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Bientôt un second opérateur global de téléphone : De la forte concurrence en vue pour la Sonatel et Sentel

samedi 27 mai 2006

Privatisation/Libéralisation

L’Etat du Sénégal a décidé de lancer un appel d’offres international pour l’obtention d’une licence globale de télécommunications. Ce sera une licence destinée à l’exploitation pour le fixe, pour le mobile, pour l’international et pourquoi pas pour l’Internet. C’est pourquoi on ne parle plus de troisième opérateur sur le mobile ou de second opérateur pour le fixe, mais plutôt d’un second opérateur global. La précision est d’Issa Isaac Sissoko, conseiller juridique, directeur administratif et des Ressources humaines de l’Agence de régulation des télécommunications et des postes (Art). ‘C’est un abus de langage quand les gens parlent d’un troisième, mais il s’agit en réalité d’un second opérateur global capable de concurrencer l’opérateur historique qu’est la Sonatel sur le fixe, le mobile, l’Internet’, précise le représentant de l’Art. Selon M. Sissoko, cette libéralisation vise à booster la concurrence au profit des consommateurs qui verront l’arrivée de nouveaux produits et la proposition de nouveaux services. ‘Ce qui occasionnera la baisse des tarifs’, ajoute-t-il.

Le directeur administratif et des Ressources humaines de l’Art s’exprimait hier, à l’occasion du Média dialogue organisé par le Programme Catia et l’Institut Panos. A cette rencontre, étaient présents les représentants des deux opérateurs Sonatel et Sentel, les associations consuméristes (Ascosen et Sos Consommateur) et les journalistes qui viennent de subir une formation de trois jours dans les domaines des technologies de l’information et de la communication. Lors de ce débat, il s’agissait pour les professionnels des médias de recueillir l’avis des différents acteurs sur les conséquences de l’arrivée d’un troisième opérateur, disons plutôt d’un second opérateur global sur le marché des télécommunications au Sénégal.

Depuis le 19 juillet 2004, l’Etat du Sénégal a décidé de libéraliser le secteur des télécommunications, ce qui s’est traduit par l’arrivée de Sentel comme second opérateur du réseau Gsm. Mais depuis deux ans, le débat tourne autour de l’arrivée d’un second opérateur. ‘Actuellement, on est en plein dans la préparation du projet de cahier de charges. Il reste certaines validations à faire au niveau de la présidence pour que l’appel d’offres soit lancé’, note Issa Isaac Sissoko. Trois cabinets ont été commis pour accompagner cet appel d’offres international. Il s’agit de Golman Sachs, de Clifford Chance et de Mc Kinsey.

Mais les avis ne sont pas toujours partagés quant à l’arrivée de second opérateur global dans le secteur des télécommunications. Si au niveau de l’opérateur historique qu’est la Sonatel, on ne raccroche pas au nez du second opérateur global, la ligne semble, en revanche, brouillée avec Sentel quand bien même on y souligne que la question de l’attribution d’une seconde licence globale ne pose pas de difficultés, puisque ‘la concurrence existe déjà au bénéfice des consommateurs’. Seulement, son directeur général, M. Lee ne peut manquer de s’interroger : ‘Avec l’arrivée de ce nouvel opérateur, on ne sait pas si on voudrait créer une concurrence à trois sur le mobile, ou si on veut concurrencer l’opérateur historique sur le fixe et le mobile, l’International’. Pour lui, il serait plus judicieux d’ouvrir une licence pour le fixe à Sentel afin de mettre sur le marché deux opérateurs globaux. A ce titre, Sentel n’exclut pas d’élargir ses services notamment pour le fixe, d’autant plus que les textes ne l’excluent pas de cet appel d’offres. ‘Ce second opérateur global devrait commencer par la Sentel elle-même’, ajoute Saër Niang, directeur des Ressources humaines et de la Réglementation de Sentel.

Du côté de la Sonatel, on est prêt à faire face à la concurrence qui découlerait de l’attribution d’une seconde licence pourvu qu’elle soit assez loyale. ‘Nous sommes prêts à faire face à l’arrivée d’un second opérateur global sur le marché. La Sonatel a les moyens financiers et techniques de préserver ou de renforcer sa part de marché’, note Hyacinthe Sarr, responsable de la réglementation à la Sonatel.

Pour les associations consuméristes, l’arrivée d’un second opérateur global ne peut qu’être bénéfique pour les usagers qui expriment leur droit à un service de qualité et à des prix abordables.

Au cours des débats, l’Art a été souvent accusée de partialité ou de complicité avec la Sonatel. ‘Parler de complicité entre la Sonatel et l’Art est un peu trop’, déplore Issa Isacc Sissoko qui estime que l’agence de régulation se trouve à égale distance des différents opérateurs. Reconnaissant qu’une partie du personnel de l’Art vient de la Sonatel, le conseiller juridique et directeur des Ressources humaines de l’Art précise qu’aucun membre du personnel de l’Art ne détient actuellement des actions à la Sonatel.

Ce débat a été l’occasion de revisiter les dysfonctionnements du réseau et les différents désagréments que subissent les usagers sur le Gsm. Et ce fut pour entendre les associations de consommateurs déplorer le comportement de ‘masla’ des Sénégalais. ‘Même si c’est pour 1 000 F de crédit, il faut défendre le principe’, martèle Momar Ndao de l’Ascosen. ‘Le problème, c’est que la plupart des consommateurs ne connaissent pas le produit qu’ils ont devant eux’, ajoute Mamadou Kâne de Sos Consommateur.

Issa NIANG

(Source : Wal Fadjri, 27 mai 2006)

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