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Déclaration de la conférence de Midrand sur la Société de l’information et le développement (ISAD) (Midrand, 13-15 mai 1996)
mercredi
15 mai 1996
INTRODUCTION Le monde traverse une révolution nouvelle de très grande ampleur. Cette révolution changera pour toujours la manière dont nous vivons, travaillons, jouons, organisons nos sociétés et, en dernier ressort, dont nous nous définissons nous-mêmes. A la différence des révolutions technologiques antérieures qui étaient principalement axées sur l’énergie et la matière, ce bouleversement radical porte sur notre compréhension du temps, de la distance et du savoir. Cette révolution mène à la création de la Société mondiale de l’information. Toutefois, les défis posés par l’intégration des pays moins industrialisés du monde à la SMI sont énormes. Comme l’a fait observer M. Thabo Mbeki, le vice-Président sud-africain, dans son discours liminaire à la conférence du G7 sur la Société de l’information "Il y a davantage de lignes téléphoniques à Manhattan que dans toute l’Afrique sub-saharienne" et "la moitié de l’humanité n’a jamais téléphoné". M. Mbeki a invité le G7 et la CE à convoquer une conférence de suivi qui réunirait des groupes représentatifs du monde en développement ainsi que le G7 et l’UE afin d’échanger des vues sur des questions telles que la stratégie, le financement et la coordination internationale pour relever le défi de l’information et de la communication mondiales. Il a proposé que l’Afrique du Sud accueille cette initiative. La conférence sur la Société de l’information et le développement (ISAD) est le fruit de cette initiative. La conférence ISAD, qui s’est tenue à Midrand, en Afrique du Sud, sous les auspices du vice-Président sud-africain Thabo Mbeki, accueillait des délégués de 40 pays et de 18 organisations internationales. Les délégations étaient composées de ministres et de hauts responsables gouvernementaux, de PDG et d’autres participants du secteur privé ainsi que de représentants de la société civile. Cette conférence historique a atteint ses trois principaux objectifs qui étaient : UTILISER LES RESSOURCES DE LA SOCIETE DE L’INFORMATION POUR REPONDRE AUX BESOINS DU MONDE EN DEVELOPPEMENT Tandis que nous parlons d’une "société mondiale" de l’information, la réalité actuelle est inquiétante. L’écart technologique entre les pays moins avancés et les pays industrialisés du monde se creuse. La communauté internationale doit remédier à cette situation si nous voulons créer une société de l’information véritablement mondiale. En ce qui concerne la réalité présente, nous constatons les faits suivants : Mobiliser les investissements requis Le niveau d’investissements dans le développement des infrastructures de l’information dans les pays moins industrialisés est nettement insuffisant. Il est de la plus haute importance que les pays en développement soient en mesure de mobiliser les investissements nécessaires, notamment du secteur privé. Il est tout aussi important d’être capables de développer des réseaux qui permettront à l’ensemble de leur population d’avoir accès à l’infrastructure mondiale d’information et de participer à la SMI à des coûts abordables. En ce qui concerne la mobilisation des investissements requis pour le développement des infrastructures de l’information, nous constatons les faits suivants : Le nouveau paradigme techno-économique de l’économie mondiale est de plus en plus induit par les secteurs à forte intensité de savoir, utilisateurs de technologies de l’information et des communications. Ces secteurs économiques pourraient former la base d’industries, de produits et de services multimédias entièrement nouveaux, qui pourraient contribuer à attirer les investissements et à créer des emplois dans les économies nationales. En ce qui concerne l’emploi, le marché de l’emploi et le travail dans la SMI, nous constatons les faits suivants : La satisfaction des besoins essentiels, le développement des ressources humaines, la croissance économique, la création d’une culture de prestation efficace des services publics, la promotion d’une démocratie participative et la diffusion de cultures et d’idées différentes sont des défis qu’affrontent conjointement tous les pays du monde. Les nouvelles technologies de l’information et des communications, qui deviennent de plus en plus accessibles car leur coût ne cesse de baisser, pourraient aider les pays en développement à "sauter" des stades entiers de développement en mettant en place leurs propres infrastructures d’information et leurs applications. En ce qui concerne l’utilisation des ressources des technologies de l’information, nous constatons les faits suivants : La mise en place d’une infrastructure d’information et de communications avancée exige un climat d’investissements propice. Dans de nombreux pays, la création d’un tel climat pourrait nécessiter des modifications du cadre réglementaire et une restructuration économique visant à libéraliser davantage le secteur des télécommunications, ce qui élargirait le choix, améliorerait la qualité et l’accès. Pour attirer les investissements directs, les orientations réglementaires nationales doivent être transparentes et appliquées de manière cohérente. En ce qui concerne la mobilisation des investissements par des conditions réglementaires appropriées, nous constatons les faits suivants : La société de l’information a le potentiel d’améliorer la qualité de la vie de tous les participants. Toutefois, l’étendue et le rythme des améliorations du bien-être social et du développement économique dépendront fortement d’un environnement général favorable. Les avantages sociaux et sociétaux de l’infrastructure de l’information seront optimisés par une approche visant au plus haut niveau possible de participation. Le contraire mènerait à l’émergence de deux "classes d’information" pour les citoyens. Dans le monde en développement, le risque de créer une société à deux vitesses, où un seul groupe de la population aurait accès aux nouveaux réseaux, services et équipements, est même encore plus grand que dans les pays développés. En ce qui concerne les aspects sociaux et sociétaux de la SMI, nous constatons les faits suivants : Vision commune de l’enrichissement humain Les bénéfices potentiels d’une participation à la SMI sont attrayants et incluent notamment : un meilleur équilibre en matière de progrès social et économique entre les nations, la croissance de l’économie mondiale, la capacité de régler des problèmes de société communs, l’extension des progrès des valeurs démocratiques et le partage et l’accroissement de la créativité, des traditions et des identités culturelles. En ce qui concerne cette vision commune de l’enrichissement humain, nous constatons les faits suivants : Lancement d’un dialogue entre le monde développé et le monde en développement Comme toutes les sociétés, la SMI doit être édifiée sur un ensemble de règles communes, sur la tolérance, le respect de la diversité, des pratiques de collaboration et des efforts conjugués. Pour faciliter sa naissance, comme pour faire face à toutes les "mutations" majeures, il est nécessaire de surmonter les incertitudes et les ruptures. Bien que la SMI rapproche les différentes parties du monde, les disparités existantes en matière de développement social et économique deviennent plus apparentes et les difficultés qu’elles engendrent s’aggravent. En ce qui concerne le lancement d’un dialogue entre le monde développé et le monde en développement, nous constatons les faits suivants : Les pays développés et en développement devraient se mettre d’accord sur des principes de coopération dans la SMI. Une étroite collaboration au plus haut niveau assurera l’instauration et le développement efficaces d’une société de l’information véritablement "mondiale", et permettra d’éviter une marginalisation de certains pays par suite de cette inévitable révolution. tout en Les participants ont salué la contribution apportée par les représentants de la société civile et les dirigeants économiques aux débats de la conférence. Ils ont à nouveau souligné la nécessité d’une coopération et d’un partenariat entre les secteurs public et privé pour atteindre les objectifs communs. Les présentes conclusions de l’ISAD sont fondées sur un engagement de veiller à ce que le développement de la Société mondiale de l’information bénéficie à l’humanité toute entière. |