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	<title>OSIRIS</title>
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	<description>Osiris sensibilise, informe et produit des analyses sur tous les sujets relatifs &#224; l'utilisation et &#224; l'appropriation des technologies de l'information et de la communication au S&#233;n&#233;gal et en Afrique.</description>
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		<title>OSIRIS</title>
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		<title>Le silence des &#233;crans : Quand la connexion num&#233;rique d&#233;connecte nos familles</title>
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		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le S&#233;n&#233;gal n'a jamais &#233;t&#233; aussi connect&#233; : plus d'un habitant sur deux en ligne, et davantage de cartes SIM que de citoyens. Pourtant, autour du bol, le soir, on ne se parle plus. Le smartphone s'est fait tiers dans nos couples et nos familles. Imaginez que vous p&#233;n&#233;triez un soir dans n'importe quelle habitation s&#233;n&#233;galaise. La famille est r&#233;unie autour du bol, le couscous fume encore, mais personne ne parle. Des visages &#233;clair&#233;s par la m&#234;me lueur bleue, pench&#233;s chacun sur son &#233;cran. Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-101-2ba40.jpg?1782646718' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le S&#233;n&#233;gal n'a jamais &#233;t&#233; aussi connect&#233; : plus d'un habitant sur deux en ligne, et davantage de cartes SIM que de citoyens. Pourtant, autour du bol, le soir, on ne se parle plus. Le smartphone s'est fait tiers dans nos couples et nos familles. Imaginez que vous p&#233;n&#233;triez un soir dans n'importe quelle habitation s&#233;n&#233;galaise. La famille est r&#233;unie autour du bol, le couscous fume encore, mais personne ne parle. Des visages &#233;clair&#233;s par la m&#234;me lueur bleue, pench&#233;s chacun sur son &#233;cran. Le repas s'ach&#232;ve dans un silence d'un genre nouveau, celui que nous appelons d&#233;sormais, sans m&#234;me y penser, &#171; &#234;tre ensemble &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce silence est r&#233;cent. Il y a quelques ann&#233;es &#224; peine, la tomb&#233;e du jour appelait la parole. Autour du th&#233;, sous l'arbre &#224; palabres, les voix se cherchaient et se r&#233;pondaient. La lueur des braises a c&#233;d&#233; la place &#224; celle des &#233;crans. D'apr&#232;s le rapport digital 2025, le S&#233;n&#233;gal compte plus de onze millions d'internautes, soit plus de la moiti&#233; de sa population, et l'on y d&#233;nombre aujourd'hui davantage de cartes SIM que d'habitants. Nous voil&#224; hyperconnect&#233;s. Reste &#224; savoir &#224; quoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans bien des foyers, un objet s'est gliss&#233; entre les &#234;tres : le smartphone. Il s'installe en tiers au c&#339;ur du couple, pr&#233;sent &#224; chaque instant, r&#233;clamant une attention qu'il d&#233;robe &#224; ceux qui sont l&#224;, &#224; port&#233;e de voix. Les conjoints disent ne plus se parler vraiment. Les enfants, eux, apprennent tr&#232;s t&#244;t &#224; voir leurs parents regarder ailleurs. Quant aux amis r&#233;unis autour d'une table, il n'est pas rare que chacun s'absente, en silence, dans un monde o&#249; les autres n'entrent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil des conversations que j'ai avec de jeunes couples, un grief revient avec une r&#233;gularit&#233; qui interroge : le t&#233;l&#233;phone. On lui reproche de voler les soir&#233;es et de meubler, d'un flux sans fin, les silences qu'un couple devrait parfois oser habiter ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos a&#238;n&#233;s tenaient la pr&#233;sence pleine pour une forme de respect. Le Kersa exigeait que l'on se concentre enti&#232;rement sur son interlocuteur. D&#233;tourner le regard pendant qu'un p&#232;re ou une &#233;pouse s'adressait &#224; vous passait pour une offense. Aujourd'hui, presque personne n'est choqu&#233; de voir quelqu'un d&#233;filer sur son &#233;cran pendant un repas en famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La technologie n'est pas l'accus&#233;e. Le num&#233;rique ouvre des routes et rapproche ceux que l'exil avait &#233;loign&#233;s ; il fait vivre des commerces entiers. Ce qui nous &#233;chappe, c'est l'art de lui poser des limites, de pr&#233;server des espaces o&#249; la personne assise en face p&#232;se plus lourd qu'une notification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le couple, le smartphone fait souvent office de r&#233;v&#233;lateur. Il offre une issue commode devant la conversation qu'on redoute, ou devant cet ennui partag&#233; qui, parfois, est n&#233;cessaire. Pourquoi affronter le regard de l'autre quand le flux des r&#233;seaux, lui, ne demande rien ? Le sutura en souffre aussi. Dans une culture de l'exposition permanente, on en vient &#224; mettre en sc&#232;ne son bonheur de couple plut&#244;t qu'&#224; le prot&#233;ger, &#224; l'abri des regards, l&#224; o&#249; il se construit vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous gagnerions &#224; r&#233;apprendre le silence partag&#233;, la pr&#233;sence pleine. Personne ne demande de jeter son t&#233;l&#233;phone. L'enjeu est ailleurs : instaurer de vraies coupures. Que l'&#233;cran s'&#233;teigne, parfois, pour que le regard se rallume. Cela peut tenir &#224; peu de chose : une heure, le soir, o&#249; les t&#233;l&#233;phones dorment dans la poche ; un jour, dans la semaine, sans r&#233;seaux sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Teranga, cette hospitalit&#233; dont nous sommes si fiers, commence &#224; la maison. Accueillir quelqu'un, c'est d'abord lui donner son attention enti&#232;re, lui faire sentir, sans un mot, qu'il compte plus que la prochaine vibration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nos p&#232;res, la parole &#233;tait un d&#233;p&#244;t sacr&#233;, et le silence qui l'entoure comptait autant qu'elle. Mais ce silence d'autrefois pr&#233;parait la rencontre. Le n&#244;tre, trop souvent, ne fait que l'esquiver. Nos enfants, eux, n'attendent qu'une chose : que nous levions les yeux. Le geste ne co&#251;te rien. Il nous reste &#224; le retrouver, avant qu'ils n'apprennent, &#224; leur tour, &#224; ne plus l'attendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Sedar Ndiaye&lt;br class='autobr' /&gt;
Ecrivain, Enseignant-Chercheur)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.dakaractu.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dakar Actu&lt;/a&gt;, 25 juin 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'IA et les m&#233;tiers de la communication : chronique d'une s&#233;lection naturelle annonc&#233;e</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a quelque chose d'&#233;trangement familier dans ce que nous traversons. Quand Gutenberg a d&#233;mocratis&#233; l'imprimerie au XV&#233; si&#232;cle, les scribes les plus habiles n'ont pas disparu : ils sont devenus des &#233;diteurs. Quand la photographie a &#233;merg&#233;, les peintres les plus visionnaires ont invent&#233; l'impressionnisme. L'intelligence artificielle appliqu&#233;e aux m&#233;tiers de la communication n'&#233;chappe pas &#224; cette loi historique. Elle l'acc&#233;l&#232;re, simplement, et de fa&#231;on brutale. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'IA a d'abord produit un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-103-777e4.jpg?1782869973' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a quelque chose d'&#233;trangement familier dans ce que nous traversons. Quand Gutenberg a d&#233;mocratis&#233; l'imprimerie au XV&#233; si&#232;cle, les scribes les plus habiles n'ont pas disparu : ils sont devenus des &#233;diteurs. Quand la photographie a &#233;merg&#233;, les peintres les plus visionnaires ont invent&#233; l'impressionnisme. L'intelligence artificielle appliqu&#233;e aux m&#233;tiers de la communication n'&#233;chappe pas &#224; cette loi historique. Elle l'acc&#233;l&#232;re, simplement, et de fa&#231;on brutale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'IA a d'abord produit un abaissement spectaculaire des barri&#232;res &#224; l'entr&#233;e. R&#233;diger un communiqu&#233;, construire une strat&#233;gie de contenu, produire des visuels : tout cela est d&#233;sormais accessible &#224; quiconque dispose d'un abonnement &#224; quelques dizaines d'euros. Les r&#233;dacteurs et les commerciaux affichent les scores d'applicabilit&#233; &#224; l'IA les plus &#233;lev&#233;s parmi tous les m&#233;tiers analys&#233;s par Microsoft en 2024. Le r&#233;sultat ? Des clients historiques qui s'interrogent, l&#233;gitimement, sur la valeur de ce qu'ils nous ach&#232;tent. Mais cette d&#233;mocratisation n'est qu'une apparence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ce que l'IA r&#233;v&#232;le, avec une clart&#233; clinique, c'est ce qui n'a jamais vraiment &#233;t&#233; de la communication : la m&#233;canique sans la pens&#233;e, la forme sans le fond. Elle expose, sans piti&#233;, ceux qui se contentaient de ma&#238;triser les outils plut&#244;t que les enjeux. Un r&#233;dacteur qui n'avait jamais compris les dynamiques de r&#233;putation de ses clients peut d&#233;sormais &#234;tre remplac&#233; par un prompt bien construit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, pour ceux qui ont toujours travaill&#233; &#224; un niveau strat&#233;gique (lecture des rapports de force, ing&#233;nierie narrative, gestion de crise en temps r&#233;el&#8230;), l'IA est une b&#233;n&#233;diction d'une ampleur in&#233;dite. Elle leur offre une puissance de production et une vitesse d'analyse qui permettent de d&#233;livrer une valeur ajout&#233;e dix fois sup&#233;rieure. La bifurcation est nette et irr&#233;versible : d'un c&#244;t&#233; ceux qui produisent du m&#233;diocre acceptable &#224; grande vitesse, de l'autre ceux dont la valeur devient exponentiellement plus visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un moment darwinien, pas une apocalypse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Darwin ne disait pas que les plus forts survivent. Il disait que survivent ceux qui s'adaptent le mieux &#224; leur environnement changeant. D&#232;s lors et &#224; mon sens, les communicants qui sortiront renforc&#233;s sont ceux qui comprennent trois choses : leur valeur n'est plus dans la production mais dans la prescription ; l'IA ne remplace pas l'expertise sectorielle ; ma&#238;triser l'IA comme outil, non comme b&#233;quille, est une comp&#233;tence diff&#233;renciante, au m&#234;me titre qu'Excel l'&#233;tait pour les financiers il y a vingt ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le contexte ouest-africain, dans lequel j'op&#232;re, la disruption sera encore plus violente, parce que le terrain de d&#233;part est diff&#233;rent. Le d&#233;ficit de professionnels form&#233;s de nos march&#233;s a en effet laiss&#233; prosp&#233;rer une communication trop souvent r&#233;duite &#224; sa dimension ex&#233;cutoire. Il apparait clairement que l'IA va y r&#233;v&#233;ler le vide l&#224;, o&#249; il y avait l'illusion de la comp&#233;tence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour les cabinets qui ont investi dans l'intelligence de terrain et la compr&#233;hension des enjeux politiques et institutionnels, c'est un avantage comp&#233;titif consid&#233;rable qui se creuse. L'IA n'a pas de source dans les couloirs du minist&#232;re. Elle ne comprend pas &#8211; ou tr&#232;s mal &#8211; ce qui se dit en wolof, en soussou ou en dioula. Elle ne sait pas pourquoi un arbitrage r&#233;glementaire a pris trois mois de plus que pr&#233;vu. Cette intelligence-l&#224; reste &#224; nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bienvenue dans l'&#232;re du communicant augment&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour tout professionnel qui souhaiterait perdurer, il est crucial de comprendre que le moment que nous traversons marque, non pas la fin des m&#233;tiers de la communication, mais la purification de notre secteur. En ce sens, et pour filer la m&#233;taphore, l'IA agit comme un r&#233;v&#233;lateur chimique : elle fait appara&#238;tre, en creux, ce qui avait toujours de la valeur et ce qui n'en avait que l'apparence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ceux qui sortiront renforc&#233;s par ce moment, justement, seront ceux qui auront compris que l'outil ne fait pas le strat&#232;ge, de m&#234;me que la possession d'un piano ne fait pas le pianiste. Augment&#233;s, plus rapides, plus pr&#233;cis &#8211; leur avantage comp&#233;titif restera profond&#233;ment humain : lire des situations complexes, construire des r&#233;cits qui tiennent face &#224; l'adversit&#233;, conseiller dans l'incertitude, incarner la confiance dans la dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Darwin avait raison. L'adaptation n'est plus une option.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alpha Macky Saada LY, Directeur G&#233;n&#233;ral de K&#212;MIAN et de Palabres Consulting&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://cio-mag.com/l&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CIO Mag&lt;/a&gt;, 26 juin 202-6&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Euro num&#233;rique et l'interop&#233;rabilit&#233; de la BCEAO : pourquoi Wave et Orange Money doivent r&#233;inventer leur mod&#232;le &#233;conomique </title>
		<link>https://www.osiris.sn/l-euro-numerique-et-l-interoperabilite-de-la-bceao-pourquoi-wave-et-orange.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;UN : LE PARLEMENT EUROP&#201;EN A DONN&#201; SON FEU VERT &#192; L'EURO NUM&#201;RIQUE &lt;br class='autobr' /&gt;
le 23 juin 2026, la commission des affaires &#233;conomiques et mon&#233;taires du parlement europ&#233;en a adopt&#233; par 43 voix contre 14 le cadre l&#233;gislatif de l'euro num&#233;rique. cette monnaie num&#233;rique de banque centrale, &#233;mise directement par la banque centrale europ&#233;enne, ne remplacera pas le cash mais le compl&#233;tera avec un mode hors ligne pour pr&#233;server la confidentialit&#233; des petits paiements. Le projet pr&#233;voit un plafond de d&#233;tention (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-102-08ec3.jpg?1782671908' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;UN : LE PARLEMENT EUROP&#201;EN A DONN&#201; SON FEU VERT &#192; L'EURO NUM&#201;RIQUE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le 23 juin 2026, la commission des affaires &#233;conomiques et mon&#233;taires du parlement europ&#233;en a adopt&#233; par 43 voix contre 14 le cadre l&#233;gislatif de l'euro num&#233;rique. cette monnaie num&#233;rique de banque centrale, &#233;mise directement par la banque centrale europ&#233;enne, ne remplacera pas le cash mais le compl&#233;tera avec un mode hors ligne pour pr&#233;server la confidentialit&#233; des petits paiements. Le projet pr&#233;voit un plafond de d&#233;tention encore en discussion entre 500 et 3 000 euros, et son d&#233;ploiement effectif est estim&#233; &#224; 2029 apr&#232;s un pilote en 2027. L'enjeu strat&#233;gique est de r&#233;duire la d&#233;pendance de l'europe aux r&#233;seaux de paiement am&#233;ricains visa et mastercard qui traitent aujourd'hui 61% des paiements par carte sur le continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DEUX : LA BCEAO IMPOSE L'INTEROP&#201;RABILIT&#201; ET DONNE UN DERNIER D&#201;LAI &#192; WAVE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Banque centrale des &#233;tats de l'Afrique de l'ouest a annonc&#233; le 25 juin 2026 le report des &#233;ch&#233;ances de connexion obligatoire &#224; sa plateforme interop&#233;rable du syst&#232;me de paiement instantan&#233; pi-spi. les banques, &#233;tablissements de monnaie &#233;lectronique et &#233;tablissements de paiement ont d&#233;sormais jusqu'au 30 septembre 2026, tandis que les institutions de microfinance disposent d'un d&#233;lai jusqu'au 30 juin 2027. Au 24 juin, 80 &#233;tablissements &#233;taient d&#233;j&#224; connect&#233;s et 74 autres poursuivaient leurs tests en conditions r&#233;elles. cette interop&#233;rabilit&#233; obligatoire signifie la fin des silos propri&#233;taires : un client Wave pourra d&#233;sormais envoyer de l'argent instantan&#233;ment et gratuitement &#224; un client Orange money ou &#224; un compte bancaire, ce qui &#233;rode le fondement m&#234;me du mod&#232;le &#233;conomique de Wave b&#226;ti sur un &#233;cosyst&#232;me ferm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;TROIS : LES STABLECOINS NE SONT PAS UNE ISSUE DE SECOURS POUR WAVE ET ORANGE MONEY&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la commoditisation du transfert p2p, l'id&#233;e que Wave ou Orange money pourraient contourner l'interop&#233;rabilit&#233; en migrant vers des stablecoins est un mirage. la BCEAO r&#233;gule l'activit&#233; de transfert de valeur quelle que soit la technologie utilis&#233;e, et un stablecoin tomberait sous le m&#234;me r&#233;gime d'interop&#233;rabilit&#233;. sur le plan technique, les frais de blockchain, la latence et l'absence de connectivit&#233; permanente rendent les stablecoins inadapt&#233;s aux paiements de tr&#232;s petit montant caract&#233;ristiques de l'UEMOA. sur le plan &#233;conomique, la confiance des utilisateurs repose sur les institutions locales et le franc CFA, pas sur des monnaies num&#233;riques priv&#233;es &#233;trang&#232;res. La BCEAO a d'ailleurs d&#233;j&#224; annonc&#233; le d&#233;veloppement d'un e-cfa en r&#233;ponse &#224; la menace des monnaies priv&#233;es, renfor&#231;ant son contr&#244;le sur l'&#233;cosyst&#232;me num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;QUATRE : L'AVENIR DE WAVE ET ORANGE MONEY PASSERA PAR LA VALEUR AJOUT&#201;E, PAS PAR L'&#201;VASION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wave et Orange money ne dispara&#238;tront pas mais leur mod&#232;le de super-app ferm&#233;e est condamn&#233;. le transfert p2p deviendra une infrastructure invisible et gratuite, comme le SEPA en Europe. la survie de ces acteurs d&#233;pendra de leur capacit&#233; &#224; pivoter vers des services &#224; valeur ajout&#233;e : microcr&#233;dit, &#233;pargne, assurance, paiements b2b, et services financiers pour les petites entreprises. Wave pourrait aussi exploiter sa base utilisateur massive comme distributeur de services tiers ou comme on-ramp pour les envois de fonds internationaux de la diaspora. ceux qui r&#233;sisteront &#224; l'ouverture seront marginalis&#233;s ou acquis, tandis que les n&#233;obanques et fintechs agiles qui exploitent nativement le pi-spi &#233;mergeront comme nouveaux comp&#233;titeurs. L'&#232;re des silos est termin&#233;e, celle de la finance ouverte commence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dr Seydou Bocoum&lt;br class='autobr' /&gt;
Economiste h&#233;t&#233;rodoxe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Groupe WhatsApp du RASA, 26 juin 2026&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Plaidoyer pour une doctrine s&#233;n&#233;galaise de cyber r&#233;silience : Une condition de la souverainet&#233; num&#233;rique r&#233;elle &#224; l'&#232;re du New Deal Technologique</title>
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		<dc:date>2026-06-16T09:03:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

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&lt;p&gt;Entre octobre 2025 et mai 2026, quatre incidents cyber majeurs ont frapp&#233; l'&#201;tat s&#233;n&#233;galais en moins d'un an. La Direction G&#233;n&#233;rale des Imp&#244;ts et des Domaines, la Direction de l'Automatisation des Fichiers, la Direction G&#233;n&#233;rale de la Comptabilit&#233; Publique et du Tr&#233;sor, S&#233;n&#233;gal Num&#233;rique : trois administrations centrales au c&#339;ur du dispositif financier et r&#233;galien, et l'op&#233;rateur public num&#233;rique de l'&#201;tat. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce calendrier resserr&#233; n'est pas une co&#239;ncidence. Il signale un changement de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-100-dad51.jpg?1781773553' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Entre octobre 2025 et mai 2026, quatre incidents cyber majeurs ont frapp&#233; l'&#201;tat s&#233;n&#233;galais en moins d'un an. La Direction G&#233;n&#233;rale des Imp&#244;ts et des Domaines, la Direction de l'Automatisation des Fichiers, la Direction G&#233;n&#233;rale de la Comptabilit&#233; Publique et du Tr&#233;sor, S&#233;n&#233;gal Num&#233;rique : trois administrations centrales au c&#339;ur du dispositif financier et r&#233;galien, et l'op&#233;rateur public num&#233;rique de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce calendrier resserr&#233; n'est pas une co&#239;ncidence. Il signale un changement de r&#233;gime : la compromission n'est plus al&#233;atoire &#8212; elle devient syst&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce plaidoyer part de ce signal pour d&#233;fendre une th&#232;se. La cybers&#233;curit&#233; des &#201;tats engag&#233;s dans une transformation digitale rapide n'&#233;choue pas par manque de normes. Elle &#233;choue par d&#233;pendance structurelle &#224; des architectures qu'ils ne ma&#238;trisent pas. Tant que ce constat reste implicite, les strat&#233;gies cyber qui se succ&#232;dent traitent les cons&#233;quences sans toucher la cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le S&#233;n&#233;gal dispose, &#224; ce moment pr&#233;cis, d'une fen&#234;tre strat&#233;gique rare. La phase d'ex&#233;cution 2025-2029 du New Deal Technologique est en cours. Les arbitrages budg&#233;taires de la nouvelle l&#233;gislature s'ouvrent. Les partenaires institutionnels observent. La doctrine qui peut orienter ces choix doit &#234;tre pos&#233;e maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce plaidoyer en propose une &#8212; la Cyber R&#233;silience 360 (CR-360) &#8212; articul&#233;e &#224; la souverainet&#233; num&#233;rique r&#233;elle et con&#231;ue pour r&#233;ussir le New Deal Technologique plut&#244;t que pour le subir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un risque qui touche la souverainet&#233; de l'&#201;tat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les quatre incidents nationaux r&#233;cents ne sont pas une suite d'accidents. Ils s'inscrivent dans une &#233;conomie de l'attaque structur&#233;e. Le cybergang francophone OPERA1ER, document&#233; par GroupIB et Orange CERT-CC, a men&#233; 35 attaques contre des banques, services financiers et op&#233;rateurs t&#233;l&#233;coms d'une quinzaine de pays principalement africains entre 2018 et 2022. Il n'est pas seul. La cybercriminalit&#233; organis&#233;e s'installe en r&#233;gime structurel dans notre &#233;cosyst&#232;me &#8212; aucun &#201;tat de la sous-r&#233;gion ne peut traiter cela comme une exception passag&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le risque cyber au S&#233;n&#233;gal a, dans cette configuration, cess&#233; d'&#234;tre un risque op&#233;rationnel parmi d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il touche la cha&#238;ne financi&#232;re publique &#8212; une administration fiscale qui ne peut plus encaisser, une cha&#238;ne de paiement publique paralys&#233;e, une compromission de la comptabilit&#233; publique &#233;rodent la capacit&#233; de l'&#201;tat &#224; se financer et la confiance des partenaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il touche l'identit&#233; num&#233;rique nationale &#8212; quand des donn&#233;es biom&#233;triques et &#233;lectorales sont exfiltr&#233;es, ce qui est perdu n'est pas seulement la confidentialit&#233; d'un fichier ; on peut changer un mot de passe, on ne change pas une empreinte digitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il touche l'infrastructure num&#233;rique souveraine &#8212; un op&#233;rateur public num&#233;rique compromis expose toutes les plateformes qu'il h&#233;berge pour le compte des minist&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il touche aussi quelque chose de moins visible et plus profond : la capacit&#233; de l'&#201;tat &#224; arbitrer ses propres choix technologiques. Quand les architectures qui h&#233;bergent les fonctions critiques sont con&#231;ues hors de nos fronti&#232;res, op&#233;r&#233;es par des acteurs sur lesquels nous n'avons pas de prise effective, &#233;voluant selon des feuilles de route que nous ne ma&#238;trisons pas, nous perdons graduellement la possibilit&#233; de d&#233;finir nous-m&#234;mes nos priorit&#233;s num&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce risque-l&#224; qu'une doctrine de cyber r&#233;silience doit nommer frontalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La souverainet&#233; num&#233;rique n'est pas un slogan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme &#171; souverainet&#233; num&#233;rique &#187; est devenu omnipr&#233;sent dans les politiques publiques africaines. Mais cette pr&#233;sence rh&#233;torique cache parfois une absence pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons d&#233;finir la souverainet&#233; politique. Nous savons d&#233;finir la souverainet&#233; &#233;conomique. Nous savons m&#234;me d&#233;finir la souverainet&#233; alimentaire &#8212; nous mesurons des taux de couverture, nous pilotons des politiques de production locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La souverainet&#233; num&#233;rique, dans la plupart des discours, reste un mot.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souverainet&#233; num&#233;rique ne saurait &#234;tre une autarcie technologique : c'est d'abord la ma&#238;trise du risque technologique, ensuite la r&#233;duction de la d&#233;pendance aux solutions &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel pourcentage de nos donn&#233;es nationales sensibles est h&#233;berg&#233; dans la zone juridique s&#233;n&#233;galaise ? Quelle est la capacit&#233; de nos &#233;quipes nationales &#224; reprendre l'op&#233;ration d'un syst&#232;me critique en cas de rupture avec un prestataire ? Quelle part des solutions logicielles utilis&#233;es par l'&#201;tat, nous comprenons et nous pouvons faire &#233;voluer ? Combien de temps s'&#233;coulerait entre une cyberattaque s&#233;v&#232;re sur une infrastructure critique et le retour &#224; un service minimum acceptable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions n'ont pas, aujourd'hui, de r&#233;ponses partag&#233;es. Et tant qu'elles n'en ont pas, la souverainet&#233; num&#233;rique reste une intention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une souverainet&#233; qui ne se mesure pas est une souverainet&#233; qui ne se gouverne pas. Et une souverainet&#233; qui ne se gouverne pas n'est, &#224; terme, qu'une formule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour transformer ce mot en r&#233;alit&#233; pilotable, la doctrine Cyber R&#233;silience 360 propose trois indicateurs op&#233;rationnels :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; un Indice de Souverainet&#233; R&#233;elle (ISR) qui mesure le degr&#233; effectif de ma&#238;trise d'un syst&#232;me num&#233;rique critique en croisant capacit&#233; interne, ma&#238;trise op&#233;rationnelle et d&#233;pendance externe critique ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; un Seuil de Non-Ma&#238;trise Critique (SNMC) qui identifie les zones de bascule &#224; partir desquelles le contr&#244;le souverain n'est plus assur&#233; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; un Taux de R&#233;silience Op&#233;rationnelle (TRO) qui mesure, apr&#232;s un incident r&#233;el ou un exercice de crise, la fraction des services critiques effectivement maintenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois indicateurs ne sont pas une nouveaut&#233; absolue. Ils sont, dans la doctrine que nous d&#233;fendons, l'outillage qui permet de transformer un principe politique en objet de gouvernance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ISR a vocation &#224; devenir un indicateur de pilotage gouvernemental, suivi au plus haut niveau de l'&#201;tat, au m&#234;me titre que les indicateurs macro&#233;conomiques qui orientent les arbitrages budg&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cyber R&#233;silience 360 &#8212; une doctrine au service du New Deal Technologique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'innovation centrale de CR-360 n'est pas conceptuelle, elle est organisationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun minist&#232;re, aucun op&#233;rateur, aucune entreprise s&#233;n&#233;galaise ne peut, seul, financer et op&#233;rer les capacit&#233;s cyber qu'exige la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'aucun acteur ne peut faire seul doit &#234;tre mutualis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre Centres Op&#233;rationnels de S&#233;curit&#233; sectoriels constituent l'&#233;pine dorsale op&#233;rationnelle de la doctrine &#8212; un SOC bancaire sous l'&#233;gide de la BCEAO, un SOC t&#233;l&#233;communications sous l'&#233;gide de l'ARTP, un SOC souverain pour les administrations centrales op&#233;r&#233; par l'autorit&#233; nationale, et un SOC industriel critique pour l'&#233;nergie, les hydrocarbures et les mines sous l'&#233;gide des autorit&#233;s sectorielles concern&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mutualisation transforme une exigence inaccessible isol&#233;ment en standard atteignable collectivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette innovation organisationnelle suppose trois conditions doctrinales que CR-360 explicite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un pivot intellectuel d'abord.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cyber s&#233;curit&#233; classique raisonne en 5D &#8212; Deter, Detect, Deny, Delay, Defeat : emp&#234;cher l'attaque par couches successives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CR-360 fait un autre choix : raisonner en 4T &#8212; Treat, Transfer, Tolerate, Terminate : organiser la continuit&#233; de la mission quand la compromission survient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;fense p&#233;rim&#233;trique ne dispara&#238;t pas ; elle cesse d'&#234;tre l'horizon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui devient central, c'est la capacit&#233; &#224; fonctionner sous compromission &#8212; parce qu'&#224; l'&#233;chelle o&#249; nous sommes, la compromission s&#233;v&#232;re n'est plus une hypoth&#232;se mais un fait &#224; organiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un pilotage par indicateurs ensuite.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ISR, SNMC, TRO rendent la souverainet&#233; num&#233;rique mesurable au niveau organisationnel, sectoriel et national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans cette instrumentation, la mutualisation est un slogan administratif de plus ; avec elle, elle devient un objet de gouvernance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une gouvernance consolid&#233;e enfin.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution de la DCSSI vers une Agence Nationale de la Cyber R&#233;silience et de l'IA (ANCIA) &#8212; log&#233;e &#224; la Pr&#233;sidence ou &#224; la Primature, dot&#233;e d'autonomie budg&#233;taire, d'une capacit&#233; de recrutement et d'attraction d'expertise, de pouvoirs propres d'audit et d'opposabilit&#233;, et d'une articulation interminist&#233;rielle de plein droit &#8212; prolonge et consolide le travail engag&#233; en lui donnant les moyens institutionnels que la situation appelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble s'inscrit dans quatre programmes prioritaires du New Deal Technologique qui se renforcent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; la souverainet&#233; num&#233;rique et la cyber r&#233;silience (PR-P_03),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; l'Infrastructure Publique Num&#233;rique comme pivot autour duquel s'articulent identit&#233;, signature, paiement et interop&#233;rabilit&#233; (PR-P_04),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; la modernisation du syst&#232;me d'information de l'&#201;tat (PR-P_05),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; la d&#233;mat&#233;rialisation des proc&#233;dures administratives (PR-P_06).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quatre programmes ne se traitent pas s&#233;par&#233;ment ; ils fonctionnent comme un syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CR-360 propose le cadre doctrinal qui leur permet de le faire &#8212; et qui les inscrit dans les standards internationaux (NIST CSF 2.0, NIS2, ISO/IEC 27001, IEC 62443) sans s'y soumettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cinq propositions pour la phase 2025-2029&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette doctrine n'a de valeur que par les arbitrages qu'elle permet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq propositions structurantes nous semblent imm&#233;diatement actionnables dans la phase d'ex&#233;cution 2025-2029 du NDT, dont l'enveloppe globale de 1 105 milliards de francs CFA est programm&#233;e sur dix ans (2025-2034).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premi&#232;re proposition.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adopter formellement la doctrine CR-360 comme cadre national de r&#233;f&#233;rence pour la cyber r&#233;silience, par acte pr&#233;sidentiel d'engagement et int&#233;gration explicite dans la strat&#233;gie nationale de cybers&#233;curit&#233; actualis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans portage politique au plus haut niveau, la doctrine reste un document parmi d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deuxi&#232;me proposition.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire de l'Infrastructure Publique Num&#233;rique (PR-P_04) le p&#233;rim&#232;tre prioritaire d'application avec exigences QSP critiques &#8212; qualit&#233;, s&#233;curit&#233;, performance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La DPI concentre identit&#233;, signature, paiement et interop&#233;rabilit&#233;, c'est-&#224;-dire les briques que toute administration et tout op&#233;rateur public consommeront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une vuln&#233;rabilit&#233; unique sur la DPI se propage par cascade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;fense en profondeur n'y est pas optionnelle, elle est condition de viabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trajectoire passwordless doit y &#234;tre inscrite d&#232;s la phase de conception pour l'e-ID national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Troisi&#232;me proposition.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construire la mutualisation sectorielle des capacit&#233;s cyber par le lancement parall&#232;le, &#224; six mois, des quatre SOC sectoriels : bancaire (BCEAO), t&#233;l&#233;communications (ARTP), souverain pour les administrations centrales (autorit&#233; nationale), industriel critique pour l'&#233;nergie, les hydrocarbures et les mines (autorit&#233;s sectorielles concern&#233;es).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mutualisation est la r&#233;ponse &#233;conomiquement viable au d&#233;ficit capacitaire structurel de la sous-r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quatri&#232;me proposition.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lancer un label QSP national &#8212; triptyque Qualit&#233; &#215; S&#233;curit&#233; &#215; Performance &#8212; opposable aux march&#233;s publics critiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois niveaux gradu&#233;s (basique, avanc&#233;, critique), port&#233; par l'&#233;cosyst&#232;me institutionnel s&#233;n&#233;galais avec l'appui d'organismes de certification reconnus (Bureau Veritas, T&#252;V, ISA, BSI, sur le mod&#232;le de la Certification de S&#233;curit&#233; de Premier Niveau de l'ANSSI fran&#231;aise).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le label tire le march&#233; vers le haut sans coercition et structure le secteur priv&#233; national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cinqui&#232;me proposition.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engager un programme massif de d&#233;veloppement du capital humain articul&#233; au programme PR-P_07 du NDT (Formation et d&#233;veloppement des comp&#233;tences num&#233;riques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cibles 2034 &#8212; 100 000 dipl&#244;m&#233;s du num&#233;rique et 150 000 emplois directs dans le secteur &#8212; sont ambitieuses et atteignables si la trajectoire est financ&#233;e et coordonn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans ce socle humain, les quatre autres propositions restent lettre morte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Choisir, dans la &lt;strong&gt;dur&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre conditions politiques d&#233;cident de la r&#233;ussite de cette trajectoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La continuit&#233; de l'engagement &#8212; plusieurs ex&#233;cutifs se succ&#233;deront d'ici 2034 ; aucun ne doit red&#233;marrer le chantier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi de programmation pluriannuelle est l'outil constitutionnel qui sanctuarise les engagements au-del&#224; des alternances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le financement prot&#233;g&#233; &#8212; la cyber r&#233;silience ne se discute pas chaque ann&#233;e dans un budget contraint ; elle se sanctuarise par loi, compl&#233;t&#233;e par des cofinancements internationaux structur&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La coordination effective &#8212; aucun minist&#232;re ne porte seul un risque qui traverse toutes les fonctions de l'&#201;tat ; le portage primatorial et l'arbitrage pr&#233;sidentiel sont d&#233;terminants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confiance citoyenne &#8212; la transformation digitale s&#233;curis&#233;e n'aboutit que si les citoyens, les entreprises et la soci&#233;t&#233; civile y adh&#232;rent, par la transparence sur les incidents, la qualit&#233; de la communication de crise et le respect des libert&#233;s fondamentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le S&#233;n&#233;gal est &#224; un moment charni&#232;re.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La doctrine que ce plaidoyer d&#233;fend est, dans son fond, &#224; notre port&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons les concepts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons les cadres internationaux dont nous pouvons nous inspirer sans nous y soumettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons les femmes et les hommes capables de la porter &#8212; agents publics, ing&#233;nieurs, RSSI, chercheurs, &#233;tudiants, citoyens engag&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il nous reste &#224; faire, c'est de l'assumer politiquement et collectivement, dans la dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un choix strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats qui ma&#238;trisent leur cyber espace construisent leur souverainet&#233; ; les autres organisent leur d&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Idy Demba Thiam&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Fondateur &amp; CEO de Cybernum, cabinet sp&#233;cialis&#233; en transformation digitale et cybers&#233;curit&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;CISSP, ISO 27001 Lead Implementer, IEC 62443 Expert.&lt;br class='manualbr' /&gt;Consultant Banque Mondiale &#8212; Projet WARDIP.&lt;br class='manualbr' /&gt;Consultant GIZ / Union Europ&#233;enne &#8212; Projet Going Digital.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ancien Conseiller technique Digital &amp; Cyber au Minist&#232;re de la Communication, des T&#233;l&#233;communications et du Num&#233;rique du S&#233;n&#233;gal (2024-2025).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://lesoleil.sn/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Soleil&lt;/a&gt;, 16 juin 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une souverainet&#233; num&#233;rique au pied d'argile : le vrai d&#233;fi de l'Afrique n'est pas technologique, il est humain !</title>
		<link>https://www.osiris.sn/une-souverainete-numerique-au-pied-d-argile-le-vrai-defi-de-l-afrique-n-est-pas.html</link>
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		<dc:date>2026-06-16T08:55:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

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&lt;p&gt;Pourquoi l'Afrique risque de rester d&#233;pendante malgr&#233; ses investissements num&#233;riques massifs ? Cet article est extrait de l'ouvrage que je consacre actuellement aux enjeux de souverainet&#233; num&#233;rique et de capital humain en Afrique. &#192; travers cet essai, j'ai souhait&#233; partager une conviction n&#233;e &#224; la fois de l'observation, de l'exp&#233;rience institutionnelle et de la r&#233;flexion strat&#233;gique : l'Afrique ne pourra b&#226;tir une v&#233;ritable souverainet&#233; num&#233;rique durable si elle continue de concentrer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-99-9e2ae.jpg?1781773363' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pourquoi l'Afrique risque de rester d&#233;pendante malgr&#233; ses investissements num&#233;riques massifs ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet article est extrait de l'ouvrage que je consacre actuellement aux enjeux de souverainet&#233; num&#233;rique et de capital humain en Afrique. &#192; travers cet essai, j'ai souhait&#233; partager une conviction n&#233;e &#224; la fois de l'observation, de l'exp&#233;rience institutionnelle et de la r&#233;flexion strat&#233;gique : l'Afrique ne pourra b&#226;tir une v&#233;ritable souverainet&#233; num&#233;rique durable si elle continue de concentrer l'essentiel de ses politiques publiques sur les infrastructures technologiques, en rel&#233;guant au second plan la formation, l'&#233;ducation scientifique et le d&#233;veloppement du capital humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte s'adresse particuli&#232;rement aux d&#233;cideurs politiques, institutionnels et &#233;conomiques africains qui fa&#231;onnent aujourd'hui les trajectoires num&#233;riques du continent. J'ai volontairement choisi une &#233;criture p&#233;dagogique afin de rendre ce d&#233;bat accessible au plus grand nombre, car les enjeux num&#233;riques ne concernent plus uniquement les experts : ils engagent d&#233;sormais l'avenir strat&#233;gique de l'Afrique. L'Afrique est entr&#233;e dans la grande bataille mondiale du num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout sur le continent, les gouvernements annoncent des plans de transformation digitale, investissent dans les t&#233;l&#233;communications, construisent des datacenters, d&#233;ploient la fibre optique et ambitionnent de prendre part &#224; la r&#233;volution de l'intelligence artificielle. Du Rwanda au Nigeria, du Maroc au Kenya, de l'Afrique du Sud &#224; la C&#244;te d'Ivoire, le num&#233;rique est d&#233;sormais pr&#233;sent&#233; comme le nouveau moteur du d&#233;veloppement &#233;conomique africain. Cette ambition est l&#233;gitime, car le num&#233;rique n'est plus un simple secteur &#233;conomique parmi d'autres. Il est devenu un instrument de souverainet&#233;, de puissance et parfois m&#234;me de survie strat&#233;gique pour les nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La litt&#233;rature consacr&#233;e &#224; ce domaine montre que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les donn&#233;es gouvernent d&#233;sormais les &#233;conomies ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les plateformes num&#233;riques influencent les opinions publiques ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'intelligence artificielle red&#233;finit progressivement la comp&#233;titivit&#233; mondiale ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le XXIe si&#232;cle sera celui de la ma&#238;trise technologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au c&#339;ur de cette acc&#233;l&#233;ration num&#233;rique africaine, une question fondamentale demeure encore insuffisamment pos&#233;e : L'Afrique construit-elle r&#233;ellement une souverainet&#233; num&#233;rique ou simplement une d&#233;pendance technologique modernis&#233;e ? Derri&#232;re les infrastructures visibles se cache souvent une fragilit&#233; invisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous construisons des datacenters, mais qui les administre r&#233;ellement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous d&#233;ployons la fibre optique, mais qui con&#231;oit les architectures critiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous digitalisons les administrations, mais qui d&#233;veloppe les logiciels strat&#233;giques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous parlons d'intelligence artificielle, mais combien d'ing&#233;nieurs africains ma&#238;trisent v&#233;ritablement ses fondements scientifiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette interrogation est loin d'&#234;tre th&#233;orique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant mes ann&#233;es pass&#233;es au sein des infrastructures num&#233;riques publiques gabonaises, j'ai souvent constat&#233; un paradoxe troublant : certains syst&#232;mes critiques &#233;taient technologiquement modernes, mais d&#233;pendaient encore fortement d'expertises ext&#233;rieures pour leur maintenance strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'essentiel du cloud mondial reste domin&#233; par les g&#233;ants technologiques am&#233;ricains comme Amazon Web Services, Microsoft Azure et Google Cloud. Les syst&#232;mes d'exploitation utilis&#233;s en Afrique sont majoritairement con&#231;us hors du continent. Les plateformes num&#233;riques structurantes sont &#233;trang&#232;res. Les semi-conducteurs qui alimentent l'&#233;conomie num&#233;rique mondiale sont principalement produits en Asie ou aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique demeure donc massivement d&#233;pendante des technologies qu'elle utilise. Cette d&#233;pendance n'est pas seulement technologique, mais surtout strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon plusieurs estimations internationales, le continent africain repr&#233;sente moins de 1 % des capacit&#233;s mondiales de centres de donn&#233;es hyperscale (l'extension massive des capacit&#233;s de traitement informatique massif, g&#233;n&#233;ralement pour le big data ou le cloud computing) et une part marginale de la recherche mondiale en intelligence artificielle. Dans le m&#234;me temps, des milliers de talents africains qualifi&#233;s quittent chaque ann&#233;e le continent pour rejoindre l'Europe, l'Am&#233;rique du Nord ou le Golfe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique forme encore trop peu d'ing&#233;nieurs de haut niveau dans les domaines critiques :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; cybers&#233;curit&#233; ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; intelligence artificielle ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; architecture cloud ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; semi-conducteurs ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; calcul haute performance ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; science des donn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, dans le monde num&#233;rique contemporain, le v&#233;ritable pouvoir ne r&#233;side plus uniquement dans la possession des infrastructures. Il r&#233;side dans la capacit&#233; &#224; les concevoir, les ma&#238;triser et les s&#233;curiser. Or, c'est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; que se trouve la grande vuln&#233;rabilit&#233; africaine. Autrement dit, nous risquons de b&#226;tir une Afrique num&#233;riquement &#233;quip&#233;e, mais intellectuellement d&#233;pendante. Plus pr&#233;cis&#233;ment, nous risquons de construire des infrastructures modernes sans construire simultan&#233;ment les intelligences capables de les piloter durablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire mondiale du d&#233;veloppement technologique nous enseigne pourtant une le&#231;on fondamentale : les grandes puissances num&#233;riques ne se sont jamais construites uniquement gr&#226;ce aux infrastructures au risque de b&#226;tir une souverainet&#233; num&#233;rique au pied d'argile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elles se sont construites d'abord gr&#226;ce &#224; l'&#233;ducation.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis ont b&#226;ti leur domination technologique sur leurs universit&#233;s, leurs centres de recherche et leur capacit&#233; &#224; attirer les meilleurs talents mondiaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Chine, le Japon forment aujourd'hui plusieurs millions d'ing&#233;nieurs et de scientifiques chaque ann&#233;e et investissent massivement dans l'intelligence artificielle, les semi-conducteurs et la cybers&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Inde est devenue une puissance mondiale des services num&#233;riques gr&#226;ce &#224; une strat&#233;gie de formation intensive dans les m&#233;tiers de l'ing&#233;nierie et de l'informatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isra&#235;l a transform&#233; l'innovation technologique en pilier de sa doctrine de s&#233;curit&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces nations ont compris une v&#233;rit&#233; simple :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la premi&#232;re infrastructure strat&#233;gique d'un pays est son capital humain ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le v&#233;ritable moteur de la souverainet&#233; num&#233;rique n'est pas la machine, car c'est l'intelligence qui la con&#231;oit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique doit aujourd'hui tirer toutes les cons&#233;quences de cette r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vrai d&#233;fi africain n'est pas uniquement technologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;ducatif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est scientifique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question centrale n'est donc plus seulement : Combien de kilom&#232;tres de fibre optique avons-nous install&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable question devient : Combien d'ing&#233;nieurs, de d&#233;veloppeurs, de chercheurs et de sp&#233;cialistes de haut niveau sommes-nous capables de former chaque ann&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le combat num&#233;rique du XXIe si&#232;cle sera avant tout une guerre mondiale des comp&#233;tences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nations qui domineront demain seront celles qui auront investi massivement dans :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'&#233;ducation scientifique ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la recherche ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'innovation ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les math&#233;matiques ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les sciences de l'ing&#233;nieur ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; et l'intelligence collective de leur jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette nouvelle &#233;conomie mondiale, les ressources naturelles ne suffisent plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le p&#233;trole du XXIe si&#232;cle est d&#233;sormais dans les cerveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique poss&#232;de pr&#233;cis&#233;ment ce que le monde recherche : une jeunesse massive, dynamique et profond&#233;ment connect&#233;e aux mutations num&#233;riques globales. D'ici 2050, le continent africain comptera pr&#232;s d'un quart de la population mondiale. Cette d&#233;mographie peut devenir soit un dividende historique, soit une vuln&#233;rabilit&#233; majeure. Tout d&#233;pendra de notre capacit&#233; &#224; transformer cette jeunesse en puissance de comp&#233;tences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Former des millions de jeunes Africains aux m&#233;tiers du num&#233;rique doit d&#233;sormais devenir une priorit&#233; continentale. Nous devons former des :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d&#233;veloppeurs ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; experts en cybers&#233;curit&#233; ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ing&#233;nieurs cloud ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; sp&#233;cialistes de l'intelligence artificielle ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; chercheurs ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; enseignants capables de transmettre ces savoirs aux g&#233;n&#233;rations futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela suppose &#233;galement une v&#233;ritable doctrine africaine de souverainet&#233; num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique doit investir davantage dans ses :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; universit&#233;s technologiques ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; centres de recherche ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; infrastructures cloud r&#233;gionales ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; politiques de cybers&#233;curit&#233; ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; langues num&#233;riques africaines ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; capacit&#233;s locales d'innovation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle doit &#233;galement renforcer les partenariats entre &#201;tats, universit&#233;s et secteur priv&#233; afin de cr&#233;er de v&#233;ritables &#233;cosyst&#232;mes technologiques continentaux, car un continent qui ne ma&#238;trise pas les comp&#233;tences li&#233;es aux technologies qu'il utilise ne contr&#244;le jamais totalement son destin num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique est aujourd'hui &#224; un tournant historique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; soit elle devient progressivement une puissance mondiale de comp&#233;tences, d'innovation et de cr&#233;ation technologique ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; soit elle demeure un immense march&#233; de consommation num&#233;rique d&#233;pendant des autres puissances mondiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix est d&#233;sormais politique, mais il est surtout civilisationnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le futur num&#233;rique africain ne se construira pas uniquement dans les datacenters, les minist&#232;res ou les infrastructures de t&#233;l&#233;communications, il se construira dans les :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#233;coles ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; universit&#233;s ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; laboratoires ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; biblioth&#232;ques ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; intelligences de la jeunesse africaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable souverainet&#233; num&#233;rique commence toujours par la souverainet&#233; du savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Philippe MEIYE, Analyste des enjeux num&#233;riques, &#233;ducatifs et strat&#233;giques africains, Ancien Directeur G&#233;n&#233;ral Adjoint de l'ANINF (Gabon), Docteur de l'Institut National Polytechnique de Grenoble (France).&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sp&#233;cialiste des infrastructures num&#233;riques, des technologies mobiles et des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.financialafrik.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Financial Afrik&lt;/a&gt;, 16 juin 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sp&#233;cialiste des infrastructures num&#233;riques, des technologies mobiles et des enjeux de&lt;br class='autobr' /&gt;
souverainet&#233; technologique en Afrique, Jean Philippe MEIYE d&#233;veloppe depuis plus de vingt&lt;br class='autobr' /&gt;
ans une r&#233;flexion et une exp&#233;rience de terrain autour de la transformation digitale, du capital&lt;br class='autobr' /&gt;
humain, de la cybers&#233;curit&#233; et des politiques publiques num&#233;riques africaines.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pionnier des services &#224; valeur ajout&#233;e mobiles au Gabon d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 2000, il a&lt;br class='autobr' /&gt;
particip&#233; &#224; plusieurs projets structurants li&#233;s aux infrastructures num&#233;riques, &#224; la digitalisation&lt;br class='autobr' /&gt;
des services publics, aux technologies GSM, au mobile banking, aux syst&#232;mes d'information et&lt;br class='autobr' /&gt;
aux plateformes num&#233;riques nationales. Ancien Directeur G&#233;n&#233;ral Adjoint de l'ANINF (Agence Nationale des Infrastructures Num&#233;riques et des Fr&#233;quences), il intervient r&#233;guli&#232;rement sur les questions de souverainet&#233; num&#233;rique, d'&#233;ducation technologique et d'autonomie strat&#233;gique africaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'IA &#224; l'&#233;cole : la promesse et le p&#233;ril</title>
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		<dc:date>2026-06-15T18:02:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'av&#232;nement de l'IA &#224; l'&#233;cole semble poser plus de pr&#233;judices qu'il n'en a cr&#233;&#233; de solutions, si l'on se soumet aux derni&#232;res hypoth&#232;ses factuelles formul&#233;es par les enseignants. Dans certains cas, les enseignants d&#233;plorent en effet l'absence de protocoles concernant l'utilisation des outils de l'IA dans les &#233;tablissements priv&#233;s ou publics, voire m&#234;me de concertations rigoureuses autour de cette probl&#233;matique. &lt;br class='autobr' /&gt;
En tant qu'enseignant, je soutiens en partie cette hypoth&#232;se r&#233;actionnaire de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-97-0395e.jpg?1781547107' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'av&#232;nement de l'IA &#224; l'&#233;cole semble poser plus de pr&#233;judices qu'il n'en a cr&#233;&#233; de solutions, si l'on se soumet aux derni&#232;res hypoth&#232;ses factuelles formul&#233;es par les enseignants. Dans certains cas, les enseignants d&#233;plorent en effet l'absence de protocoles concernant l'utilisation des outils de l'IA dans les &#233;tablissements priv&#233;s ou publics, voire m&#234;me de concertations rigoureuses autour de cette probl&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant qu'enseignant, je soutiens en partie cette hypoth&#232;se r&#233;actionnaire de certains de mes coll&#232;gues, m&#234;me si je ne partage pas dans son esprit l'id&#233;e de voir l'IA comme une &#233;nigme &#224; r&#233;soudre. Je fais partie de ceux qui croient fortement que les responsables scolaires devraient &#233;viter de consid&#233;rer les restrictions sur les appareils comme une solution compl&#232;te ; le probl&#232;me plus important est la fa&#231;on dont la technologie met en lumi&#232;re des hypoth&#232;ses obsol&#232;tes concernant l'enseignement, l'apprentissage et la conception des &#233;coles. Dans mon &#233;cole, les mat&#233;riels num&#233;riques sont autoris&#233;s en classe, en ce qui concerne les &#233;l&#232;ves bilingues par exemple. Mais les questions relatives &#224; l'utilisation de l'IA sont presque m&#233;connues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Face au surmenage et aux nombreuses t&#226;ches administratives, des &#233;tudes r&#233;centes r&#233;v&#232;lent que les enseignants sp&#233;cialis&#233;s, par exemple, se tournent vers l'IA pour obtenir de l'aide. Un nombre croissant d'&#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s utilisent l'IA pour cr&#233;er des plans &#233;ducatifs personnalis&#233;s. Malgr&#233; les risques, certaines recherches montrent qu'il pourrait am&#233;liorer la qualit&#233; du travail des enseignants. Certains &#233;ducateurs affirment m&#234;me qu'une partie de ce qui les fait se sentir surcharg&#233;s vient de la paperasse l&#233;galement requise en plus des t&#226;ches p&#233;dagogiques habituelles. Cette r&#233;alit&#233; caract&#233;rise en v&#233;rit&#233; mon quotidien d'enseignant dans la mesure o&#249; je fais face &#224; des nombreuses t&#226;ches administratives en plus des &#233;valuations courantes pour tester le niveau des &#233;l&#232;ves que j'encadre. Ce qui se fait parfois &#224; un rythme insoutenable. Et heureusement, l'IA demeure une solution &#224; mon &#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon une enqu&#234;te r&#233;cente du Center for Democracy and Technology (CDT), un organisme non partisan, 57 % des enseignants en &#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e interrog&#233;s aux Etats-Unis ont d&#233;clar&#233; avoir utilis&#233; l'IA pour aider &#224; &#233;laborer des plans individualis&#233;s pour leurs &#233;l&#232;ves pour l'ann&#233;e scolaire 2024-25. C'est une hausse par rapport &#224; 39 % l'ann&#233;e scolaire pr&#233;c&#233;dente. Le constat est que les enseignants en &#233;ducation utilisent de plus en plus l'IA pour aider &#224; r&#233;diger les objectifs d'apprentissage, suivre les progr&#232;s des &#233;l&#232;ves, synth&#233;tiser des donn&#233;es et cr&#233;er des supports d'apprentissage diff&#233;renci&#233;s, entre autres choses. Certains cr&#233;ent des chatbots personnalis&#233;s en les formant aux normes de leurs Etats respectifs, aux &#233;valuations et aux donn&#233;es actuelles, pourvu que ces outils soient tout de m&#234;me valid&#233;s par l'autorit&#233; comp&#233;tente ou le district pour faire face aux risques. Contrairement aux Etats-Unis, au S&#233;n&#233;gal les &#233;ducateurs &#224; travers le pays utilisent informellement des plateformes gratuites pour consommateurs comme ChatGPT et Claude pour faire leur travail, pendant que d'autres utilisent aux Etattts-unis des outils approuv&#233;s par les districts comme MagicSchool AI, Google Gemini et Playground IEP, entre autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'utilisation de l'IA suppose par ailleurs une certaine vigilance de la part de l'enseignant. Cela implique &#224; mon sens la responsabilit&#233; individuelle et le jugement critique. La production de l'IA doit toujours &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un premier brouillon n&#233;cessitant une &#233;valuation humaine rigoureuse, par-del&#224; la maitrise des prompts. S'il s'agit d'un parcours d'apprentissage accord&#233; &#224; un &#233;l&#232;ve sp&#233;cifiquement, pensons &#224; appliquer une liste de contr&#244;le d'individualisation avant de finaliser la d&#233;finition des objectifs. D'autres principes doivent &#233;galement guider cette nouvelle approche consistant &#224; faire un bon usage des outils de l'IA &#224; l'&#233;cole, sans oublier l'implication effective des parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comme l'affirment les chercheurs Olivia Fudge Coleman et Daniel Waterfield, &#171; les outils GenAI sont l&#224; pour rester, et lorsqu'ils sont utilis&#233;s de mani&#232;re responsable, ils peuvent aider &#224; all&#233;ger les charges bien r&#233;elles auxquelles font face les &#233;ducateurs. Cependant, ces outils ne remplaceront jamais l'expertise humaine, le jugement professionnel et l'engagement envers les &#233;l&#232;ves individuels qui sont au c&#339;ur de l'&#233;ducation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El Hadji THIAM, Professeur de fran&#231;ais dans les grandes &#233;coles, fondateur du Magazine num&#233;rique School +&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://letechobservateur.sn/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Techobservateur&lt;/a&gt;, 15 juin 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Souverainet&#233; technologique en Afrique : les angles morts des strat&#233;gies num&#233;riques nationales</title>
		<link>https://www.osiris.sn/souverainete-technologique-en-afrique-les-angles-morts-des-strategies.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;volution num&#233;rique a d&#233;j&#224; transform&#233; les soci&#233;t&#233;s contemporaines. Elle a modifi&#233; les modes de communication, de production, de consommation et d'acc&#232;s au savoir. Les smartphones, les plateformes num&#233;riques et les services financiers mobiles ont permis &#224; des millions d'Africains d'entrer dans l'&#233;conomie connect&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui relevait autrefois de la science-fiction est devenu r&#233;alit&#233;. Acheter un produit &#224; l'autre bout du monde, consulter un m&#233;decin &#224; distance, r&#233;server un voyage ou (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-98-52077.jpg?1781691977' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;volution num&#233;rique a d&#233;j&#224; transform&#233; les soci&#233;t&#233;s contemporaines. Elle a modifi&#233; les modes de communication, de production, de consommation et d'acc&#232;s au savoir. Les smartphones, les plateformes num&#233;riques et les services financiers mobiles ont permis &#224; des millions d'Africains d'entrer dans l'&#233;conomie connect&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui relevait autrefois de la science-fiction est devenu r&#233;alit&#233;. Acheter un produit &#224; l'autre bout du monde, consulter un m&#233;decin &#224; distance, r&#233;server un voyage ou travailler depuis n'importe quel continent est d&#233;sormais &#224; la port&#233;e de millions de personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, cette r&#233;volution, aussi impressionnante soit-elle, ne constitue que la premi&#232;re &#233;tape d'un changement beaucoup plus profond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'humanit&#233; bascule dans une nouvelle &#232;re de son histoire : c'est l'av&#232;nement des Technologies &#201;mergentes et Convergentes (TEC). D&#233;sormais, l'intelligence artificielle (IA), l'informatique quantique, les biotechnologies, les nanotechnologies et la blockchain ne progressent plus en silos, mais fusionnent en repoussant les fronti&#232;res de l'innovation vers l'infiniment petit. Elles cessent de calquer le monde r&#233;el pour reconfigurer en profondeur les constituants fondamentaux de la mati&#232;re (mol&#233;cules, atomes, quarks), les structures du vivant (g&#233;n&#233;tiques, cellulaires) et la composante moderne de la d&#233;cision (algorithmes et syst&#232;mes automatis&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des secteurs marchands, la convergence des TEC/NBIC : Nanotechnologies (l'infiniment petit), les Biotechnologies (le vivant), l'Informatique (l'IA et les donn&#233;es) et les sciences Cognitives (le cerveau), red&#233;finit radicalement les fondements m&#234;mes de l'administration et du service public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;gration des sciences cognitives et des algorithmes pr&#233;dictifs transforme l'appareil d'&#201;tat, faisant passer la bureaucratie traditionnelle d'une posture de gestion passive et r&#233;active &#224; une dynamique d'anticipation fine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse automatis&#233;e des donn&#233;es de masse permet d&#233;sormais de mod&#233;liser les besoins des citoyens en temps r&#233;el : l'allocation des ressources de sant&#233; s'anticipe avant l'&#233;mergence des crises sanitaires, la gestion des infrastructures urbaines devient fluide gr&#226;ce &#224; des capteurs intelligents et la prise de d&#233;cision publique s'affranchit des lourdeurs administratives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce service public de nouvelle g&#233;n&#233;ration, automatis&#233; mais centr&#233; sur l'humain, ne se contente plus de traiter des dossiers mais optimise l'action &#233;tatique pour offrir une gouvernance agile, transparente et hautement efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En omettant de th&#233;oriser cette mutation, les &#201;tats africains risquent de condamner leurs services publics &#224; une obsolescence structurelle face &#224; des usagers connect&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;calage face &#224; l'acc&#233;l&#233;ration mondiale se refl&#232;te directement dans nos strat&#233;gies nationales. Au S&#233;n&#233;gal, par exemple, le cadre d'orientation du &#171; New Deal Technologique &#187; t&#233;moigne d'une volont&#233; louable de modernisation. Cependant, cette feuille de route officielle s'illustre par une singuli&#232;re r&#233;serve vis-&#224;-vis de ces technologies &#233;mergentes et convergentes. En concentrant l'essentiel des efforts sur les infrastructures de base, les plateformes num&#233;riques, les datacenters et le cloud local, l'agenda public semble omettre que la puissance se joue d&#233;sormais aux fronti&#232;res de l'atome, du g&#232;ne et de l'intelligence pr&#233;dictive. Penser l'&#201;tat moderne sans doctrine sur le calcul quantique ou les nanotechnologies est une approche d&#233;connect&#233;e des r&#233;alit&#233;s de la puissance contemporaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette acc&#233;l&#233;ration in&#233;dite, le choix est donc binaire : l'Afrique veut-elle &#234;tre le consommateur passif de cette convergence ou le ma&#238;tre d'&#339;uvre de son destin technologique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les TEC red&#233;finissent d&#233;j&#224; l'ensemble de nos activit&#233;s : l'agriculture devient pr&#233;dictive, les cha&#238;nes logistiques s'autonomisent et les d&#233;cisions publiques s'appuient sur l'assistance algorithmique. Les transports se r&#233;inventent &#224; l'&#232;re de l'autonomie pendant que les r&#233;alit&#233;s virtuelles et augment&#233;es bouleversent les interactions humaines. L'informatique quantique offre une puissance de calcul hors norme, la blockchain s&#233;curise de nouveaux m&#233;canismes de confiance et de transaction, et les biotechnologies repoussent les limites du vivant &#224; travers l'&#233;dition g&#233;n&#233;tique et la m&#233;decine personnalis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le monde bascule d'une &#233;conomie de l'information (l'&#232;re d'Internet et du Big Data) vers une &#233;conomie de la pr&#233;diction et de la d&#233;cision automatis&#233;e (l'&#232;re des TEC et de l'IA).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur de cette transformation, l'IA s'impose comme le v&#233;ritable tissu conjonctif. Appliqu&#233;e aux nanotechnologies et &#224; la physique quantique, elle mod&#233;lise et pr&#233;dit le comportement des constituants fondamentaux de la mati&#232;re &#224; une vitesse inaccessible au cerveau humain. Dans le champ des biotechnologies, c'est encore l'IA qui analyse les structures g&#233;n&#233;tiques et cellulaires complexes &#224; l'image du repliement des prot&#233;ines ou du s&#233;quen&#231;age de l'ADN, acc&#233;l&#233;rant ainsi la recherche m&#233;dicale et le d&#233;codage du vivant. Enfin, conjugu&#233;e &#224; la puissance de calcul moderne, elle transforme radicalement les processus d&#233;cisionnels en mat&#233;rialisant cette transition historique qui fait basculer la simple gestion de l'information vers une capacit&#233; in&#233;dite de pr&#233;diction et d'automatisation des choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devenue omnipr&#233;sente, l'IA apprend, analyse, interpr&#232;te, anticipe et d&#233;cide dans un nombre croissant de secteurs, de la finance aux services publics, de la s&#233;curit&#233; &#224; l'&#233;ducation et l'administration. Cette &#233;volution repose sur un actif invisible mais d&#233;cisif : la donn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les donn&#233;es brutes deviennent information lorsqu'elles sont contextualis&#233;es, puis connaissance une fois assimil&#233;es et mobilisables. Int&#233;gr&#233;e par l'individu, cette connaissance devient un savoir. Or, dans ce nouvel ordre mondial, la ma&#238;trise du savoir conf&#232;re le pouvoir. Chaque interaction num&#233;rique produit une trace de donn&#233;e qui alimente un mod&#232;le, structurant &#224; son tour un syst&#232;me de d&#233;cision. Agr&#233;g&#233;es &#224; grande &#233;chelle, ces traces deviennent la force strat&#233;gique invisible sur laquelle les puissances technologiques b&#226;tissent leur domination : celui qui ma&#238;trise la donn&#233;e construit les mod&#232;les, oriente les d&#233;cisions et impose sa puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette concentration des donn&#233;es soul&#232;ve &#233;galement des enjeux majeurs de souverainet&#233;, de protection de la vie priv&#233;e et de s&#233;curit&#233; nationale. Pour de nombreux experts, la ma&#238;trise des donn&#233;es sera, au 21e si&#232;cle, ce que le p&#233;trole fut au 20e si&#232;cle : une ressource strat&#233;gique d&#233;terminante de la puissance des nations. Loin d'&#234;tre de simples &#233;volutions techniques, ces technologies reconfigurent les &#233;quilibres g&#233;opolitiques mondiaux. Pour les &#201;tats africains, l'enjeu n'est plus p&#233;riph&#233;rique : il est vital. Produire des donn&#233;es sans capacit&#233; locale de traitement, d'analyse et de valorisation revient &#224; alimenter des intelligences con&#231;ues ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; un point d'inflexion historique, l'Afrique dispose pourtant d'atouts r&#233;els et sous-estim&#233;s : population jeune, adoption rapide du mobile, succ&#232;s du paiement num&#233;rique et vitalit&#233; des hubs technologiques. Mais ces dynamiques reposent encore largement sur des technologies import&#233;es. Cette d&#233;pendance est structur&#233;e par une triple fracture : celle des infrastructures de connectivit&#233;, celle des comp&#233;tences avanc&#233;es en sciences et en ing&#233;nierie, et celle de la production technologique elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans rupture strat&#233;gique, le continent restera un terrain de consommation pour des outils pens&#233;s et gouvern&#233;s ailleurs. Le temps n'est plus &#224; l'adoption passive mais &#224; l'investissement dans les TEC. Mais, face &#224; des budgets publics serr&#233;s, l'Afrique doit briser la barri&#232;re financi&#232;re des milliards de dollars en d&#233;ployant des approches innovantes inspir&#233;es de la Strat&#233;gie Oc&#233;an Bleu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif est de b&#226;tir des Partenariats Public-Priv&#233; (PPP) strat&#233;giques et des consortiums r&#233;gionaux pour mutualiser les co&#251;ts avec les op&#233;rateurs t&#233;l&#233;coms, cr&#233;ant ainsi des infrastructures souveraines &#224; co&#251;t optimis&#233;. Imposer des m&#233;canismes contraignants et chiffr&#233;s : consacrer a minima 1 % de son PIB &#224; la recherche scientifique, cr&#233;er un Fonds Panafricain pour les Infrastructures de Calcul financ&#233; par une taxe sectorielle et imposer le stockage local de 100 % des donn&#233;es r&#233;galiennes. Cette exigence devra s'articuler avec souplesse &#224; l'&#233;chelle de l'Union Africaine pour partager les infrastructures de stockage, conciliant protectionnisme &#233;tatique et &#233;conomies d'&#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le S&#233;n&#233;gal poss&#232;de d&#233;j&#224; un atout majeur avec son supercalculateur national &#224; Diamniadio, mais cet outil puissant doit maintenant changer d'&#233;chelle pour devenir r&#233;gional. En s'associant avec 3 ou 4 pays voisins via le Fonds Panafricain, le S&#233;n&#233;gal peut transformer cette infrastructure en un hub de calcul partag&#233;. Financ&#233; par la taxe sur le num&#233;rique et des partenariats priv&#233;s, ce r&#233;seau r&#233;gional mutualisera les co&#251;ts de maintenance et d'&#233;nergie, s&#233;curisera les donn&#233;es d'&#201;tat et offrira une puissance in&#233;dite aux chercheurs et startups du continent, faisant du S&#233;n&#233;gal le moteur de cette souverainet&#233; partag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, l'Afrique est face &#224; un choix historique : la transition num&#233;rique actuelle ne doit pas &#234;tre un mirage qui masque de nouvelles d&#233;pendances. Sans une ma&#238;trise souveraine des infrastructures de calcul, de l'&#233;nergie et des technologies convergentes, le continent restera un simple consommateur de solutions pens&#233;es ailleurs. Pour devenir ma&#238;tre de son destin, l'Afrique doit oser la rupture strat&#233;gique et investir ses propres fondations de puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elhadji Wack NDiaye&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.socialnetlink.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Social Net Link&lt;/a&gt;, 14 juin 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les promesses et les limites de la souverainet&#233; des donn&#233;es en Afrique</title>
		<link>https://www.osiris.sn/les-promesses-et-les-limites-de-la-souverainete-des-donnees-en-afrique.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.osiris.sn/les-promesses-et-les-limites-de-la-souverainete-des-donnees-en-afrique.html</guid>
		<dc:date>2026-06-11T19:33:01Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En juin 2025, lors d'une audition sous serment devant une commission d'enqu&#234;te du S&#233;nat fran&#231;ais, le directeur des affaires publiques et juridiques de Microsoft France a admis que l'entreprise ne pouvait &#171; pas garantir &#187; la souverainet&#233; des donn&#233;es des clients fran&#231;ais en cas d'injonction l&#233;galement justifi&#233;e &#233;mise par un tribunal am&#233;ricain. &lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, en vertu du CLOUD Act de 2018, les autorit&#233;s am&#233;ricaines peuvent ordonner &#224; toute entreprise dont le si&#232;ge social est situ&#233; aux &#201;tats-Unis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-96-34830.jpg?1781206619' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En juin 2025, lors d'une audition sous serment devant une commission d'enqu&#234;te du S&#233;nat fran&#231;ais, le directeur des affaires publiques et juridiques de Microsoft France a admis que l'entreprise ne pouvait &#171; pas garantir &#187; la souverainet&#233; des donn&#233;es des clients fran&#231;ais en cas d'injonction l&#233;galement justifi&#233;e &#233;mise par un tribunal am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, en vertu du CLOUD Act de 2018, les autorit&#233;s am&#233;ricaines peuvent ordonner &#224; toute entreprise dont le si&#232;ge social est situ&#233; aux &#201;tats-Unis de leur remettre les donn&#233;es qu'elle contr&#244;le, quel que soit son emplacement ou la filiale qui la d&#233;tient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si un pays tel que la France, fort d'un r&#233;gime de protection des donn&#233;es parmi les plus aboutis au monde, ne parvient pas &#224; garantir que les g&#233;ants de la tech respectent sa souverainet&#233; en mati&#232;re de donn&#233;es, que peuvent esp&#233;rer des &#201;tats africains tels que le Nigeria, le Kenya ou l'Afrique du Sud ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question plane actuellement sur le continent, &#224; l'heure o&#249; les gouvernements africains adoptent des strat&#233;gies en mati&#232;re d'IA, et r&#233;glementent les flux de donn&#233;es. La loi nig&#233;riane sur la protection des donn&#233;es, promulgu&#233;e en 2023 et mise en &#339;uvre en mars 2025, a mis en place des protections solides, que le projet de loi du pays sur la souverainet&#233; num&#233;rique renforcerait s'il &#233;tait adopt&#233;. La loi kenyane de 2019 sur la protection des donn&#233;es s'est av&#233;r&#233;e efficace, les tribunaux kenyans ayant ordonn&#233; &#224; Worldcoin, l'entreprise de scan de l'iris cofond&#233;e par Sam Altman, de supprimer les donn&#233;es biom&#233;triques qu'elle avait scann&#233;es aupr&#232;s de centaines de milliers de Kenyans, et suspendu pour des raisons de souverainet&#233; un accord de partage de donn&#233;es de sant&#233; de 2,5 milliards de dollars avec les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pays ne sont pas les seuls &#224; agir. L'Afrique du Sud, l'&#201;gypte, le Rwanda, le Ghana et le S&#233;n&#233;gal ont tous pris des mesures en faveur de la protection num&#233;rique et de la gouvernance de l'IA. Adopt&#233;e en juillet 2024, la Strat&#233;gie continentale de l'Union africaine en mati&#232;re d'intelligence artificielle vise &#224; cr&#233;er une architecture r&#233;gionale coh&#233;rente pour int&#233;grer ces efforts nationaux (m&#234;me si elle demeure largement au stade des aspirations).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de s'efforcer p&#233;niblement de rattraper leur retard, les &#201;tats africains &#339;uvrent aujourd'hui activement pour leur autod&#233;termination num&#233;rique, en l&#233;gif&#233;rant sur des garde-fous relatifs &#224; la mani&#232;re dont les donn&#233;es des Africains sont collect&#233;es, stock&#233;es et utilis&#233;es. Seulement voil&#224;, quelle que soit la sophistication de leurs r&#233;glementations, ils se heurtent &#224; des obstacles structurels inh&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aspect particuli&#232;rement probl&#233;matique, les g&#233;ants de la tech &#8211; tels que Microsoft, Google, Amazon et Meta &#8211; qui contr&#244;lent l'infrastructure cloud dont d&#233;pend de plus en plus la vie num&#233;rique du continent sont des entreprises am&#233;ricaines disposant de filiales africaines, ce qui entrave l'application de la r&#233;glementation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; titre d'exemple, l'architecture r&#233;glementaire du Nigeria a rempli son r&#244;le lorsque la Commission f&#233;d&#233;rale de la concurrence et de la protection des consommateurs a inflig&#233; une amende de 220 millions $ &#224; Meta en juillet 2024 (confirm&#233;e par un tribunal en avril 2025) pour violation des lois locales sur la protection des consommateurs et des donn&#233;es. Cette amende n'a cependant pas &#233;t&#233; pay&#233;e. La filiale nig&#233;riane de Meta n'est pas parvenue &#224; r&#233;unir les fonds par ses propres moyens, tandis que la soci&#233;t&#233; m&#232;re am&#233;ricaine &#233;tait hors de port&#233;e des autorit&#233;s nig&#233;rianes charg&#233;es de l'application de la loi. (Il semble que Meta se pr&#233;pare &#224; contester l'amende devant la Cour d'appel, et que l'entreprise ait conclu un accord &#224; l'amiable avec les r&#233;gulateurs autour d'une sanction distincte.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souverainet&#233; nig&#233;riane sur Meta s'arr&#234;te &#224; la fronti&#232;re entre la filiale et la soci&#233;t&#233; m&#232;re &#8211; la m&#234;me fronti&#232;re que le CLOUD Act am&#233;ricain ignore &#8211; ce qui alimente un &#233;lan de construction d'infrastructures cloud souveraines. L'exp&#233;rience du Kenya r&#233;v&#232;le toutefois les limites des solutions architecturales de contournement. En 2024, Microsoft et G42 (avec le soutien du fonds souverain des &#201;mirats arabes unis), en collaboration avec le gouvernement kenyan, ont annonc&#233; leur intention de b&#226;tir un centre de donn&#233;es d'un milliard de dollars dans le pays. Ce projet a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; comme faisant partie d'une &#171; zone de donn&#233;es de confiance &#187;, au sein de laquelle les donn&#233;es en provenance d'autres pays seraient r&#233;gies par leurs lois respectives, en d&#233;pit de la localisation du stockage de ces donn&#233;es au Kenya.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, une localisation g&#233;ographique supervis&#233;e par des entreprises am&#233;ricaines n'a de souverain que le nom. Le centre de donn&#233;es kenyan, par exemple, fonctionnerait sur les services cloud Microsoft Azure, sachant que Microsoft d&#233;tient une participation minoritaire dans G42 et un si&#232;ge au conseil d'administration de la soci&#233;t&#233;. D'autres grandes entreprises qui fournissent des services de centres de donn&#233;es sur le continent, telles que Teraco et MainOne, ont &#233;t&#233; fond&#233;es par des entrepreneurs africains, mais appartiennent d&#233;sormais &#224; des soci&#233;t&#233;s am&#233;ricaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consciente de cette probl&#233;matique, la France a mis en place des solutions de contournement plus &#233;labor&#233;es : des coentreprises telles que Bleu et S3NS, dans le cadre desquelles les entreprises am&#233;ricaines fournissent la technologie mais ne d&#233;tiennent pas de participations majoritaires, qui fonctionnent comme des entit&#233;s juridiques fran&#231;aises, et qui forment une couche suppl&#233;mentaire entre les donn&#233;es fran&#231;aises et les soci&#233;t&#233;s m&#232;res am&#233;ricaines. Malheureusement, comme le sugg&#232;re l'enqu&#234;te du S&#233;nat fran&#231;ais, ces coentreprises ne r&#233;solvent pas enti&#232;rement le probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas d'&#233;chec des r&#233;glementations africaines. Le Nigeria, le Kenya et d'autres pays africains disposent d'une l&#233;gislation intelligemment con&#231;ue, et leurs organismes de r&#233;gulation d&#233;montrent une volont&#233; d'agir, tandis que l'UA a &#233;labor&#233; une vision strat&#233;gique. Le probl&#232;me r&#233;side en ce que la conception actuelle de la souverainet&#233; des donn&#233;es repose sur un sophisme : l'id&#233;e selon laquelle ce sont le lieu de stockage des donn&#233;es et les lois nationales s'y rattachant qui importent. En r&#233;alit&#233;, le facteur contraignant r&#233;side dans la localisation de la soci&#233;t&#233; m&#232;re qui supervise les donn&#233;es, et dans le gouvernement dot&#233; de l'autorit&#233; d'imposer ses r&#232;gles &#224; la soci&#233;t&#233; m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est par cons&#233;quent n&#233;cessaire que les gouvernements africains prennent trois mesures. Il leur faut premi&#232;rement concevoir un instrument continental qui interdise aux filiales immatricul&#233;es en Afrique de transf&#233;rer des donn&#233;es &#224; des gouvernements &#233;trangers en l'absence d'accord international, sur le mod&#232;le de l'article 48 du R&#232;glement g&#233;n&#233;ral de l'Union europ&#233;enne sur la protection des donn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, les dirigeants politiques doivent isoler les cat&#233;gories de donn&#233;es africaines les plus sensibles &#8211; num&#233;ros d'identification nationaux, informations bancaires, dossiers m&#233;dicaux et correspondances avec l'administration &#8211; au sein d'infrastructures construites et g&#233;r&#233;es par des entreprises d&#233;tenues &#224; 100 % par une soci&#233;t&#233; m&#232;re africaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il est n&#233;cessaire que la Zone de libre-&#233;change continentale africaine, dont les protocoles relatifs au commerce num&#233;rique sont encore en cours de n&#233;gociation, soit utilis&#233;e pour subordonner l'acc&#232;s des g&#233;ants technologiques aux march&#233;s africains au respect des dispositions relatives &#224; la souverainet&#233; du continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune de ces mesures ne sera facile &#224; adopter. Chacune exige un niveau de coordination que le continent n'a pas encore atteint. Pour autant, l'alternative consisterait &#224; accepter que les lois africaines sur la protection des donn&#233;es ne s'appliquent qu'aux entreprises locales, aux plateformes locales et aux courtiers en donn&#233;es locaux. Une souverainet&#233; qui s'arr&#234;te aux fronti&#232;res de l'Am&#233;rique des entreprises ne constitue pas encore une v&#233;ritable souverainet&#233;, mais seulement une promesse, dont l'accomplissement n&#233;cessite un changement structurel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samuel W. Ugwumba&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Samuel W. Ugwumba, chercheur principal invit&#233; au Max Planck Institute for (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et Jake Okechukwu Effoduh&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jake Okechukwu Effoduhest professeur adjoint &#224; la Lincoln Alexander School (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.lejecos.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Journal de l'&#233;conomie s&#233;n&#233;galaise&lt;/a&gt; 11 juin 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Samuel W. Ugwumba, chercheur principal invit&#233; au Max Planck Institute for Innovation and Competition est chercheur associ&#233; &#224; la Cat&#243;lica Global School of Law&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jake Okechukwu Effoduhest professeur adjoint &#224; la Lincoln Alexander School of Law de l'Universit&#233; m&#233;tropolitaine de Toronto.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au S&#233;n&#233;gal, la cyberviolence frappe femmes et enfants </title>
		<link>https://www.osiris.sn/au-senegal-la-cyberviolence-frappe-femmes-et-enfants.html</link>
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		<dc:date>2026-06-11T19:24:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Harc&#232;lement, diffusion d'images intimes, chantage num&#233;rique : les violences en ligne se multiplient au S&#233;n&#233;gal, et frappent d'abord les femmes et les enfants. Entre les cas recens&#233;s par la police et les plaintes r&#233;ellement d&#233;pos&#233;es, l'&#233;cart est vertigineux. Plong&#233;e dans une violence que le pays peine encore &#224; reconna&#238;tre. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 19 ans, Fatou a fait confiance &#224; la mauvaise personne. &#201;tudiante &#224; Dakar, elle avait partag&#233; des photos intimes ; il a suffi de quelques clics pour qu'elles circulent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-95-af318.jpg?1781206040' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Harc&#232;lement, diffusion d'images intimes, chantage num&#233;rique : les violences en ligne se multiplient au S&#233;n&#233;gal, et frappent d'abord les femmes et les enfants. Entre les cas recens&#233;s par la police et les plaintes r&#233;ellement d&#233;pos&#233;es, l'&#233;cart est vertigineux. Plong&#233;e dans une violence que le pays peine encore &#224; reconna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 19 ans, Fatou a fait confiance &#224; la mauvaise personne. &#201;tudiante &#224; Dakar, elle avait partag&#233; des photos intimes ; il a suffi de quelques clics pour qu'elles circulent sur WhatsApp, puis se retrouvent sous les yeux de ses camarades et de sa famille. Les insultes ont suivi. Elle a ferm&#233; ses comptes, mais les images, elles, n'ont jamais vraiment disparu. Trois ans plus tard, sortir de chez elle reste une &#233;preuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son histoire n'a rien d'exceptionnel. Au S&#233;n&#233;gal, elle est m&#234;me devenue banale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2025, la Commission de protection des donn&#233;es personnelles (CDP) a trait&#233; 456 dossiers, dont seulement 20 plaintes formelles. C'est cette poign&#233;e de cas que voient les responsables politiques et que lit le public. Mais cet &#233;cart dit surtout que la plupart des victimes ne portent jamais plainte, retenues par la honte et la peur d'&#234;tre jug&#233;es. Les proc&#233;dures de signalement restent peu lisibles, et le pays n'a toujours pas admis que les cyberviolences sont des violences &#224; part enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de la police, le tableau est tout autre. Depuis 2018, la division sp&#233;ciale de lutte contre la cybercriminalit&#233; a enregistr&#233; pr&#232;s de 5 000 dossiers li&#233;s &#224; la seule diffusion de vid&#233;os intimes sans consentement. S'y ajoutent le harc&#232;lement, l'usurpation d'identit&#233; et le chantage, sur TikTok, Facebook, WhatsApp, Instagram, Snapchat ou X.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les plus jeunes qui paient le plus lourd tribut. Une &#233;tude men&#233;e en 2025 par la CONAFE-SN, l'UNICEF et Save the Children aupr&#232;s de 1 149 enfants de 9 &#224; 17 ans est sans appel : 45,6 % d&#233;clarent avoir subi du cyberharc&#232;lement, pr&#232;s de 4 sur 10 ont &#233;t&#233; expos&#233;s &#224; des contenus inappropri&#233;s, et 40,3 % ont &#233;t&#233; confront&#233;s &#224; de la pr&#233;dation sexuelle en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re ces pourcentages, des enfants qui s'isolent d&#233;veloppent de l'anxi&#233;t&#233;, parfois des id&#233;es suicidaires. Le contexte amplifie le risque : le S&#233;n&#233;gal compte plus de 8 millions d'internautes, dont 70 % ont moins de 25 ans. Une jeunesse n&#233;e avec un smartphone &#224; la main, persuad&#233;e que les r&#233;seaux sont d'abord un espace de libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plateformes agissent &#224; leur &#233;chelle. Entre d&#233;but 2024 et la mi -2025, TikTok affirme avoir supprim&#233; plus de 2,5 millions de vid&#233;os au S&#233;n&#233;gal et interrompu plus de 16 000 sessions en direct pour violation de ses r&#232;gles. Des chiffres massifs, qui ne disent pourtant rien de tout ce qui continue de circuler sans jamais &#234;tre signal&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le S&#233;n&#233;gal dispose de lois, mais con&#231;ues pour un monde d'avant le num&#233;rique. Les forces de l'ordre manquent de formation, les magistrats peinent &#224; saisir des enjeux techniques mouvants, et les plateformes &#233;chappent largement &#224; tout contr&#244;le local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand une victime porte plainte, elle s'engage souvent dans un parcours d&#233;courageant. Les enqu&#234;teurs manquent de moyens, les preuves num&#233;riques sont difficiles &#224; r&#233;unir et les plateformes ne coop&#232;rent pas toujours ; beaucoup de proc&#233;dures s'enlisent sans jamais d&#233;boucher sur une condamnation. S'y ajoute une hi&#233;rarchie implicite des violences, o&#249; le harc&#232;lement en ligne p&#232;se moins lourd qu'un vol ou une agression physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle ministre de la Famille, Marie-Ang&#233;lique Mame Selb&#233; Diouf, a &#233;voqu&#233; une &#171; action sociale plus transformatrice &#187;. De quoi, peut-&#234;tre, inscrire enfin les cyberviolences &#224; l'agenda politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des voisins ont d&#233;j&#224; ouvert la voie, comme la C&#244;te d'Ivoire, avec son unit&#233; d&#233;di&#233;e &#224; la cybercriminalit&#233;, ou le Kenya, o&#249; des ONG interviennent directement dans les &#233;coles. Le S&#233;n&#233;gal commence lui aussi &#224; bouger : en f&#233;vrier 2026, la police a mis en ligne une plateforme nationale de signalement, signalementcyber.dgpn.sn, qui permet de d&#233;noncer une cyberinfraction de fa&#231;on s&#233;curis&#233;e et, au besoin, anonyme, avant d'&#233;ventuellement porter plainte. Encore faudra-t-il que les suites judiciaires suivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fatou a fini par trouver de l'aide aupr&#232;s d'une association. Elle a port&#233; plainte. Rien n'a abouti, mais elle dit avoir eu, pour la premi&#232;re fois, le sentiment d'&#234;tre entendue. Aujourd'hui, elle accompagne d'autres victimes et raconte son parcours. C'est peut-&#234;tre par ce refus du silence, plus que par les statistiques ou les lois, que le changement commencera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Sedar Ndiaye, Ecrivain, Enseignant-Chercheur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.dakaractu.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dakar Actu&lt;/a&gt;, 11 juin 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Paiements des jeux en ligne : MTN Mobile Money et Orange Money coupent les agr&#233;gateurs ; la question de l'op&#233;rateur unique refait surface. Nouvelle centralisation ?</title>
		<link>https://www.osiris.sn/paiements-des-jeux-en-ligne-mtn-mobile-money-et-orange-money-coupent-les.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.osiris.sn/paiements-des-jeux-en-ligne-mtn-mobile-money-et-orange-money-coupent-les.html</guid>
		<dc:date>2026-06-06T14:11:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier SAGNA</dc:creator>


		<dc:subject>Point de vue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La suspension des agr&#233;gateurs de paiement par MTN Mobile Money et Orange Money, &#224; la suite de la redirection des flux des jeux en ligne vers CINETPAY, souligne une question centrale : assiste-t-on au retour d'un op&#233;rateur unique dans le traitement des paiements du secteur des jeux en ligne ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le sujet n'est pas simplement technique. Il touche &#224; la coh&#233;rence de l'action administrative, &#224; la r&#233;gulation des flux financiers num&#233;riques, &#224; la concurrence entre agr&#233;gateurs et &#224; la s&#233;curit&#233; d'un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.osiris.sn/-2026-.html" rel="directory"&gt;2026&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.osiris.sn/+-point-de-vue-+.html" rel="tag"&gt;Point de vue&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.osiris.sn/local/cache-vignettes/L150xH150/point_de_vue-94-be52c.jpg?1780928068' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La suspension des agr&#233;gateurs de paiement par MTN Mobile Money et Orange Money, &#224; la suite de la redirection des flux des jeux en ligne vers CINETPAY, souligne une question centrale : assiste-t-on au retour d'un op&#233;rateur unique dans le traitement des paiements du secteur des jeux en ligne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sujet n'est pas simplement technique. Il touche &#224; la coh&#233;rence de l'action administrative, &#224; la r&#233;gulation des flux financiers num&#233;riques, &#224; la concurrence entre agr&#233;gateurs et &#224; la s&#233;curit&#233; d'un secteur expos&#233; aux risques de fraude, de sous-d&#233;claration et de blanchiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faits ant&#233;rieurs sont pourtant clairs. Par correspondance du Secr&#233;tariat G&#233;n&#233;ral de la Pr&#233;sidence de la R&#233;publique, les Tr&#232;s Hautes Instructions avaient conduit &#224; la reprise des activit&#233;s des op&#233;rateurs du secteur des jeux sans interm&#233;diation obligatoire d'INTOUCH.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le MINPOSTEL avait ensuite demand&#233; &#224; Mobile Money Corporation et &#224; Orange Money de r&#233;tablir le trafic des agr&#233;gateurs concern&#233;s, en rappelant que la suspension totale ou partielle de leur trafic pouvait contrevenir aux dispositions applicables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le MINAT avait lui-m&#234;me lev&#233; la mesure de centralisation, en indiquant que les entreprises agr&#233;&#233;es pouvaient d&#233;sormais exercer avec les partenaires librement choisis, sous r&#233;serve du respect des lois et r&#232;glements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette doctrine administrative reposait donc sur trois principes : fin de l'interm&#233;diation obligatoire, r&#233;tablissement des agr&#233;gateurs conformes et libert&#233; encadr&#233;e de choix des partenaires techniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, la redirection actuelle des flux vers CINETPAY semble produire l'effet inverse. En pratique, les paiements sont orient&#233;s vers un seul op&#233;rateur ; les agr&#233;gateurs pr&#233;c&#233;demment actifs sont coup&#233;s ou suspendus ; les op&#233;rateurs mobiles ex&#233;cutent une mesure qui aboutit &#224; une concentration des flux. Le nom de l'agr&#233;gateur change, mais le m&#233;canisme demeure : un acteur priv&#233; est plac&#233; au centre du dispositif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit donc pas seulement d'un m&#233;canisme de contr&#244;le. Il s'agit d'une centralisation de fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan r&#233;glementaire, une telle mesure doit &#234;tre strictement justifi&#233;e. Le contr&#244;le des chiffres d'affaires des jeux en ligne est l&#233;gitime. La tra&#231;abilit&#233; des transactions est n&#233;cessaire. La protection des recettes publiques est imp&#233;rative. Mais ces objectifs ne commandent pas automatiquement la d&#233;signation d'un op&#233;rateur unique. Ils peuvent &#234;tre atteints par des outils moins restrictifs : reporting obligatoire, interconnexion technique, API de supervision, audit des transactions, rapprochement automatis&#233; des flux, certification de s&#233;curit&#233;, transmission p&#233;riodique des donn&#233;es aux administrations comp&#233;tentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La centralisation exclusive expose le dispositif &#224; trois risques majeurs : un risque concurrentiel, en &#233;cartant brutalement des agr&#233;gateurs d&#233;j&#224; op&#233;rationnels et investis ; un risque op&#233;rationnel, en cr&#233;ant un point unique de d&#233;pendance pour l'ensemble des flux ; et un risque de conformit&#233;, d&#232;s lors que la concentration de paiements sensibles exige une diligence renforc&#233;e sur le profil, la s&#233;curit&#233; et les ant&#233;c&#233;dents de l'op&#233;rateur retenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de fond est donc simple : le dispositif vise-t-il r&#233;ellement &#224; contr&#244;ler les flux des jeux en ligne, ou &#224; conf&#233;rer &#224; CINETPAY une position d'op&#233;rateur central ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'absence de clarification, la mesure actuelle donne le sentiment d'une reconstitution du dispositif pr&#233;c&#233;demment &#233;cart&#233; : hier INTOUCH, aujourd'hui CINETPAY. Et demain ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paiements des jeux en ligne : MTN Mobile Money et Orange Money coupent les agr&#233;gateurs ; la question de l'op&#233;rateur unique refait surface. Nouvelle centralisation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marcel Aim&#233; Roland ENDAMEYO,&lt;br class='autobr' /&gt;
Expert des questions digitales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Source : &lt;a href=&#034;https://www.digitalbusiness.africa/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Digital Business Africa&lt;/a&gt;, 6 juin 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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