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Déclaration finale de la conférence régionale africaine préparatoire au SMSI de Bamako (28-30 mai 2002)
vendredi
31 mai 2002
La Conférence Régionale Africaine Préparatoire au Sommet Mondial sur la Société de l’Information (SMSI) s’est tenue à Bamako, Mali, du 28 au 30 mai 2002, au Palais des Congrès. Ont participé à cette conférence, les délégations de 51 Etats africains, du secteur privé et de la société civile africaine de nombreux Etats étrangers, des représentants d’organisations internationales africaines et internationales. Les discours d’ouverture ont été prononcés le Président de la République du Mali, Son Excellence, Monsieur Alpha Oumar KONARE et par le Président de la République du Sénégal, Président en exercice de la CEDEAO, Son Excellence Monsieur Abdoulaye WADE. Le Secrétaire Général des Nations unies, M. Koffi Annan a adressé un message de bienvenu qui a été lu par la représentante de la CEA, Madame Karima Ben Soltane. Des messages ont été également présentés lors de l’ouverture par :
et lors de la clôture, par :
La Conférence a élu le Mali à la Présidence et a désigné un Bureau composé de 5 délégués gouvernementaux représentant les 5 Etat africains (Sénégal, Tunisie, Cameroun, Afrique du Sud et Rwanda) ; de 3 représentants de la société civile, 2 représentants du secteur privé et d’un Rapporteur général (CEA). Les Chefs de délégation de pays et organisations régionales dont la Banque Africaine de Développement (BAD) ont lu des messages officiels après la séance d’ouverture. La Conférence a été précédée par la tenue des 14 ateliers pré-conférences ci-dessous organisés les 25, 26 et 27 mai 2002 :
La Conférence Régionale Africaine a également organisé 4 ateliers et une table ronde : · Ce que la société de l’information apporte à l’Afrique · Ce que l’Afrique apporte à la société de l’information · Ce que l’Afrique veut préserver dans la société de l’information · Comment l’Afrique peut bénéficier de la société de l’information : table ronde sur la fracture numérique · Table ronde sur l’image de l’Afrique dans les médias Les rapports des pré-conférences, des 4 ateliers et des tables rondes sont joints à ce rapport et complètent en les détaillant la présente Déclaration. *** Sur la base des résultats des ateliers et des débats de la plénière, la Conférence Régionale Africaine adopte la Déclaration suivante : Nous, participants à la Conférence Régionale Africaine, de Bamako 2002, représentants africains d’organismes gouvernementaux, du secteur privé et de la société civile, réunis à Bamako du 28 au 30 mai 2002, en présence de nombreux représentants de gouvernements invités et d’observateurs des organisations internationales, gouvernementales et non-gouvernementales, réaffirmons que :
Dans cette perspective, les représentants des gouvernements, de la société civile et du secteur privé africain, après avoir constaté le potentiel des technologies de l’information et de la communication pour le développement de l’Afrique, rappellent que les principes suivants doivent conduire toute la réflexion qui servira à définir une vision commune de la société de l’information. Ces principes revêtent une importance toute particulière pour les pays en développement, notamment les Etats africains. 1. la mise à la disposition de tous les citoyens des moyens leur permettant d’utiliser les réseaux dans un esprit de service public ; 2. le droit à l’expression et à la protection des informations relevant du domaine public mondial de sorte à garantir le droit inaliénable de tout citoyen d’accéder librement aux informations constituant le patrimoine de l’Humanité diffusée sur tous les supports, y compris les nouveaux supports multimédias ; 3. la diversification de l’offre technologique :
4. la mise en œuvre de stratégies d’investissement et de financement par l’aide à la création de contenus et la démocratisation des accès avec un effort tout particulier pour les femmes et les jeunes ; 5. la promotion du plurilinguisme et le maintien de diversité culturelle comme moteur des processus de développement de contenus à usages locaux et internationaux ; 6. la pleine participation des acteurs de la société civile et du secteur privé dans toutes les instances de décisions au niveau local, national, régional et international, touchant au développement de la société de l’information à travers :
7. le renforcement de la coopération et de la collaboration à travers :
8. le renforcement des capacités institutionnelles, humaines et administratives sur le plan local, national, régional et international pour assurer une meilleure complémentarité de toutes les initiatives dans le développement de la société de l’information ; 9. l’instauration de débats démocratiques sur les nouvelles dispositions institutionnelles, réglementaires devant définir les enjeux socioculturels, économiques techniques et éthiques des nouvelles technologies de l’information et de la communication ; 10. le suivi de l’ensemble de ces principes et plans d’actions dans le cadre des institutions compétentes pour gérer le développement de la société de l’information avec la pleine participation de tous les acteurs concernés. Dans ce contexte, la Conférence Régionale Africaine réitère son plein soutien aux initiatives qui ont été adoptées aussi bien au plan mondial que sur le plan régional ou continental africain. La Conférence demande en particulier à la communauté internationale d’apporter son plein soutien à l’Initiative de la Société de l’Information en Afrique (AISI), aux recommandations du Forum pour le Développement de l’Afrique de 1999 et le volet TIC du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD). Dans ce cadre, le NEPAD doit fédérer toutes les initiatives africaines et entreprendre toutes les démarches de consolidation et de recherches de financement des projets majeurs. Elle demande en outre le soutien et la mise à disposition des moyens aux différents réseaux et fondations qui oeuvrent pour la promotion des NTIC et la réduction de la fracture numérique, notamment au GKP et au Réseau ANAIS. Dans la perspective du processus préparatoire du Sommet Mondial sur la Société de l’Information, la Conférence Régionale Africaine de Bamako a examiné : A. Les contributions que la Société de l’Information pourrait apporter à l’Afrique : Dans ce contexte, la Conférence Régionale Africaine demande :
a) d’un Fonds pour la formation afin d’assurer la maîtrise des questions touchant au développement de la société de l’information ; b) d’un " comité scientifique de haut niveau " avec la tâche de fournir ses recommandations jusqu’au deuxième Comité préparatoire sur les enjeux de la société de l’information avec une attention particulière pour les pays en développement et notamment les pays africains ; c) d’une structure d’information et de conseils pour faciliter la participation et l’expression de la société civile africaine et des PME africaines dans tout le processus préparatoire du SMSI ; d) d’un Fonds de Solidarité pour assurer la pleine et effective participation des représentants de la société de l’information civile africaine et des PME africaines au processus préparatoire ;
B. Les contributions que l’Afrique pourrait apporter à la société de l’information Dans ce contexte, la Conférence Régionale Africaine demande en particulier :
C. La réduction de la fracture numérique Dans ce domaine, la Conférence Régionale Africaine
Elle demande en outre : a) aux Etats africains :
b) au Sommet Mondial de Genève et de Tunis, respectivement
c) aux institutions financières bilatérales et multilatérales
d) aux partenaires du développement
e) aux organisations internationales gouvernementales et non gouvernementales
en particulier : à la CEA de renforcer la mise en œuvre de l’Initiative pour la Société de l’Information en Afrique (AISI), particulièrement, l’élaboration et la mise en œuvre de politiques et stratégies de l’infrastructure nationale d’information et de communication (NICI) et les plans sectoriels y afférant. à l’UIT d’accorder une attention particulière à l’Afrique dans la mise en œuvre de sa déclaration et son plan d’action d’Istanbul sur la fracture numérique en tenant compte des axes prioritaires définis dans la Déclaration de Yaoundé ; à l’UNESCO de mobiliser toutes les Commissions nationales de l’UNESCO en vue d’assurer la participation de tous les partenaires concernés notamment ceux de la société civile, dans le processus préparatoire du SMSI, en leur demandant de soumettre leurs propositions au processus préparatoire du SMSI dans le but de générer un soutien pour une meilleure utilisation des TICs dans tous les domaines de compétence de l’UNESCO en particulier, l’éducation, la science et la communication ; à l’UNITAR de mobiliser ses équipes et ses partenaires pour proposer un plan de formation en concertation avec les acteurs locaux (dans le cadre du Centre International de Formation pour les Acteurs Locaux), les associations, les organisations internationales et les établissements universitaires des pays membres concernés ; au Secrétariat exécutif du SMSI
assurant l’information permanente de toutes les organisations non gouvernementales africaines dans leurs langues de travail sur les progrès du processus préparatoire du SMSI ; assurant la participation des représentants de la société civile à toutes les manifestations concourant au développement du SMSI, que ce soit au niveau national, régional ou international ;
D. La mise en œuvre de nouvelles formes de coopération En matière de réduction de la fracture numérique, les participants de la Conférence Régionale Africaine demandent que les initiatives et les expériences locales mises en œuvre par les pouvoirs locaux les plus avancés soient partagées avec les pouvoirs locaux des Etats africains. Dans cette perspective, la Conférence Régionale Africaine demande aux instances compétentes des pouvoirs locaux notamment à la Fédération Mondiale des Pouvoirs Locaux et à l’Union Internationale des Autorités Locales d’engager tous ses membres à développer les formes de coopération décentralisée pour réduire la fracture numérique. La Conférence Régionale Africaine se félicite à cet égard des initiatives adoptées par les villes de Lyon, Genève, Bamako et Tunis pour promouvoir la e-gouvernance sur le plan local et notamment l’initiative de Lyon d’organiser un Sommet Mondial des Pouvoirs Locaux sur la Société de l’Information (SMPLSI) à la veille du Sommet Mondial de Genève 2003. Elle demande aux instances internationales bilatérales et multilatérales de financement et les entreprises privées compétentes d’apporter leur plein appui à cette initiative. * La Conférence Régionale Africaine prenant acte de l’engagement personnel du Président Alpha Oumar KONARE, pour la promotion des nouvelles technologies de l’information et de la communication au service du développement, demande au Président Alpha Oumar KONARE d’être sous l’égide du NEPAD, le candidat de l’Afrique à la présidence du processus préparatoire devant conduire au Sommet de Genève (10-12 décembre 2003) et Tunis (2005). ** La Conférence Régionale de Bamako exprime ses remerciements pour l’appui assuré par la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et par la Fondation Devenir, au bon déroulement des travaux. Elle tient tout particulièrement à remercier les autorités suisses, la Commission de l’Union Européenne, pour leur contribution financière qui a été déterminante pour l’organisation de cette première conférence régionale du processus préparatoire du Sommet. La Conférence remercie également le Bureau de Développement des Télécommunications de l’UIT, l’UNESCO, le PNUD, l’UNITAR, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), la Banque Mondiale, le Global Knowledge Partnership (GKP), l’USAID, la France, la Suède et la République et Canton de Genève pour leur contribution. *** Les participants expriment enfin tous leurs remerciements aux Autorités maliennes pour la convocation de la Conférence Régionale Africaine et au Secrétariat de Bamako 2002 pour l’organisation de cet événement qui a permis à l’ensemble des Etats africains, à la société civile africaine et au secteur privé africain de s’engager pleinement dans le processus préparatoire du Sommet Mondial sur la Société de l’Information (Genève 2003, Tunis 2005). Bamako le 30 mai 2002 |