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Bibliothèques nationales africaines et NNTIC : Les professionnels " cataloguent " les besoins
vendredi 9 mai 2003


Organisé à l’Ecole des bibliothécaires, archivistes et documentalistes (Ebad) du 5 au 7 mai, le colloque sur Les bibliothèques nationales en Afrique francophone subsaharienne au XXIe siècle a mis l’accent sur l’urgence d’une politique disante et articulée qui, à l’heure des nouvelles technologies, permettrait de mieux promouvoir la culture et le savoir.

Trois jours durant, chercheurs, universitaires, professionnels de l’information documentaire venus d’Afrique et d’Europe ont réfléchi autour des difficultés liées au milieu des bibliothécaires, archivistes et documentalistes. Ces difficultés inscrites à l’ordre du jour du colloque qui s’est achevé avant-hier (du 5 au 7 mai) ont été pointées après que les participants ont préalablement répondu à des questionnaires ayant permis de les identifier.

Il en est ressorti entre autres, l’"irrégularité de la Bibliographie nationale" (Bn), l’"absence de coordination entre ces Bn et les autres bibliothèques", l’"absence de numérisation"... Au centre des débats, également, "une meilleure prise en charge de la gestion de l’information documentaire et du patrimoine des bibliothèques dans les états africains". De même que les nouvelles technologies de l’information et de la communication, "outil formidable pour faire des économies sur les ressources documentaires."

Les communications ont suscité des discussions intéressantes. Ce fut le cas du thème sur "L’informatisation des bibliothèques : le point de vue d’un fournisseur de Système Intégré de gestion de bibliothèque" qui a permis d’attirer l’attention des participants sur le fait que l’informatisation des bibliothèques nationales en Afrique en général, ne devrait pas être une fin en soi. Mais plutôt un moyen pour rendre plus performants les services offerts par ces bibliothèques.

Les participants au colloque ont travaillé sur les réalités pratiques en ce qui concerne les Bn. L’assistance dans sa majorité, a insisté sur la volonté politique qui doit être soutenue par une mobilisation sociale avec, en première ligne, les professionnels et les utilisateurs. Par ailleurs, il a été proclamé au terme du colloque que "la capacité des professionnels à concevoir des politiques d’information cohérentes à l’endroit de la société civile et des décideurs est une garantie de réussite."

Il est vrai que plusieurs rendez-vous de ce genre ont été organisés. Mais, selon les panélistes, ce colloque-ci "ne doit pas rester lettre morte". Aussi ont-ils sur eux, pris l’engagement de " relever le défi du suivi ". Selon Mariétou Diongue Diop, directrice du Livre et de la lecture publique, l’impératif du suivi tient de la nécessité de "développer par ailleurs une stratégie en matière de diffusion sous toutes ses formes" qui participerait de l’"émancipation culturelle et intellectuelle de tout le peuple africain".

Comment assurer les missions fondamentales des bibliothèques nationales ? C’était la mission majeure que s’était fixée le colloque dans sa réflexion. Les organisateurs se sont donné le délai d’un mois pour diffuser les recommandations et les actes du colloque auprès des instances internationales et des autorités de tutelle. Ils espèrent que ces dernières s’inscriront dans les bonnes dispositions pour la mise en place d’un plan d’urgence en ce qui concerne les bibliothèques nationales, la prise en charge de la formation des personnels des Bn, la conservation et la préservation du patrimoine des Bn, mais surtout une politique franche en ce qui concerne les ressources et les besoins des bibliothèques nationales.

Mariama Badji

(Source : Sud Quotidien 9 mai 2003)