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Octroi d’une licence d’exploitation au géant nigérian des télécommunications : L’Etat « gifle » Sonatel pour Globacom

mercredi 2 juin 2010

Licences de télécommunications

L’Etat du Sénégal a octroyé une licence d’exploitation au géant nigérian Globacom. La convention signée lundi dernier a été ressentie comme une gifle par la Sonatel. En plus de plusieurs services dans les communications internationales, la licence Globacom inclut une exploitation du réseau internet. La concurrence sera rude, puisque pour 800 millions de dollars, la société nigériane vient d’acquérir un câble sous-marin révolutionnaire. Seule bizarrerie, l’Etat a comme qui dirait « contourné » l’Agence de régulation des télécommunications et des postes dans la procédure.

L’affaire a été accueillie comme une gifle, du côté surtout de la Sonatel. Selon des sources autorisées, l’Etat du Sénégal a octroyé une licence d’exploitation à Globacom Afrique, le géant nigérian des télécommunications. Le contrat a été finalisé lundi dernier entre les responsables de cette société et le ministre d’Etat, ministre des Finances, Abdoulaye Diop. Même si du côté des Finances on se refuse à révéler le montant de cette transaction, on précise que si « l’Etat a signé, c’est parce qu’il y aura beaucoup de retombées ». Comme le confirment d’ailleurs des sources très sûres, « Sonatel a mal pris cette nouvelle ». En effet, la licence de Globacom inclut aussi l’exploitation de l’internet haut débit, en plus d’autres opportunités. Ce qui va casser le monopole détenu jusque-là par Sonatel, et Sudatel dans une moindre mesure.

Le moins que l’on puisse dire est que cette convention qui lie l’Etat à Globacom est entourée du plus grand mystère. Des sources autorisées renseignent que l’Agence de régulation des télécommunications et des postes (Artp) n’a été associée ni aux négociations, ni à la signature du contrat qui a eu lieu lundi dernier en présence du ministre des Télécommunications, Abdourahim Agne. Les opérateurs déjà en place seront en tout cas sérieusement « affaiblis », à défaut de chercher des voies et moyens pour « faire face » à ce redoutable concurrent, qui va poser ses valises au Sénégal. En effet, Globacom a récemment acquis pour 800 millions de dollars un câble sous-marin Glo 1 (de 640 gigabytes par seconde) de 9800 km. Cet ouvrage technologique, installé par la société française Alcatel-Lucent Technologies, part du Royaume-Uni et passe par la Mauritanie, le Maroc et 16 pays d’Afrique de l’Ouest avec une extension prévue sur New York. Aussi, la licence Sénégalaise permettra à Globacom de mettre à terre son câble sous-marin gigantesque trans-atlantique dans les pays d’Afrique de l’Ouest. Elle donnera aussi au géant Nigérian le droit de transporter du trafic pour les opérateurs principaux, le gouvernement et les clients grossistes. En plus d’une capacité de transmission qui offre l’Internet haut débit et des services à large bande. En outre, avec la licence sénégalaise, le câble sera en mesure de fournir des services de transport international pour les opérateurs télécoms. La société qui a des commutateurs de passerelle en dehors du continent est actuellement un acteur majeur dans l’industrie mondiale des télécommunications. Avec sa nouvelle infrastructure, Globacom va améliorer le déploiement sur la terminaison d’appels vers les téléphones des abonnés, réduire les taux d’échec de l’appel ainsi que le coût des appels internationaux non seulement au Sénégal, mais aussi dans tous les marchés où il opère. Le géant, outre le Nigeria, est aussi présent au Ghana, au Bénin et en Côte d’Ivoire. La société a commencé ses opérations au Nigeria en août 2003. En 2007, elle a été primée meilleure entreprise africaine des télécommunications.

Cheikh Mbacké Guissé

(Source : L’As, 2 juin 2010)

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