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Accueil > Ressources > Points de vue > 2011 > Y-a-t-il un « cadavre » dans les placards de la Sonatel ?

Y-a-t-il un « cadavre » dans les placards de la Sonatel ?

lundi 29 août 2011

Point de vue

Le lourd dossier sur la surtaxe des appels entrants offre l’image d’un feuilleton à plusieurs rebondissements, dont les principaux acteurs sont l’Etat du Sénégal et la Sonatel. Après l’annulation par l’Armp, le jour de la Korité de l’année dernière, du marché de contrôle des appels entrants accordé à Global Voice, on vit un revirement spectaculaire depuis le 24 août 2011.

Le chef de l’Etat, en partance pour la Mecque, a signé le décret pour l’application de la surtaxe des appels entrants au Sénégal. Plus de concession sur cette question, semble dire l’Etat. Expresso et Tigo ont, de leur côté, accepté d’appliquer sans rechigner la volonté de l’Etat du Sénégal. En France, le Gouvernement de François Fillon a appliqué cette surtaxe sur les appels entrants, sans anicroche. Pourquoi au Sénégal, les « Sonateliens » veulent-ils mener une guérilla médiatique avec le choix de Me El Hadji Diouf, candidat déclaré à la prochaine Présidentielle de 2012, comme avocat ? Pourquoi autant d’agitations et d’activismes sans rendement ?

Ce que « France Télécom » n’a pas fait en France contre le Gouvernement français, elle entend le faire au Sénégal, en poussant les travailleurs de la Sonatel à affronter leur propre Gouvernement, leur propre Etat, leur propre pays. Le Gouvernement français, actionnaire à « France Télécom », a collecté, en 2010, 400 millions d’euros sur la surtaxe des appels entrants. Faites la conversion en FCFA (1 euro = 680 FCFA) et vous constaterez les sommes engrangées par l’Etat français.

Cette fois-ci, le blocage du réseau ne sera pas sans conséquences. Comme c’était le cas avec la Senelec et ses nombreux délestages, les populations pourraient être tentées de saccager les Agences de la Sonatel -ce qui n’est pas souhaitable-, s’il y a un sabotage volontaire du réseau. La bataille, c’est entre l’Etat du Sénégal et la Sonatel, et non entre cette société et les clients.

En Guinée, Orange a accepté du Gouvernement d’Alpha Condé cette surtaxe. Et dans son rapport financier 2010, Orange Guinée a fait des bénéfices de plusieurs milliards de FCFA. Pourquoi refuser la surtaxe au Sénégal. Que cache-t-on ? Y-a-t-il un « cadavre » dans les tiroirs de la Sonatel ?

En vérité, les arguments aériens et légers exposés par les syndicalistes de la Sonatel ne résistent à aucune réflexion critique sérieuse et rigoureuse. Faux ! Cette surtaxe ne menace guère le chiffre d’affaires de la Sonatel. Si tel était le cas, les chiffres d’affaires de « Orange Guinée » allaient baisser. Ce qui n’est pas le cas. Au contraire !

Les emplois ne seront pas non plus affectés, car l’Etat du Sénégal n’a pas baissé le coût fixé par la Sonatel. Il a tout simplement ajouté 49,20 FCFA sur le coût initial fixé par la Sonatel.

L’argumentaire qui consiste à dire que les émigrés vont payer le téléphone plus cher est fallacieux et perfide. En réalité, le volume d’appel des émigrés est négligeable face aux ambassades, aux organismes internationaux, aux banques, aux multinationales et aux hommes d’affaires qui appellent au Sénégal à partir de l’étranger.

Au dernières nouvelles, la Sonatel ne s’opposerait plus au décret. Mais son souci est accentué par le système de contrôle technique des déclarations qui sera mis sur pied. Le Directeur général de cette société, Cheikh Tidiane Mbaye, à la tête de l’entreprise depuis 21 ans, a compris qu’il ne peut plus échapper à un contrôle technique des déclarations faites sur le nombre effectif de minutes d’appels.

Mouth Bane

(Source : Le Senegalais, 29 août 2011)

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