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Déclaration de politique de développement du secteur des télécommunications sénégalaises (1996-2000)
1) Contexte Compte tenu de l’importance du secteur des Télécommunications, le Gouvernement du Sénégal avait procédé à une première réforme en 1985 en prenant la décision,
Le bilan décennal de cette première réforme permet de constater les résultats suivants :
Toutes ces performances ont été rendues possibles par une gestion efficiente et une organisation optimale de la SONATEL qui a su tirer le maximum de profit de la situation de monopole et de l’environnement fiscal particulier que l’Etat lui a concédés. Toutefois, force est de constater que notre densité téléphonique de 1 téléphone pour 100 habitants reste relativement faible et la demande élevée par rapport au parc installé. A cela il faut ajouter l’accroissement d’une demande téléphonique de plus en plus forte en zone rurale qu’il faut satisfaire afin que les régions participent pleinement au développement économique et sociale. L’analyse du contexte international révèle que le monde vit actuellement sa troisième révolution, celle de l’information. Cette révolution ce caractérisée par la convergence des technologies de l’informatique, des télécommunications et de l’audiovisuel. Ce nouveau pouvoir d’information modèle une nouvelle architecture avec de nouvelles cultures, des nouveaux marchés, de nouveaux acteurs et de nouvelles structures organisationnelles. Ces profondes et rapides mutations ont engendré des bouleversements spectaculaires dans le monde des télécommunications. On assiste aussi à la conclusion d’alliances multiformes entre opérateurs de rang mondial en vue de restructurer, d’intégrer horizontalement et verticalement l’industrie des télécommunications. La mondialisation des réseaux se précise avec la mise en œuvre de communications mobiles par satellites assurant une couverture mondiale avec comme conséquence le bouleversement des réglementations nationales. Les réseaux nouveaux de télécommunications constitueront toutefois pour les pays en développement qui s’y seraient préparés une opportunité de participer à, l’économie mondiale en leur offrant le moyen de tirer partie de leurs ressources intellectuelles et culturelles, véritables matières premières de l’information. Pour conduire ces changements et anticiper sur ces mutations, des réformes institutionnelles s’imposent. Le nouveau cadre juridique que le gouvernement va mettre en place doit conduire au développement des Télécommunications et ayant le souci de concilier l’ouverture à. la concurrence (pour améliorer la compétitivité de notre économie) et la consolidation d’un service public. 2)- Objectifs Afin de relever les multiples défis de manière à faire jouer au secteur des télécommunications son rôle moteur dans la relance de l’économie nationale, le Gouvernement entreprend la mise en œuvre d’une seconde réforme du secteur avec les objectifs suivants :
3)- Stratégies Afin de se donner les moyens de tirer le meilleur parti de ces défis, le Gouvernement entend mettre en œuvre deux Politiques caractérisées par :
Le Gouvernement va se désengager partiellement du capital de la SONATEL au profit du secteur privé national et étranger. La participation des privés au contrôle et à la gestion de la Société vise à assurer une plus grande efficience et une efficacité des activités de l’opérateur principal qu’est la SONATEL et à contribuer ainsi à l’amélioration de la productivité et de la compétitivité globale de notre économie. Cette opération devrait permettre de renforcer les atouts de la SONATEL dans son développement sous-régional en créant les conditions d’un partenariat mutuellement bénéfique. Elle doit être l’occasion de créer les conditions d’émergence voire de développement d’un marché financier local en raison de la taille de l’entreprise et surtout de son potentiel de rentabilité : les actions de la SONATEL, détenues par les privés seront suffisamment attractives pour susciter un intérêt à transaction et l’échange. Dans le cadre de l’ouverture du Capital de la SONATEL, une part significative des actions restera dans le portefeuille de l’Etat pour lui permettre de veiller à la prise en charge correcte des missions de service public. Une part importante sera mise en vente et répartie entre un opérateur de télécommunication stratégique, un opérateur de télécommunications africain, des investisseurs privés et le personnel de la SONATEL. Le nouveau code des Télécommunications qui vient d’être adopté récemment par l’Assemblée Nationale, définit un cadre comprenant les trois régimes distincts suivants :
Le régime de la concurrence libre concerne l’ensemble des services à valeur ajoutée qui peuvent immédiatement être investis par le secteur privé. Le régime de la concurrence réglementée couvre les réseaux radioélectriques. Le Gouvernement envisage d’autoriser, après Appel d’offres international courant 1997, un ou deux opérateurs privés à établir et à exploiter un réseau de radiotéléphonie cellulaire. Un cahier de charges déterminera les obligations et droits des parties contractantes. Le régime du monopole s’appliquera au réseau fixe téléphonique, au télex , au télégraphe et pour l’accès à l’International. Ce monopole d’Etat sera concédé à la future SONATEL au travers également d’un cahier des charges qui en précisera l’étendue, la durée et les contreparties en particulier les obligations de service public. Ce nouveau cadre sera complété par l’institution d’un organe gouvernemental doté de moyens humains et matériels adéquats et chargé de jouer le rôle d’arbitre et de régulateur et visant à créer les conditions d’une concurrence dynamique et loyale entre les divers opérateurs. Au total, le gouvernement espère, avec ce cadre, initier un processus devant aboutir à la création et au développement d’un système de télécommunications moderne, performant et en phase avec l’évolution rapide de ce secteur sur le plan international. Le respect de cet objectif fondamental nécessite des réformes importantes faisant appel notamment à une participation progressive et active du secteur privé à la gestion et au développement des télécommunications nationales. La maîtrise de ce processus requiert d’abord une consolidation et une amélioration de l’outil existant (SONATEL) qui évoluera jusqu’en 1997 dans un cadre protégé pour son métier de base et s’ouvrira ensuite à la compétition et à la concurrence pour les activités qui y sont adaptées. Le Ministre de la Communication Sérigne Diop Le Ministre de l’Economie et des Finances et du Plan Pape Ousmane Sakho mars 1996 |