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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2004 > Février > Microsoft s’installe au Sénégal : la guerre aux « pirates d’en haut » est (…)

Microsoft s’installe au Sénégal : la guerre aux « pirates d’en haut » est déclarée

lundi 16 février 2004

Piratage

Microsoft vient s’installer au Sénégal avec un ton surtout belliqueux en direction des pirates d’en haut. Pour ce géant de l’informatique, il n’est pas question de « s’installer dans l’anarchie de la contrefaçon, du laisser-aller et du laisser-faire. » Toutes choses qui freinent le développement économique, culturel et social.

« Un ordinateur sur chaque bureau et dans chaque foyer. » Bill Gates a formulé ce voeu lorqu’il a lancé Microsoft en 1976. S’il ne l’est pas déjà absolument dans les pays développés, ce voeu est en tout cas en passe d’y devenir une réalité entière. En témoignent la formidable avancée technologique et son corollaire, l’expansion de l’Internet. Seulement voilà : ce boom n’est pas sans engendrer des effets pervers qui troublent le sommeil de Microsoft, ce géant de l’informatique. Entre autres, la piraterie des logiciels. Si donc Bil Gates avait à coeur de démocratiser l’outil informatique, il a bien été pris au mot. Mais pas à la lettre puisqu’« on estime qu’en Afrique de l’Ouest 9 logiciels sur 10 sont des logiciels piratés, contrefaits. » Et Moussa Touré, le représentant de Microsoft au Sénégal de révéler que rien que dans ce pays, la côte d’alerte atteint les 90%.

Demain, mardi 17 février, Microsoft va procéder à la cérémonie de son installation officielle au Sénégal. A cet effet, Franck Jacquard, le directeur général de Microsoft Afrique de l’Ouest et du Centre, a convié les journalistes à un déjeuner de presse. Cette rencontre-là s’inscrit dans le cadre du schéma stratégique global de Microsoft qui fait de la lutte contre le piratage de ses logiciels et de ses produits, au Sénégal et en Afrique, une priorité. Et Microsoft d’annoncer, par le choix d’un cabinet d’avocats composé de spécialistes en Propriété intellectuelle sa « décision ferme et irrévocable d’aller en guerre contre les pirates, et d’adopter la politique tolérance zéro en matière de contrefaçon. » Par ailleurs, « nous avons reçu mission de traquer, poursuivre et traîner devant les juridictions compétentes tout contrefacteur de produits Microsoft » a martelé Me Cheikh Fall, membre de ce collectif au cours de la première rencontre avec la presse le jeudi 12 février. C’était à l’occasion du séminaire d’information de Microsoft sur la protection de ses logiciels, organisée sous l’égide du Bureau sénégalais du droit d’auteur (Bsda). Les sanctions auxquelles s’exposent les pirates et les contrefacteurs vont de l’« emprisonnement » à la « fermeture de l’établissement », en passant par des « sanctions civiles en dommages-intérêts » Le ton était surtout belliqueux en direction des pirates d’en haut, c’est-à-dire ceux qui gèrent les grandes structures, particulièrement les segments intermédiaires que sont les Petites et moyennes entreprises (Pme - Pmi). L’on note ainsi qu’avant même de s’installer, Microsoft fait dans la menace. Parce que, pour ses représentants, il n’est pas question de « s’installer dans l’anarchie de la contrefaçon, du laisser-aller et du laisser-faire. » Toutes choses qui freinent le développement économique, culturel et social. A la rencontre d’information du jeudi dernier, n’ont pas été conviés les acteurs dans les domaines des métiers de la musique, des arts et de la culture en général. Ailleurs, les dégâts informatiques font rage dans ces domaines. Ici, ils sont (encore) dans l’ordre de l’épiphénomène, voire du résiduel.

Félix NZALE

(Source : Sud Quotidien 16 février 2004)

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