire. Un incident s'est produit quelques mois plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup d'infrastructures donnent l'impression de survivre par chance. Certaines entreprises ont leurs donn&#233;es expos&#233;es, leurs syst&#232;mes accessibles depuis l'ext&#233;rieur sans protection ad&#233;quate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;WAT : Au-del&#224; des aspects techniques, quels freins humains et organisationnels ralentissent aujourd'hui le renforcement de la cybers&#233;curit&#233; en C&#244;te d'Ivoire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BB : Le premier est le protectionnisme interne. Certaines &#233;quipes en poste per&#231;oivent toute expertise externe comme une menace pour leur position et font obstacle aux initiatives de renforcement cyber afin de pr&#233;server leur p&#233;rim&#232;tre d'influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me est le manque de comp&#233;tences actualis&#233;es. Les &#233;quipes ne se forment pas suffisamment, alors que la cybers&#233;curit&#233; est un domaine dans lequel il faut apprendre en permanence. Cela cr&#233;e un d&#233;phasage croissant avec les r&#233;alit&#233;s de la menace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me frein est la non-valorisation des comp&#233;tences des jeunes. Il existe pourtant des profils form&#233;s, motiv&#233;s et techniquement solides, mais ils ne trouvent pas leur place dans les organisations, non parce qu'on leur r&#233;siste individuellement, mais parce que les processus de recrutement, les grilles salariales et la culture manag&#233;riale ne sont pas structur&#233;s pour les accueillir et les retenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;velopp&#233; la Cyberm&#233;t&#233;o, un bulletin qui pr&#233;sente l'&#233;tat de vuln&#233;rabilit&#233; d'une entreprise ainsi que les donn&#233;es qui ont fuit&#233;, pr&#233;cis&#233;ment pour objectiver cet &#233;tat des lieux et donner aux organisations une lecture claire de leur niveau de r&#233;silience. Une entreprise sur trois refuse l'exercice, non par manque de moyens, puisque celui-ci est gratuit et confidentiel, mais parce que la transparence sur les vuln&#233;rabilit&#233;s est per&#231;ue comme un risque en soi. C'est cela qui mesure le vrai d&#233;calage entre l'ambition institutionnelle et la r&#233;alit&#233; op&#233;rationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;WAT : Vous &#233;voquez souvent l'absence de culture cyber dans les organisations. En quoi les comportements quotidiens des employ&#233;s peuvent-ils devenir une faille majeure ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BB : Au-del&#224; des budgets et des infrastructures, c'est aussi un probl&#232;me de culture interne. La cybers&#233;curit&#233; n'est pas encore per&#231;ue comme l'affaire de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un employ&#233; qui clique sur un lien frauduleux, un mot de passe partag&#233; entre coll&#232;gues, un document confidentiel envoy&#233; via une messagerie personnelle : ce sont ces comportements du quotidien qui ouvrent les portes aux attaquants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai conduit des exercices de simulation de phishing dans des entreprises ivoiriennes : le taux de clics sur des liens malveillants d&#233;passe parfois 70 &#224; 80 % des employ&#233;s test&#233;s. Ce n'est pas une question d'intelligence, mais d'exposition &#224; la bonne information. Cette culture ne s'installe pas par d&#233;cret. Elle se construit par la formation continue, par l'exemplarit&#233; des dirigeants et par des politiques internes coh&#233;rentes. Aujourd'hui, elle reste largement absente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;WAT : Les particuliers aussi sont de plus en plus expos&#233;s. Pourquoi dites-vous que le citoyen connect&#233; est aujourd'hui le maillon le plus vuln&#233;rable de la cha&#238;ne num&#233;rique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BB : Le citoyen connect&#233; utilise chaque jour des services fintech, de plus en plus nombreux, port&#233;s par l'essor des usages mobiles, mais il reste expos&#233; sans filet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arnaques sur WhatsApp, les faux concours, les usurpations d'identit&#233; sur les r&#233;seaux sociaux, les applications frauduleuses qui collectent des donn&#233;es personnelles : ces menaces touchent quotidiennement des milliers de personnes qui n'ont ni les outils ni les r&#233;flexes pour les identifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le particulier est aujourd'hui le maillon le plus expos&#233; de la cha&#238;ne, et le moins prot&#233;g&#233;. Alors m&#234;me que les paiements mobiles se g&#233;n&#233;ralisent, que des services publics migrent vers le num&#233;rique et que des donn&#233;es de sant&#233; ou d'identit&#233; sont collect&#233;es &#224; grande &#233;chelle, l'absence de culture cyber chez les utilisateurs finaux n'est pas un probl&#232;me secondaire. C'est un risque syst&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;WAT : Avant m&#234;me de parler d'intelligence artificielle, quels sont aujourd'hui les types de cyberattaques les plus courants et les plus efficaces contre les organisations ivoiriennes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BB : Les cyberattaques les plus courantes en C&#244;te d'Ivoire peuvent s'analyser par paliers ; et chaque palier r&#233;v&#232;le un niveau de pr&#233;paration insuffisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier palier, c'est le phishing. Et il fait des ravages. Les entreprises ivoiriennes (grandes, moyennes ou petites) sont frapp&#233;es quotidiennement par des campagnes d'hame&#231;onnage dont la sophistication n'est m&#234;me pas le principal facteur de succ&#232;s. Ce qui les rend efficaces, c'est l'absence de r&#233;flexes de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un faux email du Tr&#233;sor public demandant une mise &#224; jour de coordonn&#233;es bancaires ; un message WhatsApp usurpant l'identit&#233; du Directeur g&#233;n&#233;ral pour demander un virement urgent ; un lien frauduleux imitant le portail de la CNPS [Caisse nationale de pr&#233;voyance sociale, Ndlr] ou d'une banque ivoirienne ; ou encore une fausse facture d'un op&#233;rateur t&#233;l&#233;com avec un RIB [relev&#233; d'identit&#233; bancaire, Ndlr] modifi&#233; : ces sc&#233;narios se produisent chaque semaine. Lors de simulations que j'ai conduites, ainsi que je l'ai pr&#233;c&#233;demment indiqu&#233;, le taux de clics sur des liens malveillants d&#233;passe r&#233;guli&#232;rement 70 &#224; 80 % des employ&#233;s test&#233;s. En Europe, un tel chiffre est vu comme extr&#234;mement alarmant. Dans nos pays, il est pratiquement consid&#233;r&#233; comme &#233;tant la norme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me palier, c'est le BEC (Business Email Compromise) ; et les incidents se multiplient. Une entreprise re&#231;oit un email apparemment envoy&#233; par l'un de ses fournisseurs habituels, avec un RIB modifi&#233;. Le service comptabilit&#233; ex&#233;cute le virement sur un compte frauduleux. Cette technique, document&#233;e depuis plus de dix ans, ne repose pas sur une technologie complexe. Elle fonctionne parce qu'il n'existe ni proc&#233;dure de v&#233;rification des coordonn&#233;es bancaires, ni double validation des virements, ni sensibilisation suffisante des &#233;quipes. Ce n'est pas une d&#233;faillance technologique, c'est une d&#233;faillance culturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cela s'ajoute la question du chiffrement des donn&#233;es. J'ai audit&#233; des cliniques priv&#233;es dont les dossiers patients sont stock&#233;s sur des disques locaux non chiffr&#233;s, sans sauvegarde externalis&#233;e, sur un r&#233;seau Wi-Fi commun aux soignants, aux administratifs et aux visiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me palier, ce sont les Ransomwares (attaques par logiciels malveillants chiffrant l'ensemble des fichiers d'un syst&#232;me avec exigence de paiement d'une ran&#231;on pour en restituer l'acc&#232;s). Dans le contexte que nous avons d&#233;crit, m&#234;me les ransomwares les plus simples suffiraient &#224; mettre la tr&#232;s large majorit&#233; des &#233;tablissements &#224; l'arr&#234;t complet. Tr&#232;s souvent, ils ne disposent ni de plan de continuit&#233; d'activit&#233;, ni de sauvegarde r&#233;cup&#233;rable, ni de contrat de r&#233;ponse &#224; incident. Or des multinationales, des h&#244;pitaux et des op&#233;rateurs d'infrastructures critiques en Europe et aux &#201;tats-Unis ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; paralys&#233;s pendant des semaines par ce type d'attaque. Les organisations ivoiriennes, moins prot&#233;g&#233;es et moins outill&#233;es pour y r&#233;pondre, sont expos&#233;es aux m&#234;mes sc&#233;narios, avec moins de ressources pour s'en remettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces attaques ne sont pas encore pleinement ma&#238;tris&#233;es dans les pays technologiquement les plus avanc&#233;s, o&#249; elles repr&#233;sentent d&#233;j&#224; un d&#233;fi majeur pour les ann&#233;es &#224; venir. Au regard des r&#233;alit&#233;s que nous avons d&#233;crites dans nos pays, le danger est d&#233;multipli&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;WAT : La C&#244;te d'Ivoire est-elle pr&#234;te &#224; faire face &#224; de nouvelles menaces li&#233;es &#224; l'intelligence artificielle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BB : Non. Et ce qui vient avec l'intelligence artificielle est d'une nature radicalement diff&#233;rente. Il existe plusieurs cat&#233;gories d'attaques ciblant les grands mod&#232;les de langage (LLM) et les agents IA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re est la prompt injection. Un agent IA est un syst&#232;me autonome capable d'ex&#233;cuter des t&#226;ches sans intervention humaine, de consulter des bases de donn&#233;es, d'envoyer des emails, d'interagir avec des syst&#232;mes tiers et de prendre certaines d&#233;cisions. L'attaque consiste &#224; glisser des instructions malveillantes dans les donn&#233;es que cet agent traite (un document, un formulaire, un email) afin de le d&#233;tourner de sa mission et de lui faire ex&#233;cuter des actions non autoris&#233;es &#224; l'insu de ses op&#233;rateurs. Dans une administration qui d&#233;ploierait un agent IA pour traiter des demandes citoyennes, un formulaire pi&#233;g&#233; pourrait ordonner &#224; cet agent d'exfiltrer silencieusement des bases de donn&#233;es enti&#232;res. L'agent ob&#233;irait, sans qu'aucun signal d'alerte imm&#233;diat ne soit n&#233;cessairement per&#231;u. Ce qui rend cette attaque redoutable, c'est que les qualit&#233;s m&#234;mes qui rendent les agents utiles (autonomie, rapidit&#233;, capacit&#233; d'action) deviennent des vecteurs d'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me cat&#233;gorie est l'empoisonnement des donn&#233;es d'entra&#238;nement, ou data poisoning. Si un mod&#232;le d'IA est entra&#238;n&#233; sur des donn&#233;es corrompues introduites par un attaquant, ses d&#233;cisions peuvent &#234;tre biais&#233;es de fa&#231;on subtile et durable, sans que personne ne d&#233;tecte imm&#233;diatement la manipulation. Le mod&#232;le continue de fonctionner, produit des r&#233;ponses, prend des d&#233;cisions, mais ces d&#233;cisions ont &#233;t&#233; alt&#233;r&#233;es &#224; la source. Puisque la C&#244;te d'Ivoire ambitionne de d&#233;velopper des mod&#232;les adapt&#233;s aux r&#233;alit&#233;s locales, ce vecteur est particuli&#232;rement pertinent : un mod&#232;le empoisonn&#233; d&#232;s sa conception constitue une menace permanente et invisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me cat&#233;gorie, plus avanc&#233;e encore, concerne les flux IA mutag&#232;nes et le prompt flux. Un attaquant peut aujourd'hui utiliser un grand mod&#232;le de langage pour g&#233;n&#233;rer automatiquement des centaines de variantes d'un m&#234;me malware. Chaque variante pr&#233;sente une structure de code l&#233;g&#232;rement diff&#233;rente, suffisante pour contourner les antivirus qui fonctionnent par reconnaissance de signatures connues. C'est le principe d'un agent pathog&#232;ne qui mute plus vite que les d&#233;fenses immunitaires. Le prompt flux va encore plus loin : les instructions malveillantes inject&#233;es dans un syst&#232;me varient en temps r&#233;el de mani&#232;re al&#233;atoire. Un filtre de s&#233;curit&#233; programm&#233; pour bloquer certains sch&#233;mas suspects se retrouve alors contourn&#233;, parce que chaque tentative d'intrusion se pr&#233;sente sous une forme diff&#233;rente. Aucun outil de filtrage classique ne peut suivre ce rythme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prompt flux peut aussi d&#233;stabiliser un mod&#232;le au point d'en faire lui-m&#234;me une surface d'attaque. Le danger est donc encore plus important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il faut comprendre, c'est que ces attaques ne sont pas encore pleinement ma&#238;tris&#233;es dans les pays technologiquement les plus avanc&#233;s, o&#249; elles repr&#233;sentent d&#233;j&#224; un d&#233;fi majeur pour les ann&#233;es &#224; venir. Au regard des r&#233;alit&#233;s que nous avons d&#233;crites dans nos pays, le danger est d&#233;multipli&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;quipes de cybers&#233;curit&#233; parmi les mieux dot&#233;es au monde peinent encore &#224; construire des d&#233;fenses efficaces contre la prompt injection et le prompt flux. Les standards de r&#233;ponse ne sont pas stabilis&#233;s, les outils sont encore en d&#233;veloppement et les comp&#233;tences restent rares. Si un prompt flux frappait aujourd'hui une infrastructure ivoirienne (une banque, un op&#233;rateur t&#233;l&#233;com, une administration) les d&#233;g&#226;ts seraient non seulement imm&#233;diats, mais potentiellement irr&#233;versibles : pas de sauvegarde, pas d'&#233;quipe de r&#233;ponse &#224; incident, pas d'outillage de d&#233;tection comportementale, pas de playbook de crise, et souvent une m&#233;fiance persistante &#224; l'&#233;gard des consultants ext&#233;rieurs. Le syst&#232;me ne tomberait pas simplement en panne : il serait compromis en profondeur, de fa&#231;on silencieuse, avant m&#234;me que l'on comprenne ce qui s'est produit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes talents capables de d&#233;velopper ces comp&#233;tences existent en C&#244;te d'Ivoire. Je les identifie dans les comp&#233;titions de cybers&#233;curit&#233;, dans les communaut&#233;s techniques. Mais ils ne sont pas int&#233;gr&#233;s dans les organisations, non pas parce qu'on les en emp&#234;che activement, mais parce que les structures d'accueil ne sont pas pens&#233;es pour valoriser et retenir ces profils. C'est une perte nette pour la r&#233;silience nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;ploiement de l'intelligence artificielle en Afrique est une opportunit&#233; historique, et elle doit &#234;tre saisie maintenant. Pas dans cinq ans. Pas quand tout sera parfait. Maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;WAT : Le pays veut d&#233;ployer l'IA dans des secteurs critiques comme la sant&#233;, l'agriculture et l'&#233;ducation. Peut-on avancer &#224; grande &#233;chelle sans avoir s&#233;curis&#233; d'abord les fondations num&#233;riques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BB : Je veux d'abord &#234;tre clair sur un point : le d&#233;ploiement de l'intelligence artificielle en Afrique est une opportunit&#233; historique, et elle doit &#234;tre saisie maintenant. Pas dans cinq ans. Pas quand tout sera parfait. Maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique a la possibilit&#233; de ne pas reproduire les erreurs commises ailleurs, o&#249; l'&#233;conomie num&#233;rique a parfois &#233;t&#233; construite sans int&#233;grer la s&#233;curit&#233; d&#232;s la conception. Elle peut faire mieux, et autrement. Mais cette fen&#234;tre d'opportunit&#233; ne restera pas ouverte ind&#233;finiment : les acteurs technologiques mondiaux, les investisseurs et les comp&#233;titeurs r&#233;gionaux avancent. La vraie question n'est donc pas de choisir entre l'IA et la s&#233;curit&#233;. La question est de savoir comment faire progresser les deux de mani&#232;re simultan&#233;e, sans sacrifier l'une &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, sur le terrain, ce n'est pas ce que j'observe. Les deux n'avancent pas ensemble, et les cons&#233;quences ne sont pas abstraites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons le cas d'un syst&#232;me d'IA d&#233;ploy&#233; dans un &#233;tablissement hospitalier public pour la gestion des dossiers patients et l'aide au diagnostic. Ce type de d&#233;ploiement existe d&#233;j&#224; dans d'autres pays. Ce syst&#232;me doit &#234;tre connect&#233; &#224; un r&#233;seau, aliment&#233; par une base de donn&#233;es patients et accessible &#224; diff&#233;rentes cat&#233;gories de personnel depuis des postes distincts. Lorsque j'interviens dans ces environnements, je trouve des r&#233;seaux non segment&#233;s (le m&#234;me r&#233;seau pour les m&#233;decins, les administratifs et les visiteurs), des identifiants partag&#233;s entre plusieurs utilisateurs, des donn&#233;es non chiffr&#233;es en transit comme au repos. Dans ce contexte, l'IA n'accro&#238;t pas seulement la valeur du syst&#232;me : elle accro&#238;t aussi sa surface d'exposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un attaquant qui compromet ce syst&#232;me peut bloquer l'acc&#232;s aux dossiers en situation d'urgence, alt&#233;rer des donn&#233;es m&#233;dicales ou exfiltrer les informations de milliers de patients. Des attaques de ce type ont d&#233;j&#224; paralys&#233; des h&#244;pitaux en France, au Royaume-Uni et aux &#201;tats-Unis. Il n'y a aucune raison que le continent africain en soit durablement &#233;pargn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karen Diallo l'a d'ailleurs formul&#233; elle-m&#234;me au Cyber Africa Forum :&lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Il y a encore beaucoup d'entit&#233;s qui ne voient pas la n&#233;cessit&#233; d'investir dans leur s&#233;curit&#233; digitale jusqu'&#224; ce qu'il soit trop tard &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Label Safe IA, port&#233; avec une intention l&#233;gitime, soul&#232;ve n&#233;anmoins une question de fond : sur quel r&#233;f&#233;rentiel technique repose-t-il ? Un label sans audit ind&#233;pendant pr&#233;alable, sans exigences techniques opposables, sans m&#233;canisme de sanction en cas de non-conformit&#233;, ne constitue pas une garantie de s&#233;curit&#233;. Il constitue surtout une d&#233;claration d'intention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je pr&#233;conise n'est pas un frein au d&#233;ploiement, bien au contraire. Je plaide pour que la s&#233;curit&#233; soit int&#233;gr&#233;e comme condition d'acc&#233;l&#233;ration, et non comme obstacle. Un d&#233;ploiement d'IA s&#233;curis&#233; d&#232;s la conception se d&#233;ploie mieux, plus vite et avec une adoption plus large, parce qu'il inspire confiance. &#192; l'inverse, un d&#233;ploiement non s&#233;curis&#233; qui subit un incident majeur peut provoquer un recul de plusieurs ann&#233;es, en emportant avec lui la confiance des utilisateurs, des investisseurs et des partenaires institutionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma position est donc simple : aucun d&#233;ploiement d'intelligence artificielle dans un secteur critique (sant&#233;, agriculture, &#233;ducation) ne devrait &#234;tre autoris&#233; sans audit de s&#233;curit&#233; pr&#233;alable rendu obligatoire. Ce n'est pas une posture conservatrice. C'est la condition pour que cette opportunit&#233; historique se transforme en avantage durable, et non en vuln&#233;rabilit&#233; &#224; grande &#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La digitalisation sans cybers&#233;curit&#233;, c'est une ville que l'on b&#226;tit sans portes ni serrures : plus elle grandit, plus elle devient vuln&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;WAT : Derri&#232;re les grands discours sur la transformation num&#233;rique en Afrique, quel message central souhaitez-vous adresser aux d&#233;cideurs ivoiriens et africains ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le message que je veux porter est clair : on ne peut pas construire une transformation digitale durable si la s&#233;curit&#233; n'est pas pens&#233;e en m&#234;me temps que cette transformation. La digitalisation sans cybers&#233;curit&#233;, c'est une ville que l'on b&#226;tit sans portes ni serrures : plus elle grandit, plus elle devient vuln&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ambitions affich&#233;es par le minist&#232;re de la Transition num&#233;rique sont r&#233;elles : d&#233;veloppement du tissu start-up, d&#233;ploiement de l'IA dans les services publics, positionnement de la C&#244;te d'Ivoire comme hub r&#233;gional. Ces orientations m&#233;ritent d'&#234;tre soutenues et acc&#233;l&#233;r&#233;es. Mais lorsqu'on lit ces discours dans leur int&#233;gralit&#233;, la cybers&#233;curit&#233; en est souvent absente. Ce silence n'est pas anodin. Il r&#233;v&#232;le un angle mort structurel : on num&#233;rise les processus, on connecte les administrations, on ouvre les march&#233;s publics aux start-up, sans construire simultan&#233;ment les m&#233;canismes qui prot&#232;gent cet &#233;cosyst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or chaque service digitalis&#233; sans s&#233;curisation pr&#233;alable devient une nouvelle surface d'attaque. Chaque base de donn&#233;es constitu&#233;e sans chiffrement pr&#233;pare une future fuite de donn&#233;es. Chaque administration connect&#233;e sans cloisonnement r&#233;seau devient une porte d'entr&#233;e potentielle vers l'ensemble du syst&#232;me d'information de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences sont d&#233;j&#224; visibles. Des start-up ivoiriennes acc&#232;dent d&#233;sormais aux march&#233;s publics : c'est une avanc&#233;e r&#233;elle. Mais ces m&#234;mes structures, souvent d&#233;pourvues d'une v&#233;ritable posture de s&#233;curit&#233;, vont se connecter aux syst&#232;mes d'information de l'&#201;tat et traiter des donn&#233;es sensibles. Elles deviennent alors des vecteurs d'acc&#232;s pour des attaquants qui visent l'administration par rebond. C'est ce qu'on appelle une attaque de la cha&#238;ne d'approvisionnement (supply chain attack) : l'attaquant ne cible pas directement sa cible finale, il compromet d'abord le maillon le moins surveill&#233;. J'ai document&#233; ce type de sch&#233;ma en C&#244;te d'Ivoire. La digitalisation cr&#233;e de la valeur, mais elle cr&#233;e aussi des interd&#233;pendances. Et si celles-ci ne sont pas s&#233;curis&#233;es, elles deviennent des vuln&#233;rabilit&#233;s syst&#233;miques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a &#233;galement une r&#233;alit&#233; humaine que les discours sur la transformation digitale abordent encore trop peu. Les batailles internes de protection de p&#233;rim&#232;tres d'influence au sein des entreprises et des administrations, la non-valorisation des jeunes talents, que certains managers ou sup&#233;rieurs hi&#233;rarchiques marginalisent par peur de voir expos&#233;es leurs propres limites, ralentissent non seulement la cybers&#233;curit&#233;, mais aussi la transformation digitale dans son ensemble. On ne se modernise pas en pr&#233;servant &#224; tout prix les pratiques qui freinent le changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont des boulets aux chevilles que le pays ne peut plus se permettre, au moment m&#234;me o&#249; la transformation digitale s'acc&#233;l&#232;re et o&#249; les menaces s'intensifient en parall&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je demande aux d&#233;cideurs est donc pr&#233;cis : faites entrer les acteurs du secteur priv&#233;, les PME et les experts de terrain dans la construction de votre strat&#233;gie de digitalisation, pas seulement dans celle de la cybers&#233;curit&#233;. Ce sont eux qui vivent les failles au quotidien. Ce sont eux qui savent o&#249; les syst&#232;mes cassent, o&#249; les processus num&#233;ris&#233;s cr&#233;ent des risques impr&#233;vus, et o&#249; les jeunes talents attendent d'&#234;tre mobilis&#233;s. La transformation digitale se construit avec ceux qui la vivent sur le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien r&#233;alis&#233; par Adoni Conrad Quenum&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.wearetech.africa/fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;WeAreTechAfrica&lt;/a&gt;, 19 mai 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Babacar Charles : Un Architecte de la Cybers&#233;curit&#233; au Carrefour des Continents</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Portrait/Entretien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans le monde du num&#233;rique, o&#249; les donn&#233;es sont reines et les menaces omnipr&#233;sentes, Babacar Charles Ndoye s'impose comme une figure incontournable. Cet expert en s&#233;curit&#233; des syst&#232;mes d'information, fort de plus de 25 ans d'exp&#233;rience, a b&#226;ti une carri&#232;re internationale jalonn&#233;e de postes prestigieux et d'engagements panafricains. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le sourire ne me quitte jamais. Au contraire, il est contaminant. Dans un restaurant hupp&#233; de Dakar, il distille sa bonne humeur au tour de lui. La (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.osiris.sn/-mai-2026-.html" rel="directory"&gt;Mai 2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.osiris.sn/+-portrait-entretien-+.html" rel="tag"&gt;Portrait/Entretien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH121/babacar_carlos_ndoye.jpg-51d03.webp?1779193455' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='121' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le monde du num&#233;rique, o&#249; les donn&#233;es sont reines et les menaces omnipr&#233;sentes, Babacar Charles Ndoye s'impose comme une figure incontournable. Cet expert en s&#233;curit&#233; des syst&#232;mes d'information, fort de plus de 25 ans d'exp&#233;rience, a b&#226;ti une carri&#232;re internationale jalonn&#233;e de postes prestigieux et d'engagements panafricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sourire ne me quitte jamais. Au contraire, il est contaminant. Dans un restaurant hupp&#233; de Dakar, il distille sa bonne humeur au tour de lui. La cybers&#233;curit&#233; est sa mati&#232;re, mais &#233;galement, le centre de ses &#233;changes. &#192; la t&#234;te de son cabinet de conseil et de formation, Babacar Charles Ndoye accompagne &#201;tats et entreprises, tout en gardant un regard critique et humaniste sur les d&#233;fis technologiques et soci&#233;taux de son pays natal, le S&#233;n&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Dakar, il fr&#233;quente l'&#233;cole primaire Libert&#233; 1, pr&#232;s de la caserne des sapeurs-pompiers, puis le coll&#232;ge Saldia et, bri&#232;vement, le lyc&#233;e Lamine Gueye. &#201;l&#232;ve brillant, il devient &#8220;homariste&#8221; &#8211; une r&#233;f&#233;rence &#224; une formation d'&#233;lite &#8211; avant de s'envoler pour la Suisse, initialement pour des &#233;tudes sup&#233;rieures. Ce s&#233;jour, qu'il pensait temporaire, s'&#233;tend sur 25 ans. &#8220;Dieu en a d&#233;cid&#233; autrement&#8221;, confie-t-il avec un sourire. La Suisse devient son creuset : il y d&#233;croche des dipl&#244;mes sup&#233;rieurs, d&#233;veloppe une &#233;thique professionnelle rigoureuse et devient p&#232;re pour la premi&#232;re fois, son a&#238;n&#233; naissant &#224; Gen&#232;ve. Ce pays, qu'il d&#233;crit comme un mod&#232;le de &#8220;savoir-faire et de savoir se comporter&#8221;, le marque profond&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en Suisse que Babacar forge son expertise en informatique, suivant l'&#233;volution des technologies jusqu'&#224; se sp&#233;cialiser dans la cybers&#233;curit&#233;. &#8220;On ne peut pas parler de digital sans la s&#233;curit&#233;&#8221;, mart&#232;le-t-il. Pour lui, elle est le socle de toute strat&#233;gie num&#233;rique, comparable &#224; une maison sans portes ni fen&#234;tres ou &#224; un pays sans arm&#233;e. Cette conviction guide sa carri&#232;re, qui l'am&#232;ne &#224; collaborer avec des g&#233;ants mondiaux dans des secteurs aussi vari&#233;s que le luxe, la p&#233;trochimie ou l'agroalimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un Parcours dans les G&#233;ants Mondiaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CV de Babacar impressionne par sa diversit&#233;. &#192; Lausanne, il conseille Philip Morris International, collaborant avec son ami Jason Martins sur des projets informatiques pionniers. Il travaille ensuite pour Nestl&#233; et Procter &amp; Gamble, avant de prendre en charge les op&#233;rations informatiques d'INEOS, leader mondial de la p&#233;trochimie. Mais c'est chez Richemont, troisi&#232;me groupe mondial du luxe (propri&#233;taire de Cartier), qu'il vit un tournant d&#233;cisif. Apr&#232;s des ann&#233;es de candidatures sans r&#233;ponse, il est contact&#233; alors qu'il travaille &#224; Bangkok pour une autre firme suisse. &#8220;Je savais que c'&#233;tait Richemont&#8221;, raconte-t-il, amus&#233; par cette intuition. Nomm&#233; chef de projet senior pour les initiatives de cybers&#233;curit&#233;, il se souvient de son incr&#233;dulit&#233; dans l'avion : &#8220;J'esp&#232;re qu'ils ne se sont pas tromp&#233;s de profil.&#8221; L'entretien final, presque une formalit&#233;, marque le d&#233;but d'une aventure qui renforce sa confiance et son expertise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus r&#233;cemment, Babacar est mandat&#233; par l'Union Europ&#233;enne pour une mission en C&#244;te d'Ivoire. En tant que chef de mission, il pilote la mise en place d'une plateforme d'interop&#233;rabilit&#233; entre le minist&#232;re de l'&#201;conomie et des Finances, la Direction g&#233;n&#233;rale des Imp&#244;ts et les Douanes. Expert en gouvernance des donn&#233;es, il dirige une &#233;quipe d'avocats fiscalistes et de colonels de douane, aboutissant &#224; une strat&#233;gie aujourd'hui op&#233;rationnelle. Cette r&#233;ussite illustre sa capacit&#233; &#224; f&#233;d&#233;rer des expertises vari&#233;es pour des projets complexes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un Engagement pour l'Afrique et le Num&#233;rique Inclusif&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la t&#234;te de son cabinet de conseil, Babacar accompagne &#201;tats et entreprises en cybers&#233;curit&#233; et en formation. Il dispense lui-m&#234;me des cours sur des sujets pointus : gouvernance des donn&#233;es sensibles, protection des actifs critiques, s&#233;curit&#233; physique et syst&#232;mes de renseignement. Avec une &#233;quipe de consultants africains et europ&#233;ens, il intervient en Guin&#233;e, au Congo et au Kenya, souvent depuis Duba&#239;, o&#249; se tiennent ses formations. Ces missions vont au-del&#224; de l'enseignement : &#233;laboration de politiques de s&#233;curit&#233;, catalogues de risques, mise en place de socles num&#233;riques robustes. Actuellement, il forme les &#233;quipes d'un grand groupe international de l'&#233;nergie et du p&#233;trole, dont il tait le nom par discr&#233;tion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au S&#233;n&#233;gal, Babacar porte un regard nuanc&#233; sur le &#8220;New Deal&#8221;, un plan visant &#224; acc&#233;l&#233;rer la transition num&#233;rique. Il salue son potentiel &#233;conomique et social, mais regrette une lacune majeure : l'absence d'int&#233;gration du secteur informel, qui domine l'&#233;conomie, et des populations non initi&#233;es au digital. &#8220;On n'a pas tenu compte de comment les inclure pour qu'ils comprennent les enjeux&#8221;, d&#233;plore-t-il. Pour lui, une digitalisation r&#233;ussie doit &#234;tre inclusive, expliquant les b&#233;n&#233;fices du num&#233;rique pour un d&#233;veloppement socio-&#233;conomique &#233;quitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Babacar Ndoye n'est pas qu'un technicien. Il est aussi un homme de valeurs, guid&#233; par une &#233;thique intransigeante et une aversion profonde pour l'injustice, qu'il proclame sur son profil Facebook depuis ses d&#233;buts. &#8220;Je d&#233;teste l'injustice&#8221;, affirme-t-il, une devise qui impr&#232;gne son travail. Il alerte sur les menaces internes aux organisations, o&#249; le manque d'&#233;thique alimente des risques croissants. &#8220;On ne peut pas &#233;valuer la moralit&#233; d'une personne&#8221;, note-t-il, plaidant pour des cadres rigoureux dans les entreprises et administrations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se d&#233;finit comme un &#8220;apprenant&#8221; : &#8220;Je n'ai pas honte de dire que je ne sais pas tout.&#8221; Cette ouverture lui permet de s'entourer d'experts et d'enrichir ses connaissances, qu'il voyage en Afrique, en Europe ou &#224; Duba&#239;. Cette curiosit&#233; intellectuelle s'accompagne d'une passion pour la transmission : il enseigne avec ferveur, convaincu que la cybers&#233;curit&#233; est une discipline essentielle pour prot&#233;ger le monde num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un Homme aux Multiples Facettes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors des salles de r&#233;union, Babacar cultive une vie rythm&#233;e . Ancien karat&#233;ka ceinture noire deuxi&#232;me dan, il a troqu&#233; les tatamis pour la marche, le ski en Suisse ou l'&#233;quitation. Passionn&#233; d'a&#233;ronautique &#8211; fruit de dix ans dans l'aviation &#224; Gen&#232;ve comme &#233;tudiant &#8211;, il vole parfois avec un ami pilote. Grand voyageur, il aime les avions, la lecture et, surtout, passer du temps avec les enfants, notamment les siens. &#8220;J'ai deux enfants&#8221;, confie-t-il, les yeux p&#233;tillants. C&#244;t&#233; cuisine, il voue un amour inconditionnel au soupou kandia et au thiebou dienn rouge, des plats s&#233;n&#233;galais qui le rattachent &#224; ses racines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Babacar Charles Ndoye est plus qu'un expert en cybers&#233;curit&#233; : il est un passeur d'id&#233;es, un b&#226;tisseur de ponts entre l'Afrique et le reste du monde. Son parcours, du S&#233;n&#233;gal &#224; la Suisse, des multinationales aux missions panafricaines, illustre une ambition : s&#233;curiser le num&#233;rique pour en faire un levier de d&#233;veloppement inclusif. Avec son exp&#233;rience, son &#233;thique et sa passion, il continue de fa&#231;onner un avenir o&#249; la technologie sert l'humain, sans laisser personne sur le bord du chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Demba Dieng&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://lesoleil.sn/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Soleil&lt;/a&gt;, 17 mai 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Boubacar Roger Thiam, Directeur de l'&#201;conomie num&#233;rique et des Partenariats : &#8220;Nous voulons cr&#233;er nos propres ordinateurs, nos propres smartphones...&#8221;</title>
		<link>https://www.osiris.sn/boubacar-roger-thiam-directeur-de-l-economie-numerique-et-des-partenariats-nous.html</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Portrait/Entretien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Membre de Pastef France, le directeur de l'&#201;conomie num&#233;rique et des Partenariats, Roger Thiam, revient dans cette interview sur le vaste chantier de son d&#233;partement, pilier essentiel du New Deal technologique. Il a lanc&#233; avant-hier l'Unipod (University Innovation Pod) &#224; l'UAM, avec pour objectif &#224; terme d'assembler des ordinateurs et des smartphones au S&#233;n&#233;gal. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand on parle de num&#233;rique, on pense surtout &#224; S&#233;n&#233;gal Num&#233;rique. Parlez-nous un peu de votre direction, de ses missions et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.osiris.sn/-mai-2026-.html" rel="directory"&gt;Mai 2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.osiris.sn/+-portrait-entretien-+.html" rel="tag"&gt;Portrait/Entretien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/boubacar_roger_thiam-19ef7.jpg?1779221583' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Membre de Pastef France, le directeur de l'&#201;conomie num&#233;rique et des Partenariats, Roger Thiam, revient dans cette interview sur le vaste chantier de son d&#233;partement, pilier essentiel du New Deal technologique. Il a lanc&#233; avant-hier l'Unipod (University Innovation Pod) &#224; l'UAM, avec pour objectif &#224; terme d'assembler des ordinateurs et des smartphones au S&#233;n&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand on parle de num&#233;rique, on pense surtout &#224; S&#233;n&#233;gal Num&#233;rique. Parlez-nous un peu de votre direction, de ses missions et de ce qui la distingue avec une entit&#233; comme S&#233;n&#233;gal num&#233;rique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;n&#233;gal num&#233;rique, c'est le bras technique. Lorsqu'il s'agit d'ex&#233;cuter une commande num&#233;rique, ils sont outill&#233;s en termes de ressources humaines et de moyens qu'ils peuvent mobiliser&#8230;. La direction de l'&#233;conomie num&#233;rique fait un focus sur les entreprises qui vont proposer des services num&#233;riques &#224; forte valeur ajout&#233;e. Une entreprise qui propose des services num&#233;riques, c'est d'abord une entreprise qui peut faire dans l'informatique, une entreprise qui peut &#234;tre dans les services postaux -Paps par exemple- une entreprise dans les t&#233;l&#233;communications comme Orange, Expresso, Yas, etc. Cela peut aussi &#234;tre une entreprise qui fait dans l'audiovisuel. Par exemple une entreprise de presse contribue &#233;galement &#224; l'&#233;conomie num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre travail, &#231;a va &#234;tre justement d'&#234;tre &#224; leur &#233;coute au quotidien, comprendre leurs probl&#233;matiques. J'aime beaucoup cette phrase que je dis aux patrons des entreprises qui proposent des services num&#233;riques : je leur dis &#8220;je suis votre meilleur commercial&#8221;. C'est-&#224;-dire qu'il faut qu'ils viennent &#224; mon bureau, qu'ils m'exposent les freins, les obstacles qu'ils ont par rapport &#224; l'acc&#232;s au march&#233;, au recrutement, &#224; la formation de leurs ressources humaines, pour que moi aussi j'arrive avec des partenaires qui peuvent r&#233;soudre leurs probl&#232;mes&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, je joue un r&#244;le de commercial pour les entreprises qui proposent des services num&#233;riques, parce que j'esp&#232;re qu'&#224; travers mes actions, elles pourront contribuer davantage au PIB de l'&#201;tat du S&#233;n&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, je fais un travail d'animation. Le num&#233;rique, c'est quelque chose d'abstrait pour beaucoup de S&#233;n&#233;galais. Il y a une acculturation du num&#233;rique sur le plan national et il faut y rem&#233;dier. Raison pour laquelle mes &#233;quipes d'animation, de promotion de l'&#233;conomie num&#233;rique, vont promouvoir les usages du num&#233;rique au quotidien. Mes &#233;quipes vont faire de telle sorte que, par exemple, un produit de Wave ou de Orange ou de Eyone -qui est une grande startup s&#233;n&#233;galaise- soit connu sur le plan national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de communiquer sur les produits des entreprises, on va cr&#233;er des &#233;v&#233;nements sur la cybers&#233;curit&#233;, sur l'intelligence artificielle et surtout essayer d'attirer des &#233;v&#233;nements internationaux pour attirer en m&#234;me temps des investisseurs et faire de telle sorte que le monde soit braqu&#233; sur les innovations technologiques du S&#233;n&#233;gal&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quid du volet partenariat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce plan, Senum va par exemple ex&#233;cuter, cr&#233;er les applications, faire en sorte que la fibre fonctionne bien en tant que bras technique. Mais nous, nous allons chercher l'argent qui va financer tout &#231;a. C'est pour &#231;a que nous compl&#233;tons l'offre des autres directions. Nous allons chercher des partenaires, mod&#233;liser les projets avec la delivry unit&#8230;. Et naturellement, nous comptons privil&#233;gier le secteur priv&#233; national dans tout ce que nous faisons. Avec l'application e-senegal, nous l'avons d&#233;velopp&#233; avec des entreprises s&#233;n&#233;galaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que p&#232;se le secteur dans l'&#233;conomie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, cette contribution est de 655 milliards de francs CFA. Et nous voulons pousser la contribution &#224; 2 500 milliards &#224; horizon 2034. Je dois pr&#233;ciser que ces chiffres ne sont pas forc&#233;ment exhaustifs. Ils ne sont pas pr&#233;cis. Pour les chiffres de l'Ansd par exemple, c'est sur la base d'un &#233;chantillon. Mais surtout, le secteur des t&#233;l&#233;communications pr&#233;domine, alors que ces derni&#232;res ann&#233;es, on a vu l'&#233;mergence du e-commerce, des fintechs&#8230;. Aujourd'hui, les agregateurs comme Intech, paydunya&#8230;. font des chiffres d'affaires importants et je ne crois pas que &#231;a soit suffisamment comptabilis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut consolider toutes ces donn&#233;es. C'est pour &#231;a que nous avons d&#233;clench&#233;, depuis l'ann&#233;e derni&#232;re, des travaux de consolidation de toutes ces donn&#233;es pour vraiment pr&#233;senter le vrai visage de la contribution du num&#233;rique sur le PIB de l'&#201;tat du S&#233;n&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'ailleurs une partie de mes &#233;quipes qui y travaillent et qui, je l'esp&#232;re, avant la fin de l'ann&#233;e, vont pr&#233;senter les premiers chiffres consolid&#233;s avec l'ANSD et les autres acteurs de la place... Pour moi, si on consolide l'existant, je suis s&#251;r qu'on d&#233;passe la barre des 1 000 milliards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aujourd'hui peut-on avoir une id&#233;e du nombre d'acteurs dans le secteur de l'&#233;conomie num&#233;rique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je l'ai dit : les donn&#233;es manquent v&#233;ritablement dans le secteur. On a tout de m&#234;me une cartographie entre 18 et 25 entreprises majeures qui contribuent. Et ces entreprises-l&#224; sont hors cartographie des startups que nous avons lanc&#233;es depuis novembre. Je ne veux pas trop m'avancer sur des chiffres parce qu'il y en a beaucoup qui divergent. Par exemple la chambre de commerce a ses chiffres, l'Adpme a ses chiffres, le MFB a ses chiffres, l'Ansd aussi a ses chiffres. Il y a aussi l'Observatoire national du num&#233;rique (ONN) qui nous a pr&#233;sent&#233; un &#233;chantillon de 15000 soci&#233;t&#233;s. C'est un travail remarquable qu'ils ont fait, mais nous voulons aller plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'on veut c'est vraiment un recensement clair et exhaustif. Pour les startups, on a lanc&#233; une plateforme qui s'appelle Ecosystemstartup.sn. Aujourd'hui, on a 416 entreprises qui y sont enregistr&#233;es &#224; date (vendredi dernier). Sur la base de ces donn&#233;es, on va mettre en place un Dashboard public. Parce que lorsque nous allons lever des fonds, ce que les partenaires nous disent, c'est : au-del&#224; des data rooms o&#249; on met des PowerPoints bien jolis avec des chiffres, ils nous disent : &#8220;on veut avoir acc&#232;s &#224; ces entreprises-l&#224; pour parfois les contacter en one-to-one&#8221;. D'o&#249; l'importance d'avoir ces plateformes avec des informations fiables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On va donc publier un dashboard public avec l'ensemble des entreprises qui ont &#233;t&#233; labellis&#233;es et m&#234;me les entreprises qui ont juste &#233;t&#233; enr&#244;l&#233;es, pour que le monde puisse pouvoir les contacter. Les entreprises doivent aussi nous aider en se d&#233;clarant comme cela se fait dans les autres pays comme le Rwanda, qui a mis en place un data warehouse, o&#249; chacun met ses donn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avez-vous &#233;valu&#233; les taxes mises en place par le gouvernement notamment sur le mobile money et les importations des mat&#233;riels &#233;lectroniques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas encore. Il faut naturellement laisser le MFB faire le travail de consolidation. Mais ce qui est certain, c'est que nous avons un &#233;cosyst&#232;me qui a compris les enjeux. Et un &#233;cosyst&#232;me qui a compris que l'&#201;tat du S&#233;n&#233;gal compte sur eux pour trouver les moyens de ses ambitions. L'&#201;tat du S&#233;n&#233;gal compte sur des partenaires, mais sur l'&#233;cosyst&#232;me s&#233;n&#233;galais d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, cette loi, c'est une contribution que les S&#233;n&#233;galais font &#224; l'effort de guerre. Ce plan de redressement intervient dans un contexte particulier. Il fallait mettre en place des dispositifs qui consistent &#224; aller chercher des niches, &#224; exploiter les ressources, en interne, pour aller justement r&#233;investir dans des secteurs prioritaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour moi l'occasion de remercier l'&#233;cosyst&#232;me des FinTechs s&#233;n&#233;galaises, de remercier &#233;galement le minist&#232;re des Finances et du Budget. Le minist&#232;re de la Communication, des T&#233;l&#233;communications et du Num&#233;rique sera toujours disponible pour accompagner ce genre de proc&#233;dure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les S&#233;n&#233;galais doivent le savoir, les fonds qui seront consolid&#233;s et publi&#233;s ont &#233;t&#233; assign&#233;s &#224; des projets &#224; forte valeur ajout&#233;e. On parle de la sant&#233;, de l'agriculture&#8230; A mon avis, cette loi sur la taxation du mobile money, c'est un effort collectif qui a &#233;t&#233; consenti. C'est le peuple qui a dit oui, on accepte de mettre 0,5 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce que vous lui avez laiss&#233; le choix ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, on a expliqu&#233; les raisons qui ont pouss&#233; ce genre de d&#233;marche. Moi je pense que c'est l&#224; o&#249; il faut vraiment qu'on soit tous honn&#234;te envers nous-m&#234;mes. Nous voulons &#234;tre autonomes, nous voulons &#234;tre souverains. Il faut s'en donner les moyens. On ne peut pas l'&#234;tre si nous restons perfus&#233;s de l'ext&#233;rieur, si nous continuons de nous endetter &#224; outrance. C'est une question de coh&#233;rence. M&#234;me &#224; l'&#233;chelle individuelle, tout ce qui est possible de faire avec ses propres ressources, vaut mieux le faire plut&#244;t que de recourir &#224; l'endettement et aux banques&#8230;. L'&#201;tat du S&#233;n&#233;gal ne pourra jamais faire autrement que de compter sur son &#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne nous contentons pas de taxer les entreprises. L'&#201;tat d&#233;ploie &#233;galement de nombreuses initiatives pour permettre &#224; ces entreprises de se d&#233;velopper. Il y a l'initiative &#8220;Sunu Champions&#8221; qui est port&#233;e par le pr&#233;sident de la R&#233;publique ; la loi Startup Act ; la r&#233;forme du Code g&#233;n&#233;ral des imp&#244;ts qui est en cours&#8230;. Cet &#233;quilibre est indispensable pour sortir de la situation dans laquelle on se trouve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La suppression de ces taxes avait permis de rendre les mat&#233;riels &#233;lectroniques accessibles. Avez-vous &#233;valu&#233; les effets pervers que leur restauration peut avoir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons lanc&#233;, &#224; partir du 27 avril, l'inauguration de ce qu'on appelle Unipod, avec le PNUD. Unipod, c'est un fab lab. Ce sont des laboratoires qui vont nous permettre de prototyper et de cr&#233;er nos propres composants hardware num&#233;riques. Lesquels vont nous permettre de cr&#233;er nos propres ordinateurs, de cr&#233;er nos propres smartphones, de cr&#233;er nos propres claviers, nos propres logiciels, etc. C'est le programme 8 du New Deal technologique. &#199;a s'appelle &#8220;S&#233;n&#233;gal Digital Factory : de l'id&#233;e au produit&#8221;&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien beau de lancer l'identit&#233; num&#233;rique, le cloud souverain, l'interop&#233;rabilit&#233;, c'est tr&#232;s important. Mais si le S&#233;n&#233;galais n'a pas les moyens d'avoir acc&#232;s aux smartphones compatibles 5G, &#231;a risque de ne pas &#234;tre efficace. Il y a dans le monde des smartphones compatibles 5G qui co&#251;tent moins de 15 dollars. Mais pour pouvoir y arriver, il faut les assembler ici au S&#233;n&#233;gal, avec le bon partenaire qui am&#232;ne les mati&#232;res premi&#232;res. Et c'est en fonction des connaissances acquises lors de l'assemblage qu'on pourra ensuite industrialiser. Nous allons lancer l'initiative le 27 avril (hier) avec 8 laboratoires. Il faut le voir pour y croire. C'est &#231;a le cha&#238;non qui manquait, et qui peut r&#233;duire l'importation de ces smartphones, de ces ordinateurs portables, etc. PNUD l'a occup&#233; pour un million de dollars, toute la machinerie. L'UAM a apport&#233; le b&#226;timent ; on va apporter la formation, on va apporter les partenaires&#8230;. Et on a mis&#233; sur le transfert de savoir-faire. On veut qu'il y ait un champion s&#233;n&#233;galais sur ce sectoriel-l&#224;. On va donc brancher des startups s&#233;n&#233;galaises avec ces partenaires, et ces entreprises vont assembler ici au S&#233;n&#233;gal gr&#226;ce aux Fab Labs. Le premier c'est le 27 &#224; l'UAM avec le PNUD. Nous avons aussi trois autres : un &#224; Ziguinchor, &#224; l'universit&#233; Assane Seck, et le deuxi&#232;me &#224; Saint-Louis. Si on arrive &#224; faire nos preuves en 2027 sur la gestion de ces Unipods, ils sont pr&#234;ts &#224; en d&#233;ployer davantage et &#224; aller jusqu'&#224; huit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous, nous voulons huit gros Fab Labs dans les huit p&#244;les &#233;conomiques. C'est ce que nous avons structur&#233;, c'est le projet S&#233;n&#233;gal Digital Factory.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus exactement, on conna&#238;t tous dans nos quartiers un jeune qui n'a jamais &#233;tudi&#233; et &#224; chaque fois qu'il y a une t&#233;l&#233; qui est en panne ou une t&#233;l&#233;commande, c'est lui qu'on appelle, c'est lui qui rafistole. Ce sont ces talents qu'on veut orienter vers les Fab Labs pour qu'ils apprennent &#224; pratiquer et &#224; se professionnaliser. C'&#233;tait le cha&#238;non manquant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire en sorte que leur pratique puisse &#234;tre p&#233;renne, on va ramener des partenaires qui vont utiliser leurs comp&#233;tences pour justement permettre d'assembler des dispositifs prioritaires : smartphones, serveurs, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aurais pu vous donner l'exemple de March&#233; Aliz&#233;. C'est impressionnant le vivier qu'on a retrouv&#233; l&#224;-bas. C'est des jeunes qui n'ont jamais &#233;tudi&#233;, mais lorsqu'il s'agit d'assembler des composants type smartphone, en cinq minutes, ils le font. On a pris contact avec leur consortium pour travailler avec eux sur la fa&#231;on dont nous pouvons assembler et &#234;tre compl&#232;tement ind&#233;pendants pour des dispositifs smartphones accessibles. Ce qu'on veut, c'est que le composant soit accessible &#224; quiconque, surtout dans les zones rurales, o&#249; le gap de connectivit&#233; est assez important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est le montant du financement pr&#233;vu pour ce projet ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet global a &#233;t&#233; matur&#233; &#224; 115 milliards. &#199;a, c'est la maturation pour avoir les huit gros Fab Labs en mod&#232;le PPP, en partenariat public-priv&#233;. Quelqu'un qui d&#233;cide d'ouvrir un Fab Lab peut vendre des formations, des produits aux entreprises... Par exemple : March&#233; Aliz&#233;, ils ont besoin des coques de t&#233;l&#233;phones qui sont import&#233;es &#224; 100 %. Ils nous disent que, pour couvrir leurs demandes, il faut tant de coques&#8230;. Si nous arrivons &#224; cr&#233;er un Fab Lab qui les rend autonome en termes de cr&#233;ativit&#233; pour faire de l'impression 3D, on comble un gap extraordinaire. C'est bien possible. Regardez le Fab Lab qu'on a ouvert : 1 million de dollars, 650 millions de francs CFA. Cela veut dire qu'on peut ne pas atteindre les 100 milliards. Le plus important c'est de le rendre attractif pour les priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parlons de la digitalisation. Depuis des ann&#233;es, on en parle mais on a l'impression que &#231;a n'avance pas ou timidement. O&#249; en &#234;tes-vous dans ce processus ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai que beaucoup parlent de digitalisation : prendre un processus manuel pour le remplacer par un processus technologique. Nous on parle plus de transformation digitale qui allie acculturation, le &#8220;change management&#8221; (c'est-&#224;-dire amener un individu &#224; accepter le processus num&#233;rique)&#8230;. Dans les pays d&#233;velopp&#233;s, on parle m&#234;me de transformation augment&#233;e. Ce qu'on a fait c'est d'engager d'abord l'infrastructure, pas mal de choses ont &#233;t&#233; faites sur ce plan. Nous avons aussi engag&#233; la formation des agents pour qu'ils puissent s'approprier ces innovations. Quelqu'un qui a l'habitude de faire une proc&#233;dure manuelle pendant 15 ans, ce n'est pas &#233;vident de le faire changer d'habitude. Aujourd'hui, si E-Senegal est n&#233; c'est parce que l'administration a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e, parce que l'infrastructure a &#233;t&#233; mise en place, parce qu'une communaut&#233; a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e, avec diff&#233;rentes entit&#233;s publiques. C'est pourquoi e-senegal a fonctionn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On a l'impression &#224; vous entendre que toutes les r&#233;ticences ont &#233;t&#233; lev&#233;es. Est-ce que vous disposez de chiffres pour illustrer que l'administration et le citoyen se sont justement appropri&#233;s ces processus ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ne peut pas se faire imm&#233;diatement. Mais avoir une communaut&#233; qui accepte de se mettre d'accord autour de cet id&#233;al c'est d&#233;j&#224; une r&#233;ussite. L'&#234;tre humain a tendance &#224; avoir des r&#233;ticences. C'est pourquoi quand on arrive &#224; se mettre d'accord, c'est d&#233;j&#224; une victoire. Dans la transformation digitale, le plus grand frein ce n'est pas la machine, c'est l'homme. &#192; m'entendre, je suis tr&#232;s content que tous ces minist&#232;res d&#233;cident de se mettre autour d'une table et discutent de mutualiser les processus. Il y a encore du travail, mais il faut saluer ces efforts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous parlez beaucoup de l'acceptation par les acteurs, mais est-ce que le challenge n'est pas dans la mise en &#339;uvre, il y a eu tant de strat&#233;gies avant le New Deal ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous savez, c'est l&#224; o&#249; je crois que le ministre Alioune Sall va r&#233;ussir l&#224; o&#249; d'autres ont eu des difficult&#233;s. Il a compris que l'homme est la cl&#233; de la r&#233;ussite d'une transformation digitale. S'il y a des r&#233;ticences, peu importe la solution que tu mets en &#339;uvre, &#231;a ne fonctionnera pas. Et c'est l&#224; o&#249; je suis confiant parce que j'ai vu les diff&#233;rentes administrations, j'ai vu leur engagement, leur prise de conscience. &#192; partir de ce moment, il n'y a pas de raison qu'on ne r&#233;ussisse pas. E-S&#233;n&#233;gal en est une parfaite illustration. On peut dire ce qu'on veut mais c'est un grand pas pour l'humanit&#233;. Si l'option extrait de naissance que Senum est en train de mettre en place sort, je suis persuad&#233; que l'impact sera extraordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous, le travail de fond c'&#233;tait les hommes. Et c'est l&#224; o&#249; le ministre a &#233;t&#233; extr&#234;mement rassembleur. Et l&#224; o&#249; les autres ministres aussi ont &#233;t&#233; extr&#234;mement rassembleurs. C'est une chose de comprendre une vision, mais c'en est une autre de convaincre ses propres &#233;quipes de l'adopter. Ils ont tous accept&#233; de mettre en place une seule et unique plateforme, pour tous les services. Aujourd'hui e-senegal existe et va devenir le guichet unique de services. Et on va continuer de travailler les hommes pour qu'ils prennent conscience de l'impact que le num&#233;rique peut avoir dans leur quotidien, mais surtout pour que le S&#233;n&#233;gal puisse rayonner. Aujourd'hui nous sommes cit&#233;s en exemple gr&#226;ce aux produits que nous mettons sur le march&#233; : e-senegal ; Pinse pour l'interop&#233;rabilit&#233; ; ecosystemstartup&#8230; C'est un grand pas pour l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous pouvez revenir un peu plus sur Pinse et l'interop&#233;rabilit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pinse est une plateforme d'interop&#233;rabilit&#233;. Par exemple : vous allez aux imp&#244;ts et domaines, ils vous demandent votre pi&#232;ce d'identit&#233;. Vous allez &#224; la justice, on vous demande votre pi&#232;ce d'identit&#233;. L'id&#233;e, c'est que vous d&#233;posiez la pi&#232;ce d'identit&#233; une fois. Si vous allez demander un autre document qui n&#233;cessite la pi&#232;ce d'identit&#233;, le syst&#232;me aura d&#233;j&#224; fait l'analyse que votre pi&#232;ce est d&#233;j&#224; dans le dispositif et toujours valable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est comme &#231;a, par exemple, que des pays ont pu faire en sorte que les contr&#244;les routiers soient automatis&#233;s. Les plateformes d'interop&#233;rabilit&#233; permettent d'abord &#224; l'administration de communiquer efficacement. Et enfin, l'usager se fatigue de moins en moins parce que ses documents sont dans le syst&#232;me. Et comme c'est l&#224; o&#249; l'identit&#233; num&#233;rique joue un r&#244;le extraordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O&#249; en &#234;tes-vous avec cette interop&#233;rabilit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a fonctionne, mais comme dans toute technologie : on commence d'abord par un proof of concept. Vous mettez en &#339;uvre la technologie et vous partez d'un &#233;chantillon. L&#224; aujourd'hui, SenTr&#233;sor l'utilise, il travaille avec le MFB pour vraiment valider le concept, valider la technologie. Durant l'utilisation, il y aura beaucoup de bugs, beaucoup de retours d'exp&#233;rience, d'am&#233;liorations. Et c'est en fonction de cela que les &#233;quipes vont d&#233;velopper des correctifs. Ce qui fait que lorsque le backlog de d&#233;veloppement sera ex&#233;cut&#233;, tu auras un produit mature qui peut passer &#224; l'&#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour &#231;a qu'on interdit aux entreprises tech, apr&#232;s d&#233;veloppement, de mettre directement sur le march&#233; un produit. Il faut toujours l'&#233;prouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez parl&#233; de l'identification num&#233;rique. Pouvez-vous revenir sur les enjeux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui on a vu l'impact de l'identification manuelle. C'est ton extrait de naissance, ta carte d'identit&#233;, etc. C'est tr&#232;s bien, mais &#231;a reste incomplet, surtout si on veut faire communiquer des technologies. L'avantage majeure de l'identit&#233; num&#233;rique c'est de permettre aux technologies de parler entre elles. Cela va faciliter la vie &#224; tout le monde. L'identit&#233; num&#233;rique permet de compl&#233;ter et renforcer l'existant. &#199;a permet de mettre en place ce genre de wallet pour permettre &#224; l'assurance de communiquer avec le transport, avec la DAF&#8230;, &#224; telle enseigne que demain, en cas de contr&#244;le, si vous n'avez pas avec vous vos documents, on peut facilement faire les v&#233;rifications n&#233;cessaires. Il faut qu'on ait tous un ID unique. M&#234;me les visiteurs doivent en disposer. L'enjeu est s&#233;curitaire, &#233;conomique, mais surtout &#231;a facilite la vie au citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour mettre en &#339;uvre tous ces projets on a besoin de connecter les populations. Quels sont les d&#233;fis &#224; ce niveau ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, c'est la connexion satellitaire -pour ne pas chercher midi &#224; quatorze heures- c'est ce qui se fait de mieux aujourd'hui en zone rurale. Dans les zones urbaines, les op&#233;rateurs sont excellents. Ces derniers ne sont malheureusement pas int&#233;ress&#233;s par les petits villages en milieu rural. Et il faut les comprendre, c'est des choix de rentabilit&#233;. La connexion satellitaire, c'est la seule technologie qui permet, sans infrastructure lourde, de mettre un niveau de connectivit&#233; tr&#232;s comp&#233;titive et de d&#233;velopper une &#233;conomie locale. Il n'y a plus besoin de faire des benchmarks, tout a &#233;t&#233; fait. Il faut continuer &#224; encourager cette technologie. Faire en sorte que les entreprises s&#233;n&#233;galaises soient fortes aussi pour proposer des offres de VSAT, des connexions satellitaires. C'est comme &#231;a qu'il faut comprendre l'arriv&#233;e de Starlink. Je dois pr&#233;ciser qu'avant Starlink, Sonatel offrait &#233;galement ce genre de service. Et c'est une excellente chose qui va profiter &#224; l'usager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; mon avis, il faut continuer &#224; d&#233;velopper cette offre-l&#224; pour permettre &#224; des villageois comme moi de pouvoir, depuis chez eux, regarder des matchs sans interruption, envoyer des mails sans interruption, cr&#233;er leur entreprise sans probl&#232;me. Et effectivement, vous avez raison : toutes ces initiatives, sans connexion, ce n'est pas possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est l'&#233;tat des lieux par rapport &#224; la connectivit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a 83,5 % de connexion en zone urbaine et 33 % en zone rurale. En zone urbaine, les op&#233;rateurs sont l&#224; parce que la demande existe. Mais en zone rurale, cette demande est faible, parce que l'activit&#233; est plus agricole. Et l'agriculteur n'a pas forc&#233;ment besoin d'ordinateur ou de connexion. Mais il faut noter que de plus en plus des services num&#233;riques se d&#233;veloppent pour la mise en relation entre producteurs et acheteurs. Le probl&#232;me est de moins en moins de produire, mais de vendre. Et pour vendre, on a besoin de ces services. Au-del&#224; m&#234;me de la connectivit&#233;, il y a aussi l'&#233;nergie qui est essentielle. C'est pourquoi le ministre Alioune Sall a dit : partout o&#249; l'Aser passe, il doit passer derri&#232;re pour cr&#233;er de l'&#233;conomie. C'est comme &#231;a que nous parviendrons &#224; r&#233;sorber les gaps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous voulez connecter le monde rural avec une connexion starlink plus cher. Quel est le m&#233;canisme pour y parvenir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons connecter les S&#233;n&#233;galais gratuitement -en tout cas certains profils qui sont dans des secteurs prioritaires. Aujourd'hui, il y a des partenaires qui financent ce type de programmes pour r&#233;duire la fracture num&#233;rique. Notre objectif c'est de connecter un million de S&#233;n&#233;galais. Le pr&#233;sident en veut plus et je pense qu'il a raison. La connexion ne doit pas &#234;tre un luxe. Les h&#244;pitaux, les &#233;coles, les agriculteurs ne doivent pas &#234;tre priv&#233;s de connectivit&#233; pour ces histoires de co&#251;ts. Il faut faire en sorte que le maximum de S&#233;n&#233;galais soient connect&#233;s et rapidement. &#199;a, c'est notre ambition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est le montant de la subvention d&#233;gag&#233;e pour permettre &#224; ces S&#233;n&#233;galais d'acc&#233;der gratuitement &#224; internet avec Starlink ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, ce n'est pas l'essentiel. L'essentiel, c'est le service public que nous offrons aux s&#233;n&#233;galais. Il faut mesurer l'impact de cette subvention. Pour ce faire, il faut mettre sur une balance la subvention et les r&#233;sultats de la subvention. L&#224; on sera plus &#224; m&#234;me d'en juger. Il ne faut pas non plus oublier que beaucoup de kits ont &#233;t&#233; offerts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On a l'impression que vous n'&#234;tes pas trop disert, quand il s'agit de parler des incidences financi&#232;res avec Starlink ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous savez, beaucoup de gens seront surpris quand on parlera de ces subventions. Nous on a aucun probl&#232;me de publication de ces chiffres. Vous avez vu ce qu'on a fait avec le FADP. Ne vous inqui&#233;tez pas, tant qu'on sera l&#224; on fera preuve de transparence. Je pense que depuis que nous sommes l&#224;, on vous a montr&#233; suffisamment de preuves. Pour Starlink, c'est juste qu'il y a eu plusieurs acteurs et chacun a jou&#233; son r&#244;le, c'est vraiment un travail d'&#233;quipe. Je pense qu'il y a de quoi &#234;tre fier dans le domaine du num&#233;rique, il y a de quoi &#234;tre optimiste et confiant. C'est parce que nous avons des ressources humaines tr&#232;s comp&#233;tentes qu'on a pu discuter avec ce g&#233;ant et trouver les meilleurs formules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mor Amar&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.enqueteplus.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Enqu&#234;te&lt;/a&gt;, 1er mai 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>San Traor&#233;, Country Manager Yango Delivery S&#233;n&#233;gal : &#8220;Notre ambition est de contribuer &#224; structurer durablement le secteur de la livraison au S&#233;n&#233;gal&#8221;</title>
		<link>https://www.osiris.sn/san-traore-country-manager-yango-delivery-senegal-notre-ambition-est-de.html</link>
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		<dc:date>2026-04-29T18:55:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Portrait/Entretien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; la transformation num&#233;rique redessine en profondeur les usages urbains, le secteur de la livraison s'impose comme un maillon strat&#233;gique de l &#1407;&#1398;&#1407;&#1381;&#1405;me digital au S&#233;n&#233;gal. Entre mont&#233;e en puissance du e-commerce, exigence croissante des consommateurs et structuration progressive d'un march&#233; longtemps informel, les enjeux sont multiples. Dans cet entretien accord&#233; &#224; Tech Observateur, San Traor&#233;, Country Manager de Yango Delivery S&#233;n&#233;gal, revient sur les dynamiques &#224; l'&#339;uvre, les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.osiris.sn/-avril-2026-.html" rel="directory"&gt;Avril 2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.osiris.sn/+-portrait-entretien-+.html" rel="tag"&gt;Portrait/Entretien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L129xH143/san_traore-f57d3.jpg?1779221583' class='spip_logo spip_logo_right' width='129' height='143' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; la transformation num&#233;rique redessine en profondeur les usages urbains, le secteur de la livraison s'impose comme un maillon strat&#233;gique de l &#1407;&#1398;&#1407;&#1381;&#1405;me digital au S&#233;n&#233;gal. Entre mont&#233;e en puissance du e-commerce, exigence croissante des consommateurs et structuration progressive d'un march&#233; longtemps informel, les enjeux sont multiples. Dans cet entretien accord&#233; &#224; Tech Observateur, San Traor&#233;, Country Manager de Yango Delivery S&#233;n&#233;gal, revient sur les dynamiques &#224; l'&#339;uvre, les d&#233;fis de la formalisation du secteur et les leviers technologiques mobilis&#233;s pour construire un &#233;cosyst&#232;me plus fiable, inclusif et durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Tech Observateur : Comment analysez-vous aujourd'hui l'&#233;volution du secteur de la livraison au S&#233;n&#233;gal, notamment &#224; Dakar, ces derni&#232;res ann&#233;es ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;San Traor&#233; : Le secteur de la livraison au S&#233;n&#233;gal a connu une transformation rapide ces derni&#232;res ann&#233;es. Nous sommes pass&#233;s d'un mod&#232;le largement informel, reposant sur des r&#233;seaux de proximit&#233;, &#224; un secteur de plus en plus structur&#233; par la technologie. &#192; Dakar, la croissance urbaine, l'essor du e-commerce et l'&#233;volution des habitudes de consommation ont fortement acc&#233;l&#233;r&#233; cette dynamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la livraison est devenue un service essentiel du quotidien pour les particuliers comme pour les entreprises. Les attentes ont chang&#233; : les clients recherchent d&#233;sormais rapidit&#233;, fiabilit&#233;, transparence et suivi en temps r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;volution montre que la livraison n'est plus seulement un service pratique : elle devient un pilier de l'&#233;conomie num&#233;rique urbaine et un levier de modernisation pour les grandes villes africaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Tech Observateur : Yango Delivery se positionne comme un acteur structurant : concr&#232;tement, quelles actions menez-vous pour accompagner la formalisation du secteur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;San Traor&#233; : Notre ambition est de contribuer &#224; structurer durablement le secteur de la livraison au S&#233;n&#233;gal. Cela passe d'abord par des solutions adapt&#233;es aux besoins r&#233;els du march&#233;, accessibles depuis une seule application.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, Yango Delivery propose plusieurs offres compl&#233;mentaires &#224; Dakar : Express Moto pour les petits colis urgents, Express Voiture pour les envois plus volumineux ou fragiles, et Yango Cargo pour les biens plus lourds et volumineux destin&#233;es notamment aux commer&#231;ants et PME. Cette derni&#232;re solution s&#233;duit d&#233;j&#224; de nombreuses entreprises depuis son lancement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au-del&#224; des services propos&#233;s, notre contribution porte aussi sur la structuration m&#234;me du march&#233;. Nous apportons des outils technologiques qui am&#233;liorent la tra&#231;abilit&#233;, la transparence des op&#233;rations et la qualit&#233; de service. Nous contribuons &#233;galement &#224; diffuser de meilleurs standards en mati&#232;re de s&#233;curit&#233;, de relation client et d'efficacit&#233; op&#233;rationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, la digitalisation permet de mieux organiser l'activit&#233;, de cr&#233;er des opportunit&#233;s &#233;conomiques durables et de renforcer la confiance entre commer&#231;ants, livreurs et consommateurs. C'est ainsi que se construit un &#233;cosyst&#232;me plus formel, plus fiable et plus inclusif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Tech Observateur : La question des revenus des livreurs est centrale : comment garantir une activit&#233; durable et rentable pour vos partenaires ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;San Traor&#233; : La durabilit&#233; &#233;conomique des partenaires est un enjeu central. Un r&#233;seau de livreurs performant repose avant tout sur des opportunit&#233;s de revenus r&#233;guli&#232;res et sur de bonnes conditions d'activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre approche consiste &#224; utiliser la technologie pour am&#233;liorer la productivit&#233; : meilleure attribution des courses, r&#233;duction des temps d'attente, optimisation des trajets et meilleure utilisation du temps de connexion. Cela permet aux partenaires d'effectuer davantage de livraisons de mani&#232;re plus efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous investissons &#233;galement dans l'accompagnement, la formation et l'am&#233;lioration continue de l'exp&#233;rience partenaire. Notre conviction est simple : lorsque les partenaires r&#233;ussissent, l'ensemble de l'&#233;cosyst&#232;me progresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Tech Observateur : Quel r&#244;le peut jouer l'&#201;tat s&#233;n&#233;galais dans l'encadrement de ces nouvelles formes d'emploi li&#233;es aux plateformes num&#233;riques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;San Traor&#233; : L'&#201;tat a un r&#244;le cl&#233; &#224; jouer pour accompagner le d&#233;veloppement de l'&#233;conomie des plateformes. L'enjeu est de b&#226;tir un cadre moderne, &#233;quilibr&#233; et adapt&#233; aux nouvelles r&#233;alit&#233;s du travail num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela passe par des r&#232;gles claires, favorables &#224; l'innovation tout en renfor&#231;ant la protection des travailleurs et la structuration des activit&#233;s. Il existe &#233;galement un levier important autour de la formation, de l'inclusion num&#233;rique et de l'accompagnement entrepreneurial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le dialogue entre les autorit&#233;s publiques et les acteurs priv&#233;s est essentiel. Les meilleures solutions naissent souvent d'une coop&#233;ration pragmatique, fond&#233;e sur les r&#233;alit&#233;s du terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Tech Observateur : En quoi la livraison repr&#233;sente-t-elle aujourd'hui un levier cl&#233; pour le d&#233;veloppement de l'&#233;conomie num&#233;rique locale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;San Traor&#233; : La livraison est un maillon strat&#233;gique de l'&#233;conomie num&#233;rique, car elle transforme les transactions digitales en services concrets. Sans logistique efficace, le commerce en ligne reste limit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les entreprises, en particulier les TPE et PME, l'impact est d&#233;j&#224; tr&#232;s visible. Plus de 52 % des utilisateurs de Yango Delivery au S&#233;n&#233;gal sont justement des petites et moyennes entreprises. Cela montre &#224; quel point la livraison r&#233;pond &#224; un besoin r&#233;el de structuration et de croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce au digital, ces entreprises acc&#232;dent &#224; des outils modernes de gestion, &#224; une logistique plus fiable et &#224; une meilleure organisation de leurs op&#233;rations. Elles gagnent du temps, am&#233;liorent leur productivit&#233;, &#233;largissent leur client&#232;le et peuvent se concentrer sur leur c&#339;ur de m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les consommateurs, la livraison apporte confort, rapidit&#233; et accessibilit&#233; aux produits et services du quotidien. Enfin, elle cr&#233;e aussi des opportunit&#233;s de revenus pour de nombreux partenaires. &#192; ce titre, la livraison n'accompagne pas seulement la transformation num&#233;rique du S&#233;n&#233;gal : elle en est l'un des moteurs les plus concrets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Tech Observateur : Quelles innovations technologiques Yango Delivery d&#233;veloppe-t-elle ou pr&#233;voit-elle pour am&#233;liorer l'exp&#233;rience des utilisateurs et des partenaires ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;San Traor&#233; : L'innovation technologique est au c&#339;ur de notre mod&#232;le. Nous am&#233;liorons en permanence nos algorithmes afin de r&#233;duire les d&#233;lais, optimiser les trajets et fluidifier l'attribution des courses. Gr&#226;ce &#224; cette technologie, le temps moyen entre la commande et la livraison effective pour notre offre Express Moto est aujourd'hui d'environ 30 minutes &#224; Dakar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le suivi en temps r&#233;el reste &#233;galement essentiel : il apporte davantage de transparence et de s&#233;r&#233;nit&#233; aux utilisateurs. L'exp&#233;diteur comme le destinataire peuvent suivre la livraison &#224; chaque &#233;tape.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous proposons aussi des fonctionnalit&#233;s pens&#233;es pour les entreprises, comme le multi-stop, qui permet de livrer plusieurs adresses dans une seule commande, ou encore des options adapt&#233;es &#224; diff&#233;rents volumes de colis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les partenaires, nous d&#233;veloppons des outils plus simples et plus performants pour g&#233;rer leur activit&#233; au quotidien. Nous travaillons &#233;galement sur des solutions bas&#233;es sur l'intelligence artificielle afin d'anticiper la demande et d'am&#233;liorer encore l'efficacit&#233; op&#233;rationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Tech Observateur : Enfin, quelles sont vos perspectives de d&#233;veloppement pour Yango Delivery au S&#233;n&#233;gal et dans la sous-r&#233;gion &#224; moyen terme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;San Traor&#233; : Nos perspectives s'inscrivent dans une logique de croissance durable. Au S&#233;n&#233;gal, nous voulons continuer &#224; renforcer la qualit&#233; de service, &#233;largir progressivement notre couverture g&#233;ographique et consolider notre r&#233;seau de partenaires livreurs et commer&#231;ants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous souhaitons &#233;galement jouer un r&#244;le croissant dans la professionnalisation du secteur, en contribuant &#224; l'&#233;l&#233;vation des standards op&#233;rationnels et technologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;chelle sous-r&#233;gionale, notre ambition est de poursuivre un d&#233;veloppement progressif en Afrique de l'Ouest, avec des mod&#232;les adapt&#233;s aux r&#233;alit&#233;s locales. Partout, les besoins en logistique urbaine moderne progressent rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre objectif est clair : faire de Yango Delivery un acteur num&#233;rique de r&#233;f&#233;rence du dernier kilom&#232;tre, capable de soutenir la croissance des entreprises locales et d'am&#233;liorer durablement le quotidien des populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://letechobservateur.sn/f&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Techobservateur&lt;/a&gt;, 29 avril 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fatou Sow Kane, Directrice g&#233;n&#233;rale de la soci&#233;t&#233; de t&#233;l&#233;communication de la filiale Expresso S&#233;n&#233;gal : &#171; Il est important de sortir de sa zone de confort et de ne pas avoir peur de l'inconnu &#187;</title>
		<link>https://www.osiris.sn/fatou-sow-kane-directrice-generale-de-la-societe-de-telecommunication-de-la.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.osiris.sn/fatou-sow-kane-directrice-generale-de-la-societe-de-telecommunication-de-la.html</guid>
		<dc:date>2026-04-21T10:11:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Portrait/Entretien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nomm&#233;e directrice g&#233;n&#233;rale de la soci&#233;t&#233; de t&#233;l&#233;communication Expresso S&#233;n&#233;gal en 2022 dans un contexte de post-pand&#233;mie, Fatou Sow Kane a su redresser la barre gr&#226;ce &#224; un management participatif et une vision centr&#233;e sur la rentabilit&#233; durable. Dans cet entretien exclusif, elle se confie sur son passage de simple commerciale &#224; directrice g&#233;n&#233;rale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Votre parcours au sein d'Expresso S&#233;n&#233;gal est souvent pr&#233;sent&#233; comme un exemple d'&#233;volution interne r&#233;ussie. Comment votre aventure dans les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.osiris.sn/-avril-2026-.html" rel="directory"&gt;Avril 2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.osiris.sn/+-portrait-entretien-+.html" rel="tag"&gt;Portrait/Entretien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L127xH150/fatou_sow_kane-47aeb.jpg?1779221583' class='spip_logo spip_logo_right' width='127' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nomm&#233;e directrice g&#233;n&#233;rale de la soci&#233;t&#233; de t&#233;l&#233;communication Expresso S&#233;n&#233;gal en 2022 dans un contexte de post-pand&#233;mie, Fatou Sow Kane a su redresser la barre gr&#226;ce &#224; un management participatif et une vision centr&#233;e sur la rentabilit&#233; durable. Dans cet entretien exclusif, elle se confie sur son passage de simple commerciale &#224; directrice g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre parcours au sein d'Expresso S&#233;n&#233;gal est souvent pr&#233;sent&#233; comme un exemple d'&#233;volution interne r&#233;ussie. Comment votre aventure dans les t&#233;l&#233;communications a-t-elle commenc&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon parcours a d&#233;but&#233; de mani&#232;re assez impr&#233;visible. &#192; l'origine, je me destinais au droit avec l'ambition de devenir avocate. Apr&#232;s deux ann&#233;es &#224; la facult&#233;, une opportunit&#233; s'est pr&#233;sent&#233;e &#224; Expresso S&#233;n&#233;gal. J'ai int&#233;gr&#233; l'entreprise sans avoir une vision pr&#233;cise de carri&#232;re &#224; long terme dans ce secteur. &#192; l'&#233;poque, je cherchais surtout &#224; apprendre et &#224; d&#233;couvrir un nouvel environnement professionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai commenc&#233; par des fonctions en back-office et en relation client, avant d'&#233;voluer progressivement vers des postes commerciaux. C'&#233;tait une &#233;cole d'humilit&#233;. On y apprend ce qu'est r&#233;ellement un client : ses frustrations, ses attentes, sa fid&#233;lit&#233;. Tr&#232;s vite, ma curiosit&#233; m'a pouss&#233;e vers le terrain, vers le commercial. J'ai r&#233;alis&#233; que vendre un service de t&#233;l&#233;communication, ce n'est pas vendre de la technique, c'est vendre du lien humain. Cette transition du droit vers le business s'est faite naturellement, car au fond, les deux domaines exigent la m&#234;me chose : comprendre l'autre pour le convaincre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles ont &#233;t&#233; les &#233;tapes marquantes de votre progression ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'une progression construite sur la dur&#233;e. Apr&#232;s mes premi&#232;res exp&#233;riences op&#233;rationnelles, j'ai &#233;volu&#233; vers des fonctions de chef de produit, puis de manager marketing. Un moment cl&#233; a &#233;t&#233; ma nomination en tant que &#171; Chief business officer &#187;. J'ai eu l'honneur d'&#234;tre la premi&#232;re femme &#224; int&#233;grer un poste de direction de niveau Cxo au sein de l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, j'ai occup&#233; des fonctions strat&#233;giques en tant que Chief strategic and business planning officer. Chaque poste m'a permis d'acqu&#233;rir une compr&#233;hension plus globale du fonctionnement de l'entreprise, jusqu'&#224; ma nomination &#224; la Direction g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre parcours est consid&#233;r&#233; comme atypique et inspirant. Ne pas avoir suivi au pr&#233;alable une formation technique en t&#233;l&#233;communications a-t-il &#233;t&#233; une emb&#251;che dans votre ascension ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas du tout. C'est m&#234;me un message que je tiens &#224; d&#233;fendre. J'ai suivi des formations orient&#233;es vers le leadership et la strat&#233;gie, notamment &#224; Columbia University et &#224; Paris. La dimension technique, je l'ai acquise sur le terrain, au fil des exp&#233;riences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un secteur comme les t&#233;l&#233;communications, la capacit&#233; d'adaptation, la curiosit&#233; et l'apprentissage continu sont essentiels. L'absence de formation technique initiale ne doit pas &#234;tre per&#231;ue comme un frein, mais plut&#244;t comme une opportunit&#233; de d&#233;velopper d'autres comp&#233;tences compl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est votre approche du management ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai adopt&#233; un management participatif et inclusif. Je crois profond&#233;ment &#224; la valeur du collectif. Les &#233;quipes sont plus performantes lorsqu'elles se sentent &#233;cout&#233;es, impliqu&#233;es et responsabilis&#233;es. L'intelligence &#233;motionnelle joue un r&#244;le important dans la gestion des ressources humaines. Cela permet de cr&#233;er un climat de confiance et de favoriser l'engagement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#202;tre &#224; l'&#233;coute ne signifie pas &#234;tre dans le compromis permanent, mais plut&#244;t savoir concilier exigence et bienveillance pour atteindre les objectifs fix&#233;s. C'est une strat&#233;gie de performance pure. En 2016, j'ai lanc&#233; le programme &#171; Objectif 2020 &#187;. L'id&#233;e &#233;tait simple mais audacieuse : impliquer chaque employ&#233; dans la trajectoire financi&#232;re de la bo&#238;te. Nous avons d&#233;pass&#233; nos objectifs de revenus de 20 %. Parce que les &#233;quipes ne travaillaient plus pour une Direction anonyme, mais pour un projet qu'elles avaient aid&#233; &#224; dessiner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez pris la t&#234;te d'Expresso dans un contexte particulier, marqu&#233; par des d&#233;fis &#233;conomiques et sociaux. Comment avez-vous abord&#233; cette transition ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon arriv&#233;e &#224; la Direction g&#233;n&#233;rale s'est faite dans un contexte exigeant, marqu&#233; par les s&#233;quelles de la pand&#233;mie et des tensions internes. Il a fallu restaurer la confiance, aussi bien en interne qu'en externe. Cela passait par un dialogue constant avec les &#233;quipes et une clarification des priorit&#233;s strat&#233;giques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entreprise doit rester humaine, mais elle doit aussi &#234;tre performante. Aujourd'hui, nous avons engag&#233; une dynamique positive qui commence &#224; porter ses fruits, avec une am&#233;lioration progressive de nos indicateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans un march&#233; concurrentiel o&#249; Expresso occupe une position de challenger, quelle est votre strat&#233;gie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre objectif n'est pas uniquement de gagner des parts de march&#233; &#224; tout prix, mais de construire un mod&#232;le durable et rentable. Nous mettons l'accent sur la qualit&#233; de service, la proximit&#233; avec nos clients et l'efficacit&#233; op&#233;rationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, la r&#233;-internalisation de certaines fonctions, comme le service client, nous permet d'am&#233;liorer la r&#233;activit&#233; et la satisfaction. Nous ciblons &#224; la fois le grand public, mais aussi les entreprises, notamment les PME, avec des solutions adapt&#233;es &#224; leurs besoins sp&#233;cifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'intelligence artificielle et la transformation digitale sont aujourd'hui au c&#339;ur des transformations du secteur. Comment Expresso s'inscrit-elle dans cette dynamique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intelligence artificielle repr&#233;sente une opportunit&#233; majeure pour notre secteur. Elle permet d'optimiser les op&#233;rations, d'am&#233;liorer l'exp&#233;rience client et de d&#233;velopper de nouveaux services. Plus largement, la transformation digitale est devenue incontournable pour rester comp&#233;titif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Expresso, nous int&#233;grons ces &#233;volutions dans notre strat&#233;gie globale afin d'anticiper les mutations du march&#233; et de proposer des solutions innovantes &#224; nos clients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment parvenez-vous &#224; concilier vos responsabilit&#233;s de dirigeante avec votre vie personnelle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un &#233;quilibre qui demande une attention constante. Le soutien de l'entourage est essentiel, notamment celui du partenaire, qui doit &#234;tre impliqu&#233; et compr&#233;hensif face aux exigences du poste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personnellement, je fais en sorte de dissocier mes r&#244;les : lorsque je quitte le travail, je laisse la fonction de directrice g&#233;n&#233;rale au bureau pour retrouver ma vie de famille. J'accorde &#233;galement une grande importance &#224; la spiritualit&#233;, ainsi qu'&#224; des activit&#233;s comme le sport ou les moments de d&#233;tente, qui permettent de maintenir un &#233;quilibre mental et physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#234;tes &#233;galement tr&#232;s engag&#233;e dans des actions de Responsabilit&#233; soci&#233;tale d'entreprise. Quelles causes vous tiennent particuli&#232;rement &#224; c&#339;ur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ducation est au centre de mes engagements. Je suis particuli&#232;rement sensible &#224; la question de l'acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation des filles. &#192; travers diff&#233;rents programmes, nous soutenons des initiatives dans plusieurs localit&#233;s, notamment en milieu rural, afin de favoriser l'acc&#232;s au savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif est de donner &#224; chaque jeune fille les moyens de r&#233;aliser son potentiel, quel que soit son environnement d'origine. Nous accompagnons &#233;galement des initiatives visant &#224; promouvoir l'autonomisation &#233;conomique des femmes, notamment &#224; travers le soutien &#224; des associations f&#233;minines. Pour nous, l'entreprise ne se limite pas &#224; une activit&#233; commerciale ; elle doit aussi jouer un r&#244;le dans le d&#233;veloppement social et &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes qui vous consid&#232;rent comme un mod&#232;le ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon message est simple : osez. Il est important de sortir de sa zone de confort et de ne pas avoir peur de l'inconnu. Les d&#233;fis et les moments d'incertitude font partie du parcours et constituent des opportunit&#233;s d'apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confiance en soi, la curiosit&#233; et le travail sont des &#233;l&#233;ments essentiels pour progresser. Il ne faut pas se limiter par des barri&#232;res que l'on s'impose soi-m&#234;me. Avec de la pers&#233;v&#233;rance et de la d&#233;termination, chacun peut tracer son propre chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Propos recuillis par Matel Bocoum&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://lesoleil.sn/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Soleil&lt;/a&gt;, 21 avril 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; L'Afrique risque de rester un simple march&#233; d'exploitation algorithmique &#187;</title>
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		<dc:date>2026-04-17T12:36:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Portrait/Entretien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Emmanuel Elolo Agbenonwossi est consultant international en cyberdiplomatie, gouvernance du num&#233;rique et expert en politiques d'IA. Ce Togolais a contribu&#233; &#224; l'&#233;laboration de la strat&#233;gie nationale d'IA de la Guin&#233;e pour le compte du PNUD, et s'est impos&#233; comme l'une des voix africaines les plus engag&#233;es sur les questions de souverainet&#233; num&#233;rique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Actif au sein de la communaut&#233; Internet Society et l'ICANN depuis le NetMundial en 2014 et consultant de Smart Africa, il a jou&#233; un r&#244;le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.osiris.sn/-avril-2026-.html" rel="directory"&gt;Avril 2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.osiris.sn/+-portrait-entretien-+.html" rel="tag"&gt;Portrait/Entretien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH110/emmanuel_elolo_agbenonwossi-3e96b.jpg?1779221583' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='110' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Emmanuel Elolo Agbenonwossi est consultant international en cyberdiplomatie, gouvernance du num&#233;rique et expert en politiques d'IA. Ce Togolais a contribu&#233; &#224; l'&#233;laboration de la strat&#233;gie nationale d'IA de la Guin&#233;e pour le compte du PNUD, et s'est impos&#233; comme l'une des voix africaines les plus engag&#233;es sur les questions de souverainet&#233; num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actif au sein de la communaut&#233; Internet Society et l'ICANN depuis le NetMundial en 2014 et consultant de Smart Africa, il a jou&#233; un r&#244;le central dans la mobilisation internationale autour de la crise d'Afrinic, le registre africain des adresses IP, dont la survie a &#233;t&#233; menac&#233;e par une tentative de captation aux ramifications internationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet entretien avec l'Agence Ecofin, il livre une analyse sans concession sur l'&#233;tat r&#233;el de la transformation num&#233;rique africaine : strat&#233;gies d'IA trop souvent symboliques, d&#233;ficits de financement structurels, fragilit&#233; des institutions num&#233;riques du continent et n&#233;cessit&#233; de construire une gouvernance de l'IA ancr&#233;e dans les r&#233;alit&#233;s et les philosophies africaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Agence Ecofin : Vous avez contribu&#233; &#224; l'&#233;laboration de la strat&#233;gie nationale d'intelligence artificielle de la Guin&#233;e. Dans un continent o&#249; les financements ext&#233;rieurs conditionnent souvent l'agenda des r&#233;formes num&#233;riques, dans quelle mesure ces strat&#233;gies sont-elles v&#233;ritablement africaines dans leur conception, leurs priorit&#233;s et leurs arbitrages ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emmanuel Elolo Agbenonwossi (EEA) : La question de l'&#171; africanit&#233; &#187; des strat&#233;gies d'intelligence artificielle doit &#234;tre appr&#233;hend&#233;e &#224; travers une grille d'analyse technique int&#233;grant les dimensions normatives, op&#233;rationnelles et capacitaires. Si les financements ext&#233;rieurs jouent un r&#244;le d'impulsion, leur influence s'inscrit dans des architectures nationales qui reposent sur des cadres juridiques et r&#233;glementaires en cours de structuration, incluant la protection des donn&#233;es, la cybers&#233;curit&#233;, la gouvernance algorithmique et, de mani&#232;re croissante, les principes d'&#233;thique de l'IA. Ces cadres visent &#224; encadrer les usages, &#224; pr&#233;venir les risques syst&#233;miques et &#224; garantir l'alignement des syst&#232;mes d'IA avec les valeurs sociales et les priorit&#233;s de d&#233;veloppement. Parall&#232;lement, les strat&#233;gies nationales s'articulent avec des politiques num&#233;riques existantes, tout en int&#233;grant des exigences sp&#233;cifiques &#224; l'IA telles que l'acc&#232;s &#224; des capacit&#233;s de calcul, la disponibilit&#233; de jeux de donn&#233;es de qualit&#233; et la structuration d'un &#233;cosyst&#232;me scientifique capable de soutenir la recherche, l'exp&#233;rimentation et l'innovation. L'enjeu central r&#233;side dans la capacit&#233; &#224; internaliser ces composantes pour &#233;viter une d&#233;pendance structurelle et favoriser une appropriation souveraine des technologies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de la Guin&#233;e, l'approche m&#233;thodologique a consist&#233; &#224; &#233;tablir un diagnostic approfondi de l'&#233;tat de pr&#233;paration &#224; l'IA, fond&#233; sur 78 entretiens couvrant l'ensemble de l'&#233;cosyst&#232;me national. Cette analyse a permis d'&#233;valuer le capital humain sp&#233;cialis&#233;, en particulier les comp&#233;tences en science des donn&#233;es, en ing&#233;nierie des syst&#232;mes et en gouvernance de l'IA, ainsi que les dispositifs de formation et de recherche existants. Elle a &#233;galement port&#233; sur les capacit&#233;s de calcul disponibles, qu'il s'agisse d'infrastructures locales ou d'un recours aux services cloud, sur la structuration du dispositif scientifique et sur la disponibilit&#233; de donn&#233;es pertinentes pour des cas d'usage prioritaires. Une attention particuli&#232;re a &#233;t&#233; accord&#233;e aux besoins concrets exprim&#233;s par les secteurs cl&#233;s tels que la sant&#233;, l'agriculture, l'administration publique ou l'&#233;ducation, afin d'ancrer la strat&#233;gie dans des applications &#224; fort impact. L'&#233;valuation a enfin int&#233;gr&#233; les contraintes li&#233;es aux infrastructures num&#233;riques et &#233;nerg&#233;tiques, d&#233;terminantes pour le d&#233;ploiement de solutions d'IA &#224; l'&#233;chelle. Cette d&#233;marche a permis de produire une lecture coh&#233;rente des &#233;carts structurels et des leviers d'action, en vue d'orienter les choix publics vers une trajectoire r&#233;aliste, &#233;thique et align&#233;e sur les priorit&#233;s nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AE : Concr&#232;tement, comment r&#233;siste-t-on &#224; la pression du bailleur dans la d&#233;finition d'une strat&#233;gie comme celle de la Guin&#233;e ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EEA : Le bailleur souhaitait une strat&#233;gie sur trois ans. En tant que consultant ayant r&#233;alis&#233; le diagnostic national, nous avons propos&#233; une approche diff&#233;rente : trois ans, c'est trop court pour une strat&#233;gie de transformation num&#233;rique quand les infrastructures n&#233;cessitent des investissements colossaux et que la technologie &#233;volue tr&#232;s rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons donc plaid&#233; pour une vision d&#233;cennale structur&#233;e en trois phases : d'abord une phase de fondation : poser les infrastructures essentielles, d&#233;velopper un cloud souverain, augmenter la capacit&#233; de calcul, former des ing&#233;nieurs. La Guin&#233;e ne disposait d'aucun supercalculateur, ni dans les universit&#233;s ni dans le secteur public. Ensuite une phase de d&#233;ploiement dans le secteur public, puis une phase d'acc&#233;l&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la d&#233;cennie, l'objectif &#233;tait de former 5000 ing&#233;nieurs et de monter en comp&#233;tence 50 000 agents publics sur les outils d'IA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'IA constitue la seule r&#233;volution technologique qu'aucun pays ne ma&#238;trise encore totalement. C'est une fen&#234;tre d'opportunit&#233; exceptionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AE : L'IA est-elle aujourd'hui une vraie urgence pour des &#201;tats africains qui ont encore tout &#224; construire sur le plan des infrastructures de base ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EEA : C'est une urgence, sans aucun doute. On dit souvent que l'Afrique a rat&#233; les pr&#233;c&#233;dentes r&#233;volutions industrielles. M&#234;me si je nuance ce r&#233;cit, car l'Afrique y a contribu&#233; en mati&#232;res premi&#232;res et en travail contraint. Mais l'intelligence artificielle constitue la seule r&#233;volution technologique qu'aucun pays ne ma&#238;trise encore totalement. C'est une fen&#234;tre d'opportunit&#233; exceptionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;s&#233;quilibre est pourtant r&#233;el : l'Afrique repr&#233;sente 17 % de la population mondiale, mais produit moins de 1 % des technologies d'IA d&#233;velopp&#233;es &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire. Sans strat&#233;gie volontariste, le continent risque de rester un simple march&#233; d'exploitation algorithmique, comme le caoutchouc envoy&#233; brut vers les usines de la r&#233;volution industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois imp&#233;ratifs s'imposent selon moi. Premi&#232;rement, &#233;viter la marginalisation en construisant des capacit&#233;s propres. Deuxi&#232;mement, d&#233;velopper des usages contextualis&#233;s : l'IA appliqu&#233;e &#224; l'agriculture de pr&#233;cision, &#224; la gestion &#233;nerg&#233;tique, &#224; la sant&#233;, l&#224; o&#249; l'&#233;conomie r&#233;elle africaine en a le plus besoin, pas l&#224; o&#249; l'Europe l'applique parce que ses propres enjeux le dictent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, et c'est fondamental, financer r&#233;ellement ces strat&#233;gies. Des &#233;tudes montrent que si la moiti&#233; des pays africains ont publi&#233; une strat&#233;gie IA, une minorit&#233; seulement dispose des budgets d&#233;di&#233;s pour l'ex&#233;cuter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AE : Justement, o&#249; en est-on sur la mise en &#339;uvre r&#233;elle de ces strat&#233;gies ? Car un document de politique publique n'est pas une politique publique. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EEA : Le vrai probl&#232;me en Afrique, ce n'est pas la production de strat&#233;gies. Les strat&#233;gies actives dans nos pays sont concurrentes, souvent contradictoires, chacune align&#233;e sur les priorit&#233;s d'un bailleur diff&#233;rent. Le principal d&#233;ficit que j'ai identifi&#233; dans les diff&#233;rentes &#233;valuations que j'ai conduites sur le continent, c'est le financement de la mise en &#339;uvre, pas la capacit&#233; &#224; r&#233;diger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi la meilleure approche consiste souvent &#224; interroger chaque bailleur sur ses priorit&#233;s pour les cinq prochaines ann&#233;es, identifier o&#249; l'IA s'inscrit dans ces priorit&#233;s, puis aligner la strat&#233;gie nationale en cons&#233;quence. Ce n'est pas l'id&#233;al en termes de souverainet&#233;, mais c'est du r&#233;alisme car dans les pays du Nord, les strat&#233;gies num&#233;riques sont financ&#233;es par le secteur priv&#233; et l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Afrique, tant que nous n'avons pas de fonds souverains capables de financer une strat&#233;gie de bout en bout, les bailleurs conservent une certaine place. Il faut se le dire clairement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand moins de 500 000 personnes sont connect&#233;es dans un pays, aucun investisseur rationnel n'y concentrera ses ressources. C'est pour cela que l'acc&#233;l&#233;ration du march&#233; num&#233;rique unique est la priorit&#233; absolue. Le roaming sous-r&#233;gional qui commence &#224; &#233;merger entre certains pays de la CEDEAO nous montre que c'est faisable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AE : Comment mobiliser le secteur priv&#233; africain sur le num&#233;rique et l'IA, dans des &#233;conomies &#224; faible pouvoir d'achat et aux march&#233;s tr&#232;s fragment&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EEA : Le probl&#232;me est structurel. Quand peu de personnes sont connect&#233;es dans un pays, aucun investisseur rationnel n'y concentrera ses ressources. C'est pour cela que l'acc&#233;l&#233;ration du march&#233; num&#233;rique unique est, pour moi, la priorit&#233; absolue. Nos pays ont les m&#234;mes r&#233;alit&#233;s agricoles, les m&#234;mes d&#233;fis en mati&#232;re de sant&#233;, de logistique. Une solution d&#233;velopp&#233;e pour un march&#233; de 500 000 utilisateurs ne sera jamais viable. D&#233;velopp&#233;e pour un march&#233; de 400 millions d'habitants dans l'espace CEDEAO, elle peut l'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce march&#233; unique, je le con&#231;ois autour de trois piliers. D'abord le partage d'infrastructures : chaque pays apporte ce qu'il a de meilleur, qu'il s'agisse de capacit&#233; de data center, d'&#233;nergie ou de bande passante. L'interop&#233;rabilit&#233; des syst&#232;mes de paiement, pour qu'une startup togolaise puisse encaisser dans toute la sous-r&#233;gion sans recourir &#224; des solutions &#233;trang&#232;res. Et la portabilit&#233; des identit&#233;s num&#233;riques, pour qu'un citoyen se d&#233;place en Afrique comme on circule dans l'Union europ&#233;enne. Ce n'est pas utopique : le roaming sous-r&#233;gional qui commence &#224; &#233;merger entre certains pays de la CEDEAO nous montre que c'est faisable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les start-up, je veux &#234;tre direct : une start-up qui survit cinq ans gr&#226;ce aux concours et aux subventions n'est pas une start-up viable. Ce dont nous avons besoin, ce sont des champions nationaux que les &#201;tats accompagnent jusqu'au scale-up, pas seulement au stade du prototype.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AE : Les instances continentales comme Smart Africa, le Conseil africain de l'IA, les d&#233;clarations de l'UA sont-elles, selon vous, de vrais leviers d'action, ou surtout des drapeaux symboliques ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EEA : Il y a eu trop d'empilements symboliques de cadres normatifs en Afrique. Nous avons suivi la tendance mondiale &#224; &#233;laborer des politiques publiques sans m&#233;canismes de financement, sans indicateurs d'&#233;valuation, sans calendrier d'ex&#233;cution. Pour moi, la priorit&#233; de la prochaine d&#233;cennie, qui sera la d&#233;cennie de l'IA, n'est pas la production de nouvelles d&#233;clarations ou de nouveaux conseils scientifiques. C'est la consolidation institutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une strat&#233;gie n'est cr&#233;dible que quand elle est financ&#233;e. Elle n'est cr&#233;dible que quand on peut en mesurer les r&#233;sultats &#224; la fin de chaque cycle. Si nous voulons saisir l'opportunit&#233; de cette d&#233;cennie, il faudra avoir le courage de faire des choses que nous n'avons jamais faites : financer sur fonds propres, mesurer, rendre compte, consolider plut&#244;t qu'empiler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AE : Vous avez &#233;t&#233; tr&#232;s actif dans la crise d'Afrinic, le registre africain des adresses IP, qui a travers&#233; plusieurs ann&#233;es de dysfonctionnement institutionnel, d'&#233;lections annul&#233;es et de batailles judiciaires, toujours en cours d'ailleurs. Que r&#233;v&#232;le cette crise sur la capacit&#233; de l'Afrique &#224; g&#233;rer ses propres institutions num&#233;riques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EEA : La crise d'Afrinic est l'un des paradoxes les plus pr&#233;occupants de la gouvernance num&#233;rique africaine. Afrinic est la seule infrastructure num&#233;rique que les Africains ont r&#233;ellement construite eux-m&#234;mes, au prix d'un accouchement difficile en 2005, &#224; l'&#233;poque, aucun pays au monde ne faisait confiance aux Africains pour g&#233;rer un registre d'adresses IP sans compromettre le routage mondial. Vingt ans plus tard, cette institution est devenue une cible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise est n&#233;e d'une vuln&#233;rabilit&#233; que nos &#201;tats n'avaient pas identifi&#233;e : l'Afrique d&#233;tient moins de 5 % des adresses IPv4 mondiales pour 17 % de la population de la plan&#232;te. Un op&#233;rateur priv&#233; &#8212; une soci&#233;t&#233;-&#233;cran enregistr&#233;e aux Seychelles, contr&#244;l&#233;e par un ressortissant chinois &#8212; a compris que ces adresses africaines, sous-utilis&#233;es et peu surveill&#233;es, avaient une valeur consid&#233;rable sur le march&#233; noir mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En corrompant un agent du registre, cet acteur a obtenu des millions d'adresses IP, devenant ainsi le troisi&#232;me plus gros d&#233;tenteur d'adresses sur le continent, devant MTN et Orange qu'il louait ensuite jusqu'&#224; 41 $ l'unit&#233; &#224; des sites illicites. Quand Afrinic a voulu r&#233;cup&#233;rer ces adresses, cet acteur a asphyxi&#233; juridiquement le registre avec une cinquantaine de proc&#233;dures simultan&#233;es devant les juridictions mauriciennes, paralysant ses comptes, emp&#234;chant le renouvellement de son Conseil d'administration et for&#231;ant le d&#233;part de son directeur g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AE : Comment la situation a-t-elle finalement &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EEA : La sortie de crise a &#233;t&#233; le fruit d'une strat&#233;gie &#224; plusieurs niveaux sur plusieurs ann&#233;es. Avec Smart Africa, nous avons d'abord men&#233; un travail de p&#233;dagogie et de sensibilisation aupr&#232;s des 2300 membres du registre, pour qu'ils comprennent ce qu'Afrinic repr&#233;sente r&#233;ellement, non pas une association de techniciens, mais une infrastructure critique de souverainet&#233; num&#233;rique pour tout le continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons &#233;galement conduit plusieurs r&#233;unions minist&#233;rielles en ligne, &#224; Istanbul, Seattle, Prague pour convaincre les gouvernements d'impliquer directement leurs directeurs d'op&#233;rateurs dans le processus &#233;lectoral, ce qui a permis d'invalider les 800 procurations que l'acteur en question avait collect&#233;es &#224; prix d'argent. Les &#233;lections de septembre 2025, boycott&#233;es par l'acteur en cause, ont finalement donn&#233; 7 des 8 si&#232;ges du conseil d'administration &#224; la liste soutenue par Smart Africa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise r&#233;v&#232;le combien la souverainet&#233; num&#233;rique africaine peut &#234;tre un colosse aux pieds d'argile : l'institution la plus strat&#233;gique du num&#233;rique africain &#233;tait une simple association de droit mauricien, sans protection par trait&#233; international, sans reconnaissance en tant qu'organisation continentale. C'est cela qu'il faut corriger en priorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; civile africaine est structurellement d&#233;sarm&#233;e&#8230; Elle est financ&#233;e par des bourses et des fellowships accord&#233;s par ces m&#234;mes acteurs &#233;trangers. Elle se retrouve &#224; discuter des agendas qu'on lui propose, non ceux qu'elle a construits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AE : Vous parlez d'un r&#233;seau de corruption. O&#249; &#233;taient les soci&#233;t&#233;s civiles africaines dans cette affaire ? P&#232;sent-elles vraiment dans les espaces de gouvernance mondiale de l'Internet ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EEA : Franchement, non. Et je peux le dire avec l'autorit&#233; d'une personne qui participe &#224; ces forums depuis 2016 : la soci&#233;t&#233; civile africaine y est pr&#233;sente, parfois massivement en termes de nombre de participants, mais elle est structurellement d&#233;sarm&#233;e. Elle participe, mais elle ne p&#232;se pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison est simple et profonde &#224; la fois : les soci&#233;t&#233;s civiles am&#233;ricaine et europ&#233;enne qui si&#232;gent dans ces forums sont adoss&#233;es &#224; des acteurs priv&#233;s puissants qui les financent et leur fournissent des expertises juridiques et techniques de haut niveau. Ce ne sont pas des repr&#233;sentants d'utilisateurs innocents. Ce sont, pour beaucoup, des lobbyistes qui d&#233;fendent les int&#233;r&#234;ts de Google, d'Amazon ou d'Alibaba dans des habits de soci&#233;t&#233; civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; civile africaine, elle, est financ&#233;e par des bourses et des fellowships accord&#233;s par ces m&#234;mes acteurs &#233;trangers. Elle se retrouve donc &#224; discuter des agendas qu'on lui propose, non ceux qu'elle a construits. Dans les n&#233;gociations sur le Pacte num&#233;rique mondial, combien de gouvernements africains ont r&#233;ussi &#224; faire inscrire leurs priorit&#233;s r&#233;elles dans le texte final ? La question m&#233;rite d'&#234;tre pos&#233;e sans complaisance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, quand des pays africains construisent des data centers, il faut que les Africains aient la capacit&#233; de les auditer, de v&#233;rifier les m&#233;canismes de s&#233;curit&#233;, d'en contr&#244;ler l'architecture. Localiser les donn&#233;es ne suffit pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AE : Qu'implique concr&#232;tement la souverainet&#233; num&#233;rique pour les &#201;tats africains aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EEA : La souverainet&#233; num&#233;rique, ce n'est pas seulement voter des lois et signer des d&#233;clarations. C'est une question d'infrastructures, de donn&#233;es, de capacit&#233;s humaines et de contr&#244;le technologique. Et sur ces quatre dimensions, l'Afrique part de tr&#232;s loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les infrastructures, la plupart des c&#226;bles sous-marines qui connectent notre continent sont financ&#233;es et contr&#244;l&#233;es par des acteurs &#233;trangers. Les backbones terrestres sont majoritairement &#233;quip&#233;s par le secteur priv&#233; &#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les donn&#233;es, l'Afrique ne dispose pas de cloud souverain. Nos donn&#233;es &#233;tatiques pour la plupart sont h&#233;berg&#233;es ailleurs. On ne peut pas parler de souverainet&#233; dans ces conditions. Sur la connectivit&#233;, elle se limite aux zones urbaines dans la plupart de nos pays, les populations rurales un peu abandonn&#233;es. Sur la capacit&#233; de calcul : nos universit&#233;s et nos &#201;tats n'en ont quasiment pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, quand des pays africains construisent des data centers, il faut que les Africains aient la capacit&#233; de les auditer, de v&#233;rifier les m&#233;canismes de s&#233;curit&#233;, d'en contr&#244;ler l'architecture. Sans cette capacit&#233; d'audit et de contr&#244;le, localiser les donn&#233;es ne suffit pas. Ce sont ces fondations structurelles qu'il faut poser si l'on veut que la souverainet&#233; soit autre chose qu'un mot d'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Fa est un syst&#232;me de savoir, d'anticipation et de pr&#233;diction, ce que nous appellerions aujourd'hui un syst&#232;me d'aide &#224; la d&#233;cision. Ce qui est frappant, c'est la prudence constitutive du syst&#232;me : on ne tranche pas sans avoir &#233;puis&#233; les possibilit&#233;s d'interpr&#233;tation. Les syst&#232;mes d'IA actuels &#171; hallucinent &#187; pr&#233;cis&#233;ment parce que cette prudence-l&#224; leur fait d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AE : Vos r&#233;cents travaux explorent une gouvernance de l'IA ancr&#233;e dans les philosophies africaines notamment le Fa, ce syst&#232;me divinatoire du Golfe de Guin&#233;e. Est-ce l&#224; une piste s&#233;rieuse, ou une forme d'afrocentrisme militant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EEA : C'est une conviction intellectuelle et politique que je d&#233;fends s&#233;rieusement. L'Afrique n'a pas vocation &#224; reproduire m&#233;caniquement les cadres normatifs &#233;labor&#233;s au Nord, con&#231;us &#224; partir d'une anthropologie et d'une histoire qui ne sont pas les siennes. La gouvernance de l'intelligence artificielle sur le continent doit &#233;merger d'une matrice propre, ancr&#233;e dans nos r&#233;alit&#233;s sociales, nos structures communautaires et nos philosophies politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai mobilis&#233; notamment la philosophie de l'Ubuntu &#171; Je suis parce que nous sommes &#187; comme fondement &#233;thique pour l'IA. Cette philosophie rappelle que la personne n'existe qu'&#224; travers la relation qu'elle entretient avec sa communaut&#233;. Elle nous invite &#224; penser la responsabilit&#233; algorithmique, la souverainet&#233; des donn&#233;es et la justice technologique &#224; partir du lien social, plut&#244;t qu'&#224; partir du seul contrat juridique individuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le Fa, le syst&#232;me divinatoire du Golfe de Guin&#233;e, il y a une richesse math&#233;matique, algorithmique et m&#233;morielle consid&#233;rable. Le Fa est un syst&#232;me de savoir, d'anticipation et de pr&#233;diction. Ce que nous appellerions aujourd'hui un syst&#232;me d'aide &#224; la d&#233;cision. Ce qui est frappant, c'est la prudence constitutive de ce syst&#232;me : on ne tranche pas sans avoir &#233;puis&#233; les possibilit&#233;s d'interpr&#233;tation. Les syst&#232;mes d'IA actuels &#171; hallucinent &#187;, produisent des erreurs factuelles pr&#233;sent&#233;es avec assurance, pr&#233;cis&#233;ment parce que cette prudence-l&#224; leur fait d&#233;faut. Int&#233;grer cette logique dans la conception de syst&#232;mes d'IA africains est une piste s&#233;rieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu n'est pas de rejeter les normes internationales, ni de se refermer sur soi. C'est de les contextualiser, de les reformuler sous le prisme de nos philosophies, pour contribuer au d&#233;bat mondial depuis une perspective qui nous appartient. Une gouvernance africaine de l'IA digne de ce nom ne serait pas une d&#233;clinaison de ce qui se d&#233;cide &#224; Bruxelles ou &#224; Washington. Ce serait un mod&#232;le endog&#232;ne, capable d'articuler dignit&#233; humaine, solidarit&#233; communautaire et souverainet&#233; technologique et de l'apporter comme contribution au concert mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interview r&#233;alis&#233;e par Fiacre E. Kakpo&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.agenceecofin.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Agence Ecofin&lt;/a&gt;, 17 avril 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Avec MTN Satellite, nous brisons les limites de la connectivit&#233; en C&#244;te d'Ivoire &#187;</title>
		<link>https://www.osiris.sn/avec-mtn-satellite-nous-brisons-les-limites-de-la-connectivite-en-cote-d-ivoire.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.osiris.sn/avec-mtn-satellite-nous-brisons-les-limites-de-la-connectivite-en-cote-d-ivoire.html</guid>
		<dc:date>2026-04-14T13:07:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Portrait/Entretien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A l'occasion du lancement de MTN Satellite, une solution innovante de connectivit&#233; par satellite, Honor&#233; Kouame, General Manager de MTN Business en C&#244;te d'Ivoire revient sur les ambitions du groupe et les enjeux de couverture de l'ensemble du territoire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quel constat et quels enjeux vous ont conduits &#224; lancer MTN Satellite aujourd'hui ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Honor&#233; KOUAME : La connectivit&#233; est aujourd'hui au c&#339;ur du d&#233;veloppement &#233;conomique et social. Pourtant, certaines zones restent difficiles &#224; couvrir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.osiris.sn/-avril-2026-.html" rel="directory"&gt;Avril 2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.osiris.sn/+-portrait-entretien-+.html" rel="tag"&gt;Portrait/Entretien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH84/honore_kouame-f6e6d.jpg?1779221583' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A l'occasion du lancement de MTN Satellite, une solution innovante de connectivit&#233; par satellite, Honor&#233; Kouame, General Manager de MTN Business en C&#244;te d'Ivoire revient sur les ambitions du groupe et les enjeux de couverture de l'ensemble du territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel constat et quels enjeux vous ont conduits &#224; lancer MTN Satellite aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honor&#233; KOUAME : La connectivit&#233; est aujourd'hui au c&#339;ur du d&#233;veloppement &#233;conomique et social. Pourtant, certaines zones restent difficiles &#224; couvrir avec les infrastructures classiques. Avec MTN Satellite, notre objectif est clair : faire en sorte que la connectivit&#233; ne soit plus une contrainte, mais un levier accessible partout. C'est une &#233;volution naturelle de notre dispositif de connectivit&#233;, qui vient compl&#233;ter nos investissements en mobile et en fibre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour les entreprises et les communaut&#233;s &#233;loign&#233;es, quels changements concrets cette solution apporte-t-elle sur le terrain ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honor&#233; KOUAME : Cela change beaucoup. Aujourd'hui, des activit&#233;s essentielles (agricoles, mini&#232;res, p&#233;troli&#232;res, industrielles, logistiques&#8230;) se d&#233;roulent dans des zones o&#249; la connectivit&#233; est limit&#233;e. Avec MTN Satellite, ces sites peuvent communiquer en temps r&#233;el, acc&#233;der &#224; leurs donn&#233;es et coordonner leurs op&#233;rations, de fa&#231;on fiable et continue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, c'est la possibilit&#233; de travailler avec la m&#234;me efficacit&#233;, quel que soit l'endroit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les profils et secteurs prioritaires, et quels cas d'usage visez-vous en premier ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honor&#233; KOUAME : Nous avons con&#231;u cette solution pour r&#233;pondre &#224; des besoins tr&#232;s concrets. Elle s'adresse notamment &#224; l'agro-industrie, aux mines, aux chantiers BTP, aux activit&#233;s offshore ou aux populations en zones rurales, via des solutions comme le WiFi communautaire. L'ambition est de g&#233;n&#233;rer un impact &#224; la fois &#233;conomique et social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi MTN Satellite s'inscrit-il dans votre strat&#233;gie r&#233;seau et renforce-t-il votre positionnement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honor&#233; KOUAME : Tout le monde m&#233;rite de b&#233;n&#233;ficier des avantages d'une vie moderne et connect&#233;e. Avec MTN Satellite, nous franchissons un nouveau cap vers cette ambition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit plus seulement de couverture, mais de pr&#233;sence partout o&#249; nos clients ont besoin d'&#234;tre connect&#233;s. C'est une preuve concr&#232;te de notre engagement : investir dans des solutions innovantes, utiles et adapt&#233;es aux r&#233;alit&#233;s du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment se structure la gamme MTN Satellite (communautaire, domicile, PME/entreprises) et &#224; quels besoins r&#233;pond chaque offre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honor&#233; KOUAME : Nous proposons une gamme structur&#233;e autour de trois grands usages :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Une offre communautaire, destin&#233;e aux populations dans les villages (WiFi communautaire)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Une offre pour les domiciles, pour connecter les foyers situ&#233;s en dehors des zones bien couvertes&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Des offres pour les PME et les entreprises, avec des niveaux de service et de d&#233;bit adapt&#233;s aux besoins professionnels&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e est simple : rendre la connectivit&#233; accessible, avec une offre claire et adapt&#233;e &#224; chaque profil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'en est-il de l'installation et de l'accompagnement client, notamment pour les domiciles et les villages ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honor&#233; KOUAME : Nous avons con&#231;u un parcours simple, avec l'appui de nos &#233;quipes et de nos partenaires, afin de faciliter le d&#233;ploiement selon le contexte : installation au niveau d'un point communautaire pour le WiFi villageois, ou mise en place d'un kit d&#233;di&#233; pour les domiciles et les sites professionnels. L'objectif est d'assurer une mise en service rapide et un support de proximit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel impact attendez-vous, &#224; la fois &#233;conomique et social, pour la C&#244;te d'Ivoire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honor&#233; KOUAME : L'impact est multiple. Sur le plan &#233;conomique, cela permet notamment d'assurer la continuit&#233; des activit&#233;s, d'am&#233;liorer la productivit&#233;, de renforcer la comp&#233;titivit&#233; des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan social, cela contribue &#224; r&#233;duire la fracture num&#233;rique, &#224; faciliter l'acc&#232;s aux services essentiels et &#224; cr&#233;er de nouvelles opportunit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mieux connecter, c'est permettre d'agir davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur la fiabilit&#233; et la s&#233;curit&#233;, quelles garanties donnez-vous aux clients ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honor&#233; KOUAME : La priorit&#233;, c'est la continuit&#233; de service. Nous nous appuyons sur une infrastructure satellite robuste, un suivi op&#233;rationnel et un dispositif de support pour accompagner nos clients. Selon les besoins (domicile, PME, entreprise), nous proposons des options de service adapt&#233;es, afin de s&#233;curiser les usages et garantir une exp&#233;rience stable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un dernier mot : quel message souhaitez-vous adresser aux Ivoiriens et aux acteurs &#233;conomiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honor&#233; KOUAME : Avec MTN Satellite, nous franchissons une &#233;tape importante. Notre ambition reste inchang&#233;e : connecter tous les Ivoiriens et accompagner tous les acteurs &#233;conomiques, partout o&#249; ils se trouvent. Nous apportons ainsi une r&#233;ponse concr&#232;te &#224; un besoin r&#233;el. Et nous continuerons d'investir pour aller encore plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.agenceecofin.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Agence Ecofin&lt;/a&gt;, 14 avril 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mamadou Ndao, du pionnier de l'Internet au c&#339;ur du gateway de Starlink avec Waw Telecom</title>
		<link>https://www.osiris.sn/mamadou-ndao-du-pionnier-de-l-internet-au-coeur-du-gateway-de-starlink-avec-waw.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.osiris.sn/mamadou-ndao-du-pionnier-de-l-internet-au-coeur-du-gateway-de-starlink-avec-waw.html</guid>
		<dc:date>2026-03-23T10:24:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Portrait/Entretien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dakar, dans un secteur des t&#233;l&#233;communications en pleine recomposition, le nom de Mamadou Ndao circule avec une certaine constance. Sans mise en sc&#232;ne ni effet d'annonce, cet ing&#233;nieur form&#233; en France fait partie de ceux qui ont vu na&#238;tre Internet au S&#233;n&#233;gal et qui, trois d&#233;cennies plus tard, participent &#224; en redessiner les contours &#224; l'&#232;re du satellite. Son parcours &#233;pouse, presque &#224; la lettre, l'histoire num&#233;rique du pays. Tout commence au d&#233;but des ann&#233;es 1990. Dipl&#244;m&#233; en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.osiris.sn/-mars-2026-.html" rel="directory"&gt;Mars 2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.osiris.sn/+-portrait-entretien-+.html" rel="tag"&gt;Portrait/Entretien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH138/mamadou_ndao-c4446.jpg?1779221583' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='138' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dakar, dans un secteur des t&#233;l&#233;communications en pleine recomposition, le nom de Mamadou Ndao circule avec une certaine constance. Sans mise en sc&#232;ne ni effet d'annonce, cet ing&#233;nieur form&#233; en France fait partie de ceux qui ont vu na&#238;tre Internet au S&#233;n&#233;gal et qui, trois d&#233;cennies plus tard, participent &#224; en redessiner les contours &#224; l'&#232;re du satellite. Son parcours &#233;pouse, presque &#224; la lettre, l'histoire num&#233;rique du pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout commence au d&#233;but des ann&#233;es 1990. Dipl&#244;m&#233; en T&#233;l&#233;communications et R&#233;seaux &#224; Paris et Computer Science &#224; New-York, il fait ses premi&#232;res armes chez British Telecom. Mais tr&#232;s t&#244;t, une d&#233;cision s'impose : rentrer au S&#233;n&#233;gal. &#171; Le secteur en &#233;tait &#224; ses d&#233;buts. Il y avait tout &#224; construire &#187;, confie-t-il, sobrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1996, il est aux premi&#232;res loges du lancement de l'Internet dans le pays, au sein de Telecom Plus, alors filiale de Sonatel et de France T&#233;l&#233;com. &#192; l'&#233;poque, la priorit&#233; est institutionnelle : connecter la pr&#233;sidence, les minist&#232;res, les ambassades. Une infrastructure embryonnaire, mais fondatrice. &#171; C'est &#224; ce moment-l&#224; que tout a commenc&#233; &#187;, r&#233;sume-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis vient le temps de l'expatriation. Pendant plus de vingt ans, Mamadou Ndao poursuit sa carri&#232;re aux &#201;tats-Unis, dans un environnement technologique en avance de phase. Une exp&#233;rience qui affine son regard et nourrit, en filigrane, une conviction : le S&#233;n&#233;gal devra, t&#244;t ou tard, combler son retard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il rentre au pays, au milieu des ann&#233;es 2010, le constat est sans appel. &#171; L'ADSL dominait encore, alors que la fibre s'imposait ailleurs &#187;, observe-t-il. Pour lui, l'enjeu n'est plus seulement d'&#233;tendre l'acc&#232;s &#224; Internet, mais d'en acc&#233;l&#233;rer la qualit&#233; et la disponibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte qu'il prend la t&#234;te de la direction des op&#233;rations de Waw Telecom, un fournisseur d'acc&#232;s qui fait rapidement le pari de l'agilit&#233;. L'entreprise se distingue par des d&#233;lais d'installation r&#233;duits parfois moins de 48 heures et par une approche technologique alternative, baptis&#233;e &#171; fibre par air &#187;. Une solution radio avanc&#233;e, capable d'offrir des performances proches de la fibre, sans les contraintes des travaux lourds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il fallait adapter les mod&#232;les aux r&#233;alit&#233;s locales. &#187;, explique-t-il. Une mani&#232;re, aussi, de bousculer un march&#233; longtemps domin&#233; par des infrastructures classiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil des ann&#233;es, Waw Telecom &#233;largit son offre. Fibre, radio, solutions hybrides : l'op&#233;rateur se positionne progressivement sur tous les segments, du r&#233;sidentiel aux grandes entreprises. Mais c'est l'arriv&#233;e du satellite qui marque un tournant plus net.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En devenant revendeur agr&#233;&#233; de Starlink au S&#233;n&#233;gal, l'entreprise entre dans une nouvelle phase. Elle assure notamment l'installation des &#233;quipements pour les clients professionnels et institutionnels. Une &#233;volution que Mamadou Ndao analyse sans emphase : &#171; Le satellite vient compl&#233;ter ce qui existe d&#233;j&#224;. Il permet surtout d'atteindre des zones qui restaient hors de port&#233;e. Contrairement &#224; certaines id&#233;es re&#231;ues, les donn&#233;es ne quittent pas directement le pays via le satellite. Elles transitent d'abord par un Gateway local avant d'&#234;tre achemin&#233;es via les c&#226;bles sous-marins. WAW Telecom a &#233;t&#233; choisi pour installer ce Gateway au S&#233;n&#233;gal pour Starlink. Cela garantit que les donn&#233;es restent sous contr&#244;le local, ce qui est essentiel en mati&#232;re de souverainet&#233; num&#233;rique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le d&#233;fi reste immense. Selon lui, plusieurs centaines de localit&#233;s &#233;chappent encore &#224; une couverture Internet fiable. Dans ces territoires, le satellite offre une r&#233;ponse imm&#233;diate. &#171; On peut aujourd'hui connecter des zones rurales avec des d&#233;bits &#233;lev&#233;s, parfois sup&#233;rieurs &#224; ceux de certaines zones urbaines &#187;, souligne-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;859&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/r_RQNvKOlEA&#034; title=&#034;Mamadou Ndao, du pionnier de l'Internet au c&#339;ur du gateway de Starlink avec Waw Telecom&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re cette avanc&#233;e technologique se joue une autre bataille, plus discr&#232;te : celle de la souverainet&#233; des donn&#233;es. Pour Mamadou Ndao, l'enjeu est manifeste : &#171; Le contr&#244;le local des flux est essentiel. Cela garantit que les donn&#233;es restent encadr&#233;es dans un environnement conforme aux r&#232;gles nationales. Contrairement &#224; une id&#233;e r&#233;pandue, les informations ne transitent pas directement vers l'&#233;tranger via les satellites. Elles passent d'abord par des infrastructures locales, les gateways ; avant d'&#234;tre achemin&#233;es vers les r&#233;seaux internationaux. Waw Telecom a &#233;t&#233; choisi pour participer &#224; leur d&#233;ploiement au S&#233;n&#233;gal. &#187; Une question strat&#233;gique, &#224; mesure que les usages num&#233;riques se g&#233;n&#233;ralisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette architecture, le r&#244;le des infrastructures neutres devient &#233;galement central. Waw Telecom a ainsi install&#233; son c&#339;ur de r&#233;seau au sein du data center de Onix, un hub qui permet de diversifier les acc&#232;s aux c&#226;bles sous-marins et de r&#233;duire la d&#233;pendance &#224; un nombre limit&#233; d'acteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des infrastructures, Mamadou Ndao insiste sur les usages. Pour lui, la connectivit&#233; n'a de sens que si elle s'accompagne de services &#224; valeur ajout&#233;e : cloud local, objets connect&#233;s, solutions agricoles intelligentes. &#171; Un agriculteur peut aujourd'hui suivre ses cultures &#224; distance, optimiser l'irrigation, anticiper les rendements. Nous voulons aller au-del&#224; des infrastructures pour d&#233;velopper des services &#224; valeur ajout&#233;e. Cela inclut le triple play (internet, t&#233;l&#233;vision IP et t&#233;l&#233;phonie), mais aussi le cloud souverain et l'Internet des objets (IoT). L'objectif est de permettre &#224; tous les S&#233;n&#233;galais, y compris dans les zones rurales, de cr&#233;er, h&#233;berger et d&#233;velopper des solutions num&#233;riques. La comp&#233;tition se jouera d&#233;sormais au niveau des services &#187;, explique-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les zones rurales, Waw Telecom exp&#233;rimente aussi des mod&#232;les d'acc&#232;s &#224; bas co&#251;t, notamment &#224; travers des points Wi-Fi communautaires. Une approche pragmatique pour r&#233;duire la fracture num&#233;rique, encore marqu&#233;e entre centres urbains et p&#233;riph&#233;ries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la question du positionnement du S&#233;n&#233;gal dans l'&#233;cosyst&#232;me num&#233;rique africain. Sur ce point, Mamadou Ndao se veut mesur&#233;, mais d&#233;termin&#233;. &#171; Le pays a des atouts. Avec les bonnes infrastructures et les bons investissements, il peut jouer un r&#244;le r&#233;gional &#187;, estime-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intelligence artificielle, notamment appliqu&#233;e aux langues locales, fait partie des pistes &#233;voqu&#233;es. Un levier, selon lui, pour &#233;largir l'acc&#232;s aux services num&#233;riques et renforcer l'inclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 30 ans de carri&#232;re, Mamadou Ndao ne revendique ni statut ni h&#233;ritage. Mais son parcours raconte, en creux, l'&#233;volution d'un secteur pass&#233; de quelques connexions institutionnelles &#224; une ambition de couverture quasi totale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un paysage en mutation rapide, il continue d'avancer avec une ligne constante : adapter la technologie aux r&#233;alit&#233;s du terrain, sans perdre de vue les enjeux de long terme. Une mani&#232;re, peut-&#234;tre, de construire patiemment les fondations d'un S&#233;n&#233;gal connect&#233; &#8212; au-del&#224; des effets de mode et des annonces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.socialnetlink.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;social Net Link&lt;/a&gt;, 23 mars 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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