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Un marché gros du plus grand scandale financier : 25 milliards de francs Cfa pour équiper l’Etat en matériels informatiques

mercredi 4 novembre 2009

Manifestement impuissant face à la béance de la « fracture sociale » qui prend des proportions inquiétantes, l’État s’apprête à dépenser pas moins de vingt- cinq (25) milliards de francs Cfa pour, dit-il, « réduire la fracture numérique » en équipant tous ses services en matériels informatiques. Une opération orchestrée par les plus hautes autorités du pays, qui, par ailleurs, empeste le scandale financier.

Depuis neuf années, toutes sortes de scandales financiers, les uns plus effarants que les autres, ont rythmé le quotidien du régime de l’Alternance. Un carrousel qui a donné le tour nis aux Sénégalais, finalement tentés de banaliser ces faits. Cependant, il n’est point exagéré de croire que l’acte qui va être posé, ce matin, par les autorités étatiques, au siège de l’Agence de l’informatique de l’État (Adie), constituera la cerise sur l’énorme gâteau des forfaits de ce pouvoir, jamais en manque d’idées s’il s’agit de dilapider les maigres deniers publics d’un pays embourbé dans la pauvreté.

À l’origine, un gré à gré auquel s’est opposée la Dcmp

De quoi s’agit-il ? Une procédure lancée le 30 septembre 2009 forte, en apparence, d’attrib uts légaux : l’appel d’offres N°001A.0/Adie/2009. Son objet ? L’« acquisition de matériels informatiques pour la mise en place d’une plateforme d’hébergement de contenus en ligne visant à renforcer les capacités en Tic des agents de l’Administration et du secteur éducatif et réduire d’une manière significative la fracture numérique ». En clair ? L’État, par le biais de l’Adie, a décidé d’équiper en matériels informatiques ses services et dépendances, sur l’étendue du territoire national, dans un délai de douze (12) mois. Et ses besoins contenus dans un volumineux Dao (dossier d’appel d’offres), dont nous avons pris connaissance, sont énormes : quatre vingt quatorze mille quatre cent soixante dix (94 470) pièces. Lire la liste détaillée, ci-contre.

Cette introduction faite, l’examen du fond du dossier et l’estimation du coût de ce marché, faites par diverses personnes expertes en la matière, soulèvent une vague de questions grosse. de réponses inquiétantes.

Un aussi énorme marché pour une seule personne

Combien va coûter ce matériel informatique et comment l’État le financera-t-il ? Une quasi unanimité se dégage pour indiquer la somme de « vingt-cinq milliards de francs Cfa, au bas mot ». Quelques voix, s’appuyant sur l’état du marché, avancent « quarante milliards de francs Cfa ». Et un indice fort milite en faveur de ces estimations : la caution exigée des candidats à cet appel d’offres est de cinq cents (500) millions de francs Cfa. Une caution qui se situe toujours, au regard du Code des marchés, entre un (01) et trois (03) pourcent du montant estimé du marché. Quant à la deuxième question, l’Adie, autorité contractante, y répond en indiquant dans le Dao qu’elle tirera ses ressources du « Budget consolidé d’investissement 2009, 2010, 2011 ». « Impossible » font remarquer nos interlocuteurs, qui soulignent que « dans le Bci 2009, même pas cinq milliards ne sont disponibles pour faire face à ce marché ».

Mais, il existe une autre conditionnalité qui a donné le hoquet à tous ceux qui ont pris con naissance du Dao : le lot est indivisible. C’est-à- dire, aujourd’hui, au terme du dépouillement, un seul candidat sera retenu. Un cadrage que le Code des marchés se borne à déconseiller, sans pour autant l’interdire expressément, comme le souligne Tidjane Seck, Directeur général de l’Adie, avec qui nous nous sommes entretenus, hier, en présence de son Directeur adjoint, Sada Wane. Et l’affaire empeste à partir du moment où la quasi totalité des acteurs du secteur sont convaincus que le dépouillement qui aura lieu ce matin, au siège de l’Adie, constitue l’ultime acte d’une mascarade

Le dépouillement de ce matin, une mascarade ?

« Les jeux sont faits depuis belle lurette », disent en chœur nos interlocuteurs. Autrement dit, tout a été orchestré pour désigner l’heureux gagnant : un revendeur qui s’est siganlé dernièrement en faisant un don de matériels informatiques, fort médiatise, au président de la République, et dont la société est logée à l’immeuble Kébé. Et des faits précis confortent cette rumeur persistante parvenue aux oreilles des autorités, comme 1e reconnaît le Directeur général de l’Adie. En effet, à l’origine, il y a sept mois, les plus hautes autorités du pays voulaient passer ce marché - alors estimé à vingt (20) milliards de francs Cfa - sous le mode du gré à gré avec cette personne, porteuse d’une lettre du Président de la République qui instruisait le min istère de l’Économie et des Finances de donner son aval. Mais, la Direction centrale des marchés publics (Dcmp) opposa un niet catégorique, avant de conseiller le lancement d’un appel d’offres.

L’heureux gagnant déjà connu de tous les acteurs du milieu

Alors, en définitive, ce changement de stratégie est-il gage de réussite pour ceux qui comptent concrétiser, ce matin, une opération d’un mon tant de plusieurs dizaines de milliards de francs Cfa, singulièrement inopportune, eu égard aux aveux d’impuissance d’un État qui, par exemple, peine à solutionner le calvaire de trente mille (30 000) familles sénégalaises prisonnières, dans la banlieue dakaroise, des eaux de pluies ? Au regard des derniers développements survenus dans le dossier, le péril que fait planer cette opération sur les deniers publics pourrait être écarté par l’Agence de régulation des marchés publics (Armp).

Yaxam Mbaye

(Source : Le Populaire, 4 Novembre 2009)

Post-Scriptum

Cinquante mille ordinateurs, quarante mille onduleurs, trois mille soixante imprimantes etc

« Réduire d’une manière significative la fracture numérique », pour ne pas dire résoudre d’un coup les demandes en matériels informatiques qui proviennent, depuis des années, de tous les démembrements de l’État n’est pas une mince affaire. Mais l’Adie est décidée à relever cet énorme défi. Dans le détail, les chiffres donnent le tournis.

Cinquante mille (50 000) ordinateurs, dont quarante mille (40 000) de bureau et dix mille (10 000) portables.

Trois mille soixante (3060) imprimantes, dont deux mille (2 000) laser monochromes réseaux, cinq cents (500) multifonction à jet d’encre, vingt (20) laser multifonction couleur A4/A3, quarante (40) laser multifonction monochrome A4/A3, cinq cents (500) laser monochromes.

Mille vingt (1020) scanners, » dont cinq cents (500) à plat simple, cinq cents (500) à plat avec chargeur, vingt (20) de documents pour réseaux.

Quarante mille (40 000) onduleurs pour ordinateurs de bureau.

Dix (10) serveurs de production. Deux (02) systèmes de stockage. Deux (02) solutions de sauvegarde. Trente (30) serveurs rackables. Deux (02) cabinets serveurs rack 42 U. Trois cent soixante quatre switchs : core, san et niveau de 2-24 ports à 4-48 ports.

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