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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2011 > Octobre > Les challenges de Money Express

Les challenges de Money Express

jeudi 13 octobre 2011

Fintech

Avec l’introduction de Money Express à la Bourse de Paris, le 29 septembre, son directeur général Ababacar Seck concrétise un rêve. Et, déjà, il ambitionne de faire de la start-up une multinationale.

Ababacar Seck a de quoi prendre de la hauteur : du haut de ses 2,03 m, il dirige la première entreprise sénégalaise- et troisième africaine - cotée à la Bourse de Paris. « Cette cotation est comme un rêve devenu réalité », raconte-t-il. La société de transfert d’argent Money Express (315 millions d’euros transférés en 2010), filiale du groupe Chaka, de Meïssa Ngom, a introduit avec succès, le 29 septembre, 25 % de son capital sous la forme de 1 million d’actions à 14 euros. Dans un second temps, elle augmentera son capital de 2,8 millions d’euros, à travers l’émission de 200 000 titres. Promesse - qui n’engage que celui qui y croit : 25 % de croissance par an sur les cinq prochaines années...

Ce rêve, Ababacar Seck, 46 ans, le mûrit depuis son arrivée au poste de directeur général, le 31 décembre 2009. « Nous avons beaucoup travaillé pour réorganiser la structure, revoir la stratégie, poursuivre le développement et renforcer les ressources humaines. » Un challenge qu’il accepte sans hésiter lorsque Meïssa Ngom fait appel à lui en 2008. « J’aime la compétition », assure l’ancien basketteur.

Passage aux ICS

Après une enfance passée dans les casernes de l’armée sénégalaise, au gré des mutations de son père militaire, il s’inscrit à l’université Cheikh-Anta-Diop de Dakar, puis s’investit dans l’humanitaire auprès d’ONG spécialisées dans la santé. Il crée finalement une start-up dans les télécoms... sans plus de succès. Il se dirige alors vers le Centre africain d’études supérieures en gestion (Cesag), où il obtient un MBA de finance et dont il deviendra, plus tard, professeur en gestion de trésorerie.

À sa sortie en 2002, les Industries chimiques du Sénégal (ICS) lui ouvrent leurs portes. À charge pour lui de gérer les taux de change de la plus grande unité industrielle sénégalaise, qui exporte 90 % de sa production de phosphate. Un tremplin professionnel qui lui permet aussi de peaufiner ses ambitions. Destination les États-Unis, à la Boston University, où il décroche un diplôme de management des entreprises. Instable ? « Parcours atypique », corrige-t-il. Après s’être cherché, il semble enfin avoir trouvé sa voie.

C’est à cette période que les ICS commencent à toucher le fond du trou. Accusant des déficits abyssaux (jusqu’à 300 millions d’euros en 2006), empêtré dans des affaires de mauvaise gestion et de corruption, le fleuron public est au bord du dépôt de bilan. « Je regardais tout ça depuis Boston, se souvient l’ancien trésorier. Je me suis demandé si j’allais rentrer. L’envie de m’investir dans mon pays et d’aider les ICS à se sortir de ce mauvais pas a été plus forte. »

Retour en 2006, donc. Alors qu’il occupe l’un des postes clés de l’entreprise, il assiste, impuissant et frustré, au rachat deux ans plus tard de l’entreprise publique par l’indien Iffco. Les ICS sont saines et sauves, mais Ababacar Seck ne peut se résoudre à devenir un simple exécutant, sans aucune marge de manœuvre, et quitte l’entreprise. Sa rencontre avec Meïssa Ngom, via le comptable de ce dernier - un ami commun -, est décisive.

« Une pépite »

Il trouve chez Money Express, créé six ans plus tôt, son nouveau challenge. « J’ai tout de suite vu que Money Express était une pépite », explique-t-il. Si la taille de cette start-up est sans commune mesure avec celle des ICS, les ambitions du directeur général sont infinies. « Cette introduction en Bourse doit nous permettre de nous développer à travers le monde, assure-t-il, exalté. Nous avons toutes les cartes en main, dont une technologie qui nous appartient... Money Express est une entreprise africaine qui a vocation à devenir une multinationale ! » Un autre rêve qui pourrait presque donner le vertige.

Michael Pauron

(Source : Jeune Afrique, 13 octobre 2011)

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