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Un patron de presse à la tête de l’instance de régulation de l’audiovisuel, surprenant !

mardi 11 septembre 2012

C’est avec une réelle surprise que nous avons appris la nomination à la tête du Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA) de M. Babacar Toure, président directeur général du groupe de presse « Sud Communication ». Depuis l’annonce de cette nomination, la presse a quasi unanimement salué cette décision en retraçant le parcours académique et professionnelle, qualifié d’impressionnant, du nouveau patron de la régulation de l’audiovisuel au Sénégal.

Les analystes peuvent quand même s’étonner de cette nomination vu la qualité de la personne choisie. Nous ne sommes pas sûr que les autres chaînes de télévision et radios réalisent bien que la responsabilité de la régulation du secteur de l’audiovisuel vient d’être confiée à un de leurs concurrents. Par analogie, ce serait un peu comme si Cheikh Tidiane Mbaye, PDG de la Sonatel, était nommé à la tête de l’ARTP, ou si Francis BOUYGUES (PDG du groupe BOUYGUES et propriétaire de TF1) était nommé à la tête du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA), le pendant du CNRA en France. Il n’est pas nécessaire d’être un spécialiste pour voir en ce genre de décision un mélange des genres.

S’il s’était agi d’une instance d’autorégulation comme le CORED, nous aurons eu rien à y redire, mais l’instance de régulation d’un secteur donné doit être à équidistance de l’ensemble des parties prenantes de ce secteur et dans ce cas ci, il y aura toujours une suspicion naturelle vue l’origine et l’histoire de M. Babacar Toure. Inutile de rappeler que son groupe, Sud Communication, a été l’enfant pauvre de la vague d’attribution de fréquences de chaînes de télévision durant les années Wade.

Il est légitime de se demander si les personnes à l’origine de cette nomination se font bien une idée claire de ce qu’est la régulation de l’audiovisuel, et mieux (ou pire), une personne qui mesure bien le rôle d’un régulateur et qui est acteur du secteur à réguler ne devrait normalement pas accepter d’être nommé à la tête de l’instance de régulation du secteur dans lequel il est lui même acteur. Il est également surprenant qu’aucun groupe de presse ne se soit plains de cette nomination. Ou alors ils se disent tous qu’étant donné que M. Babacar TOURE est un acteur du secteur comme eux, il est donc possible qu’il soit plus indulgent et compréhensible.

En essayant de voir la qualité des personnalités qui sont nommées à la tête des organes de régulation de l’audiovisuel dans certains pays, nous nous rendons vite compte que la situation que nous vivons au Sénégal est assez inédite pour ne pas dire ubuesque. Que ce soit en France, en Belgique, ou aux Etats-Unis, aucun patron de presse privée n’a une fois était nommé à la tête de l’instance de régulation alors qu’il était toujours à la tête de son groupe de presse.

Cette nomination de M. Babacar TOURE n’est pas du tout rassurante pour l’avenir du secteur de l’audiovisuel au Sénégal, elle montre clairement que ceux qui nous dirigent ne semble pas bien mesurer l’importance de la régulation dans un secteur tel que l’audiovisuel. Ce secteur a besoin d’un régulateur fort capable de faire une revue complète de la réglementation. Les prérogatives de cette instance doivent être revues et complétées en vue de lui donner l’ensemble des pouvoirs qui lui reviennent de droit et qui sont actuellement éparpillés entre la présidence de la république et certains départements ministériels. Le CNRA doit avoir un pouvoir de coercition afin d’être en mesure de faire respecter le contenu des cahiers de charges et conventions signés par chaque acteur du secteur. Nous doutons fort qu’un acteur du secteur puisse avoir la légitimité nécessaire à la prise en main correcte de l’ensemble de ces urgences relatives à ce secteur de l’audiovisuel.

(Source : ITmag, 11 septembre 2012)

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